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Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions
41 — Rêves endormis et rêves éveillés
42 — Dieu intervient-Il dans ce monde?
43 — Reconnaître la «Voix» du Saint-Esprit
44 — Qu’en est-il de l’intelligence?
45 — «Formation» et «certificat» pour le Cours
46 — Nos sentiments
47 — Reconsidérer des décisions passées
48 — Le pouvoir du moment présent
49 — La neutralité du monde et du corps
50 — La difficulté à pardonner


41 — Rêves endormis et rêves éveillés

Q: Les événements, activités et relations dans notre «rêve éveillé» constituent nos classes et sont des véhicules pour apprendre nos leçons de pardon. Nos «rêves endormis» ont-ils une signification ou une valeur particulière dans le processus d’apprentissage du pardon, et nos réactions à ces images devraient-elles être différentes de nos réactions aux «rêves éveillés» dans notre école?

R: C’est le même esprit qui rêve à la fois les rêves éveillés et les rêves endormis. Et c’est l’une des nombreuses astuces de l’ego pour essayer de nous faire croire qu’il y a une réelle différence entre les deux pour que nous croyions que nous sommes éveillés alors qu’en fait nous dormons toujours et ne faisons le même rêve de séparation que sous des formes différentes. L’une des nouvelles perspectives les plus importantes que nous apportent nos rêves endormis lorsque nous passons à ce qui semble être un état d’éveil, c’est de nous montrer que notre esprit a le pouvoir d’inventer un monde dans les rêves qui semble très réel quand nous en faisons l’expérience, un monde inventé uniquement pour répondre à nos besoins personnels. Jésus traite de cet aspect de nos rêves endormis dans un passage très clair:

«N’est-ce pas que le monde qui surgit en rêve semble tout à fait réel?… Et tant que tu le vois, tu ne doutes pas qu’il est réel. Or voici un monde, manifestement au-dedans de ton esprit, qui semble être à l’extérieur. Tu n’y réponds pas comme si c’était toi qui l’avais fait,  et tu ne te rends pas compte non plus que les émotions que le rêve produit doivent venir de toi… Tu sembles te réveiller, et le rêve a disparu. Or ce que tu manques de reconnaître, c’est que ce qui a causé le rêve n’a pas disparu avec lui. Le souhait te reste de faire un autre monde qui n’est pas réel. Et ce à quoi tu sembles t’éveiller n’est qu’une autre forme de ce même monde que tu vois en rêve. Tout ton temps se passe à rêver. Tes rêves endormis et tes rêves éveillés ont des formes différentes, mais c’est tout. Leur contenu est le même. Ce sont tes protestations contre la réalité et ton idée fixe et insane de pouvoir la changer» (T-18.II.1:1; 5:2-4, 8-15).

Dans nos rêves endormis, nous avons le même choix d’enseignant que nous avons lorsque nous sommes «éveillés», et peut-être nous trouverons au fil du temps que nous pouvons choisir le pardon tout en étant endormis, lorsque nous saisissons que nos jugements dans le rêve ne sont pas justifiés. Nous pouvons même devenir un rêveur lucide qui prend conscience en plein rêve que le rêve nocturne est une invention de son propre esprit, ce qui présage la prise de conscience qui nous viendra pour finir en ce qui concerne nos rêves éveillés. Nos rêves endormis nous donnent aussi l’occasion de comprendre la vraie signification du pardon vers laquelle Jésus essaie de nous conduire, lorsque nous nous rendons compte au réveil que la source de toute contrariété que nous éprouvons dans nos rêves endormis n’a rien à voir avec ce que n’importe qui nous fait. Notre contrariété ne reflète rien de plus qu’une décision dans notre propre esprit d’être contrarié, pour ensuite attribuer la perte de paix à une cause qui semble être extérieure à nous. La prise de conscience que c’est ce que nous faisons aussi dans nos rêves éveillés constitue la base du processus de pardon tel que Jésus nous le présente dans le Cours: «Je ne suis jamais contrarié pour la raison à laquelle je pense» […] «Je suis contrarié parce que je vois quelque chose qui n’est pas là» (L-I.5,6). «Le pardon reconnaît que ce que tu pensais que ton frère t’avait fait ne s’est pas produit» (L-II.1.1:1). Lorsque nous pourrons transférer cette prise de conscience de nos rêves endormis à nos rêves éveillés, nous serons sur la bonne voie pour nous éveiller de tous nos rêves de séparation.


42 — Dieu intervient-Il dans ce monde?

Q: Un cours en miracles se rapporte-t-il à «Dieu» comme à un dieu interactif qui fait des changements et des altérations dans notre existence physique et dans le monde par rapport à nos actes quotidiens? Selon le Cours nous sommes initialement inchangeables, mais plus tard il renvoie à tous les changements que nous faisons au fur et à mesure de notre progrès. Je ne comprends pas si nous sommes en mesure de faire le moindre changement ou non? Si nous sommes inchangeables, pourquoi se donner la peine de faire quoi que ce soit, étant donné que de toute façon nous sommes ce que nous sommes?

R: Bien que beaucoup de passages dans le Cours fassent référence à Dieu en des termes personnels comme s’Il était un Père soucieux distinct de Ses enfants Qui veille sur eux, lorsque nous comprenons la base métaphysique des enseignements du Cours à propos de Dieu, cela devient évident que ce genre de références personnelles et humaines à Dieu ne peuvent pas être prises littéralement. Elles représentent la tentative dans le Cours d’«utiliser le langage que cet esprit [fini] peut comprendre, dans la condition [de séparation] où il pense être» (T-25.I.7:4) et de corriger nos malperceptions de Dieu basées sur notre interprétation égotique comme étant un Père en colère et vengeur, Qui cherche à nous punir pour nos attaques contre Lui.

