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Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page :
71 — Croire être victime dans les relations
72 — Le «plan» de Dieu
73 — Décider de rejeter la souffrance
74 — Nos préoccupations
75 — Les «Grands Rayons»
76 — Le rôle du corps
77 — La quiétude du Saint-Esprit
78 — Pardonner aux autres sans les voir
79 — Conflits familiaux
80 — Ma connaissance est-elle la vraie connaissance?


71 — Croire être victime dans les relations

Q: Il semblerait que le même type de situation se reproduit souvent dans mes relations. Chaque fois je finis par me retrouver seule et ai l’impression comme si on m’avait pris quelque chose et que l’autre a quelque chose que je veux et dont j’ai besoin.

J’ai essayé de demander de l’aide de toutes les façons imaginables. J’ai fini par croire que mon Enseignant me torturait et ai peur de Lui. Récemment, j’ai demandé tout ce que je voudrais pour moi-même pour ces autres. Cela semble m’apporter quelque soulagement, mais la pensée sous-jacente que mon Enseignant me torture est toujours là. Comment puis-je faire confiance à quelqu’un qui me torture?

R: Il paraît que la situation dans vos relations que vous décrivez où vous êtes victime de votre partenaire est une situation que vous avez projetée sur votre Enseignant. Puisqu’«Enseignant» et «Lui» sont en majuscules, vous faits sans doute référence à Jésus ou au Saint-Esprit. C’est sans doute utile de se baser sur cette supposition pour répondre à votre question. Le Cours nous dit que tant que nos esprits ne sont pas guéris toutes nos relations se déroulent selon le schéma de victime et agresseur. Cela prend la forme d’un sentiment de besoin, d’être injustement traité et d’être privé de quelque chose. Nous accusons les autres d’être la cause de notre sentiment qu’il nous manque quelque chose. Le Cours nous invite à voir la cause réelle de cette situation pour qu’elle puisse être «défaite». La cause réelle du sentiment d’être privé de quelque chose est que nous avons nié notre véritable Identité et adopté une identité d’individu séparé pour être seuls et à part de Dieu. La culpabilité que nous ressentons pour avoir choisi de nous identifier à l’ego pèse trop lourd, et donc nous la projetons sur les autres, y compris sur Jésus. Nous les blâmons tous de nous traiter injustement. Alors nous sommes pris dans un cercle vicieux parce que la culpabilité n’est pas défaite en la projetant. Elle reste dans l’esprit et nous oblige à continuellement trouver des situations sur lesquelles et des gens et sur qui la projeter. C’est pourquoi vous constatez que vos relations sont toujours du même type. Nous faisons sans cesse la même chose tout en espérant des résultats différents. Le Cours nous demande d’assumer la responsabilité du choix que nous avons fait. C’est cela le processus du défaire qui est la vraie solution à notre situation fâcheuse. Bien que nous puissions encore percevoir nos partenaires ou Jésus comme cause de nos sentiments de victimisation, il y a maintenant une partie de notre esprit qui sait que le sentiment vient de notre intérieur et non de l’extérieur. Cela dissipe ces sentiments un tant soit peu et constitue le premier pas dans le processus du pardon. C’est ce que veut dire la phrase dans le Cours: «Sois désireux de pardonner au Fils de Dieu ce qu’il n’a pas fait» (T-17.III.1:5). Puisque nous projetons les mêmes sentiments sur Jésus, il est évidemment tout autant inclus dans le processus du pardon.


72 — Le «plan» de Dieu

Q: Le Cours mentionne le «plan de Dieu» à plusieurs reprises: «Nous accepterons la façon dont le plan de Dieu finira, comme nous avons reçu la façon dont il a commencé» (L-II.in.10:6). Plus loin dans le livre d’exercices, dans la question 10, Jésus dit: «Le Jugement Final de Dieu est aussi miséricordieux que l’est chaque étape du plan qu’Il a désigné pour bénir Son Fils et l’appeler à retourner à la paix éternelle qu’Il partage avec lui. N’aie pas peur de l’amour. Car lui seul peut guérir tout chagrin, essuyer toute larme, et réveiller doucement de son rêve de douleur le Fils que Dieu reconnaît pour Sien» (L-II.10.4:1-3). Cela semble contredire l’énoncé que Dieu n’est pas conscient du monde physique. Pourquoi alors Dieu aurait-il besoin d’un plan? Il semblerait en résulter que Dieu est conscient du fait que Son Fils dort. Sinon comment se pourrait-il que Dieu ait un plan pour «l’appeler à retourner» et le «réveiller doucement de son rêve de douleur» si Dieu n’est pas au courant de ce besoin de Son Fils Qui, conformément à la Vérité, n’est pas endormi et n’a donc en Vérité pas besoin de retourner au Père? Si, comme il est établi dans le Cours, le monde physique est une illusion dont Dieu n’a pas conscience, quelle est la nécessité d’un plan pour éveiller le Fils? Ces passages ne laissent-ils pas sous-entendre que Dieu est en fait conscient de ce qui n’est pas réel?

