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Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page :
61 — Relations particulières et attaque
62 — Pensées positives
63 — Gérer la colère
64 — La pratique du livre d’exercices
65 — La nature de l’esprit
66 — Les amis qui nous «déçoivent»
67 — Atteindre la justesse d’esprit
68 — Le sort de l’esprit après la mort du corps
69 — Atteindre le pardon
70 — La beauté dans l’art et la nature


61 — Relations particulières et attaque

Q: En ce moment j’étudie les relations particulières et j’ai une question: Si «A» ressent de la colère, de la rancune, de la haine, etc., envers «B», est-ce que «B» est susceptible de prendre ces sentiments pour siens et, les ressentant, les projettera-t-il à son tour sur «A», que ce soit de façon passive ou agressive? «B» verra alors ces mêmes traits ou des traits similaires en «A». Si c’est le cas, est-ce cela un cercle de destruction? Et si «B» ne les projette pas à son tour sur «A», est-ce que «B» (les croyant vrais) pourrait-il les projeter sur son propre corps? Si c’est le cas, est-ce que cela peut se manifester sous forme de maladie? Est-ce que la maladie peut donc être une forme d’attaque à la fois contre nous et ceux avec qui nous avons des relations particulières?

R: En dépit de ce que semblent nous apprendre nos expériences dans le monde, personne n’a le pouvoir de provoquer ni culpabilité ni haine ni le sentiment d’être attaqué en autrui. Ces perceptions de nous-mêmes sont inhérentes à notre propre expérience, chaque fois que nous choisissons de nous identifier à l’ego qui semble être notre état «naturel» jusqu’à ce que nous nous rappelions autre chose. Par conséquent, personne d’autre ne nous enseigne ces perceptions, peu importe la façon dont il agisse envers nous – nous les avons apprises tout seuls (ce qui est la condition fondamentale de l’ego). C’est ainsi parce que le système de pensée de l’ego est basé sur la croyance à notre propre péché et notre culpabilité, contre laquelle nous allons ensuite chercher à nous protéger en la projetant en dehors de nous sur autrui. Le seul effet que nous pouvons avoir sur les autres est de leur rappeler ce qui se trouve déjà dans leur propre esprit. Je peux donc vous rappeler votre propre péché, votre culpabilité et votre peur lorsque je choisis l’ego comme enseignant, ou je peux vous rappeler l’amour et le pardon qui se trouvent en nous deux lorsque je choisis le Saint-Esprit comme enseignant. Mais vous faites d’abord votre propre choix quant au système de pensée auquel vous vous identifiez. Mon choix ne peut alors que renforcer le choix que vous avez déjà fait. Si, par contre, vous avez choisi l’ego et que je me suis souvenu du Saint-Esprit, alors je peux servir de rappel qu’il existe un autre choix qui se trouve également dans votre esprit.

Au début du texte, Jésus explique: «Quand tu projettes cela sur les autres, tu les emprisonnes, mais seulement dans la mesure où tu renforces des erreurs qu’ils ont déjà faites. Cela [leurs erreurs] les rend vulnérables aux distorsions des autres, puisque leur propre perception d’eux-mêmes est distordue» (T-1.III.5:9-10). Alors, en ce sens-là, nous produisons en effet un cercle vicieux mutuel d’attaque et de contre-attaque – le «cercle de destruction» comme vous l’appelez – qui renforce la perception de la culpabilité en nous-mêmes et mutuellement l’un en l’autre.

Pour le répéter: l’origine de la culpabilité et de ses ramifications dans mon propre esprit ne vient jamais de quelqu’un ou de quelque chose dans le monde en dehors de moi-même, mais uniquement de ma propre décision. En fait, le seul but du monde et de toutes les figures en lui est de servir d’écran de fumée pour nous cacher ce fait. Et voilà qu’il me semble que les autres sont en effet la cause de mon concept de moi (T-31.V.5).

Quant à la deuxième partie de votre question, la culpabilité qui provient de la séparation dans mon propre esprit – que j’ai choisie – est intolérable et doit être projetée afin que je puisse la voir comme vôtre plutôt que mienne. Et je peux la projeter soit par une attaque directe contre vous avec qui j’ai une relation particulière, soit par une attaque contre mon propre corps qui s’exprimera sous quelque forme de maladie. Puis cette dernière représente en effet une attaque non seulement contre moi, mais également contre vous, ce que Jésus dépeint très clairement dans «L’image de la crucifixion» (T-27.I): «Un toi malade et souffrant ne représente que la culpabilité de ton frère; le témoin que tu envoies pour qu’il n’oublie pas les blessures qu’il a données, desquelles tu jures qu’il n’échappera jamais. Cette image malade et pitoyable, tu l’acceptes, si seulement elle peut servir à le punir» (T-27.I.4:3-4).

Comment s’échapper du cercle apparemment sans fin d’attaque et de contre-attaque? La solution n’a rien à voir avec l’autre et a tout à voir avec un changement dans notre perception de nous-mêmes, dans notre propre esprit, avec l’aide du Saint-Esprit. Nous devons reconnaître que le péché et la culpabilité – que nous avons rendus réels dans notre propre esprit en tant qu’attaque contre nous-mêmes puisque nous avons cru pouvoir nous séparer de Dieu – ne se sont jamais vraiment produits. Voyons ce que dit le Cours: «À moins de reconnaître que ton attaque contre toi-même n’a pas d’effets, jamais tu ne te rendras compte de la complète inutilité de l’attaque. Car les autres réagissent certes à l’attaque quand ils la perçoivent, et si tu essaies de les attaquer tu ne pourras pas éviter d’interpréter cela comme un renforcement. Le seul endroit où tu puisses annuler tout renforcement, c’est en toi-même. Car tu es toujours le premier point de ton attaque; et si cela n’a jamais été, cela n’a pas de conséquences» (T-12.V.3:1-4, italiques ajoutés).


62 — Pensées positives

Q: J’ai étudié Un cours en miracles depuis bon nombre d’années et ai maintenant (du moins il me semble) dépassé le «stade de débutant». Voici ma question: est-ce que cela peut aider si un étudiant médite sur des pensées positives plutôt que d’entretenir les pensées négatives de l’esprit de l’ego? Je me rends compte que les situations troublantes devraient être regardées avec Jésus, le Saint-Esprit ou même Dieu, mais il me semble que le temps où notre esprit n’est pas dans l’instant saint doit être passé quelque part. Je ne parle pas d’affirmations, mais de pensées qui nous ont profondément touchés. J’apprécierais des conseils à cet égard.

