1-10

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page:
1 – Le langage chrétien du Cours
2 – L’usage de rituels religieux
3 – Les différents niveaux de signification dans le Cours
4 – Concilier la guerre contre le terrorisme et les enseignements du Cours
5 – L’utilisation du genre masculin dans le langage du Cours
6 – Le caractère unique du Cours comme voie spirituelle
7 – Se pardonner à soi-même
8 – Regarder le monde sans jugement
9 – Attaquer les personnes qui étendent l’amour
10 – Quelques questions sur l’apparition de l’ego

1 — Le langage chrétien du Cours

Q: Il semble qu’à un moment donné, toutes les théologies convergent, et ce faisant, elles dépassent leur forme individuelle pour devenir la pure Vérité. Cela me rend perplexe parce que cela implique que la forme chrétienne que le Cours utilise est (excusez-moi) sans importance et temporaire. Sachant cela, je constate que l’anthropomorphisme continuellement utilisé dans le texte me rend impatient et je souhaiterais qu’il soit plus direct. Inutile de dire que cela empêche ma progression personnelle, quoique cela ne change rien à ma révérence. Selon votre expérience, est-ce un phénomène courant? Est-ce que cela disparaîtra avec le temps? Est-ce simplement une stratégie de l’ego? Comment gérer cela?

R: Le contexte chrétien du Cours a été un problème pour les élèves dès le tout début, et ils ont soulevé la même question importante que vous. Afin de résumer et pour développer légèrement votre question, pourquoi un message universel devrait-il avoir été transmis dans un cadre religieux si concret? Et est-ce que cela ne va pas engendrer inévitablement encore plus de séparation, tout en niant l’universalité de la religion précise?

En effet, le langage chrétien d’Un cours en miracles, sans mentionner la présence de Jésus tout au long du livre, peut poser un énorme problème pour bon nombre d’étudiants. Si leur ego cherche un moyen pour invalider le matériel ou pour ériger des obstacles à l’apprentissage, Jésus et le christianisme peuvent devenir des alliés très utiles dans cette bataille contre la vérité. D’autre part, avoir recours à l’aide du Saint-Esprit peut présenter une leçon de plus pour apprendre joyeusement à pardonner notre particularité.

Tandis qu’on ne voudrait nullement restreindre Un cours en miracles à un groupe culturel particulier, on peut néanmoins dire que dans l’ensemble, il s’adresse à un public occidental. Sa langue (anglaise dans l’original), ses tournures liées à cette culture et les éléments freudiens, platoniciens et shakespeariens s’adressent tous à des lecteurs qui sont à l’aise dans la tradition occidentale. Et on peut certainement dire que l’influence prédominante dans le monde occidental des 2000 dernières années a été le christianisme, Jésus en étant clairement la figure dominante, soit comme symbole de l’amour du Ciel, ou comme symbole de l’amour particulier (ou de la haine particulière) de l’ego. Il n’y a donc pas un seul étudiant occidental, qu’il soit chrétien, juif, agnostique ou athée qui, d’une manière ou d’une autre, n’ait pas été influencé par Jésus ou par les religions qui se sont développées en son nom. Ainsi le cadre chrétien d’Un cours en miracles offre une occasion toute naturelle pour que les étudiants puissent pratiquer le pardon concernant leurs expériences passées.

