91-100

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page :
91 – Comment voir des gens comme John Edward
92 – Est-il utile de refaire plusieurs fois toutes les leçons du livre d’exercices?
93 – Appliquer les concepts de Jésus à notre perception
94 – Comment accélérer l’apprentissage du pardon?
95 – Confusion et peur en étudiant le Cours
96 – Est-ce bénéfique de prier pour les autres?
97 – Pourquoi Jésus n’est-il pas revenu dans un corps pour nous donner le Cours?
98 – Le Cours est-il «obligatoire»? Qu’est-ce que ça peut changer?
99 – Relations et piètre estime de soi
100 – Si nous sommes Amour, comment le non-amour pouvait-il entrer dans notre existence?


91 a-b) — Comment voir des gens comme John Edward (auteur américain et animateur de télévision qui se présente comme médium, N.d.T.)

Q 91a): J’ai regardé une émission télévisée de John Edward: «Crossing over» (passer de l’autre côté). Il paraît sincère et aimant et semble être capable de communiquer avec les «morts». Comment est-ce conciliable avec le Cours, autrement dit, comment le Cours voit-il cela? Est-ce juste encore une illusion?

Q 91b): Jésus dit que toute Vie fait partie de Dieu. Je peux comprendre que cela s’applique à l’être humain, mais qu’en est-il par exemple des chiens et des chats? Ils semblent avoir une âme, et si on écoute quelqu’un comme John Edward, il dit que les gens qu’il contacte ont leurs animaux domestiques d’antan avec eux. Les chiens et les chats semblent faire partie du Fils de Dieu. Qu’en est-il des animaux «inférieurs» comme les rats? Je sais que c’est sans doute ridicule, mais je suis curieux de savoir ce que vous en pensez.

R: Ces questions relèvent à la fois du niveau métaphysique et du niveau terrestre (le rêve). D’un point de vue métaphysique, Jésus parle très clairement de la communication avec les morts dans la section «Les lois du chaos» de son Cours: «Il n’y a pas de vie en dehors du Ciel. Où Dieu a créé la vie, là doit être la vie. En tout état à part du Ciel, la vie est illusion […] Une vie qui n’est pas au Ciel est impossible, et ce qui n’est pas au Ciel n’est nulle part» (T-23.II.19:1-3,6)6. Cela veut donc dire qu’il n’y a qu’une illusion de vie en ce monde.

Or nous qui faisons l’expérience de la «vie» dans ce monde, nous sommes chaque jour aux prises avec la «hiérarchie d’illusions» (T-23.II.2:3): la vie, la mort, l’animé, l’inanimé, l’humain, l’animal et autres. Il y a des gens qui communiquent avec les «morts», avec les «vivants» (qui sont très loin), qui prévoient le futur, voient le passé lointain, etc. Ces expériences ainsi que d’innombrables autres sont possibles au niveau de ce monde ou du rêve parce qu’elles reflètent le fonctionnement de l’esprit. Et puisque nous savons que l’esprit est un, il ne devrait pas être surprenant qu’il y ait des gens qui peuvent se «connecter» avec d’autres. Juste parce que nous croyons être séparés et indépendants de tout en ce monde ne signifie pas que c’est vrai. Et puisque nous avons «oublié» notre origine, communiquer comme John Edward nous semble en effet incroyable. Toutefois, ce type de communication reflète la qualité de l’esprit d’être un et est notre forme naturelle de communication. Comme vous pouvez le constater, il n’y a aucune différence dans la communication entre les corps «vivants», les corps «morts» ou les corps «vivants et morts». Il n’y a pas de corps, mais seulement l’esprit.

Les questions concernant le «supérieur» et l’«inférieur» ne sont pas ridicules, vu que nous voulons tous savoir comment la hiérarchie de notre monde s’insère dans la hiérarchie du monde de Dieu. Le terme «hiérarchie» devrait nous mettre sur la voie de la réponse. Le Cours enseigne que les formes de vie ici sont toutes les mêmes, c.-à-d. qu’elles sont toutes nos projections de la pensée égotique de séparation d’avec Dieu, et il enseigne aussi que le monde de Dieu n’a pas de hiérarchie, pas de niveaux, pas de différences. Dieu et Son Seul Fils, le Christ, sont totalement unifiés; c’est un concept que nous sommes incapables de comprendre avec un cerveau qui a été fait pour ne comprendre que la dualité. Mais nous pouvons saisir, au moins intellectuellement, que la pensée de séparation dans l’esprit se rapporte au contenu et non à la forme. Ainsi les formes que prend cette pensée de séparation – animées ou inanimées, protozoaires ou mammifères – ne sont pas pertinentes.

Et finalement, si vous vous rappelez que ce monde est un «rêve», vous savez sans doute par votre propre expérience que tout peut arriver dans un rêve: «N’est-ce pas que le monde qui surgit en rêve semble tout à fait réel? Or pense à ce qu’est ce monde. Il est clair que ce n’est pas le monde que tu voyais avant de dormir […] Ils [les rêves] sont le meilleur exemple que tu puisses avoir de la façon dont la perception peut être utilisée pour substituer les illusions à la vérité. Tu ne les prends pas au sérieux en t’éveillant parce que le fait qu’ils violent la réalité si outrageusement devient apparent. Or ils sont une façon de regarder le monde et de le changer pour mieux convenir à l’ego» (T-18.II.1:1-3; 2:2-4).



