251-260

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page:
251 – Que signifie “accélération céleste”?
252 – Est-ce que d’autres “rédempteurs” pourraient exister dans d’autres dimensions du temps?
253 – Si le monde n’est pas réel, pourquoi ne pas simplement ignorer les obligations mondaines?
254 – Est-ce une erreur de porter des jugements si on les reconnaît?
255 – Comment puis-je empêcher que la complexité du quotidien bloque ma paix?
256 – Est-ce en quelque sorte “faux” si je demande plus d’argent à mon patron?
257 – Est-ce qu’on ne devrait vraiment plus prendre des antidépresseurs?
258 – Le pardon est-il un processus, ou se fait-il en une fois?
259 – Pourquoi le Cours semble-t-il prédire les progrès de mon apprentissage?
260 – Est-ce que le corps meurt vraiment, et est-ce que l’âme continue à vivre

 
251 – Que signifie accélération céleste?

 Q: La situation mondiale actuelle me rappelle un passage dans le livre de Robert Skutch, Journey Without Distance (Celestial Arts, Berkeley, CA, p. 60; http://www.acim.org), où Helen demande à Jésus à quoi servait Un cours en miracles. Elle a reçu la réponse suivante: “La situation mondiale se dégrade de manière inquiétante. Partout dans le monde on appelle les gens à aider, et leurs contributions personnelles font partie d’un plan global établi à l’avance. Vu la gravité de la situation, le processus évolutionnaire est contourné par ce qu’on pourrait appeler une ‘accélération céleste’. Helen ressentait l’urgence en arrière-plan de cette ‘explication’ et avait aussi la forte impression que le message voulait lui transmettre que le temps tirait à sa fin.” Qu’est-ce que cela veut dire au juste? Quel est vraiment le pire qui pourrait arriver? Même si nous détruisions toute vie sur la planète, nos esprits ne seraient-ils pas toujours en vie? Est-ce qu’en réalité il y a lieu de s’en faire pour quoi que ce soit?

R: Voyons d’abord l’“accélération céleste”. C’était ce que Helen ressentait. C’était sa façon de comprendre les expériences déroutantes qu’elle vivait à l’époque (1965) sans augmenter la peur. Elle n’avait pas encore entendu parler de la théorie du temps totalement illusoire, théorie que Jésus allait expliquer bien plus tard. Cela l’aurait beaucoup trop bouleversée les premiers mois. Ainsi, Jésus exprimait le contenu de son message sous une forme qui avait un sens pour Helen et avec laquelle elle était plus ou moins à l’aise. Helen ne l’aurait probablement pas exprimé sous cette forme après avoir vu le tableau entier au cours des années à venir. Beaucoup d’étudiants ont pris l’explication de l’“accélération céleste” donnée à Helen à la lettre en oubliant de distinguer forme et contenu. Quand on tient compte de l’irréalité du temps, il est clair qu’il ne pourrait pas y avoir littéralement un besoin d’accélérer les choses. Ce n’est que si le monde est réel et si le temps est lui aussi réel et linéaire que la situation mondiale peut se détériorer et causer des soucis (voir aussi Absence from Felicity: The Story of Helen Schucman and Her Scribing of A Course in Miracles, Foundation for A Course in Miracles, 2e édition p. 464-5, http://www.facim.org).

Et puis, une destruction quelconque ne peut provenir que du système de pensée de l’ego. Une disparition éventuelle de notre planète ne veut pas dire que nous serions alors revenus à notre Identité véritable en tant qu’esprit. La douleur dans nos esprits torturés par la haine de soi ne disparaît pas simplement parce que la planète explose:

“Qui est ce ‘toi’ qui vis dans ce monde?” (T-4.II.11:8).

Si nous détruisions la planète, nous pourrions toujours être bien “en vie”, mais dans la culpabilité de nos esprits faux et non pas dans l’innocence et la pureté du pur-esprit en tant que Christ. Nous serions toujours pris dans le rêve de péché, de culpabilité et de peur et dans les projections qui en découlent. Autrement dit, en tant qu’esprits nous verrions une planète détruite, et notre culpabilité dont nous n’aurions pas lâché prise se manifesterait sous une autre forme.

Comprendre que le monde n’est pas réel et que nous ne sommes pas nos corps est un pas dans la bonne direction, et c’est un pas important; mais nous ne sommes pas encore entièrement guéris. C’est très réconfortant d’apprendre que le monde et les corps ne sont pas réels parce qu’alors nous ne craignons plus que la fin de la planète soit aussi “notre” fin. Heureusement, cette dimension de notre terreur s’estompe, ce qui nous libère pour le prochain pas, celui de faire l’expérience que nous sommes des esprits décideurs qui choisissent constamment de s’identifier soit au système de pensée de l’ego soit à celui du Saint-Esprit.

Nous devons regarder notre investissement pour soutenir le but que sert notre croyance au péché, à la culpabilité et à la peur. À la fin, nous devons atteindre le niveau où nous sommes prêts à lâcher prise de tout sentiment d’individualité, de conscience et de particularité avant de revenir à notre existence en tant que pur-esprit. L’étape intermédiaire est toutefois la prise de conscience de l’esprit juste que nous sommes les rêveurs du rêve. C’est une étape dans laquelle nous choisissons constamment de tout voir d’“au-dessus du champ de bataille” dans la confiance et la certitude que toute destruction et souffrance, tout plaisir et toute agitation ne proviennent que d’un esprit qui rêve de s’être séparé de l’Unité du Ciel.

 
252 – Est-ce que d’autres rédempteurs pourraient exister dans d’autres dimensions du temps?