En fin de compte, bien entendu, tous les symboles distincts disparaîtront dans l’Unité de Dieu. Mais jusqu’à ce jour, nous avons besoin du concret pour les petits pas de pardon que nous faisons pour atteindre la réalité non duelle se situant au-delà de tous les concepts dualistes et au-delà de tous les symboles. Comme on peut lire dans le livre d’exercices: «Dieu fera ce dernier pas Lui-même. Ne Lui refuse pas les petits pas qu’Il te demande de faire vers Lui » (L-I.193.13:6-7). Ainsi, les anthropomorphismes chrétiens reflètent notre propre point de vue anthropomorphique de nous-mêmes, car en vérité nous ne sommes ni des corps ni des personnes particulières, mais des pensées non humaines dans l’esprit. Toutefois, tant que nous nous identifions avec la personne concrète dont nous voyons l’image tous les matins dans le miroir de notre salle de bains, nous aurons besoin d’un programme d’apprentissage qui se sert de symboles concrets pour nous rejoindre dans l’état dans lequel nous pensons exister et donc «…utiliser le langage que cet esprit peut comprendre, dans la condition où il pense être» (T-25.I.7:4). Le christianisme nous offre l’un de ces ensembles de symboles. Et pour cette possibilité qu’il nous offre, nous devrions tous être reconnaissants.

2 — L’usage de rituels religieux

Q: En tant qu’étudiant relativement récent du Cours, les rituels que j’utilisais dans la pratique de mon éducation religieuse me manquent à présent. Y a-t-il des choses qu’un étudiant pourrait faire, sans toutefois aller à l’encontre des enseignements du Cours?

R: Il est vrai qu’il n’existe aucun rituel dans Un cours en miracles, puisqu’il se concentre toujours sur le changement de notre esprit, et non sur notre comportement. Toutefois, il n’y a certainement rien de «mal» à ce que les étudiants qui le désirent pratiquent ce qui favorise leur croissance spirituelle en suivant le Cours. Il existe très, très peu de tu dois ou ne dois pas dans le curriculum. Comme il nous est dit dans le Manuel: «Le curriculum est hautement individualisé» (M-29.2:6), et donc les étudiants feraient bien de se laisser guider par le Saint-Esprit.

La seule mise en garde serait de ne pas adopter des rituels susceptibles de devenir un substitut au travail intérieur. Comme Jésus nous dit dans le livre d’exercices: «Le rituel n’est pas ce que nous visons et cela irait à l’encontre de notre but» (L-I.r.III.in.2:4), et dans le Manuel: «Les routines comme telles sont dangereuses, parce qu’elles deviennent facilement des dieux elles-mêmes et mettent en péril les buts mêmes pour lesquels elles ont été montées» (M-16.2:5).

3 — Les différents niveaux de signification dans le Cours

Q: Dans ma branche, le degré de respect des détails et de précision fait toute la différence entre ce qui est perçu comme un travail d’amateur et un travail professionnel. Pourtant, un certain nombre d’étudiants du Cours m’ont dit que le genre de travail que je fais n’est pas important dans le l’ordre général des choses, et que je devrais simplement «lâcher prise» lorsqu’il s’agit de gérer la qualité du produit fini. Je suis perplexe. Pourriez-vous s’il vous plaît m’aider à comprendre ce qui m’échappe

R: Ce qui vous échappe, c’est que certains étudiants du Cours souffrent de ce que nous appelons la «confusion des niveaux». Cette erreur que tout le monde fait confond les enseignements métaphysiques du Cours – Niveau 1 – avec la partie du Cours qui traite uniquement du rêve illusoire – Niveau 2. Dans votre question, le Niveau 1 est représenté par l’«ordre général des choses» c’est-à-dire que «Rien d’irréel n’existe» (T-in.2:3), et le Niveau 2 est représenté par vous et votre travail, c’est-à-dire un corps qui vit dans un monde contrôlé par des normes du bien et du mal. Tant que vous croyez être en ce monde, il est important de faire de votre mieux dans tous les rôles que vous avez choisis. Vos rôles précis constituent les classes que le Saint-Esprit peut utiliser pour vous enseigner le pardon. Sans le concret nous ne pourrions jamais nous rendre à Celui Qui est entièrement au-delà du monde. Il est important toutefois de savoir qu’en fin de compte le travail que vous faites n’a aucune importance. Ce qui importe, c’est avec qui vous le faites. Et vous saurez avec qui vous avez travaillé selon que vous êtes en paix ou anxieux.

