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Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page :
31 — Que signifie le «péché»?
32 — La conscience est-elle illusoire?
33 — Lâcher prise de nos rancœurs
34 — L’expression artistique dans un état d’éveil
35 — Le manque apparent de progrès
36 — Les anges sont-ils réels?
37 — Choix ou destin
38 — «Un appel qui n’a jamais été fait»
39 — Les attaches terrestres
40 — Le niveau «intellectuel» du Cours


31 — Que signifie le «péché»?

Q: Pourriez-vous expliquer comment on devrait interpréter le péché? Qu’est-il au juste? Existe-t-il oui ou non? Peut-on le remplacer par «manque d’amour» à la lecture du texte? Merci.

R: Si vous demandiez à l’ego d’interpréter le péché, sa signification serait la mort: «Pour l’ego, le péché signifie la mort, et ainsi l’expiation s’accomplit par le meurtre» (T-19.IV.A.17:3), tandis que pour le Saint-Esprit le péché est une erreur à corriger (T-19.II-III). Le Cours nous enseigne que pour l’ego le péché est la mort de Dieu, ou mieux encore le meurtre de Dieu, et nous sommes les meurtriers. La séparation est donc le symbole de la mort de Dieu. Nous nous rappelons notre péché tous les jours, chaque fois que nous nous voyons nous-mêmes ou les autres comme étant séparés, ce qui est notre seule façon de voir puisque l’ego a fait le corps pour « voir » de cette façon. Cependant, notre attitude peut tout de même refléter l’unité, même si les yeux de nos corps voient encore la séparation. C’est une des façons dont le Saint-Esprit peut utiliser ce qu’a fait l’ego pour servir un autre but: «Comme toutes les choses que tu as faites, elle [la mémoire, comme la perception] peut être utilisée pour servir un autre but et pour être le moyen pour quelque chose d’autre» (T-28.I.2:8).

En pratique, si nous sommes identifiés à l’ego, nous allons interpréter le péché comme étant tout ce qui nous enlève la paix, et les pécheurs que nous percevons en dehors de nous sont ceux qui nous la prennent. Peu importe si la situation est importante ou insignifiante, tout ce qui nous «vole» la paix est appelé péché. C’est même nous qui pourrions nous prendre notre paix, mais inévitablement quelqu’un d’autre nous aura rendus tels que nous sommes, ce qui fait que nous sommes de nouveau innocents.

Quant à savoir si le péché existe ou non, le Cours nous enseigne que la séparation n’a jamais eu lieu: «À l’instant où l’idée de séparation entra dans l’esprit du Fils de Dieu, à cet instant même la Réponse de Dieu fut donnée. Dans le temps cela est arrivé il y a très longtemps. Dans la réalité, cela n’est jamais arrivé» (M.2.2:6-8). Et puisque selon l’ego la signification du péché est entièrement basée sur la séparation, alors effectivement, il n’existe pas.

Pour finir, de remplacer «péché» par «manque d’amour» n’aura pas nécessairement le même impact sur l’étudiant. Nous avons tous des croyances conscientes et inconscientes autour du mot «péché», et en le remplaçant par d’autres mots, nous nous refusons la possibilité de pardonner toutes les associations attenantes que nous avons faites. Le terme manque d’amour» en tant que substitut a un peu l’air comme si nous «manquions d’amour», ce qui, bien entendu, ne serait pas de notre faute. Des mots tels que «retenir pour soi» ou «égoïste» s’accorderaient mieux avec ce que nous croyons que le péché signifie en fait.


32 — La conscience est-elle illusoire?

Q: J’ai lu que Freud disait que le but de la psychanalyse était de rendre l’inconscient conscient. Je sais que le Cours repose dans une certaine mesure sur les concepts de la théorie freudienne, mais n’est-il pas dit dans le Cours que toute conscience est intrinsèquement illusoire ? Est-ce que cela n’entre pas en conflit avec l’objectif principal de la psychanalyse? Ou est-ce que je confonds les niveaux?

R: Le Cours assimile en effet la conscience à ce qui est illusoire en la décrivant au début du texte: «La conscience, le niveau de la perception, fut la première division introduite dans l’esprit après la séparation, faisant de l’esprit un percepteur plutôt qu’un créateur. La conscience est correctement identifiée comme étant le domaine de l’ego» (T-3.IV.2:1-2). Or comme avec tout ce qui a été fait par l’ego pour appuyer et maintenir la croyance en la séparation, le Saint-Esprit peut lui donner un but différent. Et donc plus tard, Jésus observe: «La conscience a des niveaux et elle peut en changer d’une manière assez dramatique, mais elle ne peut pas transcender le champ de la perception. Au plus haut niveau, elle devient consciente du monde réel et elle peut être entraînée à l’être de plus en plus» (C-1.7:4-5).

