11-20

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page :
11 – Comment entendre la Voix du Saint-Esprit ?
12 – Comment former et animer un groupe
13 – La signification de « purification »
14 – La guérison du corps
15 – La mort et le chagrin
16 – La réalité du corps
17 – Défaire la séparation
18 – Que signifie « volonté »
19 – La nature de la culpabilité
20 – Amitié et liaison amoureuse


11 —Comment entendre la Voix du Saint-Esprit ?

Q: À la recherche de la «Voix» du Saint-Esprit, y a-t-il une méthode ou une pratique particulière qui facilite l’écoute de cette Voix? Un cours en miracles semble soutenir qu’il n’y a que très peu de gens qui peuvent l’entendre, et cela semble empêcher la pratique du pardon.

R: Le plus grand obstacle qui empêche d’entendre la Voix du Saint-Esprit, ce sont les cris éraillés de l’ego. Dans le Cours nous lisons que le Saint-Esprit est un «doux et léger murmure» (T-21.V.1:6). Plutôt que de chercher cette Voix (qui est toujours avec nous), nous pouvons pratiquer le pardon en prêtant attention aux pensées qui expriment ces cris dans notre esprit et noient la Voix du Saint-Esprit. Les pensées de séparation, de jugement et d’attaque peuvent être comprises pour ce qu’elles sont: des tentatives pour défendre notre identité égotique, prouver que nous avons raison et que Dieu a tort, que la culpabilité est justifiée, pour n’en citer que quelques-unes. Reconnaître ces pensées et accepter la responsabilité de les avoir choisies, précisément pour ne pas entendre la Voix du Saint-Esprit, est le commencement de la pratique du pardon et de l’écoute de Sa Voix. Si nous le voulons, nous avons alors la possibilité de choisir d’écouter la Voix du Saint-Esprit qui peut ne pas être vraiment une voix, mais éventuellement le fait de reconnaître que j’ai tort quant à comment je vois une situation, une personne ou un événement, et avoir le désir de voir cela différemment. À ce moment-là, le fait de reconnaître, le désir et le fait de voir différemment sont la Voix du Saint-Esprit. Chacun est appelé à entendre le Saint-Esprit de cette façon. Il peut y avoir des gens qui en effet entendent la Voix du Saint-Esprit comme une voix, mais cela n’est pas nécessaire pour pratiquer le pardon.


12 — Comment former et animer un groupe

Q: J’étudie le Cours depuis quelques années. Étant psychologue, je souhaite lancer un atelier et/ou un groupe de soutien pour les personnes qui essayent de vivre conformément à ses principes. Mon idée est surtout d’aider les gens à voir leurs projections sur les autres, puis de faire un effort en groupe pour demander l’aide du Saint-Esprit. Ce type de travail serait-il conforme aux principes du Cours? Auriez-vous d’autres suggestions ou idées? Je sais que j’ai à enseigner ce que j’ai besoin d’apprendre.

R: La réponse à votre question est essentiellement qu’il n’existe aucune ligne directrice dans Un cours en miracles concernant le comportement, c’est-à-dire la question «Que devrais-je faire?» Jésus nous rappelle que son cours est un cours sur la cause (l’esprit) et non sur l’effet (le corps ou le comportement). «Ce cours porte sur la cause et non sur l’effet» (T-21.VII.7:8). Donc notre seule fonction consiste à demander de l’aide pour écarter nos ego du chemin de sorte que nous soyons libres pour être guidés dans chaque action (ou non-action) qui aiderait le plus et serait la plus aimante pour toutes les personnes concernées dans une situation donnée. L’énoncé suivant représente bien l’enseignement très important du Cours: «Ta tâche n’est pas de chercher l’amour mais simplement de chercher et de trouver au-dedans de toi toutes les barrières que tu as bâties contre lui. Il n’est pas nécessaire de chercher ce qui est vrai, mais il est nécessaire de chercher ce qui est faux» (T-16.IV.6:1-2). Donc, avant de savoir comment vous devriez (ou non) procéder avec votre projet de démarrer un groupe, apportez au Saint-Esprit tout investissement provenant de l’ego que vous pourriez avoir à diriger un tel groupe. Lorsque vous êtes passablement certain que votre ego n’encombre plus votre chemin, vous vous laissez simplement guider par Lui.