4 — Concilier la guerre contre le terrorisme et les enseignements du Cours

Q: Après avoir lu votre article dans The Lighthouse (Le Phare: publication trimestrielle de la «Foundation for A Course in Miracles», http://www.facim.org) de décembre 2001 intitulé “September 11th and the Aftermath” («Le 11 septembre 2001 et ses répercussions»), je me demande si un étudiant du Cours peut mener une guerre contre les terroristes et ne pas être sur le champ de bataille avec l’ego, mais avec Jésus à la place ?

R: Oui, en principe c’est possible puisqu’Un cours en miracles n’est pas un cours sur le comportement, mais plutôt un cours sur le changement de notre façon de penser, ou mieux encore, avec qui nous pensons. Croire autre chose voudrait dire qu’il y a des situations dans le monde qui ne peuvent pas être utilisées par le Saint-Esprit ou Jésus comme des occasions pour nous d’apprendre le pardon.

Si on considère qu’il faut deux personnes, chacune jointe à l’ego, pour produire un champ de bataille, le fait qu’une des deux pourrait choisir de penser avec Jésus éliminerait le champ de bataille. À ce moment-là celle-ci ne ferait pas la guerre, mais plutôt, pour paraphraser le texte, fixerait une limite à l’aptitude d’autrui de «malcréer» (T-2.III.3:3). Comme c’est exprimé dans l’article: «Il y a moyen de faire cesser l’agression, que ce soit au niveau individuel ou sur le plan mondial, qui peut être ferme et résolu et pourtant faire preuve de bonté.» Cette façon, c’est de se joindre à Jésus. Avec Jésus à nos côtés, nous verrions les terroristes comme étant terrifiés plutôt que mauvais. Reconnaissant leur appel à l’aide et à l’amour, nous accomplirions toute action ou inaction dans la direction vers laquelle l’amour de Jésus nous guiderait.

5 — L’utilisation du genre masculin dans le langage du Cours

Q: Qu’en est-il de l’utilisation d’un langage axé sur le genre masculin? Jusqu’à présent je n’ai pas rencontré une seule référence à cinquante pour cent de la population mondiale. Ou bien les femmes ne sont-elles qu’une illusion de plus? J’aime encore le Cours, mais cette affaire du genre dans le langage me dérange.

R: Cette question ressemble à la 10e question dans «Questions et réponses sur Un cours en miracles» de Gloria et Kenneth Wapnick, livre publié par les éditions Octave à Montréal. Une réponse dans ce livre, légèrement modifiée, est que Jésus ne pratique pas l’art de ce qui est «politiquement correct.» Au contraire, son Cours est écrit avec le matériel linguistique de la tradition judéo-chrétienne, dominée par des hommes, et il utilise le langage biblique patriarcal sur lequel repose cette tradition. Par conséquent, le Cours se conforme à cette culture religieuse en utilisant des termes exclusivement masculins. Jésus lui-même parle de son utilisation du langage axé sur l’ego: «Ce cours reste dans le cadre de l’ego, où il en est besoin… Il utilise des mots, lesquels sont symboliques et ne peuvent exprimer ce qui se trouve au-delà des symboles» (C-in.3:1,3).

Il est donc clair que la signification de l’emploi de ce langage dans le Cours se situe ailleurs. Tandis que la forme des mots du Cours est la même que celle de la tradition occidentale vieille de deux mille cinq cents ans, son contenu est exactement le contraire. Ceci fournit un bon exemple d’un principe énoncé deux fois dans le texte, à savoir que le Saint-Esprit ne nous enlève pas nos relations particulières (la forme), mais au contraire qu’Il les transforme (en changeant leur but, le contenu) (T-17.IV.2:3-6, T-18.II.6). Par conséquent, le lecteur a une merveilleuse occasion de pratiquer le pardon en voyant remonter à sa conscience, grâce au langage «sexiste» du Cours, toute sorte de jugements enfouis dans l’inconscient, de sorte qu’ils puissent maintenant être regardés différemment avec l’aide du Saint-Esprit. De cette façon, une relation de haine (ou d’amour) particulière avec les autorités patriarcales – religieuses ou laïques – peut être transformée en une relation sainte, la relation ayant maintenant pour but le pardon et la paix au lieu du jugement et de l’attaque.