R: Notre esprit est soit dans l’instant saint, soit avec l’ego. Il n’y a pas d’autre option et il n’y a rien entre les deux. Nos pensées reflètent le choix que nous avons fait soit de penser comme pense l’ego, soit de penser comme pense le Saint-Esprit. Le Cours n’appellerait pas ces pensées positives ou négatives, il nous dit plutôt que les pensées de l’ego renforcent l’illusion, tandis que les pensées du Saint-Esprit reflètent la vérité. Lorsque nous faisons des expériences qui nous touchent profondément, elles reflètent un choix fait au niveau de l’esprit de nous détourner de l’ego pour nous tourner vers le Saint-Esprit Qui symbolise l’Amour de Dieu dans le rêve. Une belle œuvre de musique ou un coucher de soleil peuvent être des symboles de l’amour et de la paix dans notre esprit lorsque nous avons choisi le Saint-Esprit au lieu de l’ego. Cependant, ce qui aide véritablement, c’est d’être vigilant à l’égard des pensées que nous avons avec l’ego pour en prendre conscience et reconnaître leur but. Puisque beaucoup des pensées de l’ego paraissent être «positives», nous pouvons facilement être dupés. Des sentiments apparemment positifs peuvent être des formes insidieuses de particularité spirituelle. L’ego peut également suggérer beaucoup d’excuses ingénieuses pour que nous entretenions son système de pensée et gardions des rancœurs. C’est peut-être ce à quoi vous faites référence quand vous dites «entretenir des pensées négatives de l’esprit de l’ego». Cela demande beaucoup d’honnêteté et de patience avec nous-mêmes de nous exercer à regarder soigneusement nos pensées sans nous y adonner et sans les juger. Nous ferions bien de nous en tenir étroitement aux lignes directrices qu’offre le Cours: «Ta tâche n’est pas de chercher l’amour [ce que nous pourrions appeler des «pensées positives»] mais simplement de chercher et de trouver au-dedans de toi toutes les barrières que tu as bâties contre lui. Il n’est pas nécessaire de chercher ce qui est vrai, mais il est nécessaire de chercher ce qui est faux» (T-16.IV.6:1-2). Si notre recherche est honnête, nous reconnaîtrons les pensées que nous avons et qui entravent notre capacité à être dans l’instant saint. C’est ensuite notre choix soit de garder ces pensées, soit d’en lâcher prise en échange de la perception du Saint-Esprit. Lorsque nous essayons de juger nos pensées – de décider lesquelles sont positives et lesquelles négatives – et cherchons à remplir notre esprit avec ce que nous considérons être des pensées «positives», nous nous mettons nous-mêmes en charge de l’Expiation, ne laissant que peu ou pas de place au Saint-Esprit. Ce sont Ses pensées que nous recherchons, Sa perception, Son jugement. De fidèlement faire notre part Lui permettra de nous conduire à l’instant saint. Le Cours s’exprime clairement et tout à fait concrètement à cet égard: «Le Saint-Esprit ne demande de toi que ceci: apporte-Lui chaque secret que tu Lui as fermé. Ouvre-Lui chaque porte et invite-Le à entrer dans les ténèbres pour les dissiper. À ta requête, Il entre avec joie. Il porte la lumière aux ténèbres si tu Lui ouvres les ténèbres. Mais ce que tu caches, Il ne peut le regarder. Il voit pour toi, mais à moins que tu ne regardes avec Lui Il ne peut pas voir. La vision du Christ n’est pas pour Lui seul, mais pour Lui avec toi. Apporte-Lui, donc, toutes tes sombres et secrètes pensées, et regarde-les avec Lui. Il tient la lumière, et toi les ténèbres. Elles ne peuvent pas coexister quand Vous deux ensemble les regardez. C’est Son jugement qui doit prévaloir, et Il te le donnera quand tu joindras ta perception à la Sienne» (T-14.VII.6). Dans un autre passage, le Cours nous donne un suivi très encourageant: «Si j’ai besoin d’un mot pour m’aider, Il me le donnera. Si j’ai besoin d’une pensée, Il me la donnera aussi. Et si je n’ai besoin que de calme et d’un esprit tranquille et ouvert, voilà les dons que je recevrai de Lui. Il est en charge à ma demande. Et Il m’entendra et me répondra, parce qu’Il parle pour Dieu mon Père et Son saint Fils» (L-II.361 à 365.1). Notre espoir réside dans notre dévouement à examiner soigneusement nos esprits, à inviter le Saint-Esprit à être notre guide, notre «juge» et notre enseignant. Sa perception nous conduira alors à l’instant saint.


63 — Gérer la colère

Q: Nous discutions de la colère dans notre groupe d’étude, et quelqu’un a suggéré qu’en ce qui concerne l’expérience de la colère, nous ne devrions pas l’exprimer extérieurement, mais plutôt, comme le Cours nous encourage à le faire, nous placer «au-dessus du champ de bataille» (T-23.IV.5): «Sois soulevé, et regarde-le d’un lieu plus élevé» (5:1). Cela semble certainement mieux que de décharger notre colère ouvertement sur quelqu’un. Mais qu’en est-il de l’idée de hurler de rage dans un oreiller ou de frapper un sac de boxe? Est-ce aussi considéré comme une attaque? Qu’en est-il si ma colère est tellement intense que je n’arrive pas à (ne suis pas désireux de) me laisser être «soulevé et regarder d’un lieu plus élevé»?