92 — Est-il utile de refaire plusieurs fois toutes les leçons du livre d’exercices?

Q: J’étudie le Cours depuis plus de dix ans et j’ai fait livre d’exercices deux fois et demie. Je me suis rendu compte que la première fois je les ai faites presque comme un rituel. La deuxième fois était sans doute la meilleure, et même si c’était parfois comme une routine ou un rituel, ce que Jésus voulait dire m’a vraiment touché profondément. La troisième fois je l’ai fait plusieurs années plus tard, et je n’ai réussi qu’à faire la moitié avant d’abandonner. Je voulais en fait essayer de refaire les leçons parce que le texte est plus théorique, et au fil des années ce que j’avais appris en mettant en pratique les leçons semblait avoir un peu perdu son effet. C’est probablement normal. Ce que je voudrais faire, c’est appliquer le Cours à mes expériences quotidiennes, et avec le livre d’exercice ça allait très bien. J’ai bien relu Les règles pour la décision, ai essayé de commencer ma journée de la façon indiquée et ensuite de me rappeler mon but pour la journée lorsque je perdais ma paix. C’était merveilleux. Voici ma question: devrait-on essayer de refaire les leçons ou devrait-on juste les lire et les appliquer tel qu’on le juge bon? Que disent les gens quant à refaire les leçons?

R: Nous avons répondu à une partie de votre question dans notre réponse à la question 64 – à savoir si on devrait refaire les leçons. Ce qui vous arrive est tout à fait normal, comme vous l’avez dit vous-même. Et puisque la pratique des Règles pour la décision fonctionne si bien pour vous, il est logique de vous en tenir à elles. Assurez-vous simplement de ne pas tomber dans le piège de l’ego de penser que vous devez appliquer le Cours à perfection, 24 heures sur 24, sans quoi vous n’êtes pas un bon et fidèle étudiant. S’il y a la moindre pression ou le moindre sentiment de jugement, vous pouvez être certain que cela ne vient pas de Jésus et que vous avez tenté de diriger votre processus vous-même.

Nous avons tous des résistances, sinon nous n’aurions même pas besoin du Cours. Regarder de plus près votre résistance pourrait vous aider à vous rendre compte de la peur qui se trouve forcément dans votre esprit. Un côté en nous reconnaît ce que veut dire vraiment apprendre et mettre en pratique ce qu’enseigne le Cours. Un côté en nous sait que nous nous sommes trompés sur absolument tout et qu’absolument tout à notre sujet changerait, et ça fait vraiment très peur. Un côté en nous veut continuer, tandis qu’un autre est terrifié à l’idée de continuer.

Une fois que vous avez détecté le rapport entre votre peur et votre oubli d’appliquer le Cours, l’étape suivante consiste à vous pardonner. La peur n’est pas un péché. Comme vous pouvez voir dans notre réponse à la question 64, la meilleure façon de faire les leçons, c’est de ne pas les faire «comme il faut» et puis de se pardonner au lieu d’en faire un rituel et de mettre l’accent sur la forme plutôt que sur le contenu. Le fait que vous voulez sincèrement appliquer le Cours à vos expériences quotidiennes est le contenu, et ça suffit. Il ne s’agit pas de la forme que ça va prendre. Vous pouvez alors être reconnaissant d’avoir choisi de défaire votre croyance au système de pensée de l’ego, tout en ayant confiance que lorsque votre peur diminuera, vous allez voir d’autres changements se faire dans vos pensées et relations. Seulement, n’essayez pas d’évaluer votre progrès et ne cherchez pas à obtenir des résultats selon votre définition avec trop d’acharnement. Fiez-vous au processus.



93 — Appliquer les concepts de Jésus à notre perception

Q: Pendant plusieurs années d’études, j’ai essayé de suivre ce que vous dites à propos de «regarder avec Jésus» ou «regarder avec ses yeux». Je n’ai jamais vraiment pu visualiser cela. Récemment, j’ai fini par accepter que «regarder avec Jésus», c’est appliquer les enseignements d’Un cours en miracles à mes perceptions égotiques. Autrement dit, croire les enseignements signifie aussi croire et accepter l’enseignant. Cela m’a fait mieux comprendre ce que veut dire avoir Jésus avec moi. Est-ce une bonne façon de voir ma relation avec Jésus, ou bien devrait-elle être quelque chose de plus personnel?

R: Le processus que vous décrivez qui est celui d’appliquer les enseignements du Cours à vos perceptions égotiques est en effet une pratique tout à fait appropriée pour ce qui est de regarder avec Jésus. Puisque Jésus est un symbole du contenu du Cours, il est présent dans notre esprit lorsque nous sommes conscients de ses enseignements. C’est particulièrement le cas lorsque nous sommes désireux d’appliquer ces enseignements à nos perceptions égotiques et de remettre en question leur validité à la lumière du message de Jésus. Puisque nous nous identifions à notre perception, c’est aussi une façon d’entrer en contact avec Jésus d’une manière tout à fait personnelle. Vous l’avez invité à être avec vous sous forme des enseignements du Cours qui peuvent être symbolisés par l’image d’une lampe qui jette une nouvelle lumière sur nos esprits obscurcis: «Je te donne la lampe et j’irai avec toi. Tu ne feras pas ce voyage seul. Je te mènerai à ton vrai Père, Qui comme moi a besoin de toi» (T-11.in.4:5-7).