R: Vous posez là une très bonne question. Un des points essentiels qui présentent un défi, mais qu’il faut vraiment saisir pour comprendre le Cours, est comment le langage y est utilisé. Si vous vous souvenez que le Cours nous a été transmis uniquement pour corriger la pensée de séparation – qui est très réelle dans notre expérience – et doit donc utiliser les symboles de la séparation pour amener la correction – «Or cela doit utiliser le langage que cet esprit peut comprendre, dans la condition où il pense être» T-25.I.7:4 –, tout commence à devenir plus clair. Le mythe de l’ego de la séparation, auquel nous croyons à un niveau profond et inconscient, relate un conte fou d’attaques et de contre-attaques entre le Fils et le Père, dans lequel le Père cherche à la fin à détruire le Fils pour sa tentative malveillante d’usurper la position de supériorité du Père dans le Royaume (p.ex. M-17.7). Il est évident que cette histoire est largement acceptée dans la croyance fondamentale du christianisme voulant que le plan de Dieu pour notre salut requière que Son seul et unique Fils souffre et meure de mort infâme afin d’expier notre offense grave contre Lui qui est un péché si odieux que nous sommes absolument incapables de l’expier par nous-mêmes. La prémisse de base du christianisme n’est qu’une forme concrète du mythe sous-jacent de l’ego, fondé sur la réalité de la séparation et du péché. On voit des parallèles dans d’autres religions officielles du monde qui mettent l’accent sur la nécessité et la valeur de la souffrance et du sacrifice pour s’approcher de Dieu.

Le Cours nous a été transmis en tant que correction de l’histoire fausse de l’ego, mais il ne nous aiderait guère si la correction n’était rien de plus qu’un énoncé voulant que rien de cela n’est réel, vu que nous sommes convaincus du contraire et toujours désespérément accrochés à ce soi pécheur dont nous croyons que la séparation l’a rendu réel. Et donc le Cours raconte une histoire différente, l’histoire d’un Père aimant dont le plan pour notre salut – notre heureux retour vers Lui – ne contient pas un seul élément de violence ou de vengeance et qui n’exige aucun sacrifice ni aucune souffrance de la part de Ses enfants. Cette histoire rectificative du plan de Dieu pour notre salut utilise les mêmes symboles duels de la séparation que l’histoire de l’ego, mais c’est plutôt un récit métaphorique qu’une description littérale. Et donc les symboles sont imprégnés d’un contenu totalement différent qui reflète l’Amour unifié du Ciel au lieu de la haine de l’ego qui fragmente. La correction du Cours a pour but de défaire petit à petit un peu de la culpabilité et de la peur que nous avons rendues réelles dans nos esprits, afin de pouvoir nous approcher tout doucement de la partie de notre esprit où le Saint-Esprit – la Correction – réside (et même cela est une métaphore) en tant que reflet de l’unité et de l’entièreté de notre véritable réalité en tant que Christ.

(Le CD/MP3 en anglais de Kenneth Wapnick, Foundation for A Course in Miracles [FACIM – http://www.facim.org] Duality as Metaphor [La dualité en tant que métaphore] traite cette question à fond.)


73 — Décider de rejeter la souffrance

Q: Pourquoi devrais-je rejeter la souffrance?

R: Parce qu’elle fait mal et parce que ne pas décider de rejeter la souffrance nous détient en enfer. Toutefois, il n’est vraiment pas obligatoire de décider de rejeter la souffrance. Tant que la souffrance est tolérable, niée ou temporairement apaisée, il est tout à fait concevable qu’aucune décision ne soit prise de la rejeter. La douleur physique, émotionnelle et psychologique éprouvée dans le corps est un reflet de la souffrance dans l’esprit qui à son tour est le résultat du déni de notre identité en tant que seul Fils de Dieu ayant choisi de se séparer de Lui. Par conséquent, la souffrance est la condition du Fils séparé: «La douleur est la pensée du mal qui prend forme et fait des ravages dans ton esprit saint. La douleur est la rançon que tu as payée volontiers pour ne pas être libre. Dans la douleur est nié à Dieu le Fils qu’Il aime. Dans la douleur la peur paraît triompher de l’amour et le temps remplacer l’éternité et le Ciel. Et le monde devient un lieu cruel et amer, où règne le chagrin et où de petites joies cèdent devant l’assaut de la brutale douleur qui attend de mettre fin à toute joie dans la misère» (L-I.190.8). Pourquoi donc la voudrions-nous?

Étant donné que nous avons trouvé de nombreuses façons de nous adapter à l’expérience très douloureuse de nier notre Soi véritable et nous sommes identifiés à l’ego, notre souffrance reste souvent méconnue. Cette adaptation à la souffrance est aggravée du fait que nous confondons souffrance et joie, comme nous l’apprenons dans le Cours: «Tu ne reconnais pas plus ce qui est douloureux que tu ne connais ce qui est joyeux, et tu es, de fait, très enclin à confondre les deux. La fonction principale du Saint-Esprit est de t’enseigner à les distinguer. Ce qui est joyeux pour toi est douloureux pour l’ego, et aussi longtemps que tu auras un doute sur ce que tu es, tu confondras joie et douleur» (T-7.X.3:4-6). C’est lorsque la véritable profondeur et la souffrance aiguë du système de pensée de l’ego sont reconnues et deviennent intolérables que des mesures sont prises pour décider de la rejeter. Voilà le but du Cours. Jusque-là, énormément d’énergie, de temps et d’argent sont gaspillés en faisant des compromis pour vivre avec la douleur de se trouver en ce monde.