Un autre point à souligner est la tentation dans n’importe quel groupe, en particulier le type de groupe que vous envisagez de lancer, de contourner le dur effort individuel que les étudiants sont appelés à faire pour apporter leurs ego au Saint-Esprit, en délayant le processus et en déplaçant le «travail» sur le groupe. Au mieux, les groupes facilitent ce travail individuel qu’il nous est demandé à tous de faire, au pire, ils déprécient le pouvoir de nos esprits de changer nos décisions et nos malperceptions, sans parler de renforcer la particularité de l’ego. Bonne chance!


13 – La signification de « purification »

Q: Que signifie, selon vous, l’expression: «une purification est d’abord nécessaire»?

R: Puisque le septième principe des miracles «Chacun a droit aux miracles, mais une purification est d’abord nécessaire» (T-1.I.7:1) se trouve à la page 3 du texte, les étudiants d’Un cours en miracles pourraient croire que Jésus parle de la purification du corps. Leurs expériences précédentes leur rappelleront toutes leurs croyances sur le sens du mot «purification». Pour certains, cela pourrait signifier la purification de l’«âme» par le baptême, ou l’expiation du péché par la pénitence et le sacrifice. Pour d’autres, la «purification» pourrait avoir la connotation de se débarrasser des désirs humains par la méditation et la pratique d’une discipline stricte. Peu importe ce qu’ils croient, leurs croyances constituent la base sur laquelle ils construiront leur compréhension du «processus de purification».

Quelle surprise d’apprendre, à mesure que nous avançons dans le texte, que Jésus ne mentionne pas du tout la purification du corps! Il ne le pourrait pas, car il enseigne dans le Cours que le corps est une illusion. Et étant une illusion, il n’y a rien que nous devrions faire, ni au corps ni avec lui. Le corps n’a pas besoin d’être purifié parce qu’il n’est pas impur. «Il ne fait rien […] il n’est ni corruptible ni incorruptible. Il n’est rien» (T-19.IV-C.5:3-5). Ce qui est impur ce sont nos pensées, ce qui veut dire que ce sont nos pensées qui doivent être purifiées et non le corps. Et la méthode de «purification» du Cours est le pardon, le pardon de la seule pensée de culpabilité qui nous maintient séparés de l’amour de Dieu. Le «processus de purification» du Cours est illustré dans cette citation:

«Donne-Lui tes pensées et Il te les rendra en miracles qui proclament joyeusement l’entièreté et le bonheur que Dieu veut pour Son Fils, comme preuve de Son Amour éternel. Et comme chaque pensée est ainsi transformée, elle acquiert un pouvoir guérisseur de l’Esprit qui a vu la vérité en elle sans se laisser tromper par ce qui avait été faussement ajouté [la culpabilité]. Chaque bribe de fantasme a disparu. Et ce qui reste est unifié en une Pensée parfaite qui offre partout sa perfection» (L-I.151.14:1-4).


14 — La guérison du corps

Q: Pourriez-vous s’il vous plaît expliquer les nombreux passages sur la guérison qui semblent faire référence à la guérison du corps. Il me semble que même si c’est très clair dans le Cours qu’il s’agit du processus de guérison de la malperception de notre réalité dans nos esprits, il est également clair qu’un corps sain est l’effet d’un esprit guéri. Comment cela se traduit-il dans notre vie personnelle en tant qu’étudiants du Cours? Je serais d’accord d’entièrement négliger mon corps et son état, si ce n’était de ces nombreux passages. Même si le but d’avoir un corps guéri n’est pas le but des enseignements, je me demande donc si cela semble être quelque chose à quoi nous pouvons nous attendre lorsque nous suivons la voix du Saint-Esprit ? Pourquoi Jésus se donnerait-il la peine d’en parler, si ce n’était pas quelque chose que nous devrions envisager?

