281-290

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page:
281 – Une question à propos de la culpabilité, de la responsabilité et des événements contrariants
282 – Est-ce que le bouddhisme aiderait ou empêcherait mon progrès avec le Cours?
283 – Comment prendre soin de ma santé est-il conciliable avec les enseignements du Cours?
284 – Question sur le fait d’être un policier qui étudie le Cours
285 – Comment distinguer la voix de l’ego de la Voix du Saint-Esprit?
286 – Pourquoi n’y a-t-il pas d’“accidents dans le salut”?
287 – Que signifie “La dernière question laissée sans réponse”?
288 – Qu’est qu’un miracle au juste?
289 – Que signifie “Je n’ai pas besoin de faire quoi que ce soit”?
290 – <Que signifie “inacceptable” par rapport aux impulsions du corps?


281 – Une question à propos de la culpabilité, de la responsabilité et des événements contrariants

Q: Ma question concerne la responsabilité. Je comprends que je suis responsable de ce que je pense et qu’en choisissant d’être d’accord avec l’ego je rends le monde réel. Dans le chapitre 5 du texte d’Un cours en miracles, je lis dans la section V, paragraphe 7:

“La culpabilité est inéluctable pour ceux qui croient qu’ils ordonnent leurs propres pensées… Cela les fait sentir responsables de leurs erreurs, mais sans reconnaître qu’en acceptant cette responsabilité, ils réagissent de manière irresponsable” (T-5.V.7:6-7).

Deuxièmement, quant à faire le monde, je comprends que l’on rend le monde réel ou l’erreur réelle, mais j’ai du mal à m’imaginer en faire littéralement l’expérience. Si je suis contrarié parce qu’une voiture est entrée dans la mienne lors d’un accident, est-ce que je suis responsable d’avoir rendu cela réel du fait de ma contrariété, ou suis-je responsable d’avoir provoqué l’accident pour avoir quelque chose à blâmer comme cible de ma colère? Pour être tout à fait clair: est-ce que je sors et trouve une excuse pour être contrarié ou est-ce que je fais littéralement en sorte que l’excuse survienne? Est-ce de mon fait si l’autre voiture est rentrée dans la mienne, ou est-ce que je me sers seulement de cet événement comme prétexte pour être contrarié au lieu de choisir d’être en paix et de regarder l’accident avec le Saint-Esprit?

R: Pour comprendre ce que responsabilité veut dire dans Un cours en miracles, il est essentiel que vous compreniez d’abord à qui s’adresse le Cours. Jésus ne parle jamais au soi que nous croyons être, celui qui vit dans le monde. Ce soi n’a aucun pouvoir de faire quoi que ce soit, car il n’est que l’effet de pensées dans l’esprit. Et c’est à l’esprit que s’adresse le Cours. C’est cette distinction que Jésus fait déjà au début du texte lorsque, dans le contexte de notre apprentissage pour guérir notre perception et à la fin nous rendre compte que

toute perception est non nécessaire” (T-4.II.11:3), il observe:

“Tu te demandes peut-être comment cela est possible tant que tu sembles vivre dans ce monde. C’est une question raisonnable. Prends soin toutefois de la comprendre vraiment. Qui est ce ‘toi’ qui vis dans ce monde?” (T-4.II.11:5-8; les italiques sont les nôtres).

Étant donné, comme Jésus nous le dit à plusieurs reprises dans la leçon 132, qu’“il n’y a pas de monde”, il ne peut y avoir de “toi” qui vive dans ce monde. Il n’y a que l’esprit dans lequel le monde apparent est contenu. Nous en faisons l’expérience lorsque nous nous réveillons d’un rêve endormi et nous rendons compte qu’un monde complet semblait exister dans lequel nous nous sommes déplacés et avons agi, or, le monde et le soi que nous pensions être tant que nous dormions sont restés tous deux entièrement à l’intérieur de l’esprit qui rêvait.

Pour comprendre l’enseignement du Cours sur la responsabilité, il est donc important de permettre un changement de perception quant à qui est ce soi responsable: l’esprit et non le corps. Au début nous le comprenons peut-être juste intellectuellement, mais cela aide d’être au moins désireux de commencer par là. Considérons maintenant les phrases du Cours que vous citez: dans ce paragraphe Jésus utilise le mot responsable dans le sens de l’ego, soit coupable. Nous croyons que nous pouvons vraiment penser à part de Dieu et que nous pouvons organiser nos pensées indépendamment de Lui, et alors nous assumons la responsabilité, ou le blâme pour cela sans jamais remettre en question notre croyance que nous pouvons nous séparer de Dieu.

Tout seuls, à part de l’Aide de Dieu, nous ne pouvons pas échapper au fardeau affreux de cette responsabilité parce que, tout seuls, nous ne pouvons pas remettre sa réalité en question. Prendre sur soi la responsabilité du péché revient donc à avaler les mensonges de l’ego, et par là à agir de façon irresponsable. Jésus ne nous demande pas de nier que c’est notre propre décision qui entraîne l’expérience de culpabilité (T-5.V.8:1), mais il ne veut pas que nous associions le blâme ou la culpabilité à ce choix, sinon nous n’allons pas croire qu’elle peut être défaite.