R: Votre question fait penser à une confusion que beaucoup d’étudiants font dans leur travail avec le Cours. Le Cours, comme le Saint-Esprit, se préoccupe seulement du contenu (la pensée) et non pas de la forme (le comportement). Si je suis en conflit et ressens de la colère, je ne suis plus en paix, que j’agisse ou non suivant cette colère. La colère et l’attaque sont dans l’esprit et c’est là où la correction est nécessaire. Être suffisamment discipliné pour ne pas agir sous le coup de la colère ou la diriger vers un objet inanimé (un oreiller ou un sac de boxe) plutôt que vers quelqu’un comporte certains avantages dans la mesure où cela ne déclenche pas une éventuelle séquence d’attaques ouvertes et de contre-attaques au niveau d’un comportement qui, presque obligatoirement, servirait à renforcer la culpabilité à la fois dans votre esprit ainsi que dans l’esprit de la personne qui vous attaque en retour. Mais l’attaque est toujours bien en vie dans votre esprit, et le problème de la colère ne sera pas résolu tant que vous ne l’abordez pas directement à sa source, dans l’esprit. Cela implique qu’il faut reconnaître que vos sentiments de colère et pensées d’attaque n’ont rien à voir avec la personne vers qui ces sentiments sont dirigés et par qui ils semblent avoir été suscités.

Être «soulevé et regarder d’un lieu plus élevé» votre colère, c’est vous souvenir que vous êtes un esprit qui a le choix de regarder le conflit soit avec l’ego soit avec le Saint-Esprit comme enseignant. Lorsque vous «regardez» avec votre ego, vous croirez toujours que vos sentiments de colère sont en quelque sorte justifiés, qu’à un certain niveau vous avez été injustement traité et que votre réaction est raisonnable, même si vous choisissez de ne pas passer à l’acte. Si vous continuez à voir cela de cette manière, aucune guérison ne s’est produite.

Mais lorsque vous regardez avec le Saint-Esprit, vous finirez par comprendre que le problème n’est pas l’autre, mais plutôt le choix que vous avez fait d’abord dans votre esprit de vous voir séparé de l’amour. Ce choix produit comme toujours une culpabilité que vous trouvez insupportable. Et donc la culpabilité doit être projetée hors de vous-même sur quelqu’un par qui vous souhaitez être injustement traité à vos yeux et sur qui la culpabilité peut alors reposer. Ainsi les sentiments de conflit résultant de votre propre décision de vous séparer dans votre esprit de l’amour semblent avoir été causés par ce que l’autre vous a «fait». Et pourtant, si vous n’aviez pas d’abord choisi la culpabilité, ses mots et ses actes n’auraient eu absolument aucun effet sur vous. Le fait qu’ils semblent avoir été causés vous indique seulement votre décision préalable de vous tourner vers votre ego et de vous éloigner de l’amour. Une fois que vous vous êtes rendu compte de cela et l’a avez accepté, ainsi que la correction offerte par le Saint-Esprit – que vous n’êtes pas séparé de l’amour et que vous ne l’avez jamais été –, la culpabilité disparaît, tout comme la colère et le conflit qui en étaient les effets. Et vous n’avez plus besoin de voir quelqu’un d’autre comme adversaire qui mérite votre attaque (bien sûr en autodéfense!).

En fait, bien que selon le Cours «la colère n’est jamais justifiée» (T-30.VI.1:1) – et la raison pour laquelle c’est vrai devrait être devenue claire après ce que nous venons de dire – on ne lit nulle part dans le Cours que nous ne devrions pas nous mettre en colère. En fait, une grande partie du Cours vise à nous dire ce qui se passe lorsque nous piquons des colères et comment cela peut être corrigé. Cela tient simplement au fait que Jésus comprend que nous continuerons à nous mettre en colère et que nous aurons besoin de la correction qu’il nous offre. Parfois nous sommes capables de nous retenir et de ne pas donner libre cours à notre colère, et parfois nous sommes contraints d’agir en conséquence, mais le problème – la culpabilité dans notre esprit – et la solution – reconnaître le choix du but que nous avons fait dans tout cela – restent les mêmes. Au lieu de nier notre colère, Jésus voudrait que nous la regardions avec lui afin de reconnaître sa vraie source, au lieu de chercher à la justifier en nous appuyant sur nos perceptions erronées d’être devenus victimes. Nos justifications ne sont tout simplement jamais valables.


64 — La pratique du livre d’exercices

Q: Pensez-vous qu’il pourrait y avoir une sorte de «contre-indication» à faire les exercices du livre d’exercices en boucle, année après année? Savez-vous, par exemple, si Bill ou Helen pratiquait constamment les 365 exercices?

R: Il peut ou ne peut pas y avoir de contre-indication. Cela dépend entièrement du but recherché par la répétition des leçons année après année. Il n’y a ni de bonne ni mauvaise façon de faire le livre d’exercices, sinon de prendre les leçons dans l’ordre, comme Jésus nous dit de procéder. Certains trouvent utile de répéter les leçons à maintes reprises, mais il n’est pas nécessaire de les faire plus d’une fois. C’est probablement une bonne idée d’y revenir pour étudier l’enseignement qui y est contenu, mais ce n’est pas nécessaire les faire plus d’une fois, sauf si vous êtes guidé de les faire. Comme nous le savons, chacun est guidé individuellement.

Une sonnette d’alarme à laquelle il faudrait faire attention est de ne pas développer une dépendance des leçons. Si vous trouvez par exemple que vous ne pouvez pas commencer la journée sans faire une leçon ou vous sentez vide ou déprimé si vous ne faites pas une leçon chaque jour, année après année, vous savez que vous avez formé une relation particulière avec le livre d’exercices. C’est quelque chose que vous devriez regarder, car il est plus que probable que l’ego s’est immiscé et joint au processus, et l’essentiel de la raison d’être des leçons vous échappera.

Une autre chose à surveiller est le besoin de répéter les leçons jusqu’à ce que vous les fassiez à perfection. Cela aussi vient de votre ego. Il est beaucoup plus conforme à l’esprit du livre d’exercice et à la douce aide de Jésus que nous fassions les leçons «de façon imparfaite» et de vous pardonner d’avoir oublié ou de vous être endormi ou quoi que ce soit. Au milieu de la leçon 95, Jésus explique qu’il est beaucoup plus utile d’approcher les leçons de cette façon-là, car cela reflète l’essentiel de ce que nous apprenons, soit de nous souvenir de ne pas prendre la «minuscule et folle idée» au sérieux. C’est manifestement la façon dont Jésus voudrait nous voir procéder.