R: Vous avez raison de dire que la guérison du corps n’est pas le but des enseignements de Jésus ni ne devrait être le but de notre pratique du Cours. Si Jésus parle si souvent du corps, ce n’est pas parce qu’il pense qu’il est important ou réel, mais parce que nous pensons qu’il est important et n’avons pas reconnu le but qu’il a dans la stratégie de l’ego, à savoir de ne pas nous approcher de notre esprit. La stratégie de l’ego est en bonne partie de nous faire croire que notre corps est entièrement à la merci de forces extérieures – que la maladie tout comme la guérison viennent toutes deux de l’extérieur. Jésus corrige donc cela en nous enseignant la relation de cause à effet entre l’esprit et le corps. C’est de cela qu’il s’agit dans toutes ses références à un corps guéri. L’accent est en fait porté sur le pouvoir de nos esprits et non sur le fait d’avoir un corps guéri et entier: «Le miracle est inutile si tu apprends seulement que le corps peut être guéri, car ce n’est pas cette leçon qu’il est venu enseigner. La leçon, c’est que l’esprit était malade qui a pensé que le corps pouvait être malade; de projeter sa culpabilité n’a rien causé et n’a pas eu d’effets» (T-28.II.11:6-7). C’est cela qu’il veut dire.

Mais il nous enseigne le système de pensée du Saint-Esprit dans le contexte de ce que nous connaissons le mieux et que nous pouvons comprendre le mieux: et pour à peu près tout le monde, c’est le monde des corps. Il utilise donc nos corps pour nous enseigner en fin de compte que nous ne sommes pas nos corps. Cette conscience, cependant, se fait jour à la fin d’un long processus, qui, pour la plupart d’entre nous, prend de très nombreuses années. Ne simplement pas tenir compte de notre corps serait donc une façon de nous refuser à nous-mêmes une multitude d’occasions d’apprendre et d’appliquer les principes du Cours. Nos besoins physiques et psychologiques et nos expériences constituent le curriculum que Jésus peut utiliser pour nous enseigner comment interpréter et percevoir nos expériences corporelles d’une manière qui nous aidera à défaire la séparation plutôt que de la renforcer. Aussi longtemps que nous croyons encore que sans oxygène et sans nourriture nous allons mourir, c’est que nous croyons être des corps, et ce serait préjudiciable à notre progrès spirituel d’ignorer ou de négliger ce que nous pensons encore être réel. Jésus nous met en garde à cet égard: «Le corps fait simplement partie de ton expérience dans le monde physique. Ses aptitudes peuvent être et sont fréquemment surestimées. Toutefois, il est presque impossible de nier son existence en ce monde. Ceux qui le font se livrent à une forme de déni particulièrement indigne» (T-2.IV.3:8-11).

L’attention, pour le répéter, porte donc sur l’entraînement de nos esprits et sur la façon dont nous pensons, pour qu’à la fin nous ne fassions plus le choix d’être limités. Ceci est très différent du fait de simplement ne pas tenir compte du corps. Comme il dit dans la section «Au-delà du corps» (T-18.VI): «Ce qui se passe réellement, c’est que tu as abandonné l’illusion d’une conscience limitée tout en perdant ta peur de l’union» (T-18.VI.11:7). Il nous enseigne comment parvenir à ce stade.


15 — La mort et le chagrin

Q: Je voudrais changer d’esprit sur la mort. J’ai eu récemment plusieurs proches qui ont «doucement mis de côté leur corps». Pourtant, c’est le chagrin qui m’attire. Le chagrin n’est pas l’amour, donc il n’existe pas, n’est-ce pas? C’est donc moi qui ai dû le faire? Pourriez-vous développer pour moi, en vous basant sur divers passages du Cours, une réponse générale qui inclurait les théories du Cours afin que je puisse les appliquer à cette expérience de chagrin dans le monde de l’illusion? Qu’en est-il du refoulement et du déni de cette expérience?