Décider de refuser la souffrance est inévitable puisque décider de choisir Dieu est inévitable. Nous pourrions paraphraser un passage bien connu dans l’introduction du texte ainsi: «C’est une décision obligatoire. Seul le moment où tu la prends relève de ta volonté» (T.in.1:2-3). Dès notre naissance nous cherchons à atténuer ou à éviter la douleur. C’est une pulsion naturelle pour des corps physiques. S’il n’y a pas de pathologie précise, il est naturel que nous cherchions à soulager tout malaise imaginable, qu’il soit physique, psychologique ou émotionnel, que nous le fassions consciemment ou inconsciemment. Le Saint-Esprit utilise cette aversion naturelle contre la douleur pour nous amener en douceur à faire un autre choix qui mettra fin à notre souffrance et nous conduira hors de l’enfer. Lorsque nous en aurons assez de la souffrance dans notre psyché, causée par nos choix destructifs avec l’ego, nous serons désireux d’accepter Son aide et de trouver le soulagement offert par le pardon: «Alors ne commences-tu pas à comprendre ce que le pardon fera pour toi? Il ôtera de ton esprit tout sentiment de faiblesse, de tension et de fatigue. Il enlèvera toute peur, toute culpabilité et toute douleur. Il rendra à ta conscience l’invulnérabilité et la puissance que Dieu a données à Son Fils» (L-I.62.3:2-5). Être sans faiblesse, sans tension ni fatigue, sans peur ni culpabilité paraîtrait être une raison suffisamment convaincante pour décider de rejeter la souffrance, sans parler de la paix qui la remplacera lorsque nous serons prêts à l’accepter.


74 — Nos préoccupations

Q: J’ai lu dans Absence from Felicity de Kenneth Wapnick (en anglais, www.facim.org la traduction officielle Absence de la félicité n’est pas encore publiée, N.d.T.) comme Helen faisait les magasins en guise de défense contre l’amour de Jésus. Cela la préoccupait presque totalement, et elle réussissait ainsi à ne sûrement pas penser à Jésus. Pour moi, mon travail et mes engagements remplissent cette fonction. Toutefois, je n’aurais jamais pensé que je les utilisais comme défense – cela me paraissait simplement normal. Est-il possible d’éviter cela?

R: Un des points de mire les plus importants de l’enseignement et entraînement du Cours est de nous amener à penser en fonction du but: «Qu’est-ce que je veux qu’il en sorte? À quoi cela sert-il?» (T-17.VI.2:1-2). «Le test de tout sur terre est simplement ceci: “À quoi cela sert-il?” La réponse en fait ce que c’est pour toi. Cela n’a pas de signification de lui-même, mais tu peux lui donner réalité selon le but que tu sers» (T-24.VII.6:1-3). Il n’y a que deux buts que nous pouvons choisir dans notre esprit. Soit nous avons choisi de renforcer notre croyance en la séparation, soit de défaire cette croyance, et il n’y a pas un instant où nous ne faisons pas ce choix. Une autre façon d’exprimer cela est de dire que nous choisissons toujours soit de repousser l’amour de Jésus, soit de nous y joindre. Cela veut dire que ce n’est jamais notre activité du moment qui est le problème ou la raison pour laquelle nous ne sommes pas en paix, c’est le choix que nous faisons d’utiliser cette activité pour nous garder séparés ou en conflit.

Le Cours enseigne que nous avons fait le monde comme distraction et écran de fumée afin de pouvoir oublier complètement que nous avons un esprit qui à chaque instant choisit de s’identifier au système de pensée de l’ego ou à celui du Saint-Esprit. Nous sommes préoccupés par notre travail, notre famille et autres sans jamais nous rendre compte du but sous-jacent que nous avons choisi dans notre esprit. Nous justifions notre absorption par notre vie dans le monde en disant «tout le monde le fait!» ou «c’est normal!» Mais tout cela sert un but, comme le reflète cet énoncé: «Chaque relation particulière que tu as formée vise, comme but fondamental, à t’occuper l’esprit si complètement que tu n’entendes pas l’appel de la vérité» (T-17.IV.3:3). Bien entendu, nous ne sommes pas conscients que tout cela se passe, et c’est pourquoi le Cours nous aide tant.