Alors oui, bien que la conscience, métaphysiquement parlant, fasse partie de l’illusion et donc n’est pas réelle, puisque nous croyons en sa réalité et la ressentons comme si elle faisait intrinsèquement partie de nous, le Cours nous fournit un moyen d’utiliser notre conscience de façon à la transcender à la fin. Lors du processus d’entraînement pour atteindre le «monde réel» il s’agit en fait de rendre conscient tout ce que notre ego a rendu inconscient par la peur, afin que les fausses perceptions de l’ego puissent être guéries et remplacées par la perception vraie du Saint-Esprit et nous préparent à notre retour à la connaissance (le terme du Cours pour le Ciel) au-delà de toute conscience et de toute perception.

L’esprit divisé – là où réside la conscience – nous l’avons rendu inconscient et au lieu de cela nous croyons que la conscience est un épiphénomène du corps ou plus précisément, du cerveau. Nous avons également rendu inconsciente toute notre culpabilité dans l’esprit que nous avions concoctée en tant que défense de la conscience, tout en projetant la culpabilité vers l’extérieur dans un monde de formes où jamais nous ne pourrions soupçonner son origine. Toutes les défenses de l’ego doivent donc être rendues conscientes – ou comme c’est décrit de façon plus éloquente dans le Cours, nous devons être «désireux de porter les ténèbres à la lumière» (T-18.III.6:2) – afin que leur irréalité puisse être reconnue. Et ainsi, nous utilisons la conscience de l’esprit divisé pour faire cela jusqu’à ce que, à la fin, toutes nos fausses perceptions aient été rendues conscientes et guéries et la conscience ne sera plus nécessaire. À ce moment-là, nous serons prêts à quitter le domaine de la conscience et de la perception et «nous disparaîtrons dans la Présence au-delà du voile… non pour être vus [perçus] mais connus» (T-19.IV-D.19:1).


33 — Lâcher prise de nos rancœurs

Q: Lorsque je suis «coincé» et que je ne me sens pas tout à fait désireux de lâcher prise d’une défense bien établie, je demande très souvent à Jésus de m’aider à regarder ma résistance dans cette situation. Grâce à cet outil, j’ai de temps à autre fait l’expérience de ce que je considère comme un succès. Je dois dire aussi que cela ne fonctionne pas toujours – je ressens encore malaise et chagrin quand je garde la rancœur, même si je Lui ai demandé de m’aider avec mon indésir. Est-ce une sorte de stratagème sophistiqué de l’ego ?

R: Être totalement honnête avec Jésus quant à votre indésir de lâcher prise d’une rancœur est une aide en soi, surtout si vous éprouvez les effets de ne pas en lâcher prise. Cette obstination ne vous rend pas pécheur et n’a aucune influence sur l’amour que Jésus a pour vous. Donc le ressentir comme un échec, ou une forme d’autocondamnation serait la seule erreur à ce stade – vous êtes déjà conscient du prix que vous payez pour vous accrocher à vos rancœurs. Vous pouvez simplement vous arrêter là, reconnaître que le pardon est un processus et que quand la peur sous-jacente aura diminué, vous ferez le prochain pas. Si vous vouliez vraiment pardonner, vous le feriez. Vous pourriez vous demander comment vous vous sentiriez ou ce qui se passerait si vraiment vous lâchiez totalement prise de cette rancœur. Cela pourrait vous indiquer la nature de la peur qui se cache derrière votre indésir. Ensuite vous et Jésus pourriez traiter cela ensemble. Cela vous aiderait aussi à rester honnête.

Il n’y a jamais moyen d’être totalement certain si vous êtes à l’écoute de l’ego ou du Saint-Esprit. Après bon nombre d’années d’expérience, vous aurez appris à connaître vos moyens préférés de vous tromper vous-même, mais en général vous aurez besoin de quelqu’un qui vous connaît bien pour vous aider à les distinguer. C’est une difficulté qu’éprouvent la plupart des étudiants du Cours à cause de la peur énorme que nous avons tous de retourner chez nous en Dieu.


34 — L’expression artistique dans un état d’éveil

Q: Si j’ai bien compris, quelqu’un qui atteint le «monde réel» ou en fait l’expérience n’aurait ni besoin de faire de ni ferait quoi que ce soit d’extérieur. Est-ce quand même possible de «créer» une œuvre d’art en ce monde, par exemple une pièce de musique ou un poème, par simple besoin de communiquer un état de bonheur?