94 — Comment accélérer l’apprentissage du pardon?

Q: Le Cours fait allusion à la réincarnation. Pouvez-vous développer cela davantage? J’ai 67 ans et n’ai plus beaucoup de temps pour apprendre le pardon. J’aimerais vraiment mieux l’apprendre dans cette vie-ci, car ce serait trop fort si j’avais à passer encore une fois par ce monde si ce n’est pas nécessaire. Je souhaiterais que nous ayons la possibilité de sauter de ce monde dans les bras de Dieu. Je dis que je veux la paix de Dieu, mais visiblement je ne la veux pas puisque je ne l’ai pas. J’aimerais donc parfois qu’il existe un bouton pour les gens comme moi qui disent être désireux de changer, sur lequel appuyer pour que cela se produise. Alors je pourrais appuyer sur le bouton et apprendre le pardon en dépit de mes «bonnes intentions». Parfois je crois que tout le problème vient du fait qu’au lieu d’être reconnaissant à Dieu pour ma création je Lui en veux d’avoir été créé, parce que Dieu est plus que moi. Je sais que cela semble ridicule, mais il faut que j’apprenne que ce n’est pas le cas.

R: Tant de pauvres types à pardonner, et si peu de temps! Mais c’est seulement votre ego qui parle – les choses ne se passent pas vraiment comme vous le croyez. De vous inquiéter du fait que vous n’apprendrez pas le pardon dans cette vie ne fait que vous piéger encore plus longtemps dans cette illusion. Étant donné que le pardon se fait dans l’esprit, en dehors du temps et de l’espace, votre progrès ne dépend ni du temps ni de l’espace (T-15.I.9, T-26.VIII.6:1-5). Il dépend seulement de votre désir (dans l’esprit) de mettre en pratique les leçons du pardon comme votre monde extérieur semble vous les présenter maintenant, une après l’autre. Mais pour ce faire, vous devez comprendre ce que sont le pardon et le but du monde.

La résistance au monde ne fait que renforcer votre croyance que le monde est réel et qu’il est à l’origine de tous les problèmes qui vous contrarient. Le but du Cours n’est pas de nous apprendre comment échapper du monde, mais plutôt de nous apprendre comment échapper du système de pensée enfoui dans l’esprit qui nous convainc que nous voulons et avons besoin que le monde et tous ses bourreaux soient vrais. Le monde nous fournit un prétexte pour fixer notre attention à l’extérieur de notre esprit, tout en accusant les autres pour notre perte de paix plutôt que de regarder la culpabilité dans notre propre esprit qui en est la cause réelle. Le monde est littéralement la projection de la culpabilité cachée dans notre esprit (T-20.VIII.9). Donc, vouloir échapper du monde n’est que cautionner le plan de l’ego qui veut que nous cherchions le problème et sa solution au mauvais endroit (T-27.IV).

Et puisque vous n’êtes pas vraiment ici dans le monde même maintenant, il serait plus utile de vous concentrer sur le fait que vous choisissez l’ego en ce moment même dans votre esprit, plutôt que de vous préoccuper d’éventuelles vies futures (ou passées), car elles ne font que promouvoir le but de l’ego qui est d’éviter le moment présent, le seul moment où le pardon peut se produire (M-24.6). Si vous désirez approfondir le thème de la réincarnation telle qu’elle est présentée dans le Cours, vous pourriez lire la question 24.

Aussi sincère que cela puisse paraître, vouloir disposer d’un bouton sur lequel appuyer pour imposer le pardon à votre esprit est en fait juste un moyen pour essayer d’éviter la responsabilité quant à votre condition actuelle et de ne pas regarder le choix que vous faites en ce moment d’être contrarié et souffrant. En fait le pardon est le bouton sur lequel vous pourriez appuyer ou que vous pourriez choisir maintenant, mais vous ne le voulez pas vraiment, et c’est de cela que vous devriez mieux vous rendre compte – et aussi, pourquoi vous le faites. Prendre conscience de la pensée que vous en voulez à Dieu puisqu’Il est plus que vous – ce que le Cours appelle le problème de l’autorité («Le problème de l’autorité est encore la seule source de conflit, parce que l’ego a été fait du souhait qu’avait le Fils de Dieu de L’engendrer» – T-11.in.2:3) – est le genre de prise de conscience qu’il serait utile de développer, parce que cela joue un rôle dans votre vie actuelle, dans vos relations ici, comme une ombre de la culpabilité réelle cachée dans les replis de votre esprit.

Comme antidote à l’impatience avec vous-même, les paroles de Jésus concernant le pardon sont un doux rappel: «Le pardon […] est calme, et tranquillement ne fait rien […] Il regarde simplement, attend et ne juge pas» (L-II.1.4:1-3).