Jésus consacre très peu de temps dans le Cours à la tâche impossible de décrire à nos esprits limités et finis la véritable nature de Dieu, de Ses créations et de la réalité – «Il n’y a pas de symbole pour la totalité» (T-27.III.5:1) – mais il fait tout de même quelques tentatives. Par exemple dans le livre d’exercices: «Ce qu’Il crée n’est pas à part de Lui, et nulle part le Père ne finit et le Fils ne commence comme quelque chose de séparé de Lui» (L-I.132.12:4). Et il admet que c’est impossible de capturer en mots Ce Qui est au-delà de tous concepts et symboles: «L’unité est simplement l’idée que Dieu est. Et dans Son Être, Il embrasse toutes choses. Aucun esprit ne contient autre chose que Lui. Nous disons: “Dieu est”, puis nous cessons de parler, car dans cette connaissance les mots sont in-signifiants. Il n’est pas de lèvres pour les prononcer et pas de partie de l’esprit suffisamment distincte pour ressentir qu’il est maintenant conscient de quelque chose qui n’est pas lui-même. Il s’est uni à sa source. Et comme sa Source même, il est simplement» (L-I.169.5:1-7).

Ainsi Dieu Qui «est Tout en tous au sens le plus littéral» (T-7.IV.7:4), ne peut pas agir sur une partie de Lui-même comme si elle était séparée de Lui. Et même parler de Lui comme «Lui», c’est attribuer une nature personnelle à la Source de tout ce qui, en réalité, est totalement abstrait. C’est pourquoi dans le Cours Dieu n’est pas décrit comme étant en interaction avec Ses enfants dans le monde. Ce rôle est donné au Saint-Esprit, en tant que Voix pour Dieu, attribuant au Saint-Esprit une fonction symbolique, à la différence du Père et du Fils: «Le Saint-Esprit est la seule partie de la Sainte Trinité qui ait une fonction symbolique» (T-5.I.4:1). Mais puisque le monde est entièrement une projection de l’illusion fondamentale de l’ego qui n’a aucune réalité, il n’y a vraiment pas de monde dans lequel le Saint-Esprit intervient, mais seulement un esprit qui croit qu’il y a un monde. Et même alors la Voix pour Dieu n’a pas de fonction active dans notre esprit – elle «ne fait que [nous] rappeler» (T-5.II.7:4) la vérité sur nous-mêmes et sur Dieu qui n’a jamais changé.

Le Cours fait également référence à Dieu comme étant «l’Inchangeable»: «Je resterai à jamais tel que j’étais, créé par l’Inchangeable pareil à Lui-même» (L-I.112.2:2) et le «Sans-forme»: «Ces formes-là ne peuvent jamais tromper, parce qu’elles viennent du Sans-forme même» (L-I.186.14:1), Qui ne crée que «l’inchangeable»: «L’enseignement vise au changement, mais Dieu n’a créé que l’inchangeable» (T-6.IV.12:4). Par conséquent, il est inconcevable qu’Il puisse être impliqué à faire des changements et des altérations dans un monde de formes.

Cela nous amène à la deuxième question que vous soulevez à propos de notre immuabilité. Dans notre réalité en tant qu’esprit, rien n’a changé et nous restons sans péché, parfaits et ne faisant qu’un avec notre Source – c’est le principe de l’Expiation, répété de nombreuses fois tout au long du Cours. En ce sens nous sommes véritablement inchangeables. Mais il est clair que ce n’est pas ce que nous croyons ou ce dont nous faisons l’expérience à notre égard. Jésus ne se contente donc pas de soutenir dans son Cours ce qui est réel et véritable pour en rester là. Cela ne nous aiderait pas du tout, piégés comme nous semblons l’être dans le bourbier de nos croyances erronées. Donc le Cours nous accepte là où nous croyons être. Il admet que nous croyons être chacun un être physique séparé qui vit en tant que corps dans un monde spatio-temporel et qui lutte contre des forces qui semblent être hors de notre contrôle. Et il nous offre le moyen – le pardon, sous la direction du Saint-Esprit – de sortir de ce labyrinthe sans signification et insensé de croyances dans lesquelles nous nous sommes emprisonnés: «Toi qui crois encore vivre dans le temps et qui ne connais pas qu’il a disparu, le Saint-Esprit te guide encore à travers le labyrinthe infiniment petit et insensé que tu perçois encore dans le temps, bien qu’il ait disparu depuis longtemps» (T-26.V.4:1). Ce n’est pas parce que tout cela est réel, mais uniquement parce que nous croyons que cela l’est. Et tant que nous croyons que nous avons changé notre véritable réalité en tant que Christ, nous allons devoir passer à travers ce qui paraît être un processus de changements qui défait tous les changements que nous croyons avoir introduits dans notre identité, jusqu’à ce que nous nous rendions compte à la fin qu’en réalité rien n’a changé du tout et que nous sommes de retour chez nous au Ciel que nous n’avons jamais quitté et où nous avons toujours été. Il s’agit donc d’un processus de dé-faire et pas vraiment de faire du tout. Et tous les changements dont nous semblons faire l’expérience lors du processus du défaire de nos croyances erronées sont aussi illusoires que la pensée initiale de changement qui semblait nous avoir expulsés du Ciel. Mais tant que nous nous accrochons à la croyance que le changement est à la fois possible et réel, nous ferons l’expérience du changement. Notre seul choix consistera à savoir si nous voulons rechercher soit un changement qui renforce la culpabilité et la séparation et qui semble même nous éloigner encore plus de notre véritable demeure, soit un changement qui résulte de la pratique du pardon dans le contexte de nos relations dans le monde, ce qui nous permet de rentrer chez nous.