De la même manière s’explique l’utilisation du terme Fils de Dieu dans le Cours. Depuis deux mille ans il a été exclusivement utilisé dans la théologie chrétienne pour représenter seulement Jésus, l’unique Fils engendré par le Dieu de la Bible et la deuxième personne de la Trinité. En outre la particularité de Jésus a été accentuée par Saint-Paul qui a relégué le reste de l’humanité au statut de «fils adoptifs» de Dieu (Galates 4,4). Pour mettre l’accent sur le point qu’il est notre égal, Jésus, dans Un cours en miracles, utilise le même terme qui jusque-là avait exclu tout le monde sauf lui. Or maintenant, il désigne tout le monde: les enfants de Dieu qui croient encore qu’ils sont des corps et séparés de leur Source et donc différents de Lui. Et même, plus précisément, le terme Fils de Dieu désigne les étudiants qui lisent et étudient Un cours en miracles et est employé indépendamment de leur genre.

Ce terme est donc utilisé délibérément pour aider à corriger deux mille ans de ce qu’Un cours en miracles considère comme une distorsion par le christianisme du message fondamental de Jésus, et dans ce cas particulier, de l’égalité parfaite et l’unité de la Filialité de Dieu. Ainsi Jésus se présente dans le Cours comme n’étant pas différent de qui que ce soit dans la réalité (bien qu’il soit certainement différent de nous dans le temps). Ainsi, pour l’affirmer à nouveau, le même terme – Fils de Dieu – qui était utilisé uniquement pour Jésus, est maintenant utilisé pour nous tous. En outre, le terme est également utilisé pour désigner le Christ, la création de Dieu d’avant la séparation, Son seul Fils. Pour le répéter: nous voyons l’utilisation de la même forme que dans le christianisme traditionnel, mais avec un contenu totalement différent. L’expression Fils de Dieu peut aussi être facilement comprise comme synonyme d’enfant, un terme qui est également souvent utilisé dans le Cours.

La réinterprétation de Fils de Dieu de l’exclusif à l’inclusif absolu est essentielle pour le système de pensée du Cours. À cause de la raison pour laquelle Jésus utilise ce terme les étudiants – hommes comme femmes – devraient être vigilants contre la tentation de changer le langage «offensant» du Cours. Tandis que cette pratique est compréhensible, elle sert à saper l’un des objectifs pédagogiques de Jésus. Il serait beaucoup plus conforme aux enseignements d’Un cours en miracles de laisser la forme telle qu’elle est et de changer d’esprit à la place. Dans ces circonstances on pourrait bien paraphraser la fameuse phrase du texte : «Par conséquent, ne cherche pas à changer le [cours], mais choisis de changer ton esprit au sujet du [cours]» (T-21.in.1:7). Par conséquent, puisque la forme du Cours n’est pas à modifier, il serait sage que les étudiants utilisent leurs réactions comme une leçon par laquelle ils peuvent apprendre à pardonner, non seulement à Jésus, à Helen ou à Un cours en miracles lui-même, mais aussi à tous ceux qui, dans le passé (ou le présent), ont été perçus comme les traitant, eux ou d’autres personnes, de façon injuste.

Une dernière remarque concernant la question du langage masculin dans le Cours: il y a depuis longtemps une convention grammaticale voulant que les pronoms renvoyant à un substantif neutre comme «quelqu’un» ou «personne» prennent la forme masculine «il». Manifestement, puisqu’un enseignement central d’Un cours en miracles est que nous ne sommes pas des corps, la question, une fois de plus, est simplement une question de forme ou de style.