Pour ce qui est de comment donc nous avons pu faire le monde et tout ce qui semble y arriver: rappelez-vous que ce n’est pas le soi que vous croyez être, mais l’esprit du Fils dont nous tous faisons partie qui est responsable de s’être endormi et de rêver d’un monde de séparation. Pour revenir à ce que nous avons dit plus tôt, c’est dans nos rêves endormis que le pouvoir de l’esprit d’inventer un monde est évident (T-18.II.5). Toutefois ce n’est généralement pas la perspective qui aide le plus pour envisager les événements dans notre vie, y compris quelque chose comme un “accident” de voiture. Cela n’aide généralement pas de se pencher sur la façon dont nous choisissons les événements de notre vie parce que, pour la plupart d’entre nous la plupart du temps, le choix est loin d’être conscient et lucide, et se concentrer là-dessus va probablement provoquer des sentiments de responsabilité dans le sens de l’ego: la culpabilité ou le blâme.

Une perspective plus utile et qui guérit est de reconnaître que nous avons à tout moment le choix de comment interpréter les événements dans notre vie. Bien que les événements ne puissent pas être défaits, leur interprétation peut être défaite en un instant si nous le choisissons. Ce ne sont jamais les circonstances extérieures qui nous contrarient, mais le fait qu’en premier lieu nous choisissons la séparation et la culpabilité dans l’esprit et que nous cherchons ensuite quelque chose à l’extérieur à laquelle attribuer notre contrariété. Cela sert à ce que nous restions sans esprit et au-delà de tout espoir d’une solution réelle à notre perte de la paix.

Le soi que nous pensons être dans le monde n’est jamais la cause de quoi que ce soit; ce n’est donc pas pertinent de demander si nous choisissons les événements dans notre vie aussi longtemps que nous nous percevons comme “vivant dans ce monde”. Le seul choix avec lequel cela aide d’être en contact est notre choix de l’interprétation de ce qui, comme nous croyons, nous arrive. Celle de l’ego nous dit toujours que nous sommes des victimes et que nous ne sommes pas responsables de nos émotions. Celle du Saint-Esprit, par contre, dit que tous les événements dans notre vie sont des occasions pour apprendre à faire un autre choix: relâcher la culpabilité et la peur au lieu de les renforcer.

Voyez les réponses aux questions 37, 233 et 277 pour des commentaires supplémentaires de quelques problèmes liés à la prise de décision commune dans le rêve et les niveaux auxquels se font les choix.

282 – Est-ce que le bouddhisme aiderait ou empêcherait mon progrès avec le Cours?

Q: Je ne suis pas seulement étudiante d’Un cours en miracles, mais aussi bouddhiste. Je trouve que le bouddhisme et le Cours vont très bien ensemble. J’envisage de prendre l’habit et de devenir une nonne bouddhique pour faire avancer ma compréhension spirituelle. Est-ce que je remets à plus tard des leçons que je devrais apprendre si je tourne le dos à un style de vie “normal” avoir un travail, payer des factures et ainsi de suite – ou est-ce qu’adopter le style de vie monastique est un grand pas en avant pour lâcher prise de mes attaches (excusez la terminologie bouddhique) au monde des illusions que mon ego a créé?

R: Le seul point de mire d’Un cours en miracles est le contenu de notre esprit et non la forme ou le comportement. Ce contenu vient soit de l’ego soit du Saint-Esprit. De ce point de vue cela ne change rien que vous soyez dans un monastère ou dans une entreprise. Ce qui change quelque chose spirituellement, c’est si vous percevez vos intérêts comme étant différents de ceux d’autrui, ou si vous les voyez comme étant les mêmes.

Le Cours nous encourage à voir le cadre comme une classe et les circonstances de notre vie comme des leçons grâce auxquelles nous pouvons choisir d’apprendre soit le curriculum de l’ego qui se base sur la séparation, soit le curriculum du Saint-Esprit, basé sur le défaire de la séparation. Ce dernier nous enseigne à toujours penser au but: est-ce que nous utilisons le monde et nos relations pour renforcer notre croyance à la séparation ou pour la défaire? Le monde et le corps ne sont donc pas le problème; c’est la manière dont nous les utilisons qui est le problème. Et cela est toujours le résultat du choix que nous faisons dans notre esprit d’être enseignés soit par l’ego soit par Jésus. Dans votre situation, ce qui vous aiderait le plus serait donc de demander de l’aide pour défaire toute particularité que comporte peut-être la décision que vous prenez. Cela contribuerait beaucoup à dissiper vos doutes et vos conflits.

283 – Comment prendre soin de ma santé est-il conciliable avec les enseignements du Cours?

Q: Cela fait six ans que j’étudie Un cours en miracles et je le pratique tous les jours. Chaque fois que j’ai une question, vous y répondez sous une forme ou une autre. Merci donc pour toute votre aide. Maintenant, la situation suivante me déconcerte et je ne sais pas comment m’y prendre. Les huit dernières années, j’ai pris treize kilos et demi. J’ai 69 ans et cela me dérange parce que le poids supplémentaire peut déclencher plusieurs maladies, et je ne me sens pas bien avec ça. J’ai donc commencé un régime avec une nourriture saine et des exercices. Cette stratégie me convient, mais je suis tout de même désorientée parce que je sais que toutes les maladies, tous les maux et toutes les douleurs ne sont que ma propre culpabilité suite au choix que j’ai fait de quitter Dieu, et je sais que cette culpabilité est projetée sur mon corps. Si je suis consciente de ce fait et que je poursuis ma stratégie, est-ce que ça va? Comment s’y prendre pour suivre le Cours et faire ce que nous pensons être nécessaire en ce monde? Cette question pourrait être transposée dans maintes situations différentes. Encore merci pour toute votre aide.