L’entraînement consiste en grande partie à prendre contact avec notre résistance et notre peur d’aller de l’avant dans le processus de nous désidentifier de notre ego. Un petit désir est tout ce qui ne nous est jamais demandé. La seule chose qui est importante est de vouloir penser à Dieu ou à Jésus au cours de la journée. Il ne s’agit pas de se souvenir de toutes les phrases et de les répéter exactement à l’heure requise pendant la journée. Il s’agit de vouloir, par contre, indépendamment du fait de compléter avec succès toutes les instructions comme c’est indiqué ou pas. C’est le contenu et non la forme que nous devrions viser. Et le contenu c’est l’amour qui pardonne de Jésus.

Helen et Bill ont fait les leçons ensemble une fois. Puis ils les ont refaites avec Kenneth Wapnick, et pour finir Helen, Bill et Ken les ont faites à nouveau avec Judy Skutch, à sa demande.


65 — La nature de l’esprit

Q: Pourriez-vous décrire l’«esprit», la nature de l’«esprit» et l’expérience de l’«esprit»?

R: Il n’y a pas de définition simple ou facilement compréhensible de l’«esprit» dans le Cours, parce que sa signification dépend du contexte dans lequel le mot est utilisé. De plus, sa véritable nature est abstraite, et il existe en dehors du temps et de l’espace dans toutes ses significations, de sorte que nous ne serons pas entièrement satisfaits de n’importe quelle explication. Car nous allons chercher à comprendre l’esprit avec une partie limitée (et illusoire) de celui-ci: l’esprit divisé. Et le temps et l’espace sont en fait des malcréations de l’esprit divisé lui-même, plutôt que des dimensions dans lesquelles il opère.

D’abord il peut être utile de noter que l’utilisation que fait le Cours de l’esprit est différente du sens donné à ce terme dans presque tous les autres systèmes de pensée tels que les religions orientales pour lesquelles l’esprit n’est que le faux soi égotique pris dans les illusions, ainsi que dans différentes disciplines scientifiques telles que la psychologie et la neurologie qui ont une vue réductionniste de l’esprit en le réduisant à un épiphénomène, ou une manifestation, des activités physiques, chimiques ou électriques du cerveau. Même Freud, dont les découvertes perspicaces en ce qui concerne l’esprit sont intégrées dans la description de l’ego dans le Cours, a accepté ses origines organiques sans les remettre en question.

La discussion la plus approfondie du terme esprit dans le Cours se trouve dans la première section de la Clarification des termes: «Esprit – pur-esprit» (C-1). Là, l’esprit est d’abord défini comme «l’agent activateur du pur-esprit, qui fournit son énergie créatrice… Le pur-esprit est la Pensée de Dieu qu’Il a créée pareille à Lui-même» (C-1.1:1,3). Mais puisque nous n’avons de concept ni de la nature de l’esprit ni de Dieu et la création n’a rien à voir avec la forme, la définition n’éclaire pas vraiment la signification du terme. Généralement, lorsque le Cours fait référence à l’esprit à ce niveau – notre véritable réalité en tant que pur-esprit – le mot prend une majuscule et se rapporte soit à Dieu soit au Christ, Son Fils parfait et totalement unifié (C-1.1:2). Il n’y a plus grand-chose à dire sur l’esprit à ce niveau. Faire l’expérience de l’esprit n’est que faire l’expérience de l’Unité parfaite, sans aucune conscience de différences ou distinctions quelconques parce qu’elles ne sont pas réelles.

On peut en dire davantage, quoique ce ne soit pas toujours facilement compréhensible, quand nous passons au niveau de la division ou de l’«esprit individuel» (C-1.2:3) qui sembla apparaître lorsque le Fils de Dieu sembla s’endormir et rêver qu’il pouvait être séparé de son Père. Cette «partie de l’esprit est entièrement illusoire et ne fait que des illusions» (C-1.4:1). À ce niveau, l’esprit fait l’expérience de «la conscience [qui] est le mécanisme de réception» (C-1.7:3), et cela implique nécessairement une séparation entre celui qui perçoit et ce qui est perçu, les deux faisant partie de l’illusion. C’est seulement à ce niveau qu’il semble y avoir un choix, car il ne peut y avoir de choix dans notre réalité en tant que pur-esprit où, encore une fois, aucune différence ni distinction n’existent. C’est au-dedans de cet esprit illusoire divisé que l’expérience se fait de tout ce que nous croyons solide, extérieur et réel. Le Cours distingue entre deux parties dans cet esprit ou deux façons de penser dans cet esprit: la fausseté d’esprit représente le choix d’écouter la voix de l’ego ou faux soi. La justesse d’esprit représente le choix d’écouter la Voix du Saint-Esprit, le reflet de notre véritable Soi ou Esprit (C-1.5:1-2).

Bien que le Cours cherche à nous rendre conscients du fait que notre véritable réalité est Esprit, son enseignement s’adresse uniquement à l’esprit divisé. Le but du Cours est d’entraîner notre esprit divisé à se souvenir qu’il contient un choix (C-1.7:1), car il a accepté l’ego comme étant sa seule réalité et a oublié que l’ego n’est qu’un choix. Donc le Cours nous aide à reconnaître les conséquences d’un choix en faveur de l’ego – péché, culpabilité, peur, douleur, perte et mort – et nous rappelle qu’il y a un autre choix – le Saint-Esprit – qui ouvre la porte à une autre sorte d’expérience complètement différente, basée sur le pardon: paix, joie et amour. Avec le temps, le Cours ramènera nos esprits divisés à notre décision initiale lorsque nous avons fait le choix apparemment irréversible de l’ego. Maintenant nous pouvons faire un autre choix qui nous éloigne du temps et de l’espace alors que nous prenons conscience du monde réel, un monde totalement pardonné. De là, il n’y a plus qu’un pas final qui est «fait» par Dieu Lui-même et qui nous ramène à l’entièreté du pur-esprit ainsi qu’à l’Unité d’Esprit qu’en réalité nous n’avons jamais quitté (C-1.5:2-4).