R: Être dans le «monde réel» signifie que vous savez que vous n’êtes pas un corps et que le monde physique n’est pas réel. Vous connaissez que votre identité – et celle de tous les autres – n’a rien à voir ni avec le corps ni avec le monde. C’est un état d’esprit dans lequel le système de pensée de l’ego n’est plus présent et donc l’élément du preneur de décision manque, parce qu’il n’y a plus à choisir entre deux systèmes de pensée. Le contenu de l’esprit est uniquement le système de pensée d’amour du Saint-Esprit.

Par conséquent, dans cet état d’esprit il n’y aurait plus de «je» qui ressentirait un besoin de faire quelque chose. Ce n’est pas que votre corps ne ferait rien, mais ce «vous» ne serait pas l’agent du «faire.» L’amour du Saint-Esprit passerait par vous. Votre expérience serait donc que «vous» ne faites rien. Rappelez-vous que notre voyage jusque dans le «pays lointain» a été un voyage d’éloignement loin de l’état d’unité et vers un état d’individualité physique. Par conséquent, le voyage de retour est un voyage vers un état sans soi, caractérisé par le fait d’accepter à nouveau la vérité que le Fils de Dieu ne fait qu’un et est invulnérable. Juste avant que le rêve de séparation ne disparaisse entièrement, nous atteindrions l’état de connaître une fois pour toutes que tous les corps et le monde sont totalement irréels. Ils ne sont rien d’autre que les rêves d’un esprit qui s’est endormi, et par conséquent, rien de ce qui se passe dans les rêves n’importe vraiment. Cela n’a de l’importance que pour les figures du rêve. Mais un esprit guéri reconnaîtrait qu’aussi le rêve lui-même n’a jamais vraiment eu lieu.

Si tel est votre état d’esprit, comment pourrait-il y avoir un besoin d’être créatif? L’Amour du Saint-Esprit s’étendrait à travers vous vers ceux qui se croient encore séparés de cet amour et qui, d’une façon ou d’une autre, lui font appel. Mais vous ne dirigeriez pas ce processus. Il n’y aurait plus cette sorte de «vous». Si l’expérience de l’artiste est «je suis profondément heureux. Je veux que d’autres qui ne sont pas heureux participent à ce que j’éprouve», il y a des fortes chances que cela provienne de l’ego, parce une séparation est perçue. Si vous ressentez un besoin de partager l’amour, vous rendez l’erreur réelle. Si l’impulsion artistique vient du Saint-Esprit ou de Jésus, il n’y a pas de sentiment d’urgence, l’artiste ne se voit pas comme un agent de l’œuvre produite et il n’y a pas non plus de préoccupation quant à savoir si et comment elle sera reçue. L’amour s’étend naturellement de lui-même et cette extension de l’amour peut s’exprimer par l’art sous une forme quelconque, mais c’est très différent de «créer», comme vous l’avez dit, «quelque chose d’artistique en ce monde… par simple besoin de communiquer un état de bonheur». Cela pourrait bien être l’ego qui se faufile par la porte arrière pour récupérer la partie de son orgueil qui commençait à lui échapper.


35 — Le manque apparent de progrès

Q: Il me semble que plus j’étudie Un cours en miracles, plus j’ai l’impression de reculer au lieu d’avancer. Mon esprit est plus bruyant que jamais. Pourquoi en est-il ainsi?

R: La perspective du Cours est utile à ce sujet: «Ne te mets pas en charge de cela [l’éveil à la connaissance], car tu ne sais pas distinguer entre avancer et retraiter. Certaines de tes plus grandes avancées, tu les as jugées comme des échecs, et certaines de tes plus profondes retraites, tu les as considérées comme des succès» (T-18.V.1:5-6). Le fait est que nous ne savons pas vraiment où nous en sommes dans notre progrès: nous ne savons même pas si nous reculons ou si nous avançons. Il est important de nous le rappeler lorsque nous étudions le Cours, afin de ne pas perdre beaucoup de temps et faire tant d’efforts à nous juger ou à nous évaluer nous-mêmes.