95 — Confusion et peur en étudiant le Cours

Q: Je suis de plus en plus confus en ce qui concerne la vie et comment fonctionner. Bien que j’aie traversé des périodes semblables auparavant, celle-ci dure depuis longtemps et est très troublante. Cela est lié au fait de savoir qu’aucune rêverie ni rien de ce que j’avais espéré dans le monde ne m’apportera le bonheur. Je ne sais plus du tout ce que je veux et j’ai du mal à savoir comment me comporter dans mes relations et mon travail, comment prendre des décisions, pratiquer Un cours en miracles, et ainsi de suite. Cet état comporte de la peur. Je sais que cela fait partie du processus et que c’est peut-être lié au fait de lâcher prise d’images de moi-même et de ce que je crois être vrai, et un stratagème de l’ego pour que je reste en conflit. Pourriez-vous s’il vous plaît préciser comment passer par cet état perturbant tout en essayant d’être normal dans le monde? Merci.

R: Oui, le plus souvent l’état que vous décrivez est une phase normale du processus qui consiste à défaire nos croyances erronées à propos de nous-mêmes et le monde, et en ce sens c’est positif. D’une certaine manière cela ressemble assez à la douleur et la désorientation ressenties lors du sevrage d’une dépendance. Nous avons en effet été dépendants de notre identité particulière en tant qu’individu, et donc nous pouvons nous attendre à un sérieux malaise lors du progrès que nous faisons à «…dégager [notre] esprit de sa position fixe ici», comme nous le dit Jésus. Mais il nous assure: «Cela ne te laissera pas sans demeure ni sans cadre de référence. La période de désorientation, qui précède la transition proprement dite, est bien plus courte que le temps qu’il a fallu pour fixer ton esprit si fermement sur les illusions» (T-16.VI.8:3,4-5). Cela demande une certaine dose de foi et de confiance. Dans le manuel pour enseignants, comme vous le savez probablement, Jésus parle des étapes pour développer la confiance, et il décrit la cinquième étape en particulier comme «une période de perturbation» (M-4.I-A.7:1).

Ce qui peut aider à traverser cette période, c’est de changer le cadre de référence pour votre vie quotidienne. Au lieu de penser de la façon habituelle à ce que vous voulez dans la vie ou à ce que le monde a à vous offrir, vous pourriez aborder les circonstances de votre quotidien comme une classe où vous allez en apprendre davantage sur la façon de défaire ce qui vous sépare de l’amour. Suite à cela, vous serez peut-être motivé par le désir de voir des intérêts communs au lieu d’intérêts séparés et concurrents. Autrement dit, c’est ce que vous voulez qui change, comme on peut lire dans la leçon 129: «Au-delà de ce monde, il y a un monde que je veux» (L-I.129). Vous pouvez devenir un «apprenant heureux» (T-14.II), avide d’apprendre plus sur le pardon et sur ce que vous faites et pensez qui mène à ce que vous vous sentez séparé des gens dans votre entourage, parce que vous savez que tout cela ne fait que recouvrir l’amour qui vous unit à Jésus et à tout le monde dans votre vie. Alors vous pouvez voir chaque jour comme une occasion pour mieux reconnaître les moyens que vous utilisez pour cacher l’amour: vous devez prendre conscience de ce que vous choisissez avant de pouvoir choisir contre. Autrement dit, le point de mire de la journée serait d’apprendre ce qui se passe dans votre esprit. Votre joie viendrait davantage du fait de vous voir vous-même et tous les autres comme faisant le voyage ensemble, au lieu de suivre les points d’intérêt de l’ego et la façon dont il définit la joie, ce qui veut toujours dire arriver à ce que nos besoins soient comblés aux dépens d’autrui.

Vous pouvez faire cela en même temps que vous vous concentrez sur votre travail et toute autre chose dont vous êtes responsable dans votre quotidien. C’est comme une attention divisée: une partie se consacre soigneusement et consciencieusement aux responsabilités et une autre partie voit toutes ces interactions comme une classe où Jésus ou le Saint-Esprit vous apprend comment défaire la séparation que vous avez rendue réelle et que vous continuez à rendre réelle. Donc, plutôt que d’être découragé et sans entrain, vous pouvez utiliser ce temps comme occasion pour changer la façon de voir votre vie comme vous ne l’avez encore jamais fait. Toute votre pratique du Cours vous a conduit jusqu’ici, où un nouveau niveau de fonctionnement et d’entretenir des rapports s’ouvre à vous.

Assez souvent ce changement de point de mire peut en fait rendre les choses plus faciles au niveau du quotidien, parce que vous ne pensez plus en fonction de «Qu’est-ce que cela m’apporte?», ce qui entraîne inévitablement beaucoup de tensions et de conflits. Comme vous le dites, la peur de faire ce changement est énorme, car l’importance du seul soi que vous connaissez et auquel vous vous identifiez diminue, tandis que celui qui le remplace ne vous est pas encore entièrement apparu. Avoir confiance en ce processus est extrêmement important à ce stade, tout comme la douceur et de vous permettre de tout mettre de côté pendant un certain temps si cela peut vous soulager un peu. Tout au moins vous pouvez être sûr que vous ne passez pas par là tout seul. Vous savez au moins intellectuellement que dans votre esprit se trouve le reflet de l’Amour du Ciel qui vous soutient à chaque étape tout au long du chemin.