R: Le Cours ne nous demande jamais de refouler ou de nier ce que nous vivons, que ce soit le chagrin, la colère, la douleur, la peur ou toute autre réaction basée sur l’ego. Mais avant de pouvoir changer d’esprit en ce qui concerne nos émotions, nous devons d’abord comprendre quel est le but qu’elles servent et pourquoi nous avons choisi d’en faire l’expérience. Le sentiment de chagrin renforce l’affirmation de l’ego voulant que la perte et la mort soient réelles et que nous puissions être, et en fait sommes, privés d’amour. Notre expérience hurle sans cesse que Jésus a tort, que nous avons été blessés, abandonnés et laissés tout seuls. Il ne nous demande pas de nier que c’est ce que nous éprouvons. Mais cela ne le rend pas vrai pour autant.

Dans une description très imagée du monde, Jésus dit: «Le monde que tu vois est le système délirant de ceux que la culpabilité a rendus fous […] toutes les lois qui semblent le gouverner sont les lois de la mort. Les enfants y naissent avec douleur et dans la douleur. Ils grandissent en souffrant et ils apprennent ce que sont le chagrin, la séparation et la mort. Leur esprit semble être emprisonné dans leur cerveau, dont les pouvoirs semblent décliner quand le corps est blessé. Ils semblent aimer, or ils désertent et sont désertés. Ils paraissent perdre ce qu’ils aiment, ce qui est peut-être la plus insane de toutes les croyances. Et leurs corps se flétrissent, agonisent, sont mis en terre, et ne sont plus. Il n’en est pas un parmi eux qui n’ait pensé que Dieu était cruel» (T-13.in.2:2, 4-11). Et voilà ce que nous croyons tous. Ne vaudrait-il pas mieux avoir tort?

Jésus nous rappelle que sa vie, se terminant par une mort apparente, avait comme but d’enseigner «que la communication reste ininterrompue même si le corps est détruit, pourvu que tu ne voies pas le corps comme le moyen nécessaire à la communication» (T-15.XI.7:2). Mais nous voyons encore le corps comme nécessaire à la communication et nous croyons que la vraie communication se termine par la mort du corps, parce que nous voulons toujours nous voir comme des corps. Le corps prouve notre existence indépendante et ses expériences apparentes de perte et de douleur ne semblent pas simplement refléter un choix dans notre esprit. L’ego ne veut pas que nous nous rappelions que la source de tous nos chagrins vient de la croyance que c’est nous qui avons quitté l’amour et que nous nous sommes nous-mêmes exilés du Ciel. Grâce à la défense de l’ego qu’est la projection, il croit plutôt qu’il s’agit de choses qui nous arrivent indépendamment de notre propre volonté et que nous ne sommes pas responsables de ce que nous éprouvons. Nous devons donc commencer par reconnaître que ce sont bien nos sentiments, mais nous devons aussi avoir le désir de nous demander si notre interprétation du monde et des événements dans notre vie est correcte.

Le changement qui nous éloigne de la douleur et du chagrin est un processus graduel parce que nous avons peur de l’amour illimité, dans lequel nos vies individuelles, nos soi personnels avec nos personnalités uniques, n’ont aucune signification. Ainsi Jésus nous rappelle doucement à la fois le résultat final et le processus: «Une perte n’est pas une perte, correctement perçue. La douleur est impossible. Il n’y a pas de chagrin qui ait la moindre cause. Et la souffrance de toute sorte n’est qu’un rêve. Voilà la vérité, d’abord seulement à dire puis à répéter maintes fois; ensuite à accepter comme partiellement vraie, avec de grandes réserves. Puis à considérer de plus en plus sérieusement pour enfin l’accepter comme la vérité» (L-II.284.1:1-6, italiques ajoutés).

Ces mots ne sont pas simplement à utiliser comme un « mantra sacré », proclamant ce qui est vrai afin de noyer l’interprétation de notre ego et nos sentiments de perte et de chagrin qui l’accompagnent. La tâche nécessaire et implicite dans le processus de changer d’esprit, parfois très troublante, consiste à regarder ce que nous voulons encore croire, puis de reconnaître d’une part son but – garder la séparation et la culpabilité en vie – et d’autre part ce qu’elles nous coûtent – la souffrance et la douleur. C’est du fait de reconnaître de mieux en mieux ce que nous nous infligeons à nous-mêmes lorsque nous acceptons l’ego comme enseignant que se développe la motivation pour demander de l’aide à un Enseignant différent. Avec cette aide, nous pouvons petit à petit voir les pertes dans notre vie sous un jour différent, prenant conscience de ce que nous avons en effet un choix sur ce que nous ressentons et que nous ne sommes pas les victimes de circonstances indépendantes de notre volonté.