Il est fort probable que le «bruit» dans votre esprit qui semble être plus présent que jamais était là avant que vous n’étudiiez le Cours: la différence est que maintenant vous en êtes conscient. Maintenant vous savez que vous avez un esprit et que c’est un esprit bruyant; c’est exactement ce que le Cours nous aide à apprendre. Nous entreprenons notre pratique en apprenant d’abord à ne pas nier que nous utilisons ce bruit pour noyer «la Voix pour Dieu, doux et léger murmure» (T-21.V.1:6), du Saint-Esprit. Puisque le déni fait partie de notre stratégie de défense en tant qu’ego, commencer à entendre nos esprits bruyants est un début pour défaire le déni. À mesure que nous nous engageons à étudier le Cours plus à fond, le bruit peut en fait paraître plus fort en raison de notre résistance. Notre identité d’ego se sent menacée par ce que nous apprenons et commence à se défendre sous diverses formes, l’une d’entre elles étant un esprit bruyant. Il s’agit également d’un stratagème de l’ego pour nous convaincre de laisser tomber notre quête de la vérité, parce qu’il nous dit que nous allons «empirer». Notre tâche est de commencer à prêter attention à tous ces bavardages dans nos esprits, puisqu’ils nous indiquent ce que nous croyons. Tout le but de l’entraînement de l’esprit du Cours, c’est de révéler les pensées, jugements, croyances et mensonges cachés dans nos esprits qui sont la cause de notre culpabilité et peur. La bonne chose est que «la Voix pour Dieu, doux et léger murmure, n’est pas noyée dans tous les cris éraillés et les hurlements insensés de l’ego pour ceux qui veulent L’entendre» (T-21.V.1:6). Nous allons capter ce qu’il nous inspire lorsque nous aurons entendu et pardonné toutes nos objections.


36 — Les anges sont-ils réels?

Q: Les «anges» sont-ils une l’illusion? Dans Un cours en miracles les «anges» sont mentionnés dans le Texte: «Ton but qui vient de naître est bercé par les anges» (T-19.IV.C.9:4), «Autour de toi voltigent des anges avec amour» (T-26.IX.7:1), et aussi dans le livre d’exercices; mais ce qui n’est pas clair pour moi, c’est de savoir s’ils ont été faits par l’ego ou s’ils font partie de la réalité.

R: Les anges font partie de l’illusion, que nous en parlions au sens habituel de corps éphémères ou comme il en est question dans le Cours. Selon l’enseignement du Cours, la réalité se réfère uniquement à l’Unité de Dieu et de son Fils au Ciel où il n’y a que l’Unité sans aucune distinction entre le Père et Son seul Fils. Il n’y a pas de pluriel dans cette réalité. Selon le Cours, tout le reste fait partie de l’illusion du rêve. Dans Le Cours les anges sont des métaphores et symboles. Ce sont des symboles pour le reflet des pensées de Dieu, qui nous accompagnent toujours. C’est une utilisation aimante et poétique d’un terme que nous connaissons bien pour nous enseigner que l’Amour de Dieu s’étend à la Filialité, puisque nous pourrions encore avoir trop peur de faire une expérience directe de Son Amour. Pour nous les anges sont normalement des esprits bienveillants qui nous réconfortent et nous aident. Dans le Cours, Jésus utilise cette forme parce qu’ils ont déjà cette connotation positive pour nous, et il nous aide à relâcher doucement notre peur en utilisant des termes que nous sommes en mesure de comprendre. Vous remarquerez peut-être que partout où les anges sont mentionnés dans le Cours, le langage est d’une beauté poétique et comporte des termes réconfortants et édifiants. Ce sont des mots encourageants qui reflètent la vérité de l’Amour de Dieu pour nous.


37 — Choix ou destin

Q: Cette question est une combinaison de deux questions différentes qui ont été soumises sur le thème du choix, de la prédétermination ou du destin dans Un cours en miracles.

De la manière dont je le comprends, dans ce rêve de séparation mon seul vrai choix est celui de l’enseignant que je choisis dans chaque situation où je me trouve, à savoir l’ego ou le Saint-Esprit. Pour ce qui est du rêve lui-même, on nous dit que le scénario est déjà écrit. Mais je me demande si je peux, en tant que rêveur du rêve, changer le rêve en ce qui concerne les événements précis qui se déroulent? Ou ne puis-je changer le rêve que quant à ma façon de voir la situation? Autrement dit, est-ce que tout ce dont je fais l’expérience est prédestiné, qu’il s’agisse de situations, de relations, etc.? Cela voudrait dire que je passe par un vieux rêve de séparation, comme lorsque je regarde un vieux film, que mon mariage ne pouvait pas durer plus longtemps qu’il n’a duré, que je ne pourrais jamais avoir eu plus d’enfants que ceux que j’ai maintenant et que la relation dans laquelle je me trouve actuellement est déjà entièrement définie en ce qui concerne la durée et ce qui s’en suit. Puisque l’occasion m’a été donnée de «gagner du temps» en choisissant le Saint-Esprit comme Enseignant, cela voudrait seulement dire qu’il m’est permis de passer sur certaines parties de l’histoire. Est-ce ainsi?