 Q: Dans le Cours, Jésus dit que l’Expiation se fait dans le temps et dans toutes les dimensions du temps. Est-ce que cela veut dire qu’il y a un “rédempteur” dans chaque dimension du temps dans différents mondes? J’avais entendu parler de cette idée il y a bien longtemps, mais n’y comprends toujours rien. Donc, tout comme Jésus apparaîtrait sous différentes formes dans le rêve de la Filialité vivant dans un autre monde, est-ce que cela pourrait aussi vouloir dire qu’Un cours en miracles a paru ou paraîtra également sous d’autres formes dans d’autres mondes, sans exclure la possibilité qu’il puisse aussi revenir en ce monde sous une autre forme encore plus subtile?

R: Vous avez tout compris! Imaginez-vous que le temps n’est pas linéaire, mais un hologramme – l’histoire complète de l’univers physique tout entier étant contenu dans chaque esprit -, et vous comprendrez mieux comment cela se fait qu’un “rédempteur” puisse se trouver partout et de tout temps. Comme Jésus dit dans le Cours:

“Le tout petit battement de temps pendant lequel la première erreur a été faite, et toutes les autres dans cette seule erreur, contenait aussi la Correction pour celle-là, et toutes les autres venues dans la première” (T-26.V.3:5).

Il y a un hologramme de l’“erreur” qui contient tout “péché” possible et ses ramifications. Il y a aussi un hologramme de la “Correction” avec ses ramifications – rédempteurs, enseignements spirituels et ainsi de suite. À chaque instant et en tout lieu, nous choisissons l’un de ces deux hologrammes.

Gloria et Kenneth Wapnick traitent de la nature de la séparation et de la façon dont le Cours voit le temps dans la question 16 des Questions et Réponses sur Un cours en miracles (Éditions Octave, Montréal 2011, p. 44.)

“Lorsque la pensée de séparation est projetée ‘loin’ de l’esprit du Fils, elle s’exprime dans la dimension du temps: le passé, ce qui semble être le présent et le futur paraissent refléter l’immense fossé de milliards d’années que l’ego souhaite introduire entre la décision de l’esprit d’être séparé de Dieu et du Saint-Esprit, et l’expérience que le Fils fait de lui-même en tant que corps. Quand la pensée de séparation est ressentie entre un individu et un autre – c’est-à-dire plus proche de son expérience de lui-même – alors on la connaît sous le nom d’espace, l’écart physique que nous ressentons entre nous-mêmes et les autres dans nos relations particulières. En d’autres mots, le temps (et donc aussi l’espace) fut fait expressément par l’ego pour garder la cause (l’esprit et ses pensées) et l’effet (la douleur et la souffrance) séparés.”

Et puis cela veut dire en effet qu’une forme plus subtile d’enseignement pourrait paraître dans le monde, et cela dépend de ce que la guérison de l’esprit du Fils soit plus avancée. Au fur et à mesure que la guérison se fait et que la stratégie de l’ego est comprise et appréciée, des enseignements plus profonds deviennent possibles.

 
253 – Si le monde n’est pas réel, pourquoi ne pas simplement ignorer les obligations mondaines?

 Q: Je comprends que nous avons fait le monde extérieur de façon à nous paraître réel, et qu’il se base sur l’erreur. Puis il est mentionné dans Un cours en miracles que chaque fois qu’un problème se pose nous ne devrions pas regarder le problème même (ce qui le rendrait “plus réel” encore), mais regarder au-dedans. C’est comme si on disait que les choses du monde (y compris les obligations) sont toutes irréelles et qu’alors nous pouvions simplement “laisser tomber” ou “relâcher” (laisser faire Dieu). C’est comme si on disait: “Oublie les impôts ou les factures, ou même le monde entier, parce qu’ils ne sont pas réels.” Toutefois, Jésus enseigne dans le Cours, ou du moins il le mentionne, de quelle façon regarder (à l’extérieur ou à l’intérieur) sans juger (parce qu’il n’y a rien à juger). S’il vous plaît, pourriez-vous nous donner vos bons conseils pour clarifier cette illusion.

R: Un cours en miracles est un chemin spirituel qui se présente comme un programme d’apprentissage. Dans ce cadre, le monde et toutes les circonstances de notre vie deviennent les classes où apprendre et appliquer les principes du Cours. Tout dans notre vie est donc très important pour notre apprentissage et on n’est pas censé tout simplement “laisser tomber”. Tout devrait être examiné, réinterprété et transformé.

Bien qu’il soit vrai que le “monde est une illusion” (L-I.155.2:1), il est très réel pour ceux qui se perçoivent comme séparés de Dieu, et cela comprend presque tout le monde. Afin d’appliquer les principes du Cours à notre vie, il est important de ne pas confondre les niveaux d’enseignement. Le Cours ne nous demande pas de ne plus faire les choses que nous faisons en tant que corps dans le monde. Ce n’est pas un cours de comportement; c’est “un cours d’entraînement de l’esprit” (T-1.VII.4:1). Un cours en miracles s’adresse à l’esprit et se soucie uniquement du contenu de l’esprit. Ce n’est pas s’occuper d’un problème perçu dans le monde qui rend l’erreur réelle. C’est croire que le problème perçu est la cause de notre contrariété et qu’il a un effet sur la vérité de qui nous sommes qui rend l’erreur réelle dans notre conscience, mais pas en vérité.