16 — La réalité du corps

Q: Lorsque je me dis en méditant que je ne suis pas un corps et que je suis libre, je ressens la paix d’esprit. Mais dès que j’ouvre les yeux, il – mon corps – est là. Ce n’est pas tant que cela me bouleverse, mais cela me rend perplexe. Quand je me regarde, je vois une belle personne, mais je m’inquiète, car il se pourrait que je ne fasse que nourrir encore l’ego plutôt que d’apprécier ce que j’ai. C’est un véritable casse-tête. Que penser de tout cela?

R: Même si le Cours nous montre à de nombreux endroits que nous ne sommes pas un corps (par exemple dans la leçon 199 et les leçons de la révision suivante), il reconnaît également que nous avons beaucoup investi pour nous voir comme des corps. Jésus observe: «Regarde-toi et tu verras un corps […] Et sans lumière, il semble qu’il ait disparu. Or tu es rassuré sur sa présence parce que tu peux encore le toucher avec tes mains et l’entendre bouger. Voici une image dont tu veux qu’elle soit toi. C’est le moyen pour réaliser ton souhait» (T-24.VII.9:1,3-6, italiques ajoutés).

Il se peut que nous fassions de brèves expériences où nous semblons transcender notre identification corporelle comme vous le décrivez, mais il est peu probable que nous les maintenions pendant un certain temps parce que nous ne le voulons pas vraiment. Notre «souhait devenu réalité» est de nous voir comme un soi séparé, particulier, individuel, et notre corps soutient cette identité. Nous apprenons dans le Cours que même si c’est nous qui avons choisi et fait de ce soi limité notre identité (dans le fantasme, mais pas dans la réalité), nous n’avons pas voulu accepter la responsabilité de cette décision. Et ceci parce que, enfouie profondément dans notre inconscient, il y a la croyance (inventée) que nous avons obtenu ce soi séparé en attaquant l’Unité de Dieu et notre véritable Identité en tant qu’esprit, ce qui est un horrible péché de destruction et de meurtre aux yeux de l’ego. Alors une fois que nous semblons être des corps, mis au monde par d’autres corps, notre existence séparée ne semble plus du tout être de notre propre fait. Ce sont nos parents qui nous ont fait. Et nous croyons peut-être même, au grand plaisir de notre ego, que d’une façon ou d’une autre Dieu était impliqué dans cette «création» particulière de notre soi individuel, comme l’enseignent de nombreuses religions.

Donc, le but du Cours, sachant à quel point nous sommes fortement identifiés à notre corps et à quel point nous avons peur de lâcher prise de la protection que nous croyons qu’il nous procure, n’est pas de nous faire renoncer à notre identification corporelle (cela ne se passe que tout à la fin). Le Cours nous enseigne comment donner à notre corps un but qui diffère du but originel de péché, de culpabilité et de peur de l’ego. Avec l’aide du Saint-Esprit, le corps devient un véhicule pour apprendre nos leçons de pardon dans le contexte de nos relations avec nos frères et sœurs, également perçus comme des corps. Et nous continuerons à nous voir nous-mêmes et tous les autres comme des corps, jusqu’à ce que le processus de pardon soit complété et que nous n’ayons plus aucune culpabilité dans notre esprit, de sorte que nous n’aurons plus besoin de notre corps comme défense contre elle.

Et quant à vous voir comme une belle personne, il n’y a rien de mal là-dedans, tant que vous vous en rendez compte que lorsqu’il est question dans le Cours à quel point nous sommes beaux, par exemple: «Comme nous sommes beaux!» (L-II.313.2:2,3) il n’y est pas question de notre corps physique ou de notre personnalité. Cela renvoie au reflet de la beauté du Christ en chacun de nous, une beauté que nous partageons tous en parts égales en tant qu’esprit.