Compte tenu de cela, votre question de savoir comment éviter d’utiliser le travail ou quoi que ce soit comme défense contre l’amour de Jésus est en un sens la mauvaise question ou le mauvais point de mire. Comme la citation ci-dessus l’indique, le but même de notre présence dans le monde avec toutes nos obligations et tous nos engagements est d’être préoccupés par ce qu’il y a en dehors de nos esprits afin d’oublier complètement que nous avons un esprit qui choisit à chaque instant. En ce sens, nous ne pouvons donc pas éviter d’utiliser le monde comme défense, puisque c’est pourquoi nous sommes ici! Alors ce qui vous aiderait le plus serait d’être simplement honnête à propos de votre intention sous-jacente de vous occuper. Le but n’est pas ce que vous croyez, tout comme Jésus nous dit dans la leçon 5 que nous ne sommes «jamais contrariés pour la raison à laquelle» nous pensons (L-I.5). C’était tout à fait clair pour Helen. Elle savait que de faire les magasins était sa façon de tenir Jésus à l’écart. Si cela est entièrement clair pour vous, le problème ne sera pas aggravé par la culpabilité due à la malhonnêteté. Avoir peur de s’approcher de l’amour n’est pas un péché, et donc la honte et la culpabilité ne sont pas justifiées. La peur n’est pas un péché, et elle n’a aucun effet sur l’amour de Jésus pour vous. Quand Helen a su qu’elle était prête à accepter l’amour de Jésus, elle a ressenti cela comme si elle l’«entendait» lui dire qu’elle n’avait plus besoin de faire les magasins, et il n’y a pas eu de sentiment de sacrifice. Le but qu’elle poursuivait en ce qu’elle faisait était toujours clair pour elle. Voilà ce que nous avons tous besoin de viser. Nous ne nous occupons jamais pour la raison à laquelle nous pensons!

La correction se fait quand nous reconnaissons d’abord le but que nous avons choisi dans notre esprit faux, et ensuite demandons à Jésus ou au Saint-Esprit de nous aider à changer notre but afin d’utiliser tout comme moyen pour défaire la séparation et pour voir que nous avons les mêmes intérêts que tous les autres et non pas des intérêts opposés. Le défi est d’apprendre comment faire les deux – comment être conscient de ce qui se passe dans notre esprit, et en même temps assumer de notre mieux et consciencieusement nos obligations et responsabilités dans le monde. Il est possible de le faire, mais il faut beaucoup de pratique. C’est cela que les leçons du le livre d’exercices sont censé accomplir. Nous apprenons comment fonctionner dans le monde de manière efficace tout en apprenant que nous ne sommes pas de ce monde.


75 – Les «Grands Rayons»

Q: Dans Un cours en miracles il est question des «Grands Rayons». Pourriez-vous expliquer ce que sont les Grands Rayons?

R: Les «Grands Rayons» sont un terme utilisé pour la lumière qui irradie de Dieu et s’étend au Christ, son seul Fils. Symboliquement, une étincelle de cette lumière est présente dans l’esprit juste du Fils séparé. Ni les «Grands Rayons» ni l’étincelle ne sont des formes physiques de lumière, mais ce sont des symboles qui n’ont rien à voir avec ce que voient les yeux du corps. Le terme est utilisé pour symboliser une réalité qui est esprit et pas physique, par contraste avec l’identification de l’ego au corps. Lorsque nous nous identifions de moins en moins à l’ego, nous avons de plus en plus conscience de la vérité de qui nous sommes en tant que seul Fils de Dieu qui ne se limite pas au corps. Cette prise de conscience est une forme de vision qui est symbolisée par une étincelle de lumière et les «Grands Rayons». En apprenant à «voir» avec le Saint-Esprit, nous passons d’un minuscule soupçon, d’une étincelle de conscience qu’il existe une réalité au-delà de ce que voient les yeux du corps à une prise de conscience plus claire de la réalité de l’esprit. Nous «voyons» qu’il y a une lumière dans notre esprit qui reflète la vérité et représente le souvenir de Dieu, l’Unité à laquelle nous prenons tous part. Nous allons finalement apprendre à rejeter toute pensée de l’ego qui assombrit notre conscience. Lorsque nous le ferons, seule la lumière restera: «Et de cette lumière les Grands Rayons s’étendront, vers l’arrière jusque dans les ténèbres et vers l’avant jusqu’à Dieu, pour dissiper le passé et faire place ainsi à Sa Présence éternelle, en laquelle tout est radieux dans la lumière» (T-18.III.8:7). Avec ce genre de termes, il est important de se rappeler ce que dit le Cours au sujet des mots: «Les mots peuvent aider, en particulier pour le débutant, en aidant à la concentration et en facilitant l’exclusion, ou du moins le contrôle, des pensées non pertinentes. N’oublions pas, toutefois, que les mots ne sont que des symboles de symboles. Ils sont donc doublement éloignés de la réalité» (M-21.1:8-10). Tout comme nous avons besoin d’aller au-delà des symboles pour apprendre le message que le Cours nous transmet par eux, nous apprenons à aller au-delà du corps vers la lumière qui est en tous ceux que nous voyons: «De même que l’ego voudrait limiter au corps la perception que tu as de tes frères, de même le Saint-Esprit voudrait délivrer ta vision et te laisser voir les Grands Rayons qui irradient d’eux, si illimités qu’ils vont jusqu’à Dieu. C’est ce passage à la vision qui s’accomplit dans l’instant saint» (T-15.IX.1:1-2). Cela ne signifie pas nécessairement que nous voyons de réels rayons émaner de quelqu’un. Il s’agit d’un changement dans notre perception qui a lieu dans notre esprit quand nous permettons que le jugement soit remplacé par le pardon dans l’instant saint.