Lorsque le Cours nous demande de regarder au-dedans, il ne nous dit pas d’ignorer ou de ne pas tenir compte du problème tel qu’il est perçu dans le monde. En fait, il nous dit que nous devons regarder ce que nous avons fait:

“Nul ne peut échapper des illusions à moins de les regarder, car ne pas regarder est la façon de les protéger. Il n’y a pas lieu de reculer devant les illusions, car elles ne peuvent pas être dangereuses […] La ‘dynamique’ de l’ego sera notre leçon pendant quelque temps, car nous devons d’abord l’examiner pour ensuite voir au-delà, puisque tu l’as rendue réelle. Ensemble, tranquillement, nous déferons cette erreur, puis nous regarderons au-delà vers la vérité” (T-11.V.1:1-2,5-6).

Ainsi, l’application des enseignements du Cours commence par l’étape qui consiste à voir le problème comme nous l’avons inventé dans le monde en nous en occupant de la façon habituelle (c’est-à-dire payer les impôts et les factures), tout en apprenant à voir que le problème est inventé pour être un écran de fumée qui cache le problème réel: le choix dans l’esprit de prendre au sérieux la pensée de séparation. Reconnaître le but que l’ego attribue aux problèmes du monde, voilà ce que le Cours veut dire par “regarder au-dedans”. Étant donné que nous croyons que le monde avec ses factures et ses impôts est réel, nous avons émis des jugements que nous avons besoin d’admettre parce qu’ils révèlent nos croyances cachées au manque, à la victimisation et autres. Cela fait partie du processus de regarder au-dedans. Le monde et nos émotions nous montrent les “noirs secrets” (T-22.VI.9:5) que contiennent nos esprits. Ils ne peuvent pas être dissipés si nous n’en sommes pas conscients.

De même, croire au corps ne peut pas être défait en le niant et puis en ignorant les situations concrètes de la vie dans un corps. Ne pas payer ses factures ou les impôts entraînerait sans doute une avalanche d’autres problèmes. La situation aggravée renforcerait l’écran de fumée de l’ego et ne faciliterait pas la guérison. Ce n’est que quand le vrai problème – la croyance à la séparation – est reconnu que nous pouvons nous tourner vers le Saint-Esprit dans notre esprit pour chercher la vraie solution – défaire la croyance à la séparation par le pardon. Quand nous aurons accompli cela, nous serons prêts à croire que le monde avec tous ses “problèmes” n’est pas réel et à aller au-delà vers la vérité.

 
254 – Est-ce une erreur de porter des jugements si on les reconnaît?

 Q: J’ai une question à propos du jugement. Depuis que j’étudie Un cours en miracles, je me suis soigneusement appliqué à voir tout le monde comme étant au-delà du corps, comme étant moi-même et le Fils de Dieu. Je sais qu’ils sont exactement comme moi et sans péché comme moi, et je ne laisse pas leur comportement ou le mien obscurcir cette connaissance. Si j’ai toujours ce filtre au premier plan de mes pensées, est-ce une erreur de faire des observations à mon sujet et au sujet des autres et de mettre des étiquettes à ce comportement? Par exemple: ma mère s’est comportée de façon égoïste et a eu des préjugés en ma présence; ou, admettre que je me suis comportée égoïstement moi-même et avais des préjugés. Il me paraît impossible de ne pas avoir quelque sorte de réaction physique à ce qui se présente à nous, que ce soit une personne ou une situation. Je ne les juge pas en mal. Je remarque simplement quelque chose sans que cela affecte ce que je pense d’eux ou de moi.

R: Vous êtes sur la bonne voie. L’idée maîtresse dans notre pratique est “de nier le déni de la vérité” (T-12.II.1:5), ce qui veut dire que nous devons d’abord observer l’ego, et ensuite nier qu’il a le moindre pouvoir de toucher la réalité du Fils de Dieu. Ce monde est la manifestation d’un choix dans nos esprits d’attaquer et de rejeter l’Amour de Dieu. Il est donc impossible de ne pas voir s’exprimer la haine, la particularité, l’égoïsme et la peur tout autour de nous et tout le temps. Jésus nous enseigne que nous devrions lui apporter ces perceptions et lui demander de nous aider à les regarder avec lui, afin d’aller au-delà du jugement et de la condamnation. À la fin, il veut que nous soyons capables de ressentir que nous et tous les autres sommes les mêmes. Notre point de départ, toutefois, est de regarder honnêtement combien c’est attrayant de voir des différences, de juger et de condamner autrui à cause de ses fautes et péchés. Nous ne nous éprouverions pas comme des corps dans le monde si cela ne nous attirait pas. C’est notre seconde nature, mais ce n’est pas un péché. C’est donc là que doit commencer le processus de guérison.

Alors nous pouvons apprendre que derrière notre haine, notre peur, notre égoïsme et tous nos manques se trouve un appel à la miséricorde; nous le supplions qu’il nous dise que nous nous trompons à notre sujet. Nous sommes tous les mêmes à ces deux niveaux. Au fur et à mesure que nous apprendrons comment traiter tout le monde et toute situation à partir de ce point de vue, nous ferons preuve de plus de bonté et de compassion et nous partagerons la vision qu’a Jésus de nous et de tout le monde. Mais cela ne s’accomplit pas en niant nos réactions et observations. Nos réactions et observations sont les classes dans lesquelles nous invitons Jésus qui ensuite nous enseigne comment avoir la même bonne et aimante perception que lui.

 
255 – Comment puis-je empêcher que la complexité du quotidien bloque ma paix?