43 — Reconnaître la «Voix» du Saint-Esprit

Q: Comment pouvez-vous être sûr que vous suivez la Voix du Saint-Esprit plutôt que celle de l’ego? Je sais que Jésus promet dans son Cours que nous nous sentirons en paix en suivant le Saint-Esprit, mais en pratique je ne trouve pas cela simple. D’une part, j’ai souvent tellement peur que je ne peux pas me laisser aller suffisamment pour ressentir la paix de l’Esprit. D’autre part, mon ego est tout à fait capable de reproduire à merveille la paix du Saint-Esprit, de sorte que j’ai parfois l’impression de suivre le Saint-Esprit, pour constater par après que je me suis bien trompé. Il y a de nombreux exemples aujourd’hui et tout au long de l’histoire d’adeptes de chemins spirituels qui ont commis des actes basés sur la peur et la haine tout en estimant qu’ils suivaient la volonté de Dieu, ou la Voix de l’Esprit. Les étudiants du Cours ne sont pas immunisés contre cette erreur. Jusqu’à ce que nous soyons assez développés pour reconnaître de manière fiable quelle est la voix que nous suivons, n’est-il pas préférable d’établir une sorte de cadre extérieur, comme des règles contre le meurtre, la violence, etc., par lesquelles nous pouvons juger qui nous a guidés?

R: Selon notre expérience, il s’agit de la deuxième question la plus fréquemment posée, la première étant: «Comment la séparation a-t-elle pu se produire du tout?» Votre question est une question que se posent tous ceux qui pratiquent du Cours. Nous l’avons abordée dans notre livre: Questions et réponses sur Un cours en miracles en la réponse à la question 43, où nous commentons la section intitulée: «Le test de la vérité» (T-14.XI).

En général et comme vous l’avez conclu cela peut aider d’avoir un cadre extérieur ou un ensemble de règles qui nous sert de guide afin de contenir notre ego dans certaines limites. En outre, le simple bon vieux sens ne devrait jamais non plus être perdu de vue. Malheureusement et de toute évidence, cela n’empêche pas ceux qui font appel à la Volonté de Dieu ou de la direction du Saint-Esprit de justifier tout ce qu’ils font, croyant qu’ils ne sont plus limités par les lois du monde et qu’ils suivent maintenant une autorité «supérieure». Mais se conformer aux lois normales d’un peuple civilisé est toujours recommandé. Toutefois, une telle conformité ne devrait pas être utilisée comme mesure d’un progrès spirituel.

Votre expérience au fil du temps, comme vous la décrivez, est typique de la plupart des étudiants. La théorie est simple, mais la pratique est tout autre en raison de notre investissement dans nos vies en tant que personnes individuelles, particulières et avec d’innombrables besoins – un investissement sur lequel nous passons ou que nous sous-estimons terriblement. Nous sommes retranchés derrière nos défenses sans même reconnaître que ce sont des défenses. C’est pourquoi Jésus souligne à maintes et maintes reprises, surtout dans le livre d’exercice, le fait que le cœur de la pratique de ce Cours est de regarder avec lui toute la haine et toute la culpabilité dans notre esprit. Pratiquer cela de manière constante nous permettrait de reconnaître plus clairement comment nos ego fonctionnent, quelle forme nos projections sont le plus susceptibles de prendre et comment nous nous défendons contre la peur de lâcher prise de nos jugements, de notre particularité, etc. Notre attention devrait toujours porter sur le lâcher-prise des pensées de l’ego dans notre esprit et non pas sur notre comportement.

Si nous le faisons «correctement», ce qui veut dire si nous regardons au-dedans en prenant pour nos «yeux» l’amour de Jésus, nous pourrons au fur et à mesure ressentir la paix pour des périodes de plus en plus longues. Mais en général, il faut que quelqu’un qui nous connaît vraiment bien évalue la situation pour aider à discerner si la paix est authentique ou non. Pour la plupart des gens, le Saint-Esprit ou Jésus ne se présente pas comme une voix qui s’adresse à eux, comme Helen Schucman en a fait l’expérience avec Jésus. Son expérience ne devrait pas être prise comme un critère de ce que devrait signifier entendre le Saint-Esprit. Le fait d’entendre la Voix pour Dieu est souvent démontré par le fait de découvrir que nous jugeons moins souvent, exigeons moins que nos besoins de particularité soient comblés, sommes moins en colère, moins égoïstes, moins déprimés et ainsi de suite. Mais je répète, ce n’est pas facile. Nous sommes des maîtres de l’autotromperie. L’humilité aide beaucoup à ce que nous restions honnêtes.


44 — Comment pardonner 

Q: Comment puis-je agir dans le monde de la forme avant que je sois capable de pardonner une situation? Si j’agis avec amour, mais sans vraiment le ressentir, j’aurai des ressentiments. Si j’agis selon mes vrais sentiments, je me sentirai coupable. Dans les deux cas je suis perdant!!!