17 — Défaire la séparation

Q: J’ai entendu dire que dans le « monde réel » on voit la séparation, mais pas les intérêts séparés. Est-ce vrai? Qu’est-ce que cela signifie vraiment? Qu’est-ce qui a apparu en premier, la séparation ou la culpabilité? (La séparation, j’imagine.) La culpabilité peut-elle être défaite sans défaire la séparation ou les deux sont-elles liées? Vous voyez, je voudrais bien me débarrasser de la culpabilité […] et voir les intérêts de mes frères comme miens m’a l’air bien puisque cela met un terme aux terribles sentiments de conflit et de compétition […] Mais perdre mon individualité ne me semble pas être un prix que je suis disposé à payer. J’aimerais plutôt être un individu non coupable, sans conflit, sans esprit de compétition, sans peur, et heureux. Est-ce que c’est possible?

R: Premièrement, vous avez raison de conclure que la séparation a précédé la culpabilité – la culpabilité est simplement l’expérience psychologique du péché – le sentiment qui résulte du fait d’être pécheur.

La plupart des étudiants atteignent la même impasse que celle que vous venez de décrire. Ce que vous ressentez est tout à fait normal et compréhensible, étant donné la force de notre identification à notre existence en tant qu’individus particuliers. Pour la plupart, nous ne connaissons aucune autre façon d’être et nous trouvons assez difficile – c’est le moins que l’on puisse dire – d’intégrer l’enseignement de Jésus voulant que cette identité se substitue à notre véritable Identité, tel que Dieu nous a créés. Ainsi Jésus souligne tout au long du Cours qu’il s’agit d’un processus graduel qui se fait en douceur, et que nous pouvons prendre tout le temps voulu pour le compléter avec lui. Il nous rassure en disant: «Ne crains pas d’être brusquement soulevé et précipité dans la réalité» (T-16.VI.8:1), parce qu’il sait bien que nous sommes terrifiés à l’idée de lâcher prise de cette identité.

À mesure que nous choisissons de pardonner – de lâcher prise de nos rancœurs de plus en plus – nous nous sentirons mieux dans notre peau et par conséquent nous voudrons le faire de plus en plus souvent. Et au fur et à mesure que le processus se développe, nous allons nous identifier de plus en plus à la façon de penser de Jésus et à sa façon d’aborder nos vies, ce qui signifie que notre point de référence pour nos vies se déplacera progressivement de simplement vouloir que nos besoins soient comblés vers la prise de conscience que nous tous partageons un intérêt commun, tant dans nos esprits faux que dans nos esprits justes. À mesure que nous nous préoccuperons de moins en moins d’utiliser le monde et les autres pour répondre à nos besoins – c’est-à-dire que nous verrons un autre but dans notre vie – notre concept de soi commencera à changer, sans même que nous ayons eu à nous concentrer directement là-dessus.

Lorsque nous serons totalement identifiés avec la façon de penser de Jésus, la seule chose pour laquelle nous éprouverons un attrait sera son amour. Et lorsque toutes nos pensées et nos perceptions découleront de cet amour, notre sentiment d’être un individu n’aura plus de signification sauf dans la mesure où il pourra être un moyen d’étendre l’amour guérisseur de Jésus à d’autres esprits qui font appel à lui. C’est l’état d’esprit connu sous le nom de «monde réel». C’est le résultat naturel de la pratique du pardon. Ainsi, lorsque nous aurons atteint ce stade avancé, nous ne penserons plus que nous sommes des personnes avec des besoins à combler et des buts à atteindre. Nous percevrons, d’un point de vue d’«au-dessus du champ de bataille», uniquement des gens qui font appel à l’amour et ne savent pas qu’ils sont simplement des figures dans un rêve qu’eux-mêmes sont en train de rêver.