Pourtant le Cours semble aussi nous encourager de ne pas échanger une relation non sainte contre une autre relation non sainte avec quelqu’un d’autre en cherchant le bonheur que nous ne trouverons jamais en dehors de nous, mais plutôt de faire de la relation dans laquelle nous nous trouvons une relation sainte. Cela semble indiquer que nous avons un choix à propos de notre histoire, des gens que nous rencontrons et ainsi de suite. Alors il pourrait y avoir plusieurs versions possibles de ma vie. L’une pourrait inclure deux ou même davantage d’unions plus brèves avec des conjoints différents, tandis qu’une autre version pourrait impliquer de rester dans le même couple pendant de nombreuses années. Mais Jésus dit que rien n’est laissé au hasard et que chaque rencontre est planifiée. Ou serait-ce que la forme ne compte tout simplement pas et que je ne fais que voir des ombres, tout en projetant mes propres images sur elles? Mais alors pourquoi est-ce que le scénario de ma vie, s’il est déjà déterminé, semble produire tellement d’effets significatifs sur la vie des autres?

Jésus dit également que ce que nous percevons est le jugement que nous avons d’abord porté sur nous-mêmes et qu’en dehors de cela il n’y a pas de monde. Est-ce que cela veut dire que, s’il y a par exemple une guerre entre les États-Unis et l’Irak, j’aurais pu faire quelque chose pour y mettre fin? Est-ce que cela s’est déjà produit puis a été corrigé, de sorte que si je perçois la guerre au lieu de la paix cela voudrait dire que mon esprit a encore besoin de correction parce que je choisis encore le mauvais enseignant? Ou est-ce que je n’aurai rien pu faire pour éviter la guerre et ne fais que choisir avec quel enseignant je regarde les événements? Et est-ce que je ne verrais que l’innocence des deux côtés si je choisissais le Saint-Esprit?

R: Pour répondre de façon complète à toutes les questions et facettes des problèmes que vous soulevez, il faudrait un livre et il existe: A Vast Illusion (Une vaste illusion: le temps selon Un cours en miracles – pas encore traduit) par Kenneth Wapnick qui pourrait vous aider à approfondir certains points que nous allons aborder brièvement ici.

Jésus nous dit en effet dans le Cours que notre seul choix réel se fait toujours entre l’ego et le Saint-Esprit, l’accent étant mis sur le mot «réel.» Mais dans le rêve, il existe un nombre presque infini d’alternatives – un nombre non pas infini, mais presque infini, car l’ego ne peut pas faire quelque chose qui soit infini ou éternel: «Dieu est aussi incapable de créer le périssable que l’ego de faire l’éternel» (T-4.I.11:7) – parmi lesquelles nous pouvons choisir au niveau de la forme. Mais leur contenu sous-jacent reste toujours le même – péché, culpabilité et peur – et ainsi le Cours souligne qu’il n’existe pas de choix réel parmi ces alternatives qui sont en fait toutes les mêmes. Un choix signifiant ne peut se faire qu’au niveau du contenu, et ainsi le seul choix réel se fera donc entre la culpabilité et la peur de l’ego et le pardon et l’amour du Saint-Esprit. Donc oui, il y a de nombreuses formes différentes, ou suites d’événements, dans lesquelles notre vie peut se dérouler selon nos choix apparents. Mais aussi longtemps que nous choisissons avec l’ego, en croyant que le bonheur puisse être trouvé à l’extérieur de nous, rien ne changera vraiment, même si nos relations et les circonstances peuvent manifestement changer. À propos, rien dans le Cours ne nous encourage à rester physiquement dans une relation afin de la rendre sainte – Jésus ne nous conseille jamais au niveau du concret ou de la forme. Lorsqu’il nous met en garde au sujet de «te débarrasser de ton frère» («Tu ne peux échapper à ta détresse qu’en te débarrassant de ton frère», T-17.V.7:2), il parle de la façon dont nous percevons notre frère dans notre esprit, y compris notamment tous les fantasmes particuliers que nous avons associés à lui et qui ne sont désormais plus réalisés.