 Q: Je viens du Brésil et cela fait 21 ans que je pratique Un cours en miracles. Je l’ai lu trois fois pratiquement du début à la fin, et je suis en train de le relire. Cette fois-ci, j’ai senti la présence réelle de la Lumière, du Christ qui est en moi quand je fais les exercices, l’absence du corps physique, la vraie joie d’être. Seulement, par ailleurs ma vie est devenue très compliquée, et il me semble que les multiples choses à faire (personnes dont je dois m’occuper, responsabilités quotidiennes, toutes ces choses magiques à organiser, à calculer et à payer) s’accumulent pour produire une situation insupportable. C’est comme si l’ego essayait de rendre ma voie plus difficile. Qu’en dites-vous? Qu’est-ce que je peux faire pour atteindre constamment, tout le temps, l’état d’esprit que nous atteignons en faisant les exercices, soit la paix et la joie totale?

R: Il est difficile de connaître la raison précise pour laquelle votre vie devient plus compliquée. Cela pourrait bien être une réaction au fait que vous vous apprêtez à lâcher prise de votre ego, mais il n’est vraiment pas possible de le savoir avec certitude. Cela n’a toutefois pas d’importance parce que la solution est toujours la même. La solution est de se concentrer sur le but, et le but on le reconnaît aux résultats. Autrement dit, l’accumulation des complications a entraîné la perte de votre paix et de votre joie intérieures. C’est donc cela qui est le but de ce qui s’est produit récemment. C’est en fait tout ce que vous avez besoin de savoir. Quelque part dans votre esprit, vous – la partie de votre esprit qui prend les décisions – a pris peur d’être en paix, et donc vous avez trouvé une façon de vous “protéger” de cette paix et de tout ce que cela représente. La défense que préfèrent la plupart d’entre nous est de se soucier de sa vie en tant que corps. Cela oblitère rapidement toute pensée que nous pourrions être autre chose.

La seule chose que vous ayez à faire est de prendre la responsabilité de l’état dans lequel vous vous trouvez et de l’apporter à Jésus ou au Saint-Esprit dans votre esprit, ce qui veut dire que vous ne vous jugerez pas et ne vous en voudrez pas à cause de cela. Quand vous n’aurez plus besoin de la défense, vous vous occuperez simplement de votre mieux de vos obligations et responsabilités avec l’amour de Jésus qui vous guide. Elles ne seront plus ressenties comme “insupportables” parce que vous les verrez comme des leçons qui vous apprennent que la paix et la joie dans votre esprit n’ont rien à voir avec quelque chose d’extérieur. Si vous saviez véritablement que tout ce qui concerne le corps et le monde est là pour vous empêcher de découvrir que la source de toute votre détresse est un choix que vous faites dans votre esprit, vous vous adresseriez avec empressement à Jésus ou au Saint-Esprit pour qu’Ils vous aident à donner un autre but à votre expérience.

“Le monde a été fait pour que les problèmes soient sans issue” (T-31.IV.2:6).

Au lieu de voir vos responsabilités quotidiennes comme des fardeaux, vous pourriez les voir comme les moyens à votre disposition pour ramener à votre conscience l’amour qui est votre véritable identité éternelle. Vous pourriez alors voir chaque interaction comme une occasion pour apprendre que vos intérêts ne sont pas vraiment séparés de ceux de tous les autres, malgré les grandes différences apparentes. Les circonstances concrètes dans chaque situation (la forme) deviennent alors moins importantes que la signification (le contenu) qui est de défaire votre croyance à la séparation et d’accepter de nouveau l’identité que nous partageons tous ne faisant qu’un. En ce sens, votre quotidien est votre “laboratoire”. Au départ, il était censé vous garder loin de la vérité; maintenant, avec l’aide de Jésus ou du Saint-Esprit, il devient le moyen de vous ramener à Dieu.

 
256: Est-ce en quelque sorte faux si je demande plus d’argent à mon patron?

Q: Il m’est difficile de savoir ce qui vient de l’esprit faux et ce qui vient de l’esprit juste dans ma relation avec mon patron. J’essaie de mettre en pratique les principes de générosité, de tolérance et de patience décrits dans le manuel pour enseignants, mais nous avons un problème de communication en ce qui concerne mon salaire. Ce que je gagne varie selon ses caprices et je me sens impuissante et estime que je ne gagne pas assez. J’ai peur de perdre mon emploi si je demande ce que je pense vraiment mériter. Bien que l’argent ne soit pas tout à mes yeux, j’ai lu dans le supplément Psychothérapie qu’un guérisseur non guéri peut bien demander de l’argent quand le Saint-Esprit ne le conseillerait pas.

J’ai l’impression d’avoir peur de tout et d’avoir toujours tort quelque part. Est-ce la douleur d’une relation particulière? Pouvez-vous me dire si j’essaie d’être trop gentille? Est-ce que j’essaie d’appliquer les principes d’Un cours en miracles avec l’ego parce que j’ai peur que le Saint-Esprit me guide véritablement? Est-ce que je souffre d’une forme de pauvreté inversée qui s’exprime par une fausse générosité?

R: Il est important de se rappeler, quand on étudie le Cours, qu’il s’adresse à nous à différents niveaux. Nous apprenons à défaire le système de pensée de l’ego auquel nous nous sommes identifiés tout en apprenant une façon de percevoir tout à fait nouvelle. Nous semblons avoir un pied dans deux mondes, et cela peut être très déconcertant. L’esprit faux voit le problème comme étant au dehors de l’esprit et produit par quelque chose d’extérieur; dans votre cas, c’est votre patron. L’esprit juste reconnaît que la cause se trouve dans l’esprit et que le monde de formes est l’effet. Il n’accuse aucune circonstance ou quoi que ce soit à l’extérieur de l’esprit. Pour discerner facilement quelle partie de l’esprit vous avez choisie, demandez-vous si vous attribuez la cause de votre contrariété à quelque chose qui se trouve à l’extérieur de vous. Voilà une façon simple pour distinguer l’esprit faux de l’esprit juste. Reconnaître que la cause de n’importe quelle contrariété est un choix dans l’esprit est le début de la façon de penser de l’esprit juste. Ce n’est pas toute l’histoire, mais c’est un début.