On ne devrait pas non plus oublier que parfois la psychothérapie ou une autre forme d’intervention professionnelle peut aider à traverser une période difficile. Ce n’est jamais faux, alors que nous allons de l’avant dans notre processus, de se prévaloir de l’aide d’un bon thérapeute compatissant, et dans de nombreux cas cela peut accélérer les choses. Cela pourrait également servir le but de nous aider à éviter l’erreur de sauter les étapes dans notre processus.



96 — Est-ce bénéfique de prier pour les autres?

Q: Est-ce que prier pour les autres est bénéfique pour eux? Si tel est le cas, quel serait le meilleur moyen et celui qui aide le plus de prier pour les autres – ceux qui passent des moments difficiles et ceux qui passent de beaux moments, nos bien-aimés (vivants ou décédés) et nos «ennemis», ceux que nous connaissons et les inconnus dans notre communauté, notre pays et le monde? En somme, devrions-nous prier pour les autres du tout?

R: Un cours en miracles ne nous demande pas de prier pour autrui dans le sens habituel, mais plutôt de délivrer nos frères de tous les jugements que nous avons portés sur eux, y compris le fait que nous croyons qu’ils ont besoin de nos prières. Jésus nous dit que notre seule fonction est le pardon: «Le salut du monde dépend de toi qui peux pardonner. Telle est ta fonction ici» (L-I.186.14:5-6). La prière à laquelle nous convie le Cours est donc le pardon: «Mais la seule prière qui ait une signification est la prière pour le pardon, parce que ceux qui ont été pardonnés ont tout. Une fois le pardon accepté, la prière au sens habituel n’a plus aucune signification. La prière pour le pardon, ce n’est rien de plus qu’une requête pour être à même de reconnaître ce que tu as déjà» (T-3.V.6:3-5). Ce que nous avons déjà, nous et tout le monde, c’est l’identité que Dieu nous a donnée en tant que Son Fils innocent, une identité qui n’a pas d’opposé. Reconnaître cette identité en nous et en tous nos frères, sans aucune exclusion ni distinction, voilà notre prière pour eux. C’est seulement cela qui est véritablement bénéfique pour autrui ainsi que pour nous, et cela s’applique à toute personne dans toute situation.

Étant donné que tout pardon est en fin de compte pour nous, pour avoir mal perçu, toute prière est pour nous-mêmes: «N’oublie jamais que la prière à n’importe quel niveau est toujours pour toi-même. Si tu t’unis à quelqu’un en prière, tu fais de lui une partie de toi. L’ennemi, c’est toi, comme l’est le Christ. Avant qu’elle ne puisse devenir sainte, donc, la prière devient un choix. Tu ne choisis pas pour quelqu’un d’autre. Tu ne peux choisir que pour toi. Prie véritablement pour tes ennemis, car en cela réside ton propre salut. Pardonne-leur tes péchés, et tu seras certes pardonné» (Ch-1.II.6). Non seulement le pardon est notre seule fonction, mais c’est aussi notre seul besoin, et cela est vrai pour tout le monde. Voilà la prière que nous pouvons offrir chaque fois que nous croyons voir que quelqu’un a «besoin de nos prières» ou besoin de quoi que ce soit: «Que je connaisse ce frère comme je me connais moi-même» (T-5.in.3:8). Lorsque nous rencontrons quelqu’un qui nous paraît avoir besoin de nos prières, notre première réaction devrait être de demander que notre perception soit corrigée afin de percevoir la personne véritablement et de pouvoir ainsi devenir l’exemple de quelqu’un qui a accepté la perception du Saint-Esprit dans son propre esprit. Nous faisons donc appel au pouvoir de l’esprit de la personne de choisir elle-même la perception corrigée. Si nous pratiquons cela sincèrement, nous en viendrons à nous connaître nous-mêmes et tout le monde comme étant sans péché, entier et guéri de toute malperception. Personne ne pourrait demander autre chose ni avoir besoin d’autre chose.



97 — Pourquoi Jésus n’est-il pas revenu dans un corps pour nous donner le Cours?

Q: Pourquoi Jésus a-t-il utilisé le corps d’Helen comme scribe d’Un cours en miracles? Pourquoi n’est-il pas revenu lui-même au monde dans un corps? Une fois que quelqu’un est dans le monde réel et qu’il a écarté son corps, voudrait ou pourrait-il revenir dans ce monde dans un autre corps? Se souviendrait-il de qui il est et de ses vies antérieures?

R: Bien que vos questions soient logiques dans la perspective du monde et des soi corporels que nous croyons être, ce n’est pas la perspective dans laquelle nous a été transmise le Cours et ce n’est pas à ces soi que le Cours s’adresse. Si vous pouvez transférer votre perspective du monde à l’esprit et reconnaître que nous sommes le rêveur du rêve et non les figures dans le rêve, les choses pourraient devenir un peu plus claires.