R: Vous avez raison; cette question peut s’appliquer à maintes situations diverses en ce qui concerne le comportement.

Comme vous le savez sans doute, Un cours en miracles ne vise pas à changer notre comportement, mais à changer l’enseignant qui va nous guider dans notre quotidien. Pourtant nous devons commencer quelque part, et c’est là où nous en sommes en ce moment. Cela n’a pas d’importance si hier j’étais pratiquement assise à la droite de Dieu quand aujourd’hui je suis une espèce de malveillant haïssable.

Nous commençons donc où nous sommes. Comme vous l’avez dit, vous savez que vos maux proviennent de votre culpabilité. Cette seule re-connaissance fait que vous en savez plus que 99.9% de la population. Vous êtes déjà sur la bonne voie! Vous voulez perdre du poids pour vivre plus longtemps et sainement, et en passant peut-être aussi vous sentir mieux quant à votre apparence (même si vous ne l’avez pas dit). Vous avez un plan qui semble être complet et bien réfléchi. Vous laissez entendre que vous avez mis votre plan en œuvre, du moins pour quelque temps, et alors cela vous a troublé – votre plan, votre culpabilité et ainsi de suite.

On dirait que vous avez pris une décision de l’esprit juste de mieux prendre soin de vous, de vous aimer un peu plus, de “lâcher prise” d’un peu de votre culpabilité et d’être digne d’une bonne santé et de bonheur. On dirait aussi que quand vous avez commencé à mettre en œuvre votre plan, une petite voix a commencé à chuchoter dans votre oreille, et elle a dit, peu importe le choix des mots: qui est-ce que je serais sans ma “culpabilité”? Entendre cela vous a aussitôt déconcertée. Devrais-je? ferais-je? pourrais-je? Tout cela est une réaction directe à votre décision de l’esprit juste.

Voilà un exemple parfait de ce que nous faisons tous dans différents aspects de notre vie. Nous prenons des décisions de l’esprit juste, puis en prenons peur (et de ce qu’elles impliquent) et sautons de nouveau directement dans les bras de l’ego jusqu’à ce que nous en ayons assez de son insanité et recommencions tout ce processus – encore et encore. Nous continuons de cette façon jusqu’à ce que notre peur soit réduite à zéro. Quand nous nous décidons définitivement pour l’esprit juste, nous sommes alors dans le monde réel et n’entendons plus la petite voix de l’ego. Si vous pouvez généraliser ce processus à toute votre vie, vous pourrez reconnaître plus rapidement et facilement les signes de peur qui se faufilent dans vos pensées, peu importe leur forme. Cela vous aidera à prendre vos doutes et votre autosabotage moins au sérieux que dans le passé, et vous direz simplement: “Oh, j’ai de nouveau pris peur. Quoi de neuf?”

284 – Question sur le fait d’être un policier qui étudie le Cours

Q: J’ai été policier pendant six ans. Depuis que je suis dans la police, j’ai commencé à m’intéresser à plusieurs enseignements spirituels, dont le hatha Yoga et Un cours en miracles. Par la suite, il y a quelques années, j’ai décidé de démissionner de mon poste dans la police et de trouver un travail plus en accord avec un style de vie spirituel. Le travail de policier semblait devenir plus difficile alors que j’essayais d’agir de plus en plus à partir de l’amour et du non-jugement. J’avais l’impression de devenir trop vulnérable pour ce genre de travail intensif.

Mais au bout d’un an environ, j’en suis arrivé à la conclusion que je ne pouvais pas échapper à mes projections parce qu’elles me suivaient où que j’aille, et j’ai repris mon travail dans la police. Ce n’est que la forme qui avait changé. Après deux ans environ j’ai de nouveau eu forte envie de quitter ce travail. Actuellement, je suis en congé et suis des cours pour enseigner le Yoga. Je suis presque à la fin du programme et dois décider quoi faire par la suite. J’ai beaucoup réfléchi à devenir moine dans l’ordre du Védanta puisqu’il me semble que cela se rapproche le plus de ce que je crois être la Vérité. Mais je pense que cela pourrait tout aussi bien être encore un mécanisme d’évasion. J’ai continué à étudier le Cours parallèlement au Yoga bien que ces deux disciplines semblent à bien des égards contradictoires, le yoga utilisant le corps comme moyen de cultiver le calme.

Ma question principale est la suivante: est-ce que le travail de policier est une voie plus difficile quand on essaie de s’éveiller, étant donné qu’il a affaire si souvent à des situations extrêmes et qu’on y voit l’ego sous son plus mauvais jour? Est-ce favorable à la pratique du pardon? Et qu’en est-il de la vie de moine? Vu que le point de mire du Cours est de pardonner les relations, il ne convient peut-être pas à la vie monastique, c’est-à-dire renoncer au monde. Si seulement je pouvais être désireux d’entendre la voix de Jésus ou du Saint-Esprit et cesser de m’embrouiller! C’est vraiment la poisse d’être conscient de me faire cela à moi-même, mais que mon désir d’arrêter de le faire ne soit pas assez fort.