Vu que nous croyons encore être des corps séparés et individuels en ce monde, nous devons nous occuper du monde et de nos relations de façon adéquate. Nous faisons ce qu’il faut pour subvenir aux besoins perçus du corps. Il n’y a aucun mal à vous mettre d’accord sur votre salaire avec votre patron. Vous pouvez indiquer honnêtement ce qui selon vous serait un salaire correct et, si possible, demander un calendrier des changements afin que votre salaire ne fluctue pas de façon imprévisible. Ceci n’est guère différent de toutes les autres choses que nous faisons pour prendre soin du corps. Il n’y a pas d’indications de comportement au niveau de la forme dans le Cours. Il nous enseigne plutôt à démasquer les pensées et les jugements présents dans notre esprit à propos de nous et d’autrui, afin que l’esprit puisse être guéri. Alors seulement les caractéristiques d’un enseignant de Dieu telles qu’elles sont décrites dans le manuel coulent d’elles-mêmes de l’esprit guéri. Elles ne sont pas là pour être “mises en pratique” tant qu’il y a des croyances sous-jacentes qui leur sont opposées.

La pratique du Cours consiste à trouver toutes les croyances cachées qui opèrent dans votre relation avec votre patron et avec tout le monde. Ce sont les croyances à la séparation, au manque et au fait de pouvoir devenir victime qui rendent particulières toutes les relations. La façon de défaire la particularité consiste à dévoiler les croyances quand on les reconnaît et à les porter au Saint-Esprit pour qu’elles soient transformées. On ne nous demande pas de pratiquer des qualités saintes que nous n’avons pas, tel qu’un détachement des richesses matérielles ou d’autres façons de penser “vertueuses”. On ne nous demande même pas d’être “bons”. (Cela dit, on ne s’attend pas nous plus à ce que nous déviions de notre chemin pour être “mauvais”). Tout ce qui nous est demandé, c’est de regarder nos croyances avec le désir de les laisser être transformées. Ce n’est pas toujours aussi simple qu’il semblerait parce que nous souhaitons tellement nous y cramponner. Ce que l’on nous demande de faire, c’est de prendre conscience de notre attachement à ces croyances et de constater à quel point nous ne voulons pas qu’elles soient changées. Nous nous y accrochons malgré la culpabilité et la douleur qu’elles provoquent. En fait c’est à cause de la culpabilité et de la douleur que nous y tenons.  C’est ce qui dans le Cours est appelé l’attraction de la culpabilité:

“L’attraction maladive de la culpabilité doit être reconnue pour ce qu’elle est. Puisqu’elle a été rendue réelle pour toi, il est essentiel que tu la regardes clairement et que tu apprennes, en lui retirant ton investissement, à en lâcher prise” (T-15.VII.3:1-2).

C’est ainsi que le Saint-Esprit nous guide. Il n’impose pas Son système de pensée, et aucun comportement dans le monde n’est requis. En dessous de tous nos soucis d’argent, de pauvreté et d’injustice se trouve le sentiment de manque et de privation qui découle de la croyance que notre séparation d’avec Dieu s’est véritablement accomplie. Voilà la croyance fondamentale que le Saint-Esprit nous invite à remettre en question. C’est la croyance qui sous-tend le conflit entier avec votre patron.

En essayant d’arriver à un accord avec votre patron concernant votre salaire, vous pouvez appliquer les enseignements du Cours en regardant tout à fait honnêtement ce que vous ressentez, et les pensées de jugement qui se présentent à vous. Ces pensées et sentiments représentent le choix de vous identifier au système de pensée de l’ego dans votre esprit, et c’est là qu’il est besoin de guérison. Quand ils sont portés à la lumière du Saint-Esprit, ils sont transformés petit à petit et remplacés par Sa paix. Alors seulement la question de plus ou moins d’argent n’aura plus d’importance, et la générosité, la tolérance et la patience remplaceront toute peur. Jusqu’à ce que vous ayez atteint ce point, être honnête avec vous-même quant à vos besoins perçus, et être honnête avec votre patron en tâchant de trouver un accord sont les meilleures leçons pour pratiquer le Cours. Croire qu’un accord est possible veut déjà dire reconnaître que, dans une certaine mesure, vos intérêts et ceux de votre patron ne sont pas séparés. C’est là que commence la guérison.

 
257: Est-ce qu’on ne devrait vraiment plus prendre des antidépresseurs?

 Q: Dans la réponse à la question 128, vous dites qu’en pratiquant le pardon on pourrait arrêter de prendre des antidépresseurs. En dernier lieu, c’est sans doute vrai, mais j’ai vu l’angoisse physique et psychique qui va de pair avec la dépression. Il me semble que quelqu’un avec le diagnostic médical de dépression serait un étudiant d’Un cours en miracles bien meilleur avec ses antidépresseurs que sans. Dans une telle dépression, la capacité du cerveau de fonctionner est détruite. D’accord, la dépression semble avoir trait au fait d’accorder trop d’importance à la culpabilité et à la punition, mais dans cette situation la capacité de penser clairement est fortement diminuée. Ne devrions-nous pas chercher de l’aide médicale afin de penser et nous comporter avec clarté tant que nous nous percevons comme étant dans un corps? N’est-ce pas plus facile de s’occuper des vrais problèmes dans un état où l’on jouit de toutes ses facultés mentales? En fait, savoir qu’on pourrait résoudre sa dépression par le pardon total pourrait même l’aggraver si l’on échoue et que la dépression persiste. N’est-il pas vrai que ce que nous faisons dans nos corps physiques ici sur terre est une illusion? Un corps qui prend des antidépresseurs est-il différent d’un corps qui n’en prend pas? Ne sont-ils pas tous deux des illusions? Il n’y a pas de hiérarchie d’illusions. Est-ce que chercher de l’aide spirituelle pour rendre nos “corps”, c’est-à-dire ne pas prendre des antidépresseurs, serait vraiment un but spirituel digne du Cours?