Jésus est un symbole de l’Expiation dans notre esprit – la correction de notre système de pensée délirant de séparation, de péché et d’attaque. Ce symbole de l’amour peut prendre beaucoup de différentes formes concrètes dans le monde, mais ces diverses formes, tout comme l’homme que nous appelons Jésus, «un être séparé qui marchait seul à l’intérieur d’un corps qui paraissait garder son soi loin du Soi» (C-5.2:3), sont toutes illusoires. L’amour que Jésus représente prend toute forme qui peut nous aider le plus, nous qui sommes piégés dans la croyance à un rêve que nous avons fait nous-mêmes et que nous avons oublié d’avoir fait. Il n’y a pas vraiment de réponse plus précise quant à la raison pour laquelle le message nous est parvenu sous la forme sous laquelle il nous a été transmis.

On peut toujours spéculer et dire: peut-être en raison de la particularité qui s’est trouvée associée à l’être physique de Jésus dans le christianisme et qui a obscurci son message essentiel de pardon, cela nous aide mieux que le message nous parvienne sous forme de livre afin que nous ne soyons pas si facilement distraits par la forme concrète de l’enseignant. Helen a toujours dit très clairement qu’elle était le scribe et pas la source de ce matériel, de sorte que toute confusion entre la forme et le contenu du Cours soit minimisée.

Quant à votre question à propos d’être dans le monde réel, il s’agit là d’un changement de perspective permanent loin du monde et vers l’esprit, de la figure de rêve au rêveur; cela n’a rien à voir avec le fait de se défaire du corps. Une fois que vous êtes dans le monde réel, vous connaissez que vous n’êtes pas un corps, peu importe ce que d’autres esprits encore identifiés au rêve peuvent penser de vous. Ce n’est donc pas la question de décider entre rester ou partir – il n’y a ni départ ni arrivée, mais seulement une manière différente de voir. Vous pourriez alors devenir un symbole de l’amour dans le rêve pour d’autres qui croient encore à la séparation, mais vous ne serez plus identifié à une quelconque figure de rêve et ne serez donc plus touché par n’importe quel évènement dans le monde. Vous saurez que rien de tout cela n’est réel. La mémoire des vies antérieures n’aura aucune valeur pour vous lorsque vous reconnaîtrez leur nature illusoire. Mais si une allusion à une de ces formes concrètes peut aider quiconque dans son propre processus d’éveil, alors votre esprit pourrait transmettre la correction à l’aide de ces symboles.



98 — Le Cours est-il «obligatoire»? Qu’est-ce que ça peut changer?

Q: Un cours en miracles semble énoncer très clairement qu’il est important pour le lecteur du livre (et pour chaque Fils de Dieu qui croit être séparé), de réaliser le but du Saint-Esprit pour le monde et le temps en acceptant l’Expiation, c’est-à-dire le fait que la séparation n’a jamais eu lieu, ainsi qu’en acceptant que le Fils de Dieu est un (le Christ) et chez lui en Dieu le Père.

Voici ma question: De ce qui précède, il semble que cela change quelque chose quand «je» ou «tous» les Fils de Dieu acceptent l’Expiation. Sinon pourquoi Jésus, le Saint-Esprit et Dieu se donneraient-ils tout ce mal pour nous apporter le Cours dans le rêve et travailler avec nous chaque jour dans notre lutte pour reconnaître la vérité? Qu’est-ce qui changerait, au juste?

Je me rends compte que notre Soi réel ne s’est jamais séparé du Père et que rien ne s’est jamais passé en réalité. Et pourtant, voilà que le Cours nous dit que prendre conscience de ce qu’enseigne le Cours est «obligatoire». Je ne le dis pas en plaisantant, mais très sincèrement: qu’est-ce que tout cela changerait-il?

R: Il semblerait que Jésus ou le Saint-Esprit a un certain investissement à ce que nous acceptions le message du Cours, mais ce n’est vraiment qu’une projection de notre propre ego. La référence au fait que c’est un cours «obligatoire» (T-in.1:2) était en réalité destinée uniquement à Helen lorsqu’elle se demandait si elle voulait adopter ce que le Cours lui demandait de faire, même si elle savait qu’il était la réponse à la demande d’une autre voie d’elle-même et de Bill.

On pourrait également dire que Jésus et le Saint-Esprit – Dieu ne peut pas être concerné car Il est au-delà de tous les mots et symboles, y compris les symboles particuliers du Cours (M -21.1:7) – se sont donné bien du mal pour nous transmettre le Cours et nous amener à le mettre en pratique, mais en fait cela ne correspond pas à la réalité. Ils sont juste une présence dans notre esprit qui nous rappelle qu’il y a une alternative au système de pensée de notre ego (T-5.II.7:1-4), et c’est notre propre esprit divisé qui donne une forme à ce rappel d’une façon que nous pouvons comprendre et dont nous pouvons bénéficier. (Si vous voulez lire un aperçu plus approfondi à ce sujet, vous pourriez vous en référer à la section “Helen and Jesus: The Illusion and the Reality” dans Absence from Felicity [en anglais seulement] de Kenneth Wapnick.)