66 — Les amis qui nous «déçoivent»

Q: J’étudie Un cours en miracles depuis un an, fais les leçons et participe à deux groupes d’étude. Je suis également dans un groupe d’un programme en 12 étapes. Ma question concerne l’amitié et la façon d’étendre l’amour aux autres. Je n’ai jamais été quelqu’un qui a travaillé sur ses relations. L’année passée j’ai tenté d’étendre l’amour à mes amis, mais j’ai senti dans certains cas que leur amour n’était pas réciproque. Je sais que l’amour est libre et inconditionnel et pourtant, lorsque je tends la main à un ami par un appel téléphonique ou par e-mail et que je n’entends rien de lui, je suis déçu. Comment puis-je surmonter cette déception?

R: Avant tout, en tant qu’étudiant relativement nouveau du Cours vous avez besoin de savoir que vous faites de votre mieux. Le Cours est un processus difficile qui prend du temps à maîtriser et il n’est pas facile de défaire le système de pensée de l’ego dans lequel nous avons tous été si fidèlement engagés pratiquement tout le temps jusqu’à présent. Votre désir qu’une autre voie vous soit enseignée est tout ce que Jésus vous demande – et il faut de l’humilité pour admettre que vous ne connaissez pas cette voie.

Comme vous l’avez découvert, la maxime de l’ego «Cherche mais ne trouve pas» (T-16.V.6:5, L-I.71.4:2, M-13.5:8) continue à opérer dans notre vie même après avoir décidé que nous voulions entretenir un autre genre de rapport avec autrui. La raison en est que nous ne comprenons pas encore le but pour lequel nous avons fait le monde et les relations. «Il y a une tendance à penser que le monde peut offrir consolation et évasion des problèmes mêmes qu’il a pour but de garder» (T-31.IV.1:1). «Le monde a été fait pour que les problèmes soient sans issue» (T-31.IV.2:6). Et donc aussi longtemps que nous cherchons quelque satisfaction dans le monde et de la part des autres, nous montons des coups pour être déçus. Mais contrairement à ce que nous croyons consciemment, nous avons en fait monté ces coups intentionnellement.

Notre but dans le monde et dans nos relations – que nous gardons caché à nous-mêmes – est que nous soyons déçus, injustement traités et rendus victimes, afin que la douleur qui vient réellement de notre propre choix secret de la séparation semble maintenant venir de l’action ou de l’inaction de quelqu’un d’autre. Dans la leçon 76, Jésus parle «des différentes sortes de “lois” [de l’ego] auxquelles nous [et les autres] avons cru devoir obéir. Parmi celles-ci pourraient compter… les “lois” de l’amitié, des “bonnes” relations et de la réciprocité» (L-I.76.8:1-3). Ces règles apparemment raisonnables pour les relations servent le but de l’ego d’établir des attentes quant à la façon dont nous et les autres devrions agir pour être heureux et garantissent par là notre déception et notre tristesse quand elles sont violées.

Mais Jésus ne s’attend pas à ce que nous cessions soudainement de chercher l’amour à l’extérieur de nous simplement parce qu’il nous dit que cela ne marchera pas: «Ne cherche pas à l’extérieur de toi» (T-29.VII). Son but en nous disant cela est de nous aider à ouvrir progressivement les yeux sur ce que nous sommes en train de nous faire, pour que petit à petit nous désirions de plus en plus souvent faire un autre choix et lui apporter notre souffrance et nos déceptions afin qu’il puisse nous montrer que la réponse à ce que nous cherchions est au-dedans de nous et l’a toujours été. C’est nous qui n’avons pas accepté l’amour et l’avons continuellement repoussé par peur de nous joindre et de perdre notre soi dans un amour total et illimité. Et nous continuerons à résister à cette idée dans notre pratique du Cours et de son processus de pardon. Mais Jésus ne nous juge pas pour cela. Il sait que nous avons seulement peur, mais qu’avec le temps nous choisirons son alternative de plus en plus souvent. Et alors nous comprendrons que notre peur qui nous empêchait de faire l’expérience de son amour n’est pas différente de la peur qui semble empêcher les autres de réciproquer lorsque nous permettons à cet amour de s’étendre à travers nous. Et puisque nous savons que nous pouvons à chaque moment ressentir et faire part de l’amour à autrui, nous ne serons plus déçus quand les autres ne le reconnaissent pas par eux-mêmes. L’amour continuera simplement à s’étendre à travers nous vers eux et à leur offrir un rappel de la même solution que nous avons apprise pour nous-mêmes – l’amour est déjà présent en l’esprit de chacun. Nous avons seulement besoin d’«enlever les blocages qui empêchent de prendre conscience de [sa] présence» (T-in.1:7).


67 — Atteindre la justesse d’esprit

Q: J’ai du mal à atteindre «la justesse d’esprit». Pendant une méditation calme, je peux en général penser assez clairement aux enseignements métaphysiques du Cours et ils me motivent beaucoup. Cependant, une fois revenu dans le rêve illusoire il me semble que je reviens très rapidement à «la fausseté d’esprit». Le problème est que le monde entier que nous voyons semble être construit sur «la fausseté d’esprit», et il est donc difficile de faire ou de penser quelque chose ici qui soit de l’esprit juste. En fait, atteindre «la justesse d’esprit» me semble souvent être encore plus difficile que la contemplation de la métaphysique. Je sais que Jésus ou le Saint-Esprit est toujours là pour aider, si nous faisons preuve juste d’un petit désir. Je suppose que j’ai besoin de continuer à essayer et de continuer à étudier. Toute suggestion serait appréciée.

R: Cela pourrait vous aider de voir la justesse d’esprit comme voulant dire regarder votre esprit faux sans jugement. Vous n’avez pas besoin de lutter contre la fausseté d’esprit. Il suffit de la regarder sans vous juger d’être dans cet état. Si vous pouvez regarder votre esprit faux sans jugement, ne serait-ce que brièvement, alors vous avez écarté votre ego puisque l’ego ne regarderait jamais sans jugement. C’est le cœur du processus de guérison. Vous n’avez pas besoin d’essayer d’arrêter les pensées de l’esprit faux; évitez simplement de vous faire des reproches de les avoir. La définition du pardon dans le livre d’exercices nous aide à garder cela à l’esprit: «Le pardon, par contre, est calme, et tranquillement ne fait rien […] Il regarde simplement, attend et ne juge pas» (L-II.1.4:1,3). En tant qu’étudiants, nous ne visons donc pas à faire des choses de l’esprit juste dans le monde, ni de bannir les pensées de l’esprit faux. Notre objectif est plutôt d’apprendre comment regarder notre ego sans nous juger, nous ou les autres, d’avoir un ego.