6 Le caractère unique du Cours comme voie spirituelle

Q: Pourriez-vous expliquer en quoi le Cours est différent de toutes les autres voies spirituelles? J’ai étudié d’autres enseignements non duels, mais semble toujours revenir au Cours.

R: Premièrement, par non-dualité nous voulons dire qu’Un cours en miracles ne reconnaît qu’une seule dimension de la réalité – l’esprit et l’état d’unité parfaite auquel le Cours se réfère comme étant le domaine de la connaissance. Toute autre chose – le monde duel de la séparation et de la perception, de la forme et de la matière, de la pensée et des concepts – est illusion, et donc n’existe pas vraiment.

Cette non-dualité est ce qu’on retrouve dans les grands enseignements de l’hindouisme et du bouddhisme, mais rarement en occident. Ce qui rend unique Un cours en miracles en tant que système spirituel – qu’il soit ancien ou contemporain – c’est l’incorporation dans cette métaphysique non duelle d’une psychologie sophistiquée, largement basée sur les idées de Freud et de ses disciples. Cela signifie essentiellement que lorsque Jésus nous enseigne dans le Cours que le monde est une illusion et rien de plus qu’un rêve qui se trouve en dehors de l’Esprit de Dieu, il nous enjoint en même temps de pratiquer nos leçons journalières de pardon et de prêter soigneusement attention à nos expériences quotidiennes ici. La clé de cette intégration se trouve dans le fait que l’accent, dans le Cours, est mis sur le but. L’introduction de cette idée distingue Un cours en miracles des autres chemins spirituels. Le Cours enseigne non seulement que le monde est une illusion, mais qu’il est une illusion calculée, son but étant de faire un monde de corps totalement axé sur la résolution d’innombrables problèmes physiques et psychologiques qui nous assaillent quotidiennement et demandent notre attention et des solutions. De cette façon l’esprit, la véritable source de nos problèmes, reste caché et est soustrait à notre conscience.

En plus, Un cours en miracles est unique parmi les spiritualités en ce qu’il insiste sur le fait que l’examen de l’ego – le côté enténébré – est le moyen d’aller au-delà vers la lumière. Son accent ne porte donc pas sur la vérité, mais plutôt sur le fait d’écarter le système de pensée de l’ego, système de pensée de culpabilité, de peur et d’attaque, ce qui permettra à la lumière de la vérité de briller. Comme Jésus nous l’enseigne dans un passage clé: «Ta tâche n’est pas de chercher l’amour, mais simplement de chercher et de trouver au-dedans de toi toutes les barrières que tu as bâties contre lui. Il n’est pas nécessaire de chercher ce qui est vrai, mais il est nécessaire de chercher ce qui est faux» (T-16.IV.6:1-2).

7 — Se pardonner à soi-même

Q: Comment est-ce qu’on se pardonne à soi-même? J’ai un correspondant qui est en prison et qui a commencé l’étude du Cours il y a peu de temps. Il est en prison pour avoir agressé sa petite amie. Il dit qu’il apprend à pardonner aux autres, mais pas à lui-même. Il est en colère et plein de honte de l’avoir blessée. J’arrive à voir ses actions comme un «appel à l’amour», une erreur à corriger et non un péché qui exige une punition. Sans doute est-il une victime devenue agresseur, et maintenant il repasse cela en revue continuellement. Je lui dirais de lâcher prise: «Mon frère, choisis à nouveau». Mais pourrais-je me le dire à moi-même? J’ai souffert de dépression une grande partie de ma vie et la culpabilité est une compagne que je connais bien. Les accusations de mon ego semblent m’écraser lorsque je fais des fautes. Je le vois quand je projette ma culpabilité sur les autres et sais qu’il est inutile de me blâmer et de m’accuser lorsque je juge les autres. Mais qu’en serait-il si j’avais vraiment blessé quelqu’un d’une façon ou d’une autre? Je pourrais essayer de réparer le tort et puis passer à autre chose, mais je ne crois pas que mon ego me laisserait me tirer d’affaire si facilement. Je semble pouvoir me délivrer de ma culpabilité uniquement si j’éprouve de la douleur pour la durée de temps que me dicte mon ego. Je sais qu’il doit y avoir «une autre voie». Pourquoi puis-je faire preuve de bonté envers les autres, mais suis mesquin à mon égard? Pour couronner le tout, je cherche une façon de soulager un peu la douleur de la culpabilité dans l’addiction, mais ensuite je me sens coupable de ma dépendance. J’ai besoin d’un moyen pour m’en sortir. Pouvons-nous projeter la culpabilité sur nous-mêmes autant que sur les autres? Je sais que j’en viendrai à comprendre pourquoi je ne m’aime pas et même pourquoi je me hais parfois. J’ai encore à apprendre. Il est paradoxal que, tandis que mon ami en prison s’efforce de se pardonner à lui-même, je me trouve dans ma propre prison et essaye de faire la même chose.