Bien que Jésus ou le Saint-Esprit ne fait ni pression ni insiste pour nous faire suivre les enseignements du Cours – ils savent qu’ici rien n’est réel, même si nous ne le savons pas – votre question requiert tout de même une réponse. Qu’est-ce qui change quand nous acceptons l’Expiation pour nous-mêmes? La seule chose qui change est le temps que nous passons à souffrir – et cela dépend de notre choix. Comme l’observe Jésus: «Rien n’est jamais perdu, que du temps, qui à la fin est in-signifiant […] Or puisque tu crois en lui, pourquoi le gaspillerais-tu à n’aller nulle part […] Mais il est certes difficile de s’égarer, seul et misérable, sur une route qui mène à rien et n’a pas de but» (T-26.V.2:1,3,6). Alors le Cours nous offre un doux processus pour défaire le temps et ses effets, sans exiger ou insister. Tout ce que Jésus nous offre, c’est le doux encouragement d’examiner les conséquences d’avoir choisi l’ego, et il décrit en ce qui peut nous paraître les moindres détails comment nous nous infligeons cette souffrance à nous-mêmes et comment faire un autre choix.



99 — Relations et piètre estime de soi

Q: Je fréquente un homme depuis environ trois mois. Je le connais depuis trois ans et demi et je crois que je l’«aime». Le problème est que je me sens comme si je manquais de valeur et je me hais parce que je pèse lourd. Je suis souvent jalouse de ses amies, même si je crois qu’elles sont juste des amies. J’attends tout le temps que cet homme si gentil finira par me fuir, alors je le teste constamment et lui dis des choses très négatives sur moi pour ensuite lui demander s’il veut encore rester avec moi. Que me conseillerait Un cours en miracles pour m’aider à guérir la douleur d’une si faible estime de ma propre valeur et pour développer une relation saine et sainte avec cet homme? Il est très attentionné et respectueux envers moi.

R: D’abord, le Cours peut vous aider à reconnaître la vraie source de toute piètre estime et de toute haine de soi. La cause n’est pas votre poids ni aucune autre caractéristique ou défaillance dont vous pourriez croire qu’elles vous rendent moins désirable. Cela n’a rien à voir non plus avec ce que les gens peuvent penser ou dire de vous. Tout cela, il va sans dire, va totalement à l’encontre de ce que nous dit le monde. Mais le monde et nos relations ici sont ce que nous avons fait pour nous cacher la véritable cause de notre haine de nous-mêmes. La vraie source est notre croyance que nous existons tout seuls, à part de l’amour, à cause de notre décision enfouie profondément dans notre inconscient de nous être séparés de Dieu, sans nous soucier du coût pour Lui et pour nous.

Nous sommes convaincus que nous sommes sans amour et ne méritons pas d’être aimés parce que nous avons choisi contre l’amour qui est notre réalité. Mais plutôt que de remettre en question la prémisse voulant que nous puissions nous séparer de l’amour, ce qui selon le Saint-Esprit est impossible, nous en séparons notre sentiment d’identité pour ensuite chercher l’amour et la confirmation de notre valeur venant de sources en dehors de nous-mêmes, sans jamais nous rappeler que ce que nous voulons – l’amour – est toujours resté en nous tout le temps. Ainsi nous nous tournons vers les autres pour qu’ils nous donnent ce dont nous croyons manquer, et cela ne fait que renforcer notre croyance sous-jacente qu’il nous manque quelque chose et que nous étions vides dès le départ. Une fois embarqués dans cette recherche nous sommes perdus, car nous avons choisi de chercher partout sauf là où nous pouvons trouver l’amour (T-29.VII).

Il n’y a rien que nous puissions faire tout seuls pour défaire ces sentiments de manque de valeur et nous offrir l’amour que nous désirons si désespérément. Mais en fait, c’est une bonne chose, car en vérité nous n’avons pas besoin de faire quoi que ce soit pour établir notre valeur: «Ta valeur est établie par Dieu. Aussi longtemps que tu contestes cela, tout ce que tu fais te fera peur, en particulier toute situation qui se prête à la croyance en la supériorité et l’infériorité… rien de ce que tu penses, souhaites ou fais n’est nécessaire pour établir ta valeur. Ce point n’est pas discutable sauf dans le délire» (T-4.I.7:2-3,6-7).

Il est clair que Jésus ne s’attend pas à ce que nous reconnaissions notre valeur simplement parce qu’il nous le dit. C’est donc nos relations qui deviennent nos classes dans lesquelles nous apprenons petit à petit à reconnaître notre valeur en tant que Fils de Dieu non coupable. Nous apprenons à reconnaître toutes les façons par lesquelles nous essayons de nous convaincre du contraire, et petit à petit nous nous rendons compte de ce que nous sommes en train de faire. Nous voulons voir les autres comme détenant la clé de notre bonheur afin de ne pas avoir à accepter la responsabilité d’avoir choisi nous-mêmes d’être séparés et misérables. Le Cours ne fournit pas d’indications précises pour faire fonctionner une relation selon les critères du monde. Mais il fournit un moyen pour guérir notre perception de nous-mêmes et des autres, peu importe la forme que la relation prend au fil du temps. Et donc la peur, la culpabilité, la honte et la colère qui semblent être pratiquement universelles dans les relations particulières du monde deviennent désormais des signaux qui nous indiquent qu’il existe une autre façon de nous voir nous-mêmes ainsi que les autres.



