231-240

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page:

231 – Comment voir le plaisir que je prends aux choses terrestres?
232 – Quel est l’avis du Cours à propos des enfants et d’être parents?
233 – Que signifie “fait un ego pour tous les autres” dans le Cours?
234 – Quel rôle jouent les formes non humaines dans la Filialité?
235 – Les miracles ne nous rendent-ils pas heureux et ne règlent-ils pas nos problèmes?
236 – Les efforts créatifs sont-ils une distraction et une perte de temps?
237 – Est-ce que la guerre peut être un moyen de salut?
238 – Est-ce que l’insomnie est aussi une défense contre la vérité?
239 – Comment pouvons-nous tuer quelqu’un et quand même être aimants et pardonner?
240 – Le système de pensée du Cours est-il compatible avec les dieux et les déesses?



231 – Comment voir le plaisir que je prends aux choses terrestres?

Q: Ma question se rapporte au monde que nous considérons comme illusoire. Serait-ce raisonnable de dire que si nous prenons du “plaisir” ici nous devons garder à l’esprit qu’il n’est toujours qu’une illusion, sinon nous allons nous y attacher de façon négative? Est-ce en quelque sorte un parallèle de ce qui est écrit dans la Bible, que nous ne sommes pas de ce monde, mais seulement dans ce monde? Cela produit une lutte en nous parce que lorsqu’il paraît que nous désirons quelque chose nous demandons: quelle partie en moi désire? Et pouvons-nous alors justifier le désir en gardant à l’esprit que cela n’a en fait pas d’importance puisque ce n’est qu’une illusion et donc nous amuser allègrement? Et est-ce que “justifier” n’est pas le mot juste? Sommes-nous sur la bonne voie avec ce raisonnement?

R: Votre raisonnement est correct en partie. Tout ce que nous désirons dans le monde de formes n’est qu’une illusion, mais nous ne devrions pas rejeter trop vite notre recherche ou notre désir. Bien qu’Un cours en miracles ne nous demande pas de renoncer aux plaisirs dans le rêve, il nous demande par contre de reconnaître les vrais motifs derrière notre recherche d’expériences agréables. Il nous dit que nous cherchons à combler le vide à la suite de notre soi-disant séparation d’avec Dieu avec des substituts à Son Amour qui ne nous satisfont jamais entièrement. Voilà ce qui est à l’origine de toutes nos recherches dans le rêve. Le Cours dévoile nos motifs dans l’espoir que nous apprenions de ne pas chercher à l’extérieur de nous ce qui ne nous apportera jamais véritablement le bonheur. Aussi longtemps que nous commettons l’erreur de croire que la source de notre “plaisir” est quelque chose ou quelqu’un en dehors de nous, nous chercherons en vain, conformément à la maxime de l’ego:

“Cherche mais ne trouve pas” (M-13.5:8).

Le Cours nous apprend que le seul plaisir possible dans le rêve est un état d’esprit paisible, et cet état ne s’atteint que par le choix de se joindre au Saint-Esprit dans l’esprit et d’accepter Son interprétation de chaque expérience ou relation que nous avons. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas faire des expériences qui nous font plaisir dans le monde. L’essentiel, c’est que si notre esprit est en paix, cela n’a pas d’importance si nous écoutons un magnifique concert ou sommes bloqués dans un embouteillage – notre paix n’en sera pas troublée.

Ce n’est pas la même chose que de satisfaire toutes ses envies de plaisir en se disant que tout est une illusion et n’a pas d’importance. Si nous avions atteint un point sur notre chemin spirituel où nous croyions véritablement que tout est une illusion, nous n’aurions pas besoin d’Un cours en miracles pour nous aider à voir à quel point nous croyons que le monde est réel et nous ne chercherions pas de plaisirs dans le monde. En attendant, toutes choses dans le monde que nous recherchons sont des rappels importants qui nous font voir à quel point nous sommes attachés à notre identité en tant que corps et au système de pensée de l’ego, ce qui rend la séparation et le monde très réels. Les émotions négatives (douleur) tout comme les émotions positives (plaisir) que nous apportent nos expériences sont toutes deux des “preuves” que le monde est réel. Nous apprenons donc à prendre conscience combien nous recherchons justement cela.

La seule partie de notre esprit qui désire quoi que ce soit, peu importe combien cela peut paraître noble, est l’ego:

“Les appétits sont des mécanismes d’‘obtention’ représentant le besoin qu’a l’ego d’être confirmé. Cela est aussi vrai des appétits du corps que des prétendus “besoins supérieurs de l’ego”. Les appétits du corps n’ont pas une origine physique. L’ego considère le corps comme sa demeure et tente de se satisfaire par le corps. Mais l’idée que cela est possible est une décision de l’esprit, lequel est devenu complètement confus sur ce qui est réellement possible” (T-4.II.7:5-9).

Le Cours est un processus d’entraînement de l’esprit parce que nous sommes tellement désorientés, nous nous sommes enseigné à penser sens dessus dessous et ne savons donc pas ce qui nous rend heureux:

“Tu ne reconnais pas plus ce qui est douloureux que tu ne connais ce qui est joyeux, et tu es, de fait, très enclin à confondre les deux. La fonction principale du Saint-Esprit est de t’enseigner à les distinguer. Ce qui est joyeux pour toi est douloureux pour l’ego, et aussi longtemps que tu auras un doute sur ce que tu es, tu confondras joie et douleur” (T-7.X.3:4-6).

Cela ne veut pas dire que nous devrions nous sentir coupables parce que nous cherchons du plaisir. Ce n’est rien d’autre que toutes les choses que nous faisons pour prendre soin de nous dans l’illusion. Tant que nous croyons encore à notre identité en tant que corps, nous trouverons “du plaisir” dans le monde. Bien que l’ego s’en serve pour soutenir la croyance que la séparation est réelle, le Saint-Esprit peut l’utiliser comme faisant partie de Ses leçons pour nous enseigner qu’il n’y a pas de satisfaction en ce monde et que notre seul véritable bonheur se trouve en