R: Vous dites avoir une question principale, toutefois il semblerait que vous en ayez en fait deux distinctes, mais reliées entre elles. La première question est de savoir sur lequel des chemins spirituels, le Yoga ou le Cours, vous voulez vous engager. Vous vous rendez compte qu’ils ne sont pas pareils, mais si vous essayez de garder un pied sur chaque chemin, vous vous sentirez de plus en plus coupé en deux et désorienté lorsque vous ressentirez qu’ils s’écartent de plus en plus au fil du temps. C’est donc la première question à laquelle vous devriez répondre, et alors la réponse à la deuxième – quel genre de travail ou de profession vous devriez choisir – sera plus claire. Bien que les enseignements métaphysiques les plus profonds du Cours et du Védanta soient les mêmes – les deux soutiennent la nature non duelle de la réalité – les moyens pour se souvenir de cette réalité et de s’éveiller sont différents.

Jésus décrit de quelle manière le Cours se distingue d’autres voies, lorsqu’il s’adresse aux étudiants qui se sont engagés pour le Cours:

“Il n’est pas nécessaire non plus de passer toute une vie en contemplation et en longues périodes de méditation visant au détachement du corps. Toutes ces tentatives réussiront à la fin à cause de leur but. Or les moyens sont fastidieux et prennent énormément de temps, car tous se tournent vers le futur pour la délivrance d’un état présent d’indignité et d’insuffisance.
Ta voie sera différente, non quant au but, mais quant aux moyens. Une relation sainte est un moyen de gagner du temps. Un seul instant passé avec ton frère vous rend l’univers à tous les deux” (T-18.VI.4:9-11; 5:1-3).

Autrement dit, le processus du Cours vers l’éveil est le pardon – non pas la méditation – mis en pratique dans le contexte de toutes nos relations dans le monde. Certaines relations sont plus intenses que d’autres, mais elles offrent toutes des occasions de guérir nos projections de la culpabilité que nous avons cherché à placer en dehors de nos esprits, de les guérir en les retirant de l’extérieur pour les voir au-dedans, où elles peuvent alors être relâchées.

La première décision que vous devriez donc prendre est quelle voie vous désirez poursuivre. Le Cours ne prétend pas être le seul chemin –

“Il y a plusieurs milliers d’autres formes, qui ont toutes le même résultat” (M-1.4:2).

La seule base pour cette décision est d’écouter votre propre enseignant intérieur et d’avoir une idée claire sur le chemin qui vous parle vraiment. Si vous décidiez que le Yoga est votre voie, le choix de devenir moine et de renoncer au monde pourrait alors bien être la prochaine étape.

Si, par contre, vous décidiez que le Cours est votre chemin vers l’éveil, vous allez peut-être voir votre choix d’un métier différemment. Le travail de policier est sans doute un grand défi et offre pour cette raison-là d’énormes occasions pour pratiquer le pardon, lorsque vous vous rendez compte de plus en plus que toute réaction ou tout sentiment de vulnérabilité que vous éprouvez n’est qu’une projection de vos propres pensées. Le Cours ne prétend jamais qu’un seul genre de travail ou que certaines relations spéciales vous procurent ces occasions d’apprentissage. Comme vous l’avez dit, vos projections vous suivront où que vous alliez.

Détendez-vous donc. Vous pouvez peut-être trouver un certain réconfort dans le fait que la désorientation que vous ressentez n’est pas due au genre de travail que vous devriez exercer. Ce n’est qu’une façon de vous distraire de votre choix réel, étant donné que le salut ne dépend pas de ce qui arrive dans le temps, mais seulement de ce qui arrive dans votre esprit, en dehors du temps et de l’espace. Le choix entre l’ego et le Saint-Esprit, entre consolider la culpabilité ou accepter la guérison et le pardon est le seul choix qui compte vraiment. Même si ce n’est que la résistance à faire vos leçons de pardon qui vous pousse à vous détourner du travail dans la police, le plus important serait de découvrir la résistance et non de vous forcer à faire ce travail.

Dès que vous aurez clarifié votre but, le reste s’ensuivra (T-17.VI). Car si votre but est le pardon, tout peut être vu comme quelque chose qui sert ce but. Alors vous pourrez simplement pousser un grand soupir de soulagement, car il n’y aura vraiment rien d’autre à comprendre!

Si vous voulez consulter quelques réponses qui s’y rapportent, vous pourriez aussi lire les questions 90 et 141.

285 – Comment distinguer la voix de l’ego de la Voix du Saint-Esprit?

Q: Parfois, quand je demande à ma voix intérieure (le Saint-Esprit) de me guider, je crois recevoir une réponse, mais plus tard je découvre que c’était l’ego qui a répondu, déguisé en voix intérieure. Comment savoir quand c’est la vraie voix intérieure qui répond et non l’ego?