76 — Le rôle du corps

Q: Plusieurs philosophes et psychologues ont constaté que la civilisation occidentale, suite au développement de la science et la croissance du soi pour devenir un ego individuel et autonome – l’ego sain et mature de l’adulte – a été caractérisée par une division profonde entre le corps et l’esprit (c’est-à-dire l’esprit de l’ego, le cerveau). Cette division se manifeste également dans notre civilisation par la séparation entre l’homme et la nature. La répression psychologique et l’aliénation de la nature ont produit un manque de vitalité, d’enthousiasme et de goût de la vie dans notre culture. Et voilà que le Cours ne semble pas s’occuper de ce problème et semble même augmenter l’aliénation en disant que le corps et le monde n’existent pas. Il paraît que pour transcender l’ego, il nous faut d’abord récupérer une grande partie de ce qui a été perdu. Il me semble que selon le Cours nous guérissons petit à petit la répression et l’aliénation lorsque nous examinons nos ego avec le Saint-Esprit et pratiquons le pardon. Est-ce que c’est exact? Il me semble que même si c’est exact, il y a un vrai danger que les étudiants du Cours ne se rendent pas compte de l’importance d’avoir un corps robuste, plein de sensibilité, alerte et sain afin d’avoir la vitalité nécessaire pour transcender l’ego.

R: Il ne fait aucun doute que l’expérience du système de pensée de l’ego, quelle que soit la forme sous laquelle elle peut se manifester, est une expérience de répression et d’aliénation profonde. Ce sont des éléments essentiels de ses prémisses fondamentales – l’attrait que présente la séparation du Tout, suivi du déni de la responsabilité pour cette décision et ses conséquences apparentes (T-6.II.1-3). Ainsi, ce que vous décrivez comme caractéristique de la civilisation occidentale n’est, dans la forme, qu’une des nombreuses conséquences, mais inévitables du désir de séparation.

Alors que le Cours soutient l’irréalité du corps et du monde, pour la plupart d’entre nous la compréhension de ce fait n’est qu’intellectuelle et ne fait pas partie de notre expérience jusqu’à la toute fin de notre voyage. Ce n’est pas sur cela que l’étudiant devrait mettre l’accent quand qu’il tente de mettre en pratique les principes du pardon selon le Cours, sinon il risque de s’enfoncer encore plus profondément dans le déni de ce qui est profondément enfoui dans notre esprit inconscient. Il serait bien plus important que nous admettions le but pour lequel nous avons fait le monde et nos corps – pour jouer les rôles de victimes et d’agresseurs – plutôt que de simplement nier qu’ils existent.

Par conséquent, si nous pratiquons le pardon comme nous l’enseigne le Cours – en renonçant aux jugements auxquels nous nous sommes tenus, donc en ne rendant plus les différences que nous avons perçues entre nous, tous les autres et toutes choses dans le monde importantes – nous n’allons plus voir notre but comme étant séparé de chacun et de chaque chose. Cela réduira inévitablement les sentiments d’aliénation et d’isolement entre nous et tout ce que nous avons vu comme quelque chose d’extérieur à nous-mêmes.

Et puisque le corps est en fait neutre dans tout cela (L-II.294), notre attention ne doit pas être portée sur le corps, mais sur nos pensées quant au corps et au but pour lequel nous choisissons de l’utiliser. Cela ne veut pas dire que tant que nous croyons que notre corps est réel et que nous sommes si intimement identifiés à lui, nous pouvons le négliger ou en abuser. Mais notre croyance en sa vulnérabilité, en sa faiblesse et le besoin de le protéger n’est rien de plus qu’un déplacement de notre croyance sous-jacente au sujet de nous-mêmes (de notre esprit), séparés du Tout et identifiés à l’ego. Et c’est cette croyance qui a besoin d’être corrigée et guérie.


77 – La quiétude du Saint-Esprit

Q: Pourquoi le Saint-Esprit parle-t-il si doucement? Il me semble qu’il serait tellement plus facile de suivre Sa direction s’Il pouvait parfois crier.

R: Vous reprenez le refrain de plusieurs centaines d’étudiants du Cours qui implorent le Saint-Esprit de monter un peu le volume! Malheureusement, ou plutôt heureusement, le problème est le nôtre, ce qui signifie qu’il a à voir avec un choix que nous faisons et que nous pouvons maintenant changer. C’est l’interférence que nous générons qui semble rendre la voix du Saint-Esprit inaudible, tout comme les émissions de radio ne passent souvent pas clairement en raison des parasites. Il n’y a pas de problème avec le signal. Le problème est du côté de la réception et pas du côté de l’émission comme Jésus nous le rappelle avec ce qui semble être une douce réprimande: «Quelle réponse que donne le Saint-Esprit peut t’atteindre, quand c’est ta particularité que tu écoutes, et qui demande et répond? Sa minuscule réponse, muette dans la mélodie qui court éternellement de Dieu vers toi en hommage aimant à ce que tu es, est tout ce que tu écoutes. Et cet ample chant d’honneur et d’amour pour ce que tu es semble silencieux et inentendu devant sa “puissance”. Tu tends l’oreille pour entendre sa voix muette, et pourtant l’Appel de Dieu Lui-même est muet pour toi (T-24.II.4:3-6). Il appuie cela dans le manuel pour enseignants en disant: «Il n’y en a que très peu qui peuvent entendre la Voix de Dieu…» (M-12.3:3).