R: La clé est de toujours de prendre conscience de votre motivation dans un conflit avec quelqu’un d’autre – le but sous-jacent qu’il sert, puisque vous semblez débattre avec vous comment agir. «Ce que tu fais vient de ce que tu penses» (T-2.VI.2:7), comme le souligne Jésus. «La correction n’a sa place qu’au niveau où le changement est possible» (T-2.VI.3:6). «Il est futile de croire que de contrôler les conséquences de la pensée fausse puisse mener à la guérison… Ce n’est pas de conduite mais d’esprit qu’il te faut changer, et ça c’est affaire de désir… Le changement ne signifie rien au niveau du symptôme, où il ne peut pas opérer» (T-2.VI.3:1,4,7).

Nous sommes des créatures entêtées, peu enclins à pardonner, même si c’est la chose la plus naturelle que nous puissions faire en ce monde. Mais le monde est un endroit qui n’est pas naturel. Et donc nous résistons à ce qui serait vraiment le plus doux et l’aide la plus importante pour nous-mêmes. Tant que je pense qu’agir avec amour envers autrui est un caprice charitable que j’accorde à quelqu’un en dehors de moi qui ne le mérite pas («Ainsi le pardon est-il fondamentalement déraisonnable; c’est un caprice charitable, bienveillant mais immérité, un don accordé à certains moments, refusé à d’autres», L-I.126.4:1), cela me déplaît de ne pas pouvoir lui flanquer une correction «justifiée» si j’estime qu’il m’a traité injustement. Mais si je peux honnêtement voir comment je me sens après une attaque vengeresse, je peux être plus ouvert à une solution de l’esprit juste. Si je peux petit à petit reconnaître que ma réaction envers vous n’a rien à voir avec ce que vous avez fait, mais tient uniquement à la culpabilité dans mon propre esprit qui est la cause de toute ma souffrance et pour laquelle je suis toujours à la recherche d’une cible pour la projeter, je pourrai y réfléchir à deux fois avant de renforcer cette culpabilité dans mon propre esprit par une attaque ouverte de plus contre vous. Le pardon n’est pas un don accordé à autrui qui n’est ni mérité ni justifié. C’est un don que je m’offre avant tout à moi-même. Lorsque j’accepte ce don pour moi-même, je sais automatiquement comment vous répondre qui m’avez apparemment offensé, et vous offrir le même don que je viens d’accepter pour moi-même sous la forme que vous pourrez accepter le plus facilement. Et je n’aurai aucun sentiment de ressentiment ou de perte qui serait associé à ce don.

Bon. Mais qu’en est-il si je suis encore trop entêté pour croire et accepter ce qui est vraiment mon propre intérêt dans une situation donnée – je ne suis pas prêt à pardonner parce que je veux encore m’accrocher à ma rancœur contre vous afin de pouvoir croire que la culpabilité est en vous et non en moi? Alors je devrais au moins être en mesure d’admettre que je suis encore identifié à mon ego, avec lequel mon «choix» semble se limiter soit à vous attaquer ouvertement pour me venger soit à sacrifier mon droit à la riposte par une démonstration de pardon qui fait semblant d’être «aimante» (ce qui est encore une attaque). Les deux options renforceront ma culpabilité si j’agis sans prendre conscience de ma motivation sous-jacente. Ainsi ce ne sont pas vraiment deux choix différents au niveau du contenu. Ce sera donc important à présent d’être au moins honnête avec moi-même et de reconnaître que ce n’est ni la bonté, ni la probité ou n’importe quel mal en moi qui me guident à agir de la manière que j’ai finalement choisie avec mon ego puisque j’ai déjà décidé contre un choix au seul niveau où il peut vraiment aider. C’est ma propre peur de l’amour et de la douce paix tranquille qui accompagne le lâcher-prise de mes rancœurs qui se trouve sous ma résistance à demander de l’aide à un autre Enseignant. Si je peux le reconnaître et ne pas me juger pour cela, alors j’ai au moins réduit la culpabilité que je suis en train de renforcer dans mon propre esprit puisque je continue à m’identifier à mon ego. Cela est toujours un but du Cours.


45 — «Formation» et «certificat» pour le Cours

Q: Ma question se réfère au processus d’aider les autres. En étudiant le Cours, je me rends compte que le salut du monde et le mien sont ma seule fonction. Cependant, y a-t-il un programme reconnu basée sur le Cours que l’on pourrait suivre ou une sorte de certificat pour des domaines comme la psychothérapie ou l’assistance psychosociale?

R: Pour aborder la deuxième partie de votre question en premier: désolé, mais il ne saurait y avoir de formation formelle basée sur le Cours afin de préparer quelqu’un pour le rôle de thérapeute ou de conseiller dans le domaine psychosocial puisqu’il n’y a rien dans le Cours qui traite de formes ou de rôles précis. Cela ne veut pas dire qu’il ne peut y avoir des gens qui offrent un tel programme, mais ce n’est pas vraiment conforme aux intentions du Cours en tant qu’enseignement spirituel. Vous pourriez être formé par exemple en psychanalyse, en thérapie comportementale ou en assistance psychosociale selon Rogers, chacune des méthodes employant un modèle théorique très différent ainsi que des techniques et pratiques différentes de celles des autres approches, et en plus utiliser les principes du Cours dans votre travail avec les patients. Cela tient au fait que le Cours est destiné à vous aider à changer votre façon de percevoir les situations et les relations dans votre propre esprit et ne se prononce pas sur la façon de vous comporter ou d’agir envers les autres. Par conséquent, il est possible d’utiliser n’importe quelle forme de pratique thérapeutique, même si au départ elle a peut-être été faite pour maintenir la séparation, pour arriver à une issue véritablement curative si elle est placée sous la direction du Saint-Esprit.