100 — Si nous sommes Amour, comment le non-amour pouvait-il entrer dans notre existence?

Q: Je me pose des questions sur T-27.VIII.6:2. Je sais que mon ego est très ingénieux pour trouver des moyens de retarder mon progrès, et c’est pourquoi j’ai pris l’habitude de sauter cette phrase. Bon, avec toute ma compréhension humaine élémentaire, la seule façon de ne pas me souvenir de rire serait à mes yeux qu’une fois, pour une certaine raison antérieure à cet événement, nous n’avions pas ri non plus, puisque ce n’est pas possible qu’un esprit «se souvienne» ou «se rappelle» ce qui n’était jamais entré dans son esprit. Dans cette section, Jésus ne nous parle pas de revivre cet instant, donc de créer notre monde et sa constance. Si nous comprenons l’unité, la perfection, l’Amour, comment peut-on se rappeler quelque chose qui n’est pas l’unité, la perfection, et l’Amour? Comment cela aurait-il pu faire partie de notre existence?

R: Le langage d’Un cours en miracles est souvent une pierre d’achoppement pour bien des lecteurs, ce qui semble être le cas ici. En un sens, votre analyse du fonctionnement de la mémoire est logique. Mais l’analyse logique est souvent une entrave à la véritable compréhension du message de Jésus. Le Cours n’est pas écrit comme le serait un traité académique ou scientifique où la précision et la cohérence du langage sont essentielles. Tandis que le Cours est écrit avec une subtilité intellectuelle de haut niveau – la métaphysique est claire et cohérente – son langage est néanmoins plutôt poétique, et là on peut faire des concessions quant à la signification des mots et des concepts. Seulement alors le résultat n’est alors pas toujours cohérent. Il y a plusieurs autres cas de ce qui semble être des contradictions en plus de celle que vous relevez.

Jésus qui s’attendait sans doute à ce genre de question explique dans l’introduction de la clarification des termes: «Ceci n’est pas un Cours de spéculation philosophique, et il n’a pas non plus le souci d’une terminologie précise. Son seul souci est l’Expiation, ou la correction de la perception… Tous les termes peuvent prêter à controverse, et ceux qui cherchent la controverse la trouveront. Or ceux qui cherchent une clarification la trouveront aussi. Ils doivent toutefois être désireux de passer sur la controverse, en reconnaissant que c’est une défense contre la vérité sous la forme d’une manœuvre dilatoire… Une théologie universelle est impossible, mais une expérience universelle est non seulement possible mais nécessaire. C’est vers cette expérience que le Cours est dirigé. C’est là seulement que la constance devient possible parce que c’est là seulement que l’incertitude prend fin» (C-in.1:1-2; 2:1-3,5-7).

Comme l’indiquent ces passages, le Cours ne se prête pas à votre type d’analyse logique, et ce n’est pas son but. Il n’était pas censé être lu de cette façon-là, et si on le fait on n’ira pas très loin avant d’être tenté de le rejeter en raison du manque de rigueur du langage et de ce qui paraît être des changements de signification. Ce qui aide également, c’est de reconnaître que la signification des mots a souvent un rapport avec le point que soulève Jésus ou avec le fond de ce qu’il enseigne dans un passage précis et qu’elle pourrait être différente lorsqu’il souligne autre chose. Sans aucun doute, cela est parfois frustrant pour les lecteurs. Cependant, d’un autre côté c’est voulu en ce sens que cela force les lecteurs à faire très attention à ce qu’ils lisent afin que le point soulevé par Jésus ne leur échappe pas.

En outre, le Cours indique clairement que l’intellect humain même est souvent un obstacle à la quête de la vérité: «Tu es encore convaincu que ta compréhension est une puissante contribution à la vérité et qu’elle en fait ce qu’elle est» (T-18.IV.7:5). C’est un paradoxe, et en utilisant d’abord nos facultés intellectuelles nous devons apprendre à accepter le fait que nos facultés intellectuelles sont une défense contre la vérité; cela va dans le même sens que lorsque le Saint-Esprit nous dirige à utiliser le monde et le temps comme moyens d’apprendre que le monde et le temps sont illusoires. Nous sommes simplement mis au défi à tous les niveaux d’examiner les prémisses, les valeurs et les attentes avec lesquelles nous abordons notre étude du Cours, de manière à pouvoir déceler exactement ce que nous pensons et faisons pour garder l’amour et la vérité en dehors de notre conscience.

Pour une étude approfondie de cette question, vous pouvez consulter notre enregistrement “Duality As Metaphor in A Course in Miracles” et le chapitre 2 de Kenneth Wapnick: The Message of A Course in Miracles vol. 2: Few Choose to Listen: “The Course’s Use of Language”, http://www.facim.org (les deux en anglais seulement).

 

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