R: Il semble en effet qu’à mesure que nous apprenons à délivrer les autres des projections de notre propre culpabilité nous nous retrouvions coincés avec la culpabilité en nous-mêmes. Jésus nous dit que «lorsque le blâme est retiré du dehors, il y a une forte tendance à le nourrir au-dedans» (T-11.IV.4:5). Mais il poursuit en disant: «Il est difficile au début de se rendre compte que c’est exactement la même chose, car il n’y a aucune distinction entre le dedans et le dehors» (T-11.IV.4:6) et puis, «le blâme doit être défait, et non vu ailleurs» (T-11.IV.5:3). Comment y arriver?

La question que vous soulevez, «comment se pardonner à soi-même?» est une bonne question, mais en fait ce n’est pas la bonne question. Nous sommes encore tellement identifiés à notre ego que nous ne pouvons pas nous pardonner, du moins pas par nous-mêmes (c’est-à-dire tout seuls, ce qui veut dire étant dans un état provenant de l’ego). C’est pourquoi nous avons besoin de Jésus ou du Saint-Esprit ou de n’importe quel autre symbole d’amour et d’acceptation avec lequel nous nous sentons à l’aise afin qu’ils regardent nos «péchés» avec nous. Nous avons besoin de quelqu’un à l’extérieur de notre système de pensée basé sur la culpabilité, quelqu’un qui connaît la vérité au sujet de qui nous sommes vraiment et à qui nous pouvons remettre notre culpabilité une fois que nous l’avons découverte et avons reconnu son but et son coût. Nous croyons être des corps qui peuvent blesser les uns les autres et être blessés. Jésus sait que nous sommes esprit, le Fils innocent de Dieu qui est incapable d’attaquer. Nous ne le croyons pas. En fait, nous ne voulons pas le croire parce que nous voulons encore que la séparation et notre propre individualité soient réelles. C’est pourquoi le processus de pardon implique nécessairement que nous nous joignions à quelque chose ou à quelqu’un à l’extérieur de nous tel que Jésus, qui sait que la séparation, l’attaque et la culpabilité ne sont pas réelles. Nous sommes incapables par définition de nous en rendre compte par nous-mêmes.