R: Oh non, vous avez mal compris! La réponse “à la légère”, le “Pardonner” tout au début a été précisé dans la suite de la réponse. Comme vous dites, le but n’est pas de ne plus prendre d’antidépresseurs, pas plus que de ne plus manger ou dormir. Le Cours ne nous conseille jamais de changer notre conduite, seulement de changer d’esprit (T-2.VI.3:4). Ce que vous dites est juste et est en accord avec ce que contient la réponse à la question 128. Cela a beaucoup plus de sens de continuer de prendre les antidépresseurs et de découvrir le jugement contenu dans la prise des médicaments que d’avoir pour but de s’en débarrasser.

Il est vrai que le pardon est la voie pour aller au-delà de toute magie du monde, mais tant que nous nous percevons comme des corps nous dépendons de la magie – y compris respirer de l’oxygène! – afin que le soi que nous croyons être reste en vie et fonctionne bien. Ce n’est que tout à la fin du processus de pardon, quand nous avons accepté l’Expiation pour nous-mêmes, que les besoins personnels disparaissent, et avec eux le besoin de toute sorte d’intervention extérieure. Mais cela n’est pas le but du Cours. Le but du Cours est la paix (T-8.I.1:1-2). Et la paix peut être trouvée à chaque étape tout au long du chemin par la pratique du pardon guérisseur.

Cela pourrait aussi vous aider de consulter les réponses aux questions 57, 142 et 229, en plus de relire celle à la question 128 à la lumière des commentaires ci-dessus.

 
258: Le pardon est-il un processus, ou se fait-il en une fois?

 Q: Depuis quelque temps, j’essaie de pardonner à une personne importante dans ma vie, avant de commencer Un Cours en miracles, et après avec encore plus d’attention.  À la suite de quoi j’ai apparemment lâché prise par moments de pas mal de rancœur, mais tout à coup quelque chose déclenche la douleur et toute la colère resurgit. Parfois j’ai l’impression que je ne fais que trancher la pointe de cette mauvaise herbe de rancœur au lieu de l’arracher par les racines. Quel conseil donneriez-vous dans une telle situation? Devrais-je voir le pardon comme un processus ou comme une décision prise une fois pour toutes? Et dans ce cas, comment puis-je finalement la prendre?

R: Votre analogie avec la mauvaise herbe est bonne. Vous n’allez pas à la racine du problème tant que vous fixez votre attention sur autrui, car ça va dans le sens de ce que Jésus appelle, dans le supplément Le chant de la prière (Ch-2.II), le “pardon-pour-détruire”. La façon dont l’ego pardonne est de rendre réel le péché en autrui et ensuite d’essayer de le “pardonner”. Comme vous l’avez remarqué, ça ne fonctionne pas. Mais c’est bien sûr toujours le but de l’ego: “Cherche mais ne trouve pas” (T-16.V.6:5).

Le Cours, par contre, essaie de vous amener à une expérience du véritable pardon où vous reconnaissez que

“ce que tu pensais que ton frère t’avait fait ne s’est pas produit” (L-II.1:1).

Dans le sens métaphysique, c’est vrai au niveau du comportement précis que vous reprochez à l’autre, étant donné que nous sommes le rêveur de notre rêve et que nous distribuons les rôles aux figures dans notre rêve. Mais pour comprendre ce que Jésus veut dire au niveau pratique, vous devez reconnaître que c’est votre interprétation de ce que l’autre a fait qui a déclenché votre rage et votre colère et non pas ce que l’autre a commis en fait (M-17.4). À un certain niveau, vous reprochez à cette personne de vous avoir pris votre paix, votre amour, joie, sécurité et ainsi de suite. Mais personne ne peut nous priver d’aucune de ces expériences à moins que nous n’ayons d’abord choisi de nous en défaire. Alors ce qui est bien, c’est que nous n’avons pas besoin de changer ce que quelqu’un a fait, ce qui, bien sûr, est de toute façon impossible. Nous avons seulement besoin d’aide pour changer notre interprétation de ce qui s’est passé. Comment faire?

Ce dont la plupart d’entre nous n’a pas conscience, c’est que nous avons dans nos esprits un fardeau immense de culpabilité que nous n’admettons pas et qui contrôle inconsciemment l’interprétation de toutes nos interactions et dicte que nous cherchions et trouvions la culpabilité chez tout le monde sauf nous-mêmes (T-19.IV-B.a.12). L’origine de notre culpabilité, c’est la croyance erronée à laquelle nous tenons d’arrache-pied que nous avons établi une existence séparée et individuelle à part et au détriment de Dieu. Et ça Lui a coûté son anéantissement total. On ne peut pas s’imaginer la culpabilité qui découle d’une telle atteinte, et donc notre défense est de la projeter en dehors de nos esprits. Une colère contre quelqu’un est toujours une tentative pour voir la culpabilité de la séparation en dehors de nous et obscurcir ainsi le fait que nous la projetons (T-6.in.1:2).