R: La réponse à votre question est encore une question: Que cherchez-vous véritablement, et de qui? Bien des questions que nous avons proviennent de croyances, de buts et de souhaits cachés dont nous n’avons pas conscience. Ainsi, nous essayons de rendre nos corps et le monde réel, et l’ego répond avec enthousiasme. Nous pouvons être sûrs que l’ego a répondu parce que la réponse ne satisfait jamais véritablement notre besoin tel que nous le percevons, et encore moins notre véritable besoin. Dans la situation à laquelle vous faites allusion, il est très probable que l’ego ait répondu parce que c’est à lui que vous avez posé la question. Il n’y a pas lieu d’en être contrarié ou d’en avoir peur. C’est simplement parce que nous nous identifions bien plus au système de pensée de l’ego que nous ne le croyons. Un cours en miracles le dit bien:

“Tu retiens des milliers de petites bribes de peur qui empêchent le Saint d’entrer […] Parce que j’attends avec amour et non avec impatience, tu me demanderas sûrement véritablement. Je viendrai en réponse à un seul appel sans équivoque” (T-4.III.7:2,9-10).

Les mots les plus importants ici sont “véritablement” et “sans équivoque”. Cela veut dire être clair et non encombré par des intérêts divers. Tant que nous croyons à notre identité en tant que corps et croyons que nos problèmes sont toutes les situations dans le monde qui doivent être résolues, nous demandons avec des intentions cachées et cherchons quelque chose de concret pour dissiper notre sentiment de manque, subvenir à un besoin ou rendre la vie dans le monde plus “divine”. Même nos demandes de la paix de Dieu cachent souvent notre désir du bonheur à nos propres conditions. Si le Saint-Esprit répondait à ces demandes, Il renforcerait notre croyance à la séparation.

Le Saint-Esprit nous dirige toujours par rapport au contenu et non à la forme. Il a comme but de nous enseigner que notre seul problème est la séparation, et que la seule solution est de défaire la pensée de séparation. Si nous sommes désireux, même en demandant de façon insuffisante, de nous joindre au but du Saint-Esprit, nous pouvons prendre des décisions en ce monde tout en reconnaissant les “bribes de peur” et les intérêts égoïques que nous entretenons encore. Nous pouvons apprendre que, bien que nous ayons des décisions à prendre, notre salut ne repose pas sur ces décisions. Cela nous donne accès à la perception du Saint-Esprit et Lui permet de nous guider sans renforcer notre croyance erronée que le monde et le corps sont le problème.

Kenneth Wapnick a examiné cette question dans son livre Forgiveness and Jesus (Le pardon et Jésus, anglais seulement, http://www.facim.org). Là, elle se pose encore d’une autre façon:

“Toutefois, la question cruciale ne devrait pas être ‘Comment savoir si j’entends le Saint-Esprit?’, mais ‘Pourquoi je ne fais-je pas ce qu’Il me dit de faire afin de mieux entendre Sa Voix?’” (III, “Le test pour la vérité”).

Nous sommes encore indésireux de faire ce qu’Il nous dit de faire et avons encore peur qu’il nous guide. Sinon, cela nous sauterait aux yeux. Tant que nous avons encore peur, nous avons en effet encore besoin de demander Son aide pour voir les croyances cachées auxquelles nous nous accrochons dans le cadre de nos besoins perçus.

Défaire notre croyance au système de pensée de l’ego demande de pratiquer patiemment. En attendant, notre demande très insuffisante nous prépare au moment où nous ne voudrons plus que la réponse du Saint-Esprit. En vérité nous avons appelé et Il a répondu. C’est le fait d’avoir peur de la réponse qui entrave notre écoute.

Sa réponse maintenant est de nous montrer la peur qui fait que nous nous accrochons à notre croyance insane à la séparation, au corps et au monde. Quand nous serons prêts à en lâcher prise, nous connaîtrons et nous n’entendrons plus que Sa Voix:

“C’est Sa Voix qui t’appelle à revenir là où tu étais auparavant et seras de nouveau. Il est possible même en ce monde de n’entendre que cette Voix et aucune autre. Cela demande un effort et un grand désir d’apprendre. C’est la dernière leçon que j’ai apprise, et les Fils de Dieu sont aussi égaux comme apprenants qu’ils le sont comme Fils” (T-5.II.3:8-11).

Cela se fera lorsque nous serons convaincus que notre seul problème est la pensée de séparation, et la seule réponse la correction du Saint-Esprit, soit défaire la croyance à la séparation.

286 – Pourquoi n’y a-t-il pas d’accidents dans le salut?

Q: “Il n’y a pas d’accidents dans le salut”. Il y a deux vues apparemment contradictoires là-dessus qui me déroutent:

  • Le Saint-Esprit peut tout utiliser dans le monde de formes comme moyen pour le salut, c’est-à-dire que je peux utiliser toute circonstance ou tout événement pour pratiquer le pardon. Ainsi, au cours des choses – qui peuvent être fortuites et insignifiantes en elles-mêmes – je peux tout utiliser pour le but de ma transformation.
  • Le Saint-Esprit me procure des événements particuliers pour que je puisse apprendre des leçons précises. Cela voudrait dire que le Saint-Esprit fait au moins certains aspects du monde, ce qui semble contredire la notion que seul l’ego fait des formes.