Il semble toujours que ce n’est pas suffisant et que nous devrions faire plus que simplement regarder sans juger. Mais alors l’ego serait venu se faufiler pour essayer de rendre les choses plus compliquées et déplacer notre attention du contenu de notre esprit à notre comportement dans le monde. Jésus répète maintes et maintes fois que nous sommes en train de dé-faire un système de pensée qui est totalement illusoire. En ce sens, il dit du miracle qu’«il regarde simplement la dévastation et rappelle à l’esprit que ce qu’il voit est faux» (L-II.13.1:3). Donc, penser à partir de l’esprit juste comporte regarder la dévastation qu’est notre monde, mais sans aucun sens de jugement ni de culpabilité. Pratiquer cela de notre mieux aura pour résultat que nous serons progressivement de moins en moins identifiés à notre faux soi, et donc que nous aurons de moins en moins peur du chemin qui nous mène au-delà de ce faux soi vers l’acceptation de l’amour de Jésus comme notre seule réalité. Nous juger nous-mêmes, les autres, ou le monde est une défense qui protège bien la réalité de notre soi et du monde et nous fait garder une «distance sûre» par rapport à l’amour de Jésus.

En définitive nous sommes responsables uniquement du choix de l’enseignant avec lequel nous choisissons de regarder le monde. Si nous regardons le monde avec les yeux de l’ego, nous finissons par nous sentir coupables. Si nous choisissons que l’amour de Jésus constitue nos «yeux», rien ne pourra nous contrarier. Lorsque nous sommes contrariés, nous avons juste besoin de nous rappeler avec douceur que nous avons choisi le mauvais enseignant, et que ce n’est pas un péché. C’est tout ce que nous avons besoin de «faire» pour être de l’esprit juste.


68 – Le sort de l’esprit après la mort du corps  

Q: Qu’arrive-t-il à l’esprit après la disparition du corps? Est-ce que l’esprit s’en va chez lui et réintègre ce qu’il n’a jamais quitté? Qu’est-ce qui arrive à l’ego? Où puis-je trouver une réponse à cela dans le texte?

R: La réponse à vos questions se trouve dans la compréhension des enseignements du Cours sur la vie et la mort en contraste avec la version de l’ego. Il est très important de se rappeler que dans le Cours la mort est décrite comme le choix dans l’esprit de croire la définition de l’ego de qui nous sommes: des pécheurs apeurés et coupables, des individus séparés emprisonnés dans des corps. Cette croyance est la façon de l’ego de donner un coup mortel à la conscience de qui nous sommes réellement en tant que Fils de Dieu innocent, et c’est ce que le Cours appelle la «mort». Lorsque le Cours parle de «vie» il fait toujours référence à notre vie au Ciel avec Dieu. «Il n’y a pas de vie en dehors du Ciel» (T-23.II.19:1).

Avec cela à l’esprit on trouve plusieurs passages dans le Cours qui traitent de la mort, de l’esprit, du corps et de l’ego qui aident à comprendre les points que vous soulevez. Le Cours nous dit que l’esprit n’est pas dans le corps: «Il [l’esprit] ne peut pas faire un corps, ni demeurer au-dedans d’un corps» (L-I.167.6:3). «Un esprit et un corps ne peuvent pas tous les deux exister. Ne tente pas de réconcilier les deux, car l’un nie que l’autre puisse être réel. Si tu es physique, ton esprit a disparu de ta conception de soi, car il n’y a pas de place où il puisse réellement faire partie de toi. Si tu es pur-esprit, alors le corps doit être in-signifiant pour ta réalité» (L-I.96.3:4-7).

Par conséquent, il ne peut y avoir le moindre changement de la condition de l’esprit dû à la disparition du corps, rien ne lui arrive et il ne va nulle part. Nous avons du mal à comprendre cela parce que la plupart d’entre nous s’identifient à leurs corps, toutefois il est essentiel de comprendre ce qu’enseigne le Cours. Vous avez raison de dire qu’en vérité l’esprit n’a jamais quitté son chez-soi au Ciel, où il demeure dans l’Unité. Notre expérience illusoire dans ce rêve est le résultat d’une pensée dans l’esprit endormi du Fils qui croit que la séparation s’est en effet produite. L’esprit ne rentre pas chez lui lorsque le corps meurt. L’esprit rentre chez lui lorsqu’il fait le choix définitif d’accepter l’Expiation et de ne plus s’identifier au système de pensée de l’ego. C’est ainsi qu’il s’éveille au fait qu’il n’a jamais quitté le Ciel et ne s’est jamais séparé de sa Source.

L’ego non plus n’est pas dans le corps. Il est la pensée de séparation dans l’esprit qui ne change pas avec la mort du corps: «L’ego est la partie de l’esprit qui croit en la division» (T-5.V.3:1). L’ego n’est pas dans le corps, mais il s’identifie au corps. Nous aussi nous nous identifions au corps lorsque nous choisissons le système de pensée de l’ego, ce qui explique pourquoi nous acceptons l’expérience de la mort du corps et croyons qu’elle signifie quelque chose. Avec l’ego nous la voyons comme «le rêve central dont découlent toutes les illusions […] C’est la croyance du monde, fixe et inchangeable, que toutes choses en lui ne naissent que pour mourir. Cela est considéré comme “la voie de la nature”, qui ne doit pas être remise en question mais acceptée comme loi “naturelle” de la vie» (M-27.1:1,4-5). Bien que l’ego ne meure pas avec la disparition du corps, puisqu’il est une pensée dans l’esprit, il est obsédé par la mort: il la craint, la recherche et l’utilise pour prouver sa réalité et la réalité du corps. Cela peut aider de relire «Le troisième obstacle: L’attraction de la mort» (T-19.IV.C). Lorsque nous apprenons à connaître une nouvelle identité en remettant en question nos croyances à propos de qui nous croyons être, ce qui nous donne la liberté d’accepter le message du Saint-Esprit quant à qui nous sommes réellement, cette expérience nous permettra de voir la mort du corps différemment et d’ouvrir notre esprit à la nouvelle perception et expérience de la vie dont il est question dans le Cours: «Quand ton corps et ton ego et tes rêves auront disparu, tu connaîtras que tu dureras à jamais. Peut-être penses-tu que cela s’accomplit par la mort, mais rien ne s’accomplit par la mort, parce que la mort n’est rien. Tout s’accomplit par la vie, et la vie est de l’esprit et dans l’esprit. Le corps ne vit ni ne meurt, parce qu’il ne peut te contenir, toi qui es la vie» (T-6.V.A.1:1-4).