C’est dur à avaler! Mais plutôt que de nous décourager, nous pouvons être reconnaissants parce qu’au moins nous savons quel est le problème et pouvons travailler main dans la main avec Jésus, notre frère aimant, pour ramener la communication à sa parfaite clarté. Si nous sommes vraiment honnêtes avec nous-mêmes, nous allons admettre que son explication est en effet vraie pour ce qui est de ne pas entendre le Saint-Esprit.

À mesure que nous continuons à travailler avec ce matériel, il apparaît clairement que les deux conditions préalables sur lesquelles Jésus insiste sont l’honnêteté et l’humilité. Cela nous rend profondément humbles lire un passage après l’autre dans le Cours où il nous dit que nous avons tort au sujet de tout ce que nous pensons et avons pensé, que nous ne sommes que des enfants, spirituellement parlant; parfois il nous appelle même des bébés (p. ex. T-4.II.5:2). Il mentionne aussi les méthodes qu’il doit utiliser pour nous atteindre puisque nous avons érigé tant de barrières à l’encontre de la vérité dans nos esprits. Il dit par exemple: «Comment peux-tu enseigner à quelqu’un la valeur d’une chose qu’il a délibérément jetée?» (T-4.VI.5:1). Et puis il y a de nombreux passages où il est concrètement question des «dégâts» que nous avons causés dans nos esprits, dont voici un exemple «…ce que tu as fait pour blesser ton esprit l’a tellement dénaturé qu’il ne se souvient pas de ce qui lui est naturel» (T-16.II.3:1). C’est tellement facile d’oublier que c’est nous qui avons banni le Saint-Esprit de nos esprits. Nous dissimulons cela et finissons par croire que Son absence de notre conscience a en quelque sorte à voir avec une faille de Sa part ou même avec les instructions de Jésus. À la fin nous sommes donc ramenés à une position très humble, à partir de laquelle doivent procéder tous nos efforts.

Un autre facteur important à garder à l’esprit est que le Saint-Esprit peut nous guider de maintes façons différentes. Nous ne devrions pas nous attendre à ce que ce soit seulement sous forme de mots qui nous disent concrètement quoi faire. Sa Présence pourrait très bien être ressentie comme une impulsion à être plein de bonté ou de compassion à un moment donné. Souvent Il nous guide sous forme d’une idée qui nous vient soudainement, ou de quelque chose qui se passe dans un rêve, ou simplement lorsque nous parlons avec un ami. La correction du Saint-Esprit de notre pensée de l’esprit faux peut nous parvenir de bien des manières différentes.

Et pour finir, nous devrions toujours être prudents de ne pas avoir défini le problème et nous attendre ensuite que la réponse se présente selon les conditions que nous avons fixées. C’est une forme d’interférence de notre part bien trop générale qui rend encore plus difficile l’accès à la pensée de l’esprit juste: «Sois désireux, pour un instant, de laisser tes autels libres de ce que tu y as placé, et tu ne pourras manquer de voir [entendre] ce qui est réellement là» (T-21.II.8:1). Jésus nous a garanti que nos efforts seront couronnés de succès, et en fait ils le sont déjà. Nous n’avons qu’à accepter cela sans réserve, et la Voix pour Dieu sera alors la seule Voix que nous entendrons.


78 — Pardonner aux autres sans les voir

Q: Récemment, j’ai vu un film basé sur l’histoire véridique d’un prisonnier à Alcatraz qui avait été mis en isolement cellulaire pendant plus de trois ans. Pendant tout ce temps il était dans l’obscurité totale et n’avait aucun contact avec des gens à l’exception d’une demi-heure par an à Noël, et il vivait dans les conditions les plus horribles qu’on puisse imaginer. Par conséquent, il devint fou (bien entendu sur la base de ce qui serait considéré comme de la folie dans le monde des illusions). J’ai beaucoup de mal à comprendre comment quelqu’un qui se trouve dans une telle situation pourrait appliquer les enseignements du Cours sans le moindre contact avec des gens ou le monde extérieur. Comment pourrait-il se joindre à son frère? Comment pourrait-il pratiquer le pardon ou vivre des miracles? Si Jésus se trouvait dans cette situation, que ferait-il? Ce type de scénario suscite évidemment une grande peur en moi et j’y ai beaucoup réfléchi ces jours-ci. Je suppose que j’essaie de comprendre comment, même dans une situation aussi horrible, on peut tout de même trouver la paix de Dieu?

R: Étant donné que le Cours enseigne que tout se passe dans l’esprit, il n’y a pas besoin d’avoir des contacts avec des gens pour pratiquer le pardon: «…il n’y a pas de monde à l’extérieur de lui» (T-12.III.6:7). Toutes nos relations (pensées) restent en nous, et nous pouvons donc pratiquer le pardon avec ceux qui semblent être vivants tout comme avec ceux qui semblent être morts: «Comme toi, ton frère pense qu’il est un rêve […] Pense plutôt à lui comme à un esprit dans lequel les illusions persistent encore, mais un esprit qui est un frère pour toi. Il n’est pas rendu frère par ce qu’il rêve; pas plus que son corps, “héros” du rêve, n’est ton frère […] Ton esprit et le sien sont joints en fraternité» (T-28.IV.3:1,3-4,6).