18 — Que signifie «volonté»

Q: Tout au long du Cours il est question de la volonté et du fait qu’elle n’est pas impliquée dans la perception: «La volonté n’intervient dans la perception à aucun niveau et n’a rien à voir avec le choix» (C-1.7:2) que j’ai emprisonné ma propre volonté: «Tu as emprisonné ta volonté au-delà de ta propre conscience, où elle demeure mais ne peut pas t’aider» (T-9.I.4:1). Si je n’avais pas un esprit fragmenté, je reconnaîtrais qu’exercer ma volonté est le salut: «Si tu n’avais pas un esprit divisé, tu reconnaîtrais que le salut est d’exercer ta volonté parce que c’est la communication» (T-9.I.5:4). Qu’est-ce que la volonté au juste, telle qu’elle est mentionnée dans le Cours, et le cas échéant, quel but sert-elle dans le rêve?

R: Lorsqu’il est question de «volonté» dans le Cours, elle se réfère toujours à la Volonté de Dieu: «La Volonté de Dieu est tout ce qui est» (C-3.6:1). Jésus parle au niveau de l’Esprit, où notre volonté est une avec Dieu, là où la vérité est vraie et tout le reste est faux: «Est-ce si dur de voir que ce qui est faux ne peut être vrai, et que ce qui est vrai ne peut être faux?» (T-31.I.1:7) Il s’agit d’un exemple de la non-dualité du Cours: il ne peut y avoir de volonté à part Celle de Dieu. Sa Volonté est notre salut, et notre véritable volonté est une avec la Sienne. Nous «sommes désireux» c’est-à-dire nous exerçons le pouvoir de notre volonté, seulement lorsque nous choisissons d’accepter la vérité à propos de nous-mêmes, et c’est cela notre salut. Dans le Cours Jésus fait la distinction entre désirer et vouloir. Quand nous choisissons de rendre le péché réel, de croire le mensonge de l’ego quant à qui nous sommes dans le rêve, nous «voulons» faire une alternative illusoire à la Volonté de Dieu et défendre ce soi inventé. C’est l’emprisonnement de notre véritable volonté. C’est ainsi que nous la nions, et c’est cela l’origine de la perception – nous voyons ce que nous voulons voir.

Pour faciliter notre apprentissage, un terme connexe est utilisé dans le Cours: «le petit désir», quant à notre expérience dans le rêve. En ce sens là, être désireux, c’est accepter de choisir de voir différemment, accepter une interprétation différente, remettre en question la signification et la valeur que nous avons donnée à toutes nos relations, à toute notre expérience dans ce rêve, voir les effets des choix égotiques que nous avons faits et prendre en considération leur coût. Cela suffit, selon le Cours, de nous faire changer le sens de notre voyage et de retourner en direction de notre demeure en Dieu et de la seule Volonté que nous partageons avec Lui. Il est notre Père, nous sommes son Fils innocent. De cette manière nous pouvons faire des choix dans le rêve, par la pratique et l’application du Cours, des choix qui nous mettent en harmonie avec la Volonté que nous partageons avec Dieu.


19 — La nature de la culpabilité

Q: Si je comprends bien, le Cours explique qu’à la base de toute notre souffrance il y a la culpabilité, et que cette culpabilité est refoulée. Le Cours semble aussi suggérer que cette culpabilité soit traitée par le pardon du monde extérieur (plutôt qu’au moyen d’un processus de dévoilement comme par la psychanalyse). Si c’est le cas, à quoi sert cette idée de culpabilité, si elle semble demeurer à un niveau purement théorique?

R: La culpabilité dont il est question dans le Cours est une culpabilité ontologique provenant de la croyance que nous pouvions nous séparer de Dieu, mais que, ce faisant, Il devait être détruit – l’existence individuelle séparée et l’Unité totale sont des états qui s’excluent mutuellement et qui ne peuvent coexister. Étant donné que la séparation d’avec Dieu n’est qu’une illusion et de plus une illusion précaire, une défense apparemment puissante était nécessaire pour maintenir son apparente réalité. Une culpabilité dévorante due à notre attaque létale du Tout a formé cette défense et a enfoui la question si nous avions attaqué en réalité ou pouvions l’avoir fait. Selon le Cours, cette culpabilité n’est pas une simple construction théorique, mais le monde extérieur a littéralement été fait à partir de cette culpabilité ontologique comme projection apparente à l’extérieur de ce qui était trop horrible à maintenir dans notre esprit. Par conséquent, lorsque nous pratiquons le processus de pardon dans nos relations extérieures dans le monde, nous sommes en fait en train de traiter, quoique seulement petit à petit, des aspects de cette culpabilité ontologique originale. C’est une approche indirecte qui a un effet pratique et direct sur le problème sous-jacent. En voyant ce que nous avons rendu réel dans le monde extérieur comme projection de ce qui est enfoui dans notre inconscient, en fait nous rendons consciente cette culpabilité enfouie avec le temps. Cela défait la stratégie de l’ego qui est de nous distraire de la culpabilité dans notre esprit par les problèmes du monde et la culpabilité qui leur est associée. Et cela nous permet de tout doucement reconnaître que la prémisse sous-jacente, à savoir que nous sommes séparés et que l’Amour a été détruit, qui a généré la culpabilité fondamentale, n’est tout simplement pas vraie.