Le Supplément du Cours Psychothérapie: But, processus et pratique, fournit une application utile des principes du Cours dans un contexte thérapeutique, mais en le lisant attentivement cela devient tout à fait clair que Jésus ne parle que de ce qui se passe dans l’esprit du thérapeute et qu’il ne fait jamais de recommandations comment le thérapeute devrait agir envers le patient ou le client. Les idées qu’un thérapeute développe à partir du Cours sur la nature de la réalité et sur le but du monde et du soi – d’abord du point de vue de l’ego de la réalité du péché et de la culpabilité, puis du point de vue de la perception guérie du Saint-Esprit – peuvent ou ne peuvent pas être des sujets appropriés à discuter avec un patient. Mais le thérapeute devrait toujours tâcher de faire en sorte à ce que le patient saisisse le contenu du pardon et pas certains mots ou concepts. Or le contenu est partagé chaque instant où le thérapeute a lâché prise de tous les jugements qu’il peut porter dans son propre esprit sur le patient et qui ne sont rien d’autre que la projection des jugements qu’il porte sur lui-même. Dans les «Suppléments» ce processus est décrit ainsi: «Le thérapeute voit chez le patient tout ce qu’il n’a pas pardonné en lui-même, et ainsi une autre chance lui est donnée de le regarder, de le réévaluer, et de le pardonner. Quand cela se produit, il voit ses péchés comme étant disparus dans un passé qui n’est plus là […] Le patient est l’écran sur lequel ses péchés sont projetés, ce qui lui permet d’en lâcher prise» (P-2.VI.6:3-4, 6).

Venons-en à vos premiers commentaires avec juste quelques précisions. Lorsque vous parlez d’aider les autres et observez que le Cours parle du salut du monde et du nôtre comme étant notre seule fonction, assurez-vous de bien comprendre ce que signifie le salut du monde. Dans le livre d’exercices Jésus dit: «Le salut du monde dépend de moi» (L-I.186). Mais le salut du monde ne se réfère pas à faire quoi que ce soit dans le monde ou d’avoir un effet sur n’importe quoi d’extérieur, y compris les autres, dans le monde. Le salut du monde consiste à retirer mes projections de culpabilité que j’ai placées sur le monde, et ensuite d’également lâcher prise des jugements sur moi-même – c’est le même processus que nous venons de citer du Supplément Psychothérapie. À la fin, n’ayant plus de but, le monde extérieur disparaîtra, tout comme la culpabilité que nous avons projetée sur lui disparaît à la lumière du pardon. Autrement dit, «il n’y a pas de monde» à sauver (L-I.132.6:2).

Par conséquent, en attendant que notre esprit soit totalement guéri, nous devrions prendre garde, en agissant pour aider dans le monde, à ce que cela ne vienne pas de notre propre perception de ce dont les autres pourraient avoir besoin – nous ne le savons pas. Toutes nos perceptions reposent sur la croyance en la réalité de la séparation, du manque, de l’insuffisance et de la perte, et donc nos interventions ne servent qu’à renforcer cette croyance en nous-mêmes et autrui. Dans un état d’esprit séparé, nous n’avons aucune possibilité de savoir ou de comprendre ce qu’est une aide réelle. Mais lorsque nous lâchons prise de nos jugements, de nos rancœurs et de notre culpabilité, alors la partie de notre esprit qui connaît – le Saint-Esprit – peut S’exprimer librement à travers nous. Alors l’aide sera toujours un rappel que le péché, la culpabilité et la séparation ne sont pas réels, exprimée sous une forme qui peut être acceptée par autrui sans augmenter la peur (T-2.IV.5). Mais nous n’aurons pas décidé tout seuls comment procéder au mieux. Comme Jésus nous le fait observer, et de façon pas si subtile: «Ta fonction ici est seulement de décider de ne pas décider ce que tu veux, en re-connaissance du fait que tu ne le sais pas. Comment, donc, peux-tu décider ce que tu devrais faire? Laisse toute décision à Celui Qui parle pour Dieu, et pour ta fonction telle qu’Il la connaît» (T-14.IV.5:2-4).


46 — Nos sentiments

Q: Que dit le Cours des sentiments? Je sais qu’il stipule que nous ne devrions pas les nier. Pourriez-vous élucider cela? Devrions-nous écouter ce que nous disent nos sentiments?

R: Sentiments est un terme peu utilisé dans le Cours, puisqu’il est centré sur les pensées. Mais pour accéder à nos pensées, il est très important d’être en contact avec nos sentiments. Si nous n’avons pas conscience de la façon dont nous nous sentons, nous sommes beaucoup plus éloignés de nos pensées. Donc l’une des premières étapes pratiques que peut entreprendre un étudiant du Cours, c’est de se rendre de plus en plus compte comment il se sent. Souvent, cela s’avère être un processus douloureux, puisque la plupart du temps nous nions nos émotions douloureuses. Lorsque nous permettons à ces émotions de monter à la surface, nous sommes tentés de les refouler parce qu’elles sont désagréables. Certains ne nient et refoulent que certaines émotions particulières comme la colère, le chagrin ou la jalousie. La société nous enseigne ce que nous «devrions» et «ne devrions pas» ressentir, puis arrive le Cours et, en tant que chercheurs spirituels, nous nous imposons des «tu devrais» et «tu ne devrais pas» supplémentaires. Il n’est pas surprenant que personne ne sache comment il se sent!