Dans la section «Les ombres du passé» (T-17.III), Jésus explique que nous voyons toujours les autres en fonction du passé, soit à propos de choses dont nous croyons que d’autres nous ont faites à nous ou ont faites à autrui, soit à propos des besoins que nous pensions avoir et qui n’ont pas été satisfaits. Essentiellement, cela explique que nous n’avons jamais vraiment une relation avec qui que ce soit maintenant, puisque ces «ombres» restent toujours avec nous jusqu’à ce qu’elles soient pardonnées. Cela rappelle simplement l’enseignement qu’on n’a pas besoin de la présence d’un corps physique pour se joindre ou pour pardonner.

En ce qui concerne le maintien de la paix dans une condition extrême comme celle que vous mentionnez, même si cela semble terrible, c’est néanmoins possible en principe. Sinon vous dites que la paix de Dieu est limitée à certaines personnes, certains lieux ou certaines situations. Il serait très difficile d’étudier sérieusement Un cours en Miracles et de pratiquer les leçons de pardon tout en ayant en tête le doute tenace: «Et si Dieu m’abandonnait maintenant?» (Bien entendu il n’y a rien que l’ego aimerait mieux, mais cela, c’est un autre sujet!)

Tout au long de l’histoire, bien des gens ont gardé la paix dans des circonstances les plus cruelles. Beaucoup de ces récits sont issus de camps de concentration, comme celles des sœurs Ten Boom, Victor Frankl et d’autres. Du point de vue du Cours, ils ont tous fait des expériences de l’esprit juste, où les intérêts de quelqu’un d’autre n’ont pas été vus comme étant séparés des leurs. C’est déjà assez difficile à faire au jour le jour ici et maintenant, et à plus forte raison dans des circonstances aussi extrêmes. Mais cela a été fait et cela peut être fait.


79 — Conflits familiaux

Q: La relation que j’ai avec mes cinq frères et sœurs est pour la plupart une relation de haine particulière. Nos conflits se sont accentués lors des soins prodigués à ma mère et lors du partage de ses biens. Le plus facile pour moi c’est de simplement me dissocier de la famille et du conflit. Cela ne me donne pas la paix, mais cela atténue mon angoisse. Je sais que c’est ma leçon, mais j’aimerais mieux éviter de voir ma famille au point de ne pas vouloir assister aux funérailles de ma mère le moment venu. Voici ma question: puis-je travailler sur le pardon avec mes frères et sœurs alors même que je choisis de les éviter?

R: Vous êtes sage de reconnaître que le fait d’éviter vos frères et sœurs ne vous donne pas la paix, ni n’élimine votre angoisse, mais ne fait que l’atténuer. L’ego est très rusé et nous offre des moyens qui semblent réduire la culpabilité, le conflit et la peur par le déni ou l’évitement afin de ne jamais aborder le problème, ce qui garantit que le conflit persiste et n’est jamais résolu: «Minimiser la peur, mais sans la défaire, c’est pour l’ego un effort constant, et c’est certes un talent où il met beaucoup d’ingéniosité» (T-11.V.9:2).

Vous soupçonnez peut-être déjà qu’il n’y a pas moyen de vraiment éviter le conflit, que vous soyez ou non en contact ou physiquement en présence de vos frères et sœurs. Cela tient au fait que toutes les relations n’existent que dans l’esprit et, que vous le croyiez ou pas, le véritable conflit n’a rien à voir avec vos frères et sœurs, mais a tout à voir avec ce qu’ils symbolisent pour vous, car le conflit réel ne se trouve que dans votre propre esprit. Et donc tout changement dans vos relations devra d’abord commencer dans votre esprit.

Jésus observe, faisant allusion à ce processus: «Chacun se fait un ego, ou un soi, qui est sujet à d’énormes variations à cause de son instabilité. Il fait aussi un ego pour tous les autres qu’il perçoit, qui est tout aussi variable. Leur interaction est un processus qui les altère tous les deux, parce qu’ils n’ont pas été faits par ou avec l’Inaltérable. Il est important de se rendre compte que cette altération peut se produire, et de fait se produit tout aussi facilement quand l’interaction a lieu dans l’esprit que lorsqu’elle comporte une proximité physique. Le fait de penser à un autre ego change la perception relative d’une manière aussi effective que l’interaction physique. Il ne saurait y avoir meilleur exemple pour montrer que l’ego est une simple idée et non un fait» (T-4.II.2, italiques ajoutés).