Nous tous essayons de faire exactement la même chose. Nous faisons notre chemin avec une culpabilité intense recouverte d’une colère furibonde. Telle est notre tentative de nier la culpabilité au-dedans et de la voir au-dehors. Nous essayons peut-être de recouvrir tout cela d’une face d’innocence, socialement convenable (T-31.V.2), mais la colère et la culpabilité qui l’alimentent bouillonnent toujours juste au-dessous de la surface. Et elles restent là et influencent toutes nos interactions, parfois subtilement, parfois pas si subtilement, jusqu’à ce que nous soyons désireux de relever le défi d’accomplir le travail difficile de regarder au-dedans, passé la colère jusqu’à la culpabilité ensevelie en dessous.

Le pardon n’a donc rien à voir avec quelqu’un d’autre, ce qui explique en partie notre résistance à le pratiquer. Car si nous voulons vraiment guérir au lieu de justifier notre colère, Jésus nous demande de reconnaître que nos rancœurs ne font rien d’autre que recouvrir notre culpabilité. La colère devient alors un signal qu’il y a un endroit enténébré dans notre esprit. Et Jésus nous aide à voir que notre culpabilité, tout comme notre colère, n’est pas ce qu’elle paraît être. Elle semble être réelle, lourde et sérieuse uniquement tant qu’elle reste voilée dans les ténèbres. Son irréalité apparaît quand nous laissons la lumière du véritable pardon briller sur elle. Voilà la délivrance que nous cherchons et qui, pourtant, est aussi l’origine de la peur tant que nous nous identifions encore à notre ego.

Nous résistons à regarder au-dedans et préférons nous accrocher à notre colère et projeter encore notre culpabilité, parce que ce sont les couches de défense qu’inconsciemment nous considérons être la protection de notre soi individuel (T-21.IV.1-3). En dessous de la colère et de la culpabilité se trouve la peur – la peur que si nous pardonnons nous allons disparaître, que Dieu va reprendre la vie que nous Lui avons volée. Pour toutes ces raisons, le pardon est un processus pour nous, comme vous le suggérez, et non pas seulement une décision prise une fois pour toutes, jusqu’au moment où, tout à la fin du processus, nous serons prêts à lâcher entièrement prise de notre identité égoïque.

Plus nous sommes désireux de dévoiler notre propre culpabilité et de la laisser être guérie, plus nous allons reconnaître que ceux contre qui nous avions des rancœurs ont besoin de la même délivrance que celle que nous cherchons. Et leur culpabilité n’est pas plus réelle que la nôtre. Lorsque nous reconnaissons cela, nous pouvons faire l’expérience du vrai pardon, car l’interprétation de ce qui s’est passé entre nous appartient maintenant au Saint-Esprit et non plus à nous.

Voir aussi les réponses aux questions 44 et 69 pour des explications supplémentaires.

 
259: Pourquoi le Cours semble-t-il prédire les progrès de mon apprentissage?

 Q: Cette question est en deux parties. La première découle d’une observation. Au fur et à mesure de ma progression avec les leçons dans le livre d’exercices, j’ai souvent constaté que la leçon du jour correspondait étrangement à un besoin ou une préoccupation qui venaient seulement de faire jour dans mon esprit – comme si une synchronicité subtile était à l’œuvre entre le déroulement du Cours et mon propre état intérieur changeant. (Cela s’est aussi produit parfois en lisant le texte.) Croyez-vous que ce soit une expérience courante parmi les étudiants d’Un cours en miracles? Ma première question répond peut-être en partie à ma seconde, mais je la pose quand même: dans le livre d’exercices, Jésus explique souvent à ses étudiants comment ils réagissent à ce point précis. Ainsi il dit par exemple dans la leçon 123:

“Soyons pleins de gratitude aujourd’hui […] Il n’y a pas de pensée de retour en arrière et pas de résistance implacable à la vérité. Il reste quelque vacillement, quelques petites objections et un peu d’hésitation…” (L-I.123.1:1,3-4).

Comment Jésus peut-il prononcer de telles généralités en s’adressant à des milliers d’individus, chacun d’eux ayant sa propre manière de réagir et de progresser avec le Cours?

R: En ce qui concerne la première question, des étudiants nous racontent de temps en temps des expériences qui ressemblent à celles que vous décrivez, mais il est impossible de savoir si elles se produisent couramment. Bien des étudiants ont dit qu’ils ont eu l’impression, en lisant certaines parties du Cours, que Jésus leur parlait directement.

Ensuite, comme on le sait, la majeure partie de ce qui est écrit dans le Cours a été dictée tout particulièrement pour Helen Schucman et Bill Thetford, pour leur processus spirituel personnel, et donc l’écriture reflète ce contexte. Jésus aidait surtout Helen à défaire ce qui restait de son ego. Ainsi sa dictée comportait des commentaires, observations, doux reproches, instructions énergiques et autres qui avaient trait à son processus à elle. Mais en même temps on peut facilement comprendre que le Cours exprime un mode plus courant de progrès spirituel qui s’applique à tout le monde. Un excellent exemple en est le développement de la confiance en six étapes décrit dans le manuel pour enseignants (M-4.I-A). Cette analyse du développement de la confiance est censée nous donner un sens général de ce qui se passe pendant le processus où notre ego est défait.