69 — Atteindre le pardon

Q: Les deux questions suivantes ont un thème commun, quoique sous différentes formes; nous allons donc répondre aux deux en même temps.

  1. a) Je m’applique depuis pas mal de temps à pardonner à une certaine personne et j’y arrive pratiquement; je suis vraiment très proche du pardon total qui devrait m’apporter la paix. Mais maintenant, je constate que cela me manque de ne pas le voir et lui parler, et ce n’est pas du tout paisible. Cette personne n’est pas décédée et il serait donc possible de se rencontrer, bien que ce soit très peu probable puisque nous sommes tous les deux remariés. J’aimerais pouvoir agir différemment envers lui et lui montrer mon amour inconditionnel au lieu de ma peur qui à l’époque a détruit notre relation. Qu’est-ce qui se passe ici? Est-ce que mon ego est encore au volant même si j’ai pardonné, suis enfin joyeuse et n’ai plus de ressentiments par rapport à notre relation? Si quelqu’un nous manque, est-ce que cela confirme que nous croyons en la séparation? Je ne peux pas croire que je n’ai pas la paix totale à laquelle je m’attendais. Le fait qu’il me manque a troublé cette expérience par ailleurs aimante que je suppose ne pas vouloir vivre seule. Je me suis jointe à ce frère dans mon esprit et souhaiterais bien le démontrer dans la forme. Est-ce une erreur et, dans l’affirmative, comment puis-je enfin être en paix à ce sujet?
  1. b) Le pardon est un processus si important dans le Cours qu’il peut être appliqué pratiquement à tout dans notre quotidien. Mais que se passe-t-il lorsque quelqu’un est assassiné et tout s’arrête brusquement pour cette personne? Comment cet esprit peut-il régler ce qui s’est passé lorsqu’il n’existe plus en tant que la personne qui vient d’être assassinée. J’espère que ce n’est pas une question bête et qu’elle a un certain rapport avec le Cours.

R: Le pardon est un concept essentiel dans les enseignements du Cours est nous avons beaucoup de mal à le saisir tant que nous nous identifions encore à notre ego et au soi individuel que nous croyons être. Jésus nous avertit que «le monde ne peut pas en percevoir la signification [du pardon] ni fournir un guide pour t’en enseigner la bienfaisance. Il n’y a pas une pensée dans le monde entier qui conduise à quelque compréhension des lois qui le gouvernent, ni de la Pensée qu’il reflète. Il est aussi étranger au monde que l’est ta propre réalité» (L-I.134.13:1-3).

Il faut donc beaucoup d’humilité pour aborder l’étude du Cours et admettre que nous ne le comprenons vraiment pas. Mais c’est cette admission qui rend possible un vrai apprentissage. Le pardon tel qu’il est défini par le Cours n’a vraiment rien à voir avec quelqu’un d’autre envers qui nous croyons avoir de la rancœur. Mais il n’a également rien à voir avec la personne que nous croyons être qui semble avoir cette rancœur.

Cela ne veut pas dire que nous n’allons pas faire l’expérience des effets apparents du véritable pardon de nos relations extérieures, mais ce n’est pas vraiment ce qui se passe. Pour comprendre ce que veut dire le pardon dans le Cours nous devons d’abord comprendre le but qu’a l’ego quant au monde et nos relations. Ce but est toujours de voir la culpabilité – la culpabilité originelle qui vient de la pensée de la séparation d’avec Dieu et qui est réellement dans notre propre esprit – à l’extérieur de nous-mêmes et en quelqu’un d’autre. Les détails de ma rancœur contre vous ne sont pas vraiment importants. Ce qui est important, c’est que je peux vous mettre mon malheur sur le dos. Le pardon est donc le processus qui me permet de reconnaître d’abord que je suis en effet malheureux, je ne suis pas en paix, et c’est vous contre qui j’ai eu des rancœurs qui m’avez aidé à voir cela. Mais ce n’est en fait pas vous qui avez causé ma perte de paix et de bonheur. C’est moi. Alors lorsque je retire ma projection de culpabilité et d’accusation que j’avais placée sur vous, je peux ensuite aborder la prochaine étape avec le Saint-Esprit et reconnaître que ma propre culpabilité n’est pas réelle. Reconnaître cela même à la paix. Ainsi le pardon me permet de me délivrer des jugements erronés que j’ai d’abord portés sur moi-même et dont je vous ai ensuite accusé parce que je ne voulais pas accepter d’en être responsable. Le pardon dont je fais l’expérience se déroule dans mon esprit et n’a rien à voir ni avec le soi que je crois être ni avec le soi pour lequel je vous prends.

Gardant à l’esprit cette brève explication, voyons maintenant les questions qui ont été soulevées. Ce que nous ressentons comme pardon dans nos relations avec autrui peut bien sûr être un reflet du vrai processus sous-jacent qui a lieu dans notre esprit. Tant que nous sommes encore identifiés à nos ego, nous allons interpréter l’expérience de délivrance dans notre esprit dans le contexte de la forme concrète de notre relation avec quelqu’un. C’est inévitable tant que nous nous accrochons à notre fausse identité en tant que corps. C’est une erreur, mais ce n’est certainement pas un péché.

Par conséquent, si je fais l’expérience de vous délivrer des jugements que j’ai portés sur vous et ressens la paix, ce ne peut qu’être un reflet du fait que je me délivre moi-même de la culpabilité et des jugements contre moi-même dans mon propre esprit. Cela doit forcément générer de la peur dans mon ego qui survit grâce à la culpabilité à qui elle réussit. Une défense contre l’amour et la paix devient alors nécessaire.