L’ego, comme nous en faisons l’expérience, nous dit que nous devons expier nos péchés par la souffrance et les sacrifices. Mais cela ne fait que renforcer notre croyance que notre culpabilité est réelle et que Dieu est un Dieu qui punit et cherche à se venger à cause de nos péchés très réels. Toutes nos tentatives de nous délivrer par l’expiation ne sont que des formes de magie qui ne s’occupent pas du vrai problème dans notre esprit. Il faut comprendre que le problème n’est pas la culpabilité dont nous croyons faire l’expérience à cause de nos transgressions dans le monde. Ces «péchés» ne sont en fait que des distractions intentionnelles qui servent le but de garder notre attention ici dans le monde, de chercher des solutions magiques pour nous délivrer de notre culpabilité (par exemple par réparation du tort) ou d’éviter de l’éprouver (par exemple par une addiction). Mais tout cela ne fait que nous empêcher de regarder plus profondément dans notre esprit, là où se trouve la source réelle de notre douleur et de notre culpabilité (et celle de tous les autres) – la croyance que non seulement nous nous sommes séparés de notre Source aimante, mais que nous étions prêts à Le tuer, à détruire l’Amour et à devenir autonome. Toutefois, si nous pouvons nous joindre à un reflet de cet Amour tel que Jésus ou le Saint-Esprit, et regarder comme nous nous accusons nous-mêmes avec leur présence aimante à nos côtés, nous allons finir par nous rendre compte à un certain niveau que nous n’avons pas détruit l’Amour. En reconnaissant cela, le vrai pardon – de ce qui ne s’est jamais produit – est possible, dissipe toute culpabilité et nous délivre de la prison que nous nous sommes imposée à nous-mêmes. Ensuite, l’action ou le comportement qui aidera et guérira le plus s’ensuivra le cas échéant en réponse à nos soi-disant transgressions contre autrui dans le monde et coulera tout simplement de source.

8 Regarder le monde sans jugement

 Q: Lorsque nous essayons de regarder notre ego, devrions-nous voir les problèmes du monde sans jugement, ou devrions-nous seulement nous rendre compte que nous avons choisi l’ego? Ou est-ce la même chose?

R: Votre question présuppose qu’on pourrait choisir l’ego et regarder sans jugement, ce qui n’est possible que si on dénie. L’ego ne connaît que le jugement, et le jugement est fondé sur l’erreur fondamentale de rendre l’erreur réelle. Ce que vous devriez faire, c’est vivre votre vie en étant attentif à ce que vous pensez et comment vous vous sentez. Si vous remarquez que vous vous fâchez, prenez peur ou jubilez, etc. à cause de problèmes dans le monde, qu’ils soient personnels ou généraux, reconnaissez que vous avez choisi l’ego. «Regarder» consiste à reconnaître cela. Vous regardez les choix de votre ego avec Jésus à côté de vous. Vous regardez sans jugement, comme cette citation l’illustre:

«Ne l’appelle pas péché mais folie, car ce l’était et ce l’est encore. Ne l’investis pas de culpabilité, car la culpabilité implique que cela fut accompli en réalité. Et par-dessus tout, n’en aie pas peur» (T-18.I.6:7-9).

9 Attaquer les personnes qui étendent l’amour

Q: Si l’ego détruit l’amour, par exemple Jésus et son message, pourquoi Mère Teresa n’a-t-elle pas été attaquée alors qu’elle étendait l’amour?

R: L’ego ne peut pas «détruire» l’amour, bien qu’il semble attaquer les symboles de l’amour dans le monde (Jésus et son message). En dépit des attaques contre le Jésus historique, ou, depuis lors, toute attaque contre son message, ni son amour ni son message n’ont été détruits. Les attaques de l’ego n’ont aucun effet sur le contenu. L’extension de l’amour de Mère Teresa (ou de n’importe qui d’autre) est invulnérable aux attaques, et qu’elle ait été attaquée sous quelque forme que ce soit ou non est sans importance. Il se peut en fait qu’elle ait été attaquée ou menacée au cours de sa vie. La forme particulière que son amour a prise pendant sa vie a en effet été critiquée. La théologie et le système de croyances qui l’ont inspirée représentent aussi une forme qui a été attaquée. Cependant, rien de tout cela n’a eu le moindre effet sur le contenu aimant de son travail et de son message. Ainsi nous lisons dans le Cours: «Comme la peur est faible; comme elle est petite et in-signifiante. Comme elle est in-signifiante devant la force quiète de ceux que l’amour a joints! Voilà ton “ennemi”: une souris effrayée qui voudrait attaquer l’univers. Quelles sont ses chances de succès? Peut-il être difficile de faire fi de ses faibles couinements, qui disent son omnipotence et voudraient noyer l’hymne à la louange de son Créateur que tous les cœurs dans l’univers chantent à jamais d’une seule voix?» (T-22.V.4:1-5).