Une fois que nous sommes en contact avec ce que nous ressentons, nous pouvons entamer le processus de découvrir la pensée qui a causé l’émotion. Nous n’avons pas besoin de mettre nos chapeaux à la «Sherlock Holmes» et assidûment aller à la recherche de ces pensées, car trop intellectualiser le processus ne devient qu’un obstacle de plus. Cherchez de votre mieux dans votre esprit, mais ce qui est plus important, c’est de donner à Jésus ou au Saint-Esprit votre désir d’apprendre quelle est la pensée sous-jacente. Dans la plupart des cas, même quand il s’agit de colère, vous allez constater que vos pensées ont quelque chose à voir avec une sorte de perte. Et quand la pensée est rendue consciente, vous avez le choix de la changer ou non. Mais au moins vous aurez trouvé la véritable source de votre souffrance. Ce n’est pas quelque chose en dehors de vous, mais ce sont plutôt les pensées en vous-même.

Comme Jésus nous dit dans le texte:
«C’est la seule chose que tu aies besoin de faire pour que la vision, le bonheur, la délivrance de la douleur et l’évasion complète hors du péché, te soient tous donnés. Ne dis que ceci, mais en le pensant vraiment et sans réserves, car là réside le pouvoir du salut:

Je suis responsable de ce que je vois.
Je choisis les sentiments que j’éprouve, et je décide quel but je voudrais atteindre.
Et tout ce qui semble m’arriver, je le demande, et je reçois comme j’ai demandé.

Ne t’y trompe plus, tu n’es pas impuissant devant ce qui t’est fait. Reconnais seulement que tu as fait erreur et tous les effets de tes erreurs disparaîtront» (T-21.II.2:1-7).


47 — Reconsidérer des décisions passées

Q: Il y a sept mois, je pensais avoir pris une décision paisiblement et de manière aimante. J’avais été conseillé et soutenu dans ma décision. Mais j’ai récemment reçu des informations qui m’ont fait remettre en question ce que j’avais fait. À l’époque, j’avais l’impression que c’était la chose la plus aimante et la plus gentille. Je trouve cela très troublant et j’ai réécouté les cassettes sur «Les règles pour la décision». Je crois que je n’ai jamais cessé de me sentir coupable et de me blâmer pour cet acte. Je sais que le Cours est un processus. Je l’étudie depuis douze ans. Mais lorsque cela s’est produit, je me suis demandé si j’avais fait le moindre progrès. Je sais que l’objectif du Cours n’est pas de faire quelque chose en ce monde. Est-ce que j’ai affaire à deux situations différentes ou toujours au problème initial?

R: Si vous aviez l’impression d’avoir agi de la façon la plus aimante et gentille, vous devriez en rester là. Vous savez, nous nous sommes tellement limités et nous avons érigé tant de couches de défenses en choisissant de penser que nous sommes des corps que nous ne sommes tout simplement pas en contact avec ce qui se passe sous la surface de ce dont nous avons conscience. Nous ne pouvons pas du tout voir le tableau entier et par conséquent nous ne savons pas où nous en sommes sur notre chemin de l’Expiation. Cela n’aide donc pas de nous questionner sur notre progrès. C’est là où il est si utile d’avoir Jésus comme Enseignant. En suivant ce qu’il nous conseille dans son Cours nous sommes conduits de plus en plus profondément dans notre esprits et commençons tout doucement à prendre contact avec les motivations sous-jacentes de nos actions et pensées récurrentes.

L’expérience que vous avez eue n’est donc pas du tout rare. Nous nous rappelons tous des décisions prises qui semblent avoir été les bonnes, mais maintenant, parce que nous avons découvert plus de ce que nous gardions caché à notre sujet dans notre esprits, nous constatons que nous étions passés sur certaines choses ou que nous nous étions tout simplement trompés nous-mêmes. Il faut s’attendre à cela le long du chemin, mais se sentir coupable n’aide pas. Se sentir coupable ne fait que renforcer le problème, et la solution reste cachée.

La «bonne» réaction est d’être reconnaissant d’avoir appris quelque chose de plus sur la façon dont opère votre ego, et ainsi pouvoir être encore plus vigilant désormais afin de déceler ces types de stratagèmes. C’est une expérience qui nous rend humbles, mais si vous acceptez que le but consiste à entrer dans les ténèbres de votre esprit – avec l’amour de Jésus comme guide – vous ne serez pas surpris de découvrir ces cas d’autotromperie. En fin de compte vous reconnaîtrez que tout cela est une défense contre la lumière et l’amour qui sont là, et que c’est cela notre véritable réalité.


48 — Le pouvoir du moment présent

Q: J’ai lu le livre Le pouvoir du moment présent d’Eckhart Tolle et j’ai trouvé qu’il correspond à Un cours en miracles. Est-ce qu’à la Fondation vous êtes tombé sur ce livre? Si c’est le cas, pourriez-vous commenter les idées du livre et dire de quelle façon elles coïncident ou non avec le Cours?