Donc oui, vous pouvez travailler vos leçons de pardon avec vos frères et sœurs sans être en contact ou près d’eux physiquement, pourvu que vous ne vouliez pas en même temps éviter de regarder le conflit qu’ils représentent pour vous dans votre propre esprit, projeté vers l’extérieur dans le monde. Vos frères et sœurs vous procurent une occasion de prendre contact avec la culpabilité enfouie profondément dans votre propre esprit que vous n’avez pas voulu regarder mais avez préféré voir à l’extérieur de vous en autrui, et dans ce cas, en vos frères et sœurs. Dès que vous reconnaissez où se trouve le vrai problème, vos frères et sœurs passent donc du premier au second plan dans le processus de pardon.

Quelle sera alors la prochaine étape dans ce processus? Jésus nous dit ceci: «Il y a une façon très simple de trouver la porte du pardon véritable et de la percevoir grande ouverte en signe de bienvenue. Quand tu sens que tu es tenté d’accuser quelqu’un de péché sous quelque forme que ce soit, ne permets pas à ton esprit de s’attarder sur ce que tu penses qu’il a fait, car c’est une tromperie de soi. Demande plutôt: “Est-ce que je m’accuserais d’avoir fait cela” ?» (L-I.134.9).

Pour découvrir cette autoaccusation, il suffit de reconnaître, au niveau du contenu plutôt qu’au niveau de la forme particulière de ce que vos frères et sœurs peuvent bien faire, ce dont vous les accusez. Très probablement il s’agira de quelque aspect du fait de placer leurs propres intérêts au-dessus des intérêts de tous les autres, vouloir contrôler ou manipuler la situation afin de s’assurer que leurs propres besoins seront comblés, sans vraiment se préoccuper de qui que ce soit d’autre. Vous devriez donc être tout à fait honnête avec vous-même et admettre que vous agissez parfois exactement de la même manière, même si ce n’est peut-être pas dans la situation particulière qui concerne votre mère.

C’est donc cette autoaccusation que vous devriez vouloir apporter à Jésus ou au Saint-Esprit pour qu’ils la guérissent, car Leur façon de vous percevoir est bien différente de la vôtre. La Leur est une acceptation sans jugement qui perçoit toujours la peur et un appel à l’amour à la place de l’attaque et du péché. Lorsque vous serez capable de participer à Leur façon de vous percevoir, vous relâcherez la culpabilité dans votre esprit, délivrant simultanément vos frères et sœurs des chaînes de culpabilité avec laquelle vous les aviez liés. Cette délivrance ne sera probablement pas totale et complète, une fois pour toutes, après une seule tentative, parce que la peur est bien trop grande d’accepter la délivrance totale pour nous-mêmes. Lorsque nous laisserons à nouveau entrer la culpabilité, nous aurons de nouveau besoin de la projeter. Et nos frères et sœurs, avec qui nous avons une longue histoire de rancœurs, sont des cibles faciles. Le processus de pardon avec vos frères et sœurs sera donc un processus qui prendra probablement du temps. Mais au moins vous saurez où est le vrai problème.


80 — Ma connaissance est-elle la vraie connaissance?

Q: Plus je lis le texte et plus je continue à faire les leçons, plus je me rends compte que je suis une création parfaite de Dieu, malgré ce que voient mes yeux physiques. Dans les trois premiers chapitres du texte, le thème pour moi – la seule réalité – est que je n’ai jamais été séparé de Dieu; c’est fort, simple, et c’est la vérité. Je connais cela. La connaissance ne questionne pas. Seulement l’ego le fait. Est-ce un genre d’expérience intellectuelle ou une «vraie» expérience, la première en étant une que l’ego a déguisée?

R: Votre expérience pourrait très bien être valide et réelle, un reflet de la connaissance présente en chacun de nous en tant que le seul Fils de Dieu, le Christ. La façon de voir votre expérience la plus utile (à moins que vous estimiez avoir déjà transcendé tout besoin du Cours et de sa pratique) est peut-être celle-ci: si votre expérience vous aide à approfondir votre compréhension et votre pratique du pardon qui est au centre de l’enseignement du Cours et de son but, vous pouvez simplement être reconnaissant de vous être permis d’avoir été ouvert à cela – c’est tout ce qui importe vraiment. Autrement dit, si l’expérience vous a permis de reconnaître que vos intérêts ne sont pas séparés de ceux de vos frères et que tous les jugements que vous avez portés sur eux ou sur vous-même ne sont ni mérités ni justifiés, alors vous avez fait un grand pas en avant dans votre processus de guérison.

Comme le Cours décrit son but au début du texte: «Le cours ne vise pas à enseigner la signification de l’amour, car cela est au-delà de ce qui peut s’enseigner. Toutefois, il vise à enlever les blocages qui empêchent de prendre conscience de la présence de l’amour, qui est ton héritage naturel» (T-in.1:6-7). «Enlever les blocages», c’est la seule chose dont s’occupe le pardon, et cela demande un désir de regarder notre ego, dans toute sa méchanceté égocentrique et ses tromperies coupables, afin que, avec l’amour de Jésus à nos côtés, nous puissions regarder au-delà de ces blocages vers la vérité joyeuse à propos de nous et de nos frères. Si votre expérience vous fait entrevoir une petite lueur de la destination finale du Cours, il y a bon espoir qu’elle pourra améliorer votre motivation pour le moyen – le pardon – que le Cours fournit pour y arriver. Bon voyage (en français dans la réponse originale)!

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