Cela n’est pas étonnant que vous éprouviez le genre de synchronicité que vous décrivez. Rappelez-vous: a) le temps n’est pas linéaire ni réel, b) le contenu de l’esprit divisé ne change jamais: l’esprit faux est à 100% l’ego avec d’innombrables façons pour exprimer le seul contenu de la séparation et du péché, de la culpabilité et de la peur; l’esprit juste est à 100% le Saint-Esprit avec d’innombrables façons pour accepter l’Expiation par le pardon; et c) nous n’avons pas conscience de toute la dimension du contenu ou de la dynamique dans nos esprits une fois que nous adhérons à la stratégie de l’ego qui fait que nous sommes alors sans esprit. Et nous ne nous rendons certainement pas compte de tout le contenu de chaque leçon que Jésus nous donne.

Ce dont nous faisons en fait l’expérience n’est pratiquement toujours qu’une portion minuscule de ce qui se passe dans notre esprit, et cela presque toujours sous une forme définie, à la place de sa nature d’origine qui est abstraite; pour utiliser une métaphore, ce n’est que la pointe de l’iceberg. Pour simplifier comme le fait Jésus, il n’y a qu’“un problème, une solution” (L-I.80.3:5), et soit nous appelons à l’amour, soit nous étendons l’amour. Être prêt et ouvert pour apprendre de Jésus reflète donc l’appel à l’amour dans notre esprit, auquel une réponse a déjà été donnée. Nous ressentons ce processus comme si quelque chose de nouveau se passait lorsque nous lisons les mots dans le livre d’exercice, alors que ce n’est que la décision de notre esprit de ne plus bloquer la vérité qui s’y trouve toujours. On pourrait dire que la réponse à notre appel à l’amour s’accorde parfaitement à cet appel, et nous en faisons l’expérience de la seule façon que nous pouvons comprendre à ce moment-là.

C’est un processus qui se passe dans notre esprit, en dehors du temps et de l’espace. Mais parce que nous nous identifions toujours à un corps qui semble exister dans le temps et l’espace, c’est de cette façon-là que nous en faisons l’expérience. Jésus ne savait pas “d’avance” comment ses étudiants allaient réagir et à quoi ils seraient prêts à un moment donné. Une telle pensée rend le temps réel. Le processus est ressenti dans le temps parce que c’est la seule forme sous laquelle nous (la partie qui décide dans nos esprits) pouvons accepter la vérité à notre propos. Nous sommes encore trop investis dans nos identités d’êtres séparés particuliers et avons trop peur d’aller au-delà. C’est tout à fait normal. Lorsque nous poursuivons notre pratique du pardon, l’amour qui a inspiré les mots du Cours qui signifient tant pour nous va nous attirer de plus en plus.

 
260: Est-ce que le corps meurt vraiment, et est-ce que l’âme continue à vivre? 

Q: S’il vous plaît, pourriez-vous expliquer le passage:

“La curieuse croyance qu’une partie des choses qui meurent peut continuer à part de ce qui va mourir, ne proclame pas un Dieu aimant ni ne rétablit aucune base pour la confiance. Si la mort est réelle pour quoi que ce soit, il n’y a pas de vie” (M-27.4:1-2).

Est-ce que le corps “meurt”, ou est-ce simplement une illusion?

R: La mort est une illusion, mais cela vaut aussi pour la naissance, le vieillissement et la perte de vitalité, comme on peut le lire au début de cette section (M-27.1:2).

S’il “n’y a pas de vie en dehors du Ciel” (T-23.II.19:1),

le corps ne vit pas et ne meurt pas non plus. Jésus parle en fait du système de mort auquel nous nous identifions quand nous choisissons l’ego comme enseignant au lieu de le choisir lui ou le Saint-Esprit. Si nous choisissons l’ego, nous croyons que la séparation d’avec Dieu s’est réellement produite, et cela nous fait croire que nous sommes des corps qui sont nés et finiront par mourir. L’ego tache d’adoucir la cruauté de son système de pensée de mort en disant que, bien que nous devions mourir, une partie de nous (nos âmes) survivra à la mort du corps.

Mais Jésus nous enseigne qu’il ne peut y avoir aucun compromis à cela.

“Si la mort est réelle pour quoi que ce soit, il n’y a pas de vie” (M-27.4:2).

Dieu n’a pas fait et ne pourrait pas faire la mort, pas plus qu’Il ne pourrait faire la peur.

“Il n’a pas fait la mort parce qu’Il n’a pas fait la peur. Les deux sont également in-signifiantes pour Lui” (M-27.4:9-10).

Cet énoncé se situe au niveau I. C’est le dieu de l’ego qui est responsable pour la peur et la mort. Jésus nous enseigne donc que lorsque nous nous identifions à l’ego (niveau II), la mort est une réalité pour nous, et beaucoup de gens vont croire que Dieu est miséricordieux parce qu’il conduit nos âmes au Ciel après notre mort.

Le processus d’Un cours en miracles est donc de demander l’aide de Jésus ou du Saint-Esprit pour commencer à nous dés-identifier de ce système de pensée et à percevoir la mort simplement comme une pensée dans nos esprits que nous avons choisi de rendre réelle. Jésus nous rappelle de nombreuses fois tout au long de son Cours que

“Les idées ne quittent pas leur source” (p.ex. T-26.VII.4:7; L-I.167.3:6)

Petit à petit, nous sommes un peu plus à l’aise avec la pensée que rien ne se passe quand le corps “meurt” parce que nous sommes des esprits décideurs en dehors du temps et de l’espace qui ont simplement choisi de croire que nous sommes des corps autonomes, comme défense contre la vérité que nous sommes le seul Fils de Dieu Qui n’a jamais véritablement quitté Son chez-soi au Ciel.

 

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