R: Notre Fondation a toujours eu pour règle de ne pas discuter le travail d’autres auteurs et enseignants d’Un cours en miracles ou de tout autre travail relatif au Cours. L’une de nos raisons est le risque que cela pourrait très facilement conduire à la dissension, ce qui l’emporterait sur toute utilité potentielle d’une telle discussion.

Ce que nous pouvons dire cependant, c’est qu’Un cours en miracles est unique parmi les spiritualités ou approches spirituelles, autant contemporaines qu’anciennes. Cela ne veut certainement pas dire qu’il est nécessairement le meilleur, mais seulement que ce qu’il enseigne, et la manière dont il l’enseigne, diffère des autres voies. En gros, on pourrait définir cette qualité unique comme étant la combinaison d’une métaphysique non duelle – qui spécifie que seul le Dieu non matériel est réel – et d’une approche psychologique subtile largement basée sur les découvertes de Freud dans le domaine du psychisme humain. Cette combinaison nous aide à vivre au sein du monde illusoire sous le principe du pardon qui nous est enseigné par le Saint-Esprit.

En général, nous pouvons également dire que si un étudiant d’Un cours en miracles retire des bénéfices d’une autre voie spirituelle et qu’une telle combinaison contribue à ce que l’étudiant fasse preuve de plus de bonté et pardonne plus souvent, alors cela ne nécessite ni justification ni commentaires. Il est toujours utile de revenir à l’enseignement fondamental du Cours du contenu plutôt que de la forme et de se rappeler l’énoncé à la fin du Manuel pour enseignants: «Le curriculum est hautement individualisé et tous les aspects sont sous la direction et les soins particuliers du Saint-Esprit» (M-29.2:6). Par conséquent, lisez et étudiez tout ce qui vous aide. Le plus important, c’est à quel point vous pouvez pratiquer le pardon, plutôt que de chercher à le comprendre.


49 — La neutralité du monde et du corps

Q: Jésus dit dans le Cours que «le monde a été fait comme attaque contre Dieu» (L-II.3.2:1). Il dit aussi que le corps est neutre. Puisque les deux sont des illusions, ne devrait-on pas les voir comme neutres?

R: Il dit aussi dans le Cours que «le corps est une limite à l’amour… il fut fait afin de limiter l’illimité» (T-18.VIII.1:2-3). Tout ce qui relève de l’ego, y compris le pouvoir de choisir ou de décider ainsi que toutes les défenses pour protéger et préserver la survie de l’ego, a été fait comme une attaque contre l’Amour et l’Unité de Dieu. Mais tout ce que l’ego a fait pour séparer, le Saint-Esprit peut l’utiliser pour la guérison si nous sommes désireux de le Lui offrir. Cela revient toujours à une question de but – toute illusion, une fois investie de notre croyance en sa réalité, peut être utilisée soit pour le but de l’ego soit pour celui du Saint-Esprit.

Donc oui, le corps et le monde – faits pour défier Dieu et Sa création et pour prouver que nous sommes plus puissants que Lui, mais recouverts ensuite par la croyance que nous sommes nos corps, vulnérables et fragiles, victimes de forces écrasantes dans un monde d’agresseurs – deviennent maintenant neutres et attendent notre choix quant au but qu’ils serviront. Et c’est cela qui rend si doux les enseignements du Cours, de ne pas voir le corps et le monde en soi comme des obstacles à surmonter lors de notre voyage de retour à Dieu. Le sacrifice de ce que nous croyons chérir – les choses du corps et du monde – est demandé par la plupart des autres enseignements spirituels. Mais le Cours demande seulement que nous soyons désireux que leur but soit transformé jusqu’à ce qu’en fin de compte, nous les écartions volontiers comme n’ayant plus de valeur pour nous: «Simplement, elle [une chose neutre] n’a plus de fonction, il n’en est plus besoin, et l’on s’en défait […] une chose […] qui ensuite est remplacée pour un plus grand bien» (L-II.294.1:9-10). Mais tant que le corps et le monde ont encore une valeur pour nous, il ne nous est pas demandé d’y renoncer.

Ce sont nos croyances et nos pensées à propos du corps et du monde qui ne sont pas neutres. Le Cours rend cela très clair: «Aucune croyance n’est neutre» (T-24.in.2:3). «Je n’ai pas de pensées neutres» (L-I.16). Et donc c’est au niveau de la pensée, ou de la croyance, que le Cours enseigne que le changement doit être fait. Ce sont nos croyances ou nos pensées qui donnent à toute chose dans le monde son but. Et toute pensée provient soit de l’ego soit du Saint-Esprit. Accepter le système de pensée de l’ego renforce notre croyance en la réalité du péché, de la culpabilité, de la peur et de leurs défenses: le monde et le corps. Se tourner vers le système de pensée du Saint-Esprit défait cette croyance, ce qui nous permet dans un premier temps de ne pas prendre les choses du monde, y compris nous-mêmes, tellement au sérieux, et cela nous amène ensuite à reconnaître à la fin que toutes les croyances de l’ego et leurs manifestations sont irréelles ou illusoires. Une fois que nous avons reconnu leur irréalité, elles n’auront plus aucune valeur pour nous et pourront être facilement relâchées.


50 — La difficulté à pardonner 

Q: Si le processus du pardon est fondamental dans le Cours, pourquoi Jésus ne s’est-il pas concentré seulement là-dessus et ne nous a-t-il pas indiqué toutes les techniques ou donné les conseils de la façon la plus «pratique» possible? Quoi qu’il en soit, auriez-vous des techniques, conseils ou autres à me donner? Je désespère face à la difficulté du travail!!!