J’ai l’impression que ceux qui commentent Un cours en miracles ne favorisent pas la seconde option. Or elle semble être présumée. Merci pour vos commentaires.

R: Pour répondre à votre question, il est utile de se rendre compte que même dans l’esprit divisé illusoire, dont le monde n’est qu’une projection, ni l’ego ni le Saint-Esprit ne font quoi que ce soit. Aucun des deux n’est donc responsable des formes que notre vie peut prendre et les événements qui semblent nous arriver. Bien que le mythe de séparation du Cours les personnifie comme s’ils étaient des entités séparées qui agissent indépendamment, l’ego et le Saint-Esprit représentent seulement des interprétations différentes ou des pensées symboliques dans notre propre esprit à propos de la minuscule et folle idée de séparation d’avec Dieu. C’est l’esprit endormi du Fils qui donne forme aux pensées dans son esprit en prenant soit l’ego soit le Saint-Esprit comme guide pour choisir et ensuite interpréter ces formes apparemment extériorisées.

Il y a quelques passages dans le Cours même qui pourraient aider à rendre plus claire la nature passive du Saint-Esprit comme de l’ego. Déjà tôt dans le texte Jésus nous dit:

“Le Saint-Esprit représente l’un des choix […] La Voix du Saint-Esprit ne commande pas, parce qu’Elle est incapable d’arrogance. Elle n’exige pas, parce qu’Elle ne cherche pas à contrôler. Elle ne vainc pas, parce qu’Elle n’attaque pas. Elle ne fait que rappeler. Elle est irrésistible uniquement à cause de ce qu’Elle te rappelle. Elle rappelle à ton esprit l’autre voie, toujours quiète même parmi le tumulte que tu peux faire” (T-5.II.6:7; 7:1-6; les italiques sont de nous).

Dans la section suivante, Jésus remarque que

“L’ego est le symbole de la séparation, tout comme le Saint-Esprit est le symbole de la paix” (T-5.III.9:4).

La nature symbolique de l’ego est décrite de nouveau plus tard dans le texte quand Jésus constate:

Tout ce qu’est l’ego, c’est l’idée qu’il est possible que des choses puissent arriver au Fils de Dieu sans sa volonté…” (T-21.II.6:4; les italiques sont de nous).

Il ressort de ce passage du début du texte que l’ego n’a pas de pouvoir de lui-même:

“Seule ton allégeance donne à l’ego quelque pouvoir sur toi. J’ai parlé de l’ego comme s’il s’agissait d’une chose séparée, agissant d’elle-même. Cela était nécessaire pour te persuader que tu ne peux pas l’écarter légèrement, et que tu dois te rendre compte à quel point ta pensée est dirigée par l’ego […] L’ego n’est rien de plus qu’une partie de ce que tu crois à propos de toi” (T-4.VI.1:2-4,6).

Quand Jésus dit donc dans le Cours qu’

“Il n’y a pas d’accidents dans le salut” (M-3.1:6),

cela signifie que tout reflète un choix – le nôtre! Notre esprit endormi prend toutes les décisions quant au choix de nos expériences et la façon de les interpréter. Le “cours des choses” n’est jamais “fortuit et insignifiant”, parce que nous choisissons toutes choses pour servir soit le but de séparation et de culpabilité de l’ego, soit le but de pardon et de paix du Saint-Esprit. Parmi les nombreux passages dans le Cours qui mentionnent le pouvoir de nos esprits, examinez juste les deux suivants:

“Ton esprit saint établit tout ce qui t’arrive. Chaque réponse que tu fais à tout ce que tu perçois dépend de toi, parce que ton esprit détermine la perception que tu en as” (T-10.in.2:6-7).

“Il est impossible que le Fils de Dieu soit simplement poussé par des événements qui lui sont extérieurs. Il est impossible que les choses qui lui arrivent ne soient pas de son choix. Son pouvoir de décision est le déterminant de chaque situation dans laquelle il semble se trouver par chance ou par accident. Ni l’accident ni la chance ne sont possibles dans l’univers tel que Dieu l’a créé, en dehors duquel il n’y a rien” (T-21.II.3:1-4).

Et donc, même si nous choisissons peut-être – et pratiquement toujours inconsciemment, hors de notre conscience – une expérience pour renforcer notre perception de nous-mêmes comme victimes d’un monde sur lequel nous n’avons pas de contrôle, nous pouvons, une fois que le choix a été fait, faire un autre choix et demander l’Aide à l’intérieur pour voir nos circonstances autrement. Ainsi nous apprenons petit à petit que nous ne sommes jamais la victime du monde que nous voyons (L-I.31) et que rien ni personne – ni l’ego ni le Saint-Esprit ni Jésus ni Dieu Lui-même – n’intervient dans le rêve que nous appelons notre vie. Nous seuls gouvernons notre univers (L-II.253).

Pour d’autres explications sur le pouvoir de décision, vous pourriez aussi relire la question 281. Pour ce qui est de la question si Dieu ou le Saint-Esprit interviennent dans le monde et notre vie, voyez la question 235. Et pour le langage métaphorique ou mythique du Cours, voyez la question 72.

287 – Que signifie La dernière question laissée sans réponse?

Q: La section dans le texte d’Un cours en miracles qui m’intéresse particulièrement est “La dernière question laissée sans réponse” (T-21.VII). Pourriez-vous expliquer ce que signifie cette section?