Le processus consistant à dévoiler la culpabilité par la psychanalyse, comme elle est généralement pratiquée, contribue en fait au plan du jeu défensif de l’ego, bien qu’il pourrait être dirigé vers le même but que celui du Cours. La culpabilité qu’elle cherche à exposer fait toujours partie de l’écran de fumée extérieur du monde que l’esprit de l’ego a érigé pour nous empêcher de revenir au problème réel dans notre esprit. C’est une culpabilité qui est encore liée au corps et à ses relations avec d’autres corps, et cette culpabilité est encore un effet et non la cause ontologique sous-jacente visée par le Cours.


20 — Amitié et liaison amoureuse

Q: J’aimerais comprendre pourquoi bon nombre de mes relations avec les hommes commencent avec un élément romantique, mais ne peuvent pas continuer en tant que relations amicales. J’apprécie les gens que je rencontre et j’aimerais me développer et grandir jusqu’au point de pouvoir exprimer un amour fraternel tant pour les femmes que les hommes. Femme seule, je rencontre souvent des hommes qui semblent être attirés par moi, puis nous nous fréquentons, puis cela se termine. Je suis responsable de ce que je communique et de ma façon de le faire. Y a-t-il une façon de communiquer «soyons amis» lorsque quelque chose de plus avait été attendu ou désiré et que la déception s’est installée?

R: Nos ego ne sont pas fiers et vont utiliser n’importe quelle forme de particularité qui fonctionne pour nous impliquer dans des relations qui, en fin de compte, ne répondent pas à nos besoins. Bien que nous n’en soyons généralement pas conscients, nous avons un but sous-jacent, celui de démontrer que l’amour ne peut que nous décevoir et que nous sommes la victime involontaire d’ouvertures trompeuses et déroutantes de la part des autres. Le Cours est unique parmi les chemins spirituels – et sans doute aussi pour cette raison pas très populaire: il décèle l’intention sous-jacente derrière toutes nos relations dans le monde, peu importe à quel point nous croyons que nos intentions sont bonnes au départ, jusqu’à ce qu’elles soient remises au Saint-Esprit pour être guéries.

Et souvent, à notre grand regret, le Saint-Esprit ne travaille qu’avec le contenu et non la forme, de sorte qu’il ne peut y avoir aucune garantie quant à ce qui va arriver dans nos relations, sauf qu’une autre occasion nous sera donnée d’entrer en contact avec notre propre culpabilité enfouie ainsi que nos sentiments d’indignité et de haine de soi, afin qu’elles puissent être guéries. Mais si nous sommes capables de pratiquer les principes du Cours sur le pardon, nous allons trouver avec le temps que nous faisons l’expérience de sentiments de paix et de joie dans nos relations, indépendamment de quelque réciprocité que ce soit de la part de nos frères et sœurs au niveau de la forme. Et nous saurons que nous sommes véritablement des «amis» avec le but commun de guérir la souffrance enfouie dans nos esprits. Mais il s’agit d’un processus qui peut prendre du temps pour être mené à terme. Alors, en attendant, il suffit de savoir que vous faites de votre mieux; ne cessez pas d’essayer. Jésus a besoin de nos relations particulières pour nous enseigner l’autre voie. C’est seulement la peur qui nous empêche de nous permettre de faire l’expérience d’une plus grande intimité sous n’importe quelle forme.

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