R: D’abord, vous n’êtes pas seul! Ceux qui partagent vos sentiments au sujet de leur travail avec le Cours sont très nombreux.

Le Cours est extrêmement pratique, mais malheureusement pas comme nous aimerions qu’il le soit! Nous aimerions qu’il nous dise quoi faire en ce qui concerne le comportement dans des situations concrètes. Cependant, il ne nous offre pas de conseils pratiques ou des techniques à ce niveau-là, parce que ce n’est pas son objectif. C’est un Cours sur le changement de notre esprit (contenu) et non de notre comportement (forme). C’est un Cours qui porte sur la cause et non sur l’effet. Comme Jésus nous le dit dans une partie émouvante de la section du texte «Le “héros” du rêve»: «Avec un rire doux, le Saint-Esprit perçoit la cause et ne regarde pas les effets. Comment pourrait-Il corriger ton erreur autrement, toi qui as passé entièrement sur la cause? Il t’enjoint de Lui porter chaque terrible effet afin qu’ensemble Vous regardiez sa sotte cause, et que tu en ries avec Lui un moment. Tu juges les effets, mais Il a jugé leur cause. Et par Son jugement, les effets sont enlevés» (T-27.VIII.9:1-5).

Par conséquent, Il n’y a rien dans le Cours sur le comportement, c’est ce que tant d’élèves trouvent frustrant. Nous aimerions bien qu’on nous dise exactement quoi faire dans nos rapports avec autrui et quand nous avons à prendre toutes sortes de décisions concernant notre vie. Il nous dit quoi faire, mais pas sur le plan du comportement. Les leçons du livre d’exercices sont très concrètes quant à ce que nous devrions faire quand nous sommes contrariés, en colère, jugeons, avons peur, sommes malades, etc. Mais les instructions visent exclusivement les capacités de notre esprit de prendre des décisions, d’où découle notre comportement. Notre comportement émane du système de pensée que nous avons choisi dans notre esprit. C’est pourquoi le travail du Cours se concentre entièrement sur cette dimension-là, parce que c’est là que repose la cause de tous nos problèmes et détresses. Notre état corporel est simplement l’effet de la cause. Par conséquent, nous pouvons recevoir l’aide la plus efficace en travaillant sur le contenu de note esprit. C’est le genre d’aide que Jésus nous offre dans son Cours. C’est en partie ce qui rend le Cours unique dans son approche de la spiritualité.

Pourtant il s’avère parfois utile et même nécessaire de se concentrer sur les changements de comportement, surtout lorsque des dépendances sont impliquées. Souvent le travail intérieur ne peut pas commencer tant que l’état émotionnel et physique n’est pas relativement stable. Mais en général, le soulagement de la douleur, de l’anxiété, de la culpabilité, de la peur et autres n’est pas permanent lorsque des modifications sont apportées seulement sur le plan du comportement sans un changement correspondant dans l’esprit. Le Cours nous apprend que nous avons dissimulé les plus profondes sources de motivation dans nos esprits, donc si nous ne parvenons pas à atteindre ce niveau, nous n’obtiendrons jamais une paix intérieure durable, en dépit des changements de comportement. En appliquant les enseignements et les principes du Cours, on nous promet la fin de toute notre souffrance et de tous nos problèmes.

Entre autres, il y a deux passages frappants qui décrivent l’orientation du Cours ainsi que son approche pour guérir la souffrance et résoudre les problèmes de nos vies: «Il est certain que toute détresse ne paraît pas être uniquement un manque de pardon. Or cela est le contenu sous la forme» (L-I.193.4:1-2). «Tu étais sûr d’une seule chose: De toutes les nombreuses causes que tu percevais comme t’apportant douleur et souffrance, ta culpabilité ne faisait pas partie» T-(27.VII.7:4). Jésus nous dit donc dans ces passages comme dans des douzaines d’autres que nous ne savons ni ce que sont nos problèmes ni leur solution. Nous ferions donc bien mieux de demander son aide et de suivre sa direction puisqu’il connaît quels sont véritablement nos problèmes et comment ils peuvent être résolus.

On ne devrait pas se méprendre sur le fait qu’il insiste sur le contenu et dire que le Cours préconise une liberté complète de se comporter n’importe comment. Ce n’est manifestement pas son orientation. Il ne se concentre pas sur le comportement en raison de ses prémisses métaphysiques dont la première est le principe que le monde n’est rien d’autre que la projection d’une pensée dans nos esprits. Et puisque les «idées ne quittent pas leur source» (T-26.VII.4:7 et ailleurs), le monde demeure dans l’esprit et par conséquent n’est pas ce qu’il semble être. Et le corps non plus. Aussi, en restant au niveau comportemental, nous limitons la portée de la guérison qui pourrait se produire. Toutefois, pour certains le changement de comportement est déjà un bon point de départ pour démarrer le processus de reprendre contact avec le pouvoir de l’esprit que nous avons dissocié. Cela reflète souvent la décision de l’esprit d’être plus aimant et plus gentil envers soi-même, ce qui est en réalité une application des principes du Cours. Après avoir terminé quelque autres thérapie ou programme on peut choisir de revenir au Cours et alors être mieux capable d’apprendre et de pratiquer ce qu’il enseigne.

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