Pour l’ego, changer la forme de la relation, passer de la haine particulière à l’amour particulier est une solution idéale. La forme change, mais le contenu sous-jacent reste toujours la haine et la culpabilité, bien que maintenant déguisée et cachée. Ainsi, au lieu de vous voir comme cause immédiate de mon malheur, je vous vois maintenant comme étant d’une certaine manière nécessaire à mon bonheur – j’ai besoin d’être avec vous pour vous faire participer à mon expérience de paix et de joie. Mais en fait cela revient au même, parce que si vous n’êtes pas à ma disposition comme je l’aimerais, alors vous contribuez une fois de plus à mon malheur. Dans les deux cas, je ne suis pas en paix et mon ego a gagné. La réponse à ce stade serait de ne pas tenter de changer quoi que ce soit, mais simplement de reconnaître ce qui se passe. Et ensuite me demander, avec Jésus ou le Saint-Esprit comme enseignant, si c’est réellement ce que je voudrais avoir au lieu de la paix que j’ai ressentie lorsque j’étais capable de nous délivrer tous deux des chaînes de la culpabilité et de la condamnation? Si j’ai dévoilé le but de mon ego, ce n’est qu’une question de temps jusqu’à ce que je désire faire un choix différent.

Mais qu’en est-il de la situation où la vie d’une victime a apparemment été fauchée par l’attaque d’autrui? Pour répéter ce que nous avons dit plus tôt, le pardon, tout comme avoir de la rancœur, n’a vraiment rien à voir avec le soi que je crois être ou le soi pour lequel je vous prends. Les rancœurs sont maintenues dans l’esprit et le corps n’est pas du tout nécessaire pour que l’esprit pardonne. L’esprit a le même choix à sa disposition, que le corps semble rester en vie ou non. Soit la projection de la culpabilité sur le corps d’autrui continue, soit la culpabilité est retirée dans l’esprit qui en est la source où le choix de relâcher la culpabilité reste le même.

N’importe quelles différences apparentes dans le processus ne surviennent que si l’on choisit de continuer à projeter la culpabilité, mais ces différences se font au niveau de la forme, pas du contenu. L’esprit trouve simplement une autre vie, s’identifie à un autre corps – un choix qui n’est pas si différent de ce que nous faisons au cours d’une vie lorsque nous décidons de quitter une relation pour une autre. Le cycle de victime et d’agresseur se répète jusqu’à ce que l’esprit soit prêt à faire un autre choix et à accepter la responsabilité entière pour sa souffrance et sa perte de paix. Le meurtre est toujours en premier lieu une pensée dans l’esprit, une auto-accusation pour ce que nous croyons avoir fait à Dieu. Nous la projetons à l’extérieur sur quelqu’un d’autre afin d’éviter les conséquences dont nous nous sommes convaincus qu’elles allaient découler de ce choix. Mais le meurtre, la culpabilité qui en résulte, tout comme le monde que nous avons fait pour y faire reposer la culpabilité dont nous voulons échapper, sont tous tout aussi illusoires. De cette prémisse découle le pardon.


70 — La beauté dans l’art et la nature

Q: Ce que nous voyons et ce dont nous faisons l’expérience, ce sont des formes de l’esprit mortel. Est-ce correct de penser que les formes de beauté dans la nature, dans l’art et dans toutes choses attachantes sont le contenu sous-jacent de l’Esprit divin?

R: En fait, Un cours en miracles enseigne autre chose. Rien dans le monde de la forme ne vient de l’Esprit divin, y compris le contenu sous-jacent. Voilà la non-dualité rigoureuse qui est au cœur de la métaphysique du Cours. Le Cours ne connaît pas de compromis à ce niveau. L’extension de l’Amour de Dieu – appelé créations dans le Cours – n’a aucun équivalent dans le monde. Dans la mesure où nous sommes identifiés au monde des formes, nous ne pouvons donc pas comprendre ce que sont ces créations.

Le monde de la forme et tout ce que nous voyons et dont nous faisons l’expérience – que ce soit beau ou grotesque, attachant ou répugnant – provient de l’esprit divisé, l’esprit d’après la séparation qui semble s’être détaché de son unité en tant que Pensée dans l’Esprit de Dieu. Bien entendu, cela est totalement illusoire et c’est pourquoi la toute première leçon du livre d’exercices est «Rien de ce que je vois […] ne signifie quoi que ce soit» (L-I.1), et elle est suivie par «J’ai donné à tout ce que je vois […] toute la signification que cela a pour moi» (L-I.2).

Le point de mire des enseignements et exercices du Cours est l’esprit plutôt que le monde extérieur. L’entraînement vise à nous faire reconnaître que nos perceptions sont franchement causées par le choix que nous faisons dans notre esprit de nous identifier soit à l’ego (notre esprit faux) soit au Saint-Esprit (notre esprit juste). Par conséquent, nous apprenons que le monde «est le témoin de ton état d’esprit, l’image extérieure d’une condition intérieure» (T-21.in.1:5). Cela signifie que si nous avons choisi le système de pensée du Saint-Esprit de pardon pour guider notre pensée, tel sera le contenu de toutes nos perceptions. Et alors n’importe quoi pourra être une source d’inspiration pour nous et nous rappeler la vérité et la beauté de Dieu. Mais cela ne tiendrait pas à quelque qualité inhérente à la forme elle-même. Une œuvre d’art ou une belle vue dans la nature pourrait nous inspirer et nous soulever hors de notre monde limité simplement parce qu’un choix a déjà été fait dans notre esprit de lâcher prise de l’investissement à voir la séparation et les limitations comme si elles étaient la réalité. Le contenu de l’Esprit divin est pur Amour, pure unité et parfaitement sans forme. Dans l’illusion, dans le rêve, nous pouvons faire l’expérience du reflet de ceci dans notre esprit, mais, pour le répéter, seulement parce que nous avons d’abord nié le déni de la vérité, ce qui enlève les barrières à la conscience de l’amour toujours présent dans nos esprits.

La clé est de considérer tout ce que nous percevons comme un symbole soit du Saint-Esprit soit de l’ego, en nous souvenant que «ni le signe ni le symbole ne devraient être confondus avec la source, car ils doivent représenter autre chose qu’eux-mêmes» (T-19.IV-C.11:2).

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