Mais comme vous le remarquerez, selon le Cours «le scénario est [déjà] écrit» (L.I.158.4:3) et tout ce qui se déroule dans le temps s’est déjà produit. Par conséquent, nos vies ne sont rien de plus que de voir «le voyage depuis le point où il s’est terminé, regardant en arrière et nous imaginant en train de le refaire, revoyant mentalement ce qui s’est passé» (L.I.158.4:5). Et tandis que Jésus nous dit que rien n’arrive par hasard, il attribue clairement la responsabilité du choix de toutes les expériences de notre vie à notre propre esprit: «Il est impossible que le Fils de Dieu soit simplement poussé par des événements qui lui sont extérieurs. Il est impossible que les choses qui lui arrivent ne soient pas de son choix. Son pouvoir de décision est le déterminant de chaque situation dans laquelle il semble se trouver par chance ou par accident» (T-21.II.3:1-3). Mais cela ne veut pas dire que tout est déjà prédéterminé dans notre vie et que la suite des événements est fixée. Nous choisissons toujours parmi un large éventail d’événements possibles qui se sont tous déjà produits, mais l’enchaînement unique et le grand nombre d’événements passés entre lesquels nous choisissons, de concert avec le fait que nous avons refoulé tout souvenir de chacun d’entre eux et vu notre croyance que le temps lui-même est réel et linéaire, ajoutent au sentiment que tout cela est nouveau. Et tout ceci fait partie des défenses de l’ego afin de nous induire en erreur et nous faire croire que quelque chose de nouveau et d’important se passe dans notre vie, ce qui renforce le sot espoir que d’une façon ou d’une autre, cette fois-ci nos choix égotiques dans le monde de la forme mèneront à de meilleurs résultats.

Pour comprendre les effets apparents de nos vies entre elles, nous devons prendre du recul et regarder cela à partir de l’extérieur du rêve du monde. Nous devons ramener notre attention à l’esprit, là où tous les choix se font réellement. Le nombre presque infini d’événements possibles dans le temps a été écrit en un seul instant par le seul esprit (collectif) joint à l’ego, avant que la projection fragmentaire dans le monde d’individus séparés et de vies semblât se produire. Comme l’explique Jésus: «Le temps n’a duré qu’un instant dans ton esprit, sans effet sur l’éternité. Ainsi tout le temps est passé… Le tout petit battement de temps pendant lequel la première erreur a été faite, et toutes les autres dans cette seule erreur» (T-26.V.3:3-5, italiques ajoutés).

Maintenant mon rêve individuel est distinct et ne peut pas vraiment être partagé avec autrui. Mais puisque tous les esprits sont joints, toute décision prise pour interagir en tant que corps avec vous, ou que vous prenez pour interagir en tant que corps avec moi, doit toujours refléter un commun accord au niveau de l’esprit, en dehors du temps et de l’espace, pour revivre dans le temps et dans l’espace certains événements qui ont déjà eu lieu. Et cet accord commun doit rester enfoui dans notre inconscient afin d’être efficace pour soutenir le but de séparation et de victimisation de l’ego.

Jésus mentionne cette décision prise en commun dans le contexte de notre accord visant à être blessé mutuellement: «Voilà le vœu secret que tu as fait avec chaque frère qui voudrait cheminer à part… Informulée et inentendue dans l’esprit est chaque promesse de maladie. Or c’est la promesse faite à un autre d’être blessé par lui, et de l’attaquer en retour» (T-28.VI.4:3,6-7). «La maladie est colère passée sur le corps, afin qu’il souffre. C’est l’effet évident de ce qui a été fait en secret, en accord avec le souhait secret d’un autre d’être à part de toi, comme tu voudrais être à part de lui. À moins que vous ne soyez d’accord tous les deux que c’est votre souhait, il ne peut pas avoir d’effets» (T-28.VI.5:1-3). Cette décision commune et cachée d’apparemment être affectés les uns par les autres doit avoir eu lieu, sinon nous serions victimes des décisions les uns et des autres. Tandis que cet accord commun à propos de la forme est vrai sur le plan métaphysique, à un niveau pratique, il est beaucoup plus utile de se concentrer sur le fait qu’en ce monde, en tant que soi physique auquel je m’identifie, je ne suis pas en mesure de contrôler ce que font les autres, néanmoins j’ai toujours le choix de la façon dont je vais percevoir ce qui se passe dans ma vie. Je peux décider quel enseignant je veux inviter et si je verrai que ma paix d’esprit dépend uniquement de mon propre choix – comme le Saint-Esprit voudrait me l’enseigner – ou si je choisirai de voir les autres comme ayant le pouvoir de me prendre ma paix d’esprit – en acceptant l’enseignement de l’ego que je peux devenir victime et ne suis donc pas responsable de comment je me sens.

Quant à savoir si un esprit guéri voit la guerre ou non et s’il a un quelconque choix à ce sujet, il est évident que Jésus reconnaît les conflits de nos ego – il consacre une grande partie du Cours à nous montrer les dynamiques malsaines de l’ego – mais cela ne veut pas dire pour autant que son esprit n’est pas guéri. Ce qui importe, c’est qu’il ne nous juge pas quand il révèle les machinations de nos ego. Il voit tout soit comme une extension de l’amour soit comme un appel à l’amour: «Il y a une seule interprétation des motivations qui ait le moindre sens. Et parce que c’est le jugement du Saint-Esprit, cela ne requiert absolument aucun effort de ta part. Toute pensée aimante est vraie. Tout le reste est un appel à la guérison et à l’aide, quelque forme qu’il prenne» (T-12.I.3:1-4). Lorsque nous sommes joints à Jésus dans notre esprit, nous voyons tout conflit dans le monde, qu’il soit individuel ou international, sous le même jour. Nous ne nions pas ce que voient nos yeux, mais notre interprétation est différente de celle du monde. Dans le contexte de la maladie, nous trouvons l’observation suivante dans le Cours: «Les yeux du corps continueront de voir des différences. Mais l’esprit qui s’est laissé guérir ne les admettra plus. Il y aura ceux qui semblent être “plus malades” que d’autres, et les yeux du corps rapporteront les changements dans leur apparence comme auparavant. Mais l’esprit guéri les mettra toutes dans une seule catégorie: elles sont irréelles» (M-8.6:1-4). Cette perception guérie ne peut survenir qu’après que notre esprit ait abandonné sa croyance en la valeur des conflits et des guerres comme moyens de projeter en dehors de notre esprit la culpabilité liée à la séparation. Nous pouvons avoir accepté de participer à un rêve collectif où une guerre extérieure se déroule et l’avoir fait en vue de renforcer la perception de l’ego d’un monde de victimes et d’agresseurs – mais nous pouvons à tout moment demander de l’aide, d’abord en reconnaissant le but de guerre de l’ego et ensuite en décidant que nous ne souhaitons plus renforcer cette insanité dans notre propre esprit. Avant de voir l’innocence des deux côtés du conflit, nous verrions l’insanité des deux côtés et reconnaîtrions que c’est la même insanité que nous partageons avec tous les autres quand nous sommes identifiés à l’ego.


38 — «Un appel qui n’a jamais été fait»

Q: À quoi se réfère le Cours lorsqu’il y est dit: «Il n’y aura pas d’assaut contre ton souhait d’entendre un appel qui n’a jamais été fait»? (T-31.II.8:5)

R:  L’«appel qui n’a jamais été fait» fait référence à l’«appel» à être séparé de Dieu, constamment entendu dans nos esprits faux. Il est impossible de se séparer de la totalité, de tout; par conséquent, l’appel «n’a jamais été fait.» C’est une autre façon d’énoncer le principe de l’Expiation voulant que la séparation ne s’est jamais produite dans la réalité. Nous ne serons pas non plus punis à cause de notre désir d’entendre l’appel qui nous dit que notre identité individuelle séparée est réelle. Dans un contexte différent, Jésus dit essentiellement la même chose: «Voilà ta promesse de ne jamais permettre que l’union t’appelle hors de la séparation» (T-19.IV.D.3:4). Mais il ne se lasse jamais de nous rappeler que ce n’est pas un péché qui mérite le châtiment que de préférer exister en tant qu’être individuel et d’inventer un Dieu à notre propre image plutôt que de répondre à l’appel du Saint-Esprit qui nous invite à revenir à notre véritable Identité en tant qu’esprit, en tant que le Christ. C’est ce que signifie: «Il n’y aura pas d’assaut». Cela corrige les vues bibliques traditionnelles d’un Dieu offensé et vengeur qui exige que les péchés de Ses enfants soient expiés par le sacrifice.


39 — Les attaches terrestres

Q: Je vous ai souvent entendu dire que lorsque nous nous éveillons, nous ne nous désagrégeons pas, nous ne disparaissons pas, etc. Et pourtant, chaque fois que j’envisage sérieusement de retourner chez moi avec Jésus, je pense à ma tâche inachevée à accomplir «ici» et cela m’arrête. Puis je me souviens que vous avez déjà dit que tout ce qui doit être fait ici le sera, parce que mon corps sera dirigé de la manière la plus utile, mais que je n’aurai plus à m’en préoccuper. En fait si cela me préoccupait, cela proviendrait de mon ego. Est-ce correct? Comment puis-je concilier cela avec l’exemple des bodhisattvas qui choisissent de conserver un attachement à quelque chose en ce monde – que ce soit un être cher ou du chocolat – afin de maintenir leur corps et faire le travail d’aide qu’ils sont venus faire ici? Du point de vue du Cours, c’est un investissement en ce que nous faisons, n’est-ce pas?

R: Si je vous comprends bien, vous dites que vous croyez être ici, et que vous aimeriez retourner chez vous, mais vous n’avez pas encore fait ce choix parce que vous avez le sentiment de ne pas avoir terminé ce que vous avez à faire ici. Cet état d’esprit est nettement différent d’un état d’esprit guéri qui sait qu’il n’est pas vraiment ici, mais qui est devenu uniquement l’instrument de l’Amour du Saint-Esprit. Autrement dit, les points de départ sont tout à fait différents. L’esprit guéri est déjà pour ainsi dire «parti», mais il est «ici» d’une manière totalement différente de l’esprit qui est encore en route et réfléchit au choix de rentrer chez lui avec Jésus. Un esprit guéri est au-delà de toute identité corporelle et s’identifie entièrement à l’amour non duel. Par conséquent, être présent dans un état illusoire nécessite de porter son attention sur quelque chose qui aide à s’enraciner. Cela pourrait être n’importe quoi – d’aimer le chocolat jusqu’à suivre une certaine équipe de base-ball. Mais il n’y aurait jamais de réticence ou de résistance à retourner chez soi, car l’esprit guéri sait qu’il y est déjà; il n’y a rien à atteindre, aucun chemin à faire.

Je crois que vous voulez dire quelque chose de totalement différent en ce qui concerne le contenu de cet état d’esprit. Dans la forme, il se peut que les deux aient l’impression de ne pas encore avoir terminé ce qu’ils ont à faire ici. Or ceux qui sont encore sur le chemin et apprennent comment diminuer leur investissement dans leur identité corporelle auront une peur immense de lâcher prise totalement de la seule identité qui leur est connue. C’est un processus graduel qui prend beaucoup, beaucoup d’années et nécessite de s’engager à regarder sans peur avec Jésus le contenu de son esprit faux qui repose presque immuablement sur le choix rebelle de quitter sa Demeure et de ne jamais y revenir. Jésus nous rassure de façon poignante: «Je te conduis vers un nouveau type d’expérience que tu seras de moins en moins désireux de nier» (T-11.VI.3:6). Il s’agit d’un processus, et le choix final se fera sans effort. En fait, l’attraction de l’Amour sera si forte que ce ne sera même plus considéré comme un choix, et il n’y aura plus à se soucier de «se désagréger».


40 — Le niveau «intellectuel» du Cours

Q: J’ai entendu dire par certains et aussi lu que le Cours n’est pas pour tout le monde. Certaines autorités du Cours vont jusqu’à dire qu’il vise un public plutôt intellectuel et plus instruit. Je trouve cette prétention très dangereuse. Est-ce que ces prétentions sont vraies ou ne sont-elles rien de plus qu’une forme de recherche du salut par la séparation et le désir de créer un niveau de particularité au sein d’une certaine tranche de la population, à savoir ceux qui sont assez instruits pour saisir, comprendre et vivre le Cours ? Comment concilier ces prétentions avec l’énoncé dans le texte: «Tous sont appelés» (T-3.IV.7:12) ?

R: N’importe qui peut bénéficier du Cours. On n’a pas besoin d’être intellectuel pour en tirer un enseignement et l’utiliser comme chemin spirituel. Il est évident toutefois qu’il est écrit dans un langage de haut niveau intellectuel et intègre des concepts métaphysiques, théologiques et psychologiques sophistiqués dans l’enseignement tout au long des trois livres. Une grande partie est écrite en vers blancs. Ainsi un lecteur ou étudiant sans tendances intellectuelles et sans formation dans ces domaines aura des difficultés à comprendre une grande partie du matériel. Toutefois, cela ne veut pas dire qu’une telle personne ne pourrait pas trouver de l’aide en le lisant et en pratiquant les leçons du livre d’exercices. Si au bout de cela elle est devenue plus aimable, plus aimante, rassurée d’être aimée par Dieu, moins en colère, moins déprimée et moins apeurée, alors son but aura été atteint. D’autre part, il y a eu bien des gens avec un excellent niveau d’éducation qui, pour des raisons diverses, n’ont pas du tout su se brancher sur le Cours. Ils trouveront une autre voie spirituelle, mieux adaptée à leurs besoins et préférences.

Par conséquent, dire que le Cours n’est pas pour tout le monde ne signifie pas qu’il exclut délibérément certaines personnes. Jésus dit lui-même que le Cours n’est qu’une forme parmi plusieurs milliers d’autres formes du Cours universel (M-1.4:1-2). Il n’est pas nécessairement pour tout le monde. Certaines religions ont prétendu être la seule véritable religion, la seule façon de se réconcilier avec Dieu. Un cours en miracles ne le fait pas. Tout au long du Cours Jésus nous dit plutôt que chacun trouvera finalement un chemin qui le conduira à Dieu. Ce n’est pas nécessairement celui-là.

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