En vous rappelant que l’ego est un choix, vous admettez simplement le choix que vous avez fait sans lui donner le pouvoir de vous enlever la paix.

10 — Quelques questions sur l’apparition de l’ego

Q: Nous avons reçu un certain nombre de questions, dont voici quelques exemples, sur le thème de l’origine de l’ego:

1°) Si le Ciel et l’Amour de Dieu étaient entièrement satisfaisants, pourquoi le Fils aurait-il choisi de rêver d’être parti

2°) Si Dieu est parfait et unifié et qu’il a un Fils parfait et unifié, comment était-il possible qu’une pensée imparfaite de séparation et de division surgisse dans un tel esprit?

3°) Une fois l’Expiation acceptée, comment savoir si l’ego ne sera pas choisi à nouveau

4°) Comment peut-on parvenir à «une expérience» dont il est dit dans le Cours qu’elle résoudra le paradoxe de l’ego?

R: Les points 1°) à 3°) ci-dessus, présentés sous forme de questions, sont en fait des énoncés prononcés par un esprit ego qui déclare ce qui suit: Je sais que l’ego est réel, et maintenant je voudrais que vous m’expliquiez comment il s’est produit et pourquoi vous savez que cela ne se reproduira plus.

La question «Comment l’ego s’est-il produit?» dans toutes ses variations est sans aucun doute la question posée le plus fréquemment par les étudiants d’Un cours en miracles. Cela est tout à fait naturel pour un ego qui veut savoir d’où il vient, tout comme un enfant poserait des questions à ses parents à propos de son origine. Le problème est que l’ego lui-même n’est pas naturel. Le Cours nous enseigne qu’en réalité l’ego ne s’est jamais produit. Par conséquent, comment pourrait-on jamais trouver une réponse intellectuellement satisfaisante quant à l’origine de l’ego dans les pages du Cours? Ceux qui demandent comment l’impossible avait bien pu se produire doivent s’identifier à des êtres séparés et individuels, tandis que celui qui répondrait à cette question doit également accepter le fait que la séparation s’est en effet produite.

En outre, si cela s’est produit une fois, cela pourrait se reproduire indéfiniment, et à certains égards, c’est exactement ce qui se passe. Jour après jour nous est offert le choix de croire en la réalité que nous sommes un ego ou un Fils de Dieu. Par conséquent, se demander si la séparation pourrait se reproduire c’est faire la même erreur que de croire qu’elle s’est produite une première fois. Comme il est expliqué dans le Cours:

«Qui te demande de définir l’ego et d’expliquer comment il a surgi, ne peut être que celui qui le pense réel et cherche par sa définition à garantir que sa nature illusoire est dissimulée derrière les mots qui semblent le rendre tel.

Il n’y a pas de définition d’un mensonge qui serve à le rendre vrai» (C-2.2:5–3:1).

«L’ego exigera beaucoup de réponses que ce Cours ne donne pas. Il ne reconnaît pas comme question la simple forme d’une question à laquelle une réponse est impossible. L’ego peut bien demander: “Comment l’impossible s’est-il produit ?”, “À quoi l’impossible est-il arrivé?” et le demander sous de nombreuses formes. Or il n’y a pas de réponse; seulement une expérience. Ne cherche que cela et ne laisse pas la théologie te retarder» (C-in.4).

L’Amour de Dieu est l’expérience dont il est question dans la citation du Cours ci-dessus. Cette expérience est atteinte par le processus du pardon qui enlève les blocages qui empêchent de prendre conscience de la présence de l’Amour (T-in.1:7). En fait, le but d’Un cours en miracles est de nous aider à atteindre cette expérience.

Publicités