R: Le sujet principal de cette section est le pouvoir de notre esprit de choisir – à la fin, pour rejeter l’ego. Le paragraphe sept rend tout à fait clair que ce cours traite de changer notre esprit et non le monde. C’est un cours en cause (les choix que nous faisons dans notre esprit) et pas en effet (le comportement).

Jésus explique que lorsque nous nous sentons impuissants, nous confirmons le déni de notre identité véritable en tant que Fils de Dieu qui ne peut jamais être impuissant. Dès que cette dissociation est accomplie, nous craignions la puissance authentique de notre esprit vue comme “l’ennemi”, et une “armée d’impuissants” surgit pour combattre cette menace mortelle. Jésus décrit, bien sûr, le champ de bataille dans notre esprit, dont nous n’avons pas conscience à cause de la dynamique égoïque du déni et de la projection. La haine bouillonne en nous, mais nous l’attribuons toujours à quelque forme de mal à l’extérieur que nous nous croyons avoir droit d’attaquer et de détruire.

Jésus fait aussi allusion à la futilité et à la sottise fondamentales des armées apparemment puissantes dans le monde. Nous devons faire durer ce système pour écarter un sort encore pire, soit de reconnaître qu’il n’y a pas d’ennemi à l’extérieur et que nous nous sommes rendus impuissants nous-mêmes en choisissant de croire au système de pensée de séparation et péché. La raison nous dirait cela si seulement nous choisissions de la consulter (consulter nos esprits justes).

Les trois questions énoncées au paragraphe cinq traitent de notre choix d’exister dans ce monde où nous semblons être les victimes innocentes de forces au-delà de notre contrôle. Notre sentiment d’impuissance à remédier à nos conditions de vie a un but. Il nous empêche de faire l’expérience de la véritable puissance de notre esprit de faire un autre choix et de nier le déni de la vérité.

C’est pourquoi la quatrième question – la dernière question laissée sans réponse – est:

“Est-ce que je veux voir ce que j’ai nié parce que c’est la vérité?” (T-21.VII.5:14)

Quand nous avons répondu par l’affirmative aux trois premières questions, nous disons que nous avons changé d’esprit et ne voulons vraiment plus être les victimes du monde. Mais la dernière question demande que nous regardions notre décision de choisir la culpabilité et aussi la raison pour laquelle nous la soutenons. À moins d’inverser cette décision de choisir la culpabilité, nous allons continuer de nier la présence de l’amour et continuerons de la projeter. En plus d’admettre que notre manque de paix ou de bonheur n’est pas la faute du monde – c’est notre propre faute – nous devons nous rendre compte que la culpabilité en nous est un choix délibéré de nier la vérité de l’Expiation et ensuite de choisir de la rejeter. Jusqu’à ce que nous fassions ce choix, nous allons hésiter tout le temps. Répondre “oui” à la dernière question “doit vouloir dire ‘pas non’” (T-21.VII.12:4); cela veut dire que je ne veux plus être qui je pense être: séparé, unique, autonome, indépendant, libre et particulier. Je ne veux plus me voir comme différent de l’Amour de Dieu.

288 – Qu’est qu’un miracle au juste?

Q: Qu’est-ce qu’un miracle? Bien qu’il soit soigneusement décrit, je me demande toujours ce qu’il est. Est-ce qu’il ressemble à ce que nous prenons couramment pour un miracle? Sait-on quand il a lieu ou est-ce qu’il arrive tout le temps sans que nous en ayons conscience? Pouvez-vous me donner des exemples de miracles?

R: Tout d’abord, un miracle n’a rien à voir avec quoi que ce soit d’extérieur. Les miracles se rapportent uniquement à ce qui se passe dans notre propre esprit. Dans ce sens, il ne s’agit pas du tout de ce que les systèmes religieux traditionnels appellent miracles. En général on a considéré que les problèmes étaient liés aux conditions du corps ou du monde, et par conséquent les miracles, pour le dire simplement, ont été perçus comme la guérison ou la délivrance de ces états, habituellement grâce à quelque sorte d’intervention divine ou surnaturelle. Un cours en miracles par contre enseigne que le corps et le monde sont des projections de pensées dans notre esprit:

Le monde “est le témoin de ton état d’esprit, l’image extérieure d’une condition intérieure […] Par conséquent, ne cherche pas à changer le monde, mais choisis de changer ton esprit au sujet du monde” (T-21.in.1:5,7).

Donc, si vous pouviez vraiment accepter que le monde n’est que la projection d’une pensée de péché et de culpabilité dans votre esprit, vous vous rendriez compte qu’essayer de changer les choses dans le monde ou le corps est en fin de compte vain, et que ce qui guérit véritablement, c’est de changer d’esprit à propos de la réalité du péché et de la culpabilité. C’est pourquoi vous trouvez ce passage dans le livre d’exercice:

“Un miracle est une correction. Il ne crée pas ni ne change réellement. Il regarde simplement la dévastation et rappelle à l’esprit que ce qu’il voit est faux” (L-II.13.1:1-3).

Le miracle corrige notre pensée et non pas un état dans le monde ou le corps. Or ce passage implique aussi que nous ne devrions pas non plus rejeter allègrement nos perceptions du monde. Nous devrions plutôt regarder la dévastation dans notre vie ou le monde en général et apporter cette perception à la présence aimante de Jésus dans notre esprit. Là, par notre choix de nous joindre au reflet de la vérité, nous nous rappellerons que ce que nous percevons n’est que le contenu d’un rêve et pas la réalité:

“Le miracle établit que tu fais un rêve, et que son contenu n’est pas vrai” (T-28.II.7:1).

Dès que nous sommes joints au reflet de la vérité dans notre esprit, c’est uniquement cela qui nous guide quand nous réagissons aux situations dans notre vie.

Cela demande une pratique soutenue; c’est pourquoi nous avons un livre d’exercices qui contient 365 leçons, et à la fin Jésus nous dit que nous faisons juste les premiers pas dans le processus du renversement de la pensée. Le Cours tout entier traite de cela.

Notre pensée actuelle est le contraire de ce qu’est la vérité. Ce que nous appelons habituellement des causes est en fait des effets. Un miracle survient lorsque nous nous souvenons et acceptons – même un seul instant – que la cause du manque de paix, de la maladie, de la privation et ainsi de suite ne provienne pas du corps ou du monde, mais du choix que nous faisons dans notre esprit de nous identifier au système de pensée de séparation et de péché, culpabilité et peur.

“Le miracle est la première étape pour redonner à la cause la fonction de causation, et non d’effet” (T-28.II.9:3).

Un miracle se produit quand nous ne prenons pas personnellement l’attaque de quelqu’un, mais reconnaissons plutôt que nous partageons tous les mêmes besoins et buts; nous partageons la même insanité de l’ego, et nous partageons tous la même santé d’esprit qui appartient à la vision du Christ. Parfois nous n’avons pas conscience d’avoir changé d’esprit, parfois nous en avons conscience. Les miracles se produisent aussi souvent que notre petit désir les laisse survenir.

289 – Que signifie Je n’ai pas besoin de faire quoi que ce soit?

Q: J’entends tout le temps que je devrais observer une attitude de “Je n’ai pas besoin de faire quoi que ce soit” (T-18.VII). Il me semble que cela veut dire laisser le Saint-Esprit prendre le volant. Est-ce que je peux rester au lit et être saint, ou suis-je seulement bon quand je dors?

R: La phrase “je n’ai pas besoin de faire quoi que ce soit” veut essentiellement nous aider à changer notre mode de pensée. Nous croyons pratiquement tout le temps savoir quels sont nos problèmes, et alors nous essayons de les résoudre tout seuls. Nous définissons et le problème et la solution. Nous disons au Saint-Esprit comment nous aider. Jésus, par contre, nous aide à rééduquer notre esprit de façon à nous rappeler avec plus de constance que tous nos problèmes dans le monde et nos corps sont inventés par nos esprits décideurs pour soustraire notre attention au “vrai” problème, à savoir notre choix de l’ego au lieu de Jésus comme enseignant. Nous ne pouvons pas changer cela si nous ne nous arrêtons pas et ne demandons pas d’aide pour nous percevoir nous-mêmes ainsi que notre vie différemment. Donc, “je n’ai pas besoin de faire quoi que ce soit”, parce qu’il n’y a pas de problème qui nécessite notre attention.

Cela dit, il ne s’agit pas de ne pas être actif, mais de changer le but de tout ce que nous faisons en remplaçant le but de l’ego par celui du Saint-Esprit. Nous devrions nous entraîner à réfléchir au nouveau but pour notre vie qui est d’apprendre comment percevoir nos intérêts comme étant les mêmes que ceux de tous les autres – de nous concentrer sur le contenu et non sur la forme de ce que nous faisons.

Nos interactions mutuelles procurent bien des occasions de pratiquer cela et nous reflètent si nous avons choisi de défaire la séparation ou de la renforcer. Se soustraire aux contacts et activités n’est donc généralement pas utile. Il se peut que vous ayez à vous distancier de certaines personnes ou certains groupes pour un temps, tout comme quelqu’un qui abuse de drogues va probablement devoir changer son comportement au début. “Ne pas faire quoi que ce soit” signifie donc aussi ne rien faire tout seul. Ne présumez pas automatiquement que la perception que vous avez de votre problème est juste.

Lorsque vous vous identifiez au reflet de la vérité dans votre esprit juste, vous êtes peut-être toujours très actif dans le monde, mais dans votre expérience vous ne vous ressentez pas comme étant celui qui agit. L’amour dans votre esprit juste coule alors à travers vous et est la source de tout ce que vous faites, et vous verrez tout le monde comme étant le même, au niveau de l’ego tout comme au niveau de l’Expiation.

290 – Que signifie “inacceptable” par rapport aux impulsions du corps?

Q: J’aimerais connaître la signification du mot “inacceptable” par rapport aux impulsions du corps (T-4.V.2:5). Je ne comprends pas cette phrase.

R: Cela se rapporte à tout ce que l’ego considère comme inacceptable. Parmi les exemples il y aurait le sexe et l’alimentation – tout ce que nous aurions tendance à croire “mauvais”, “nuisible”, “répugnant du point de vue social”, “non éthique”, “non spirituel” et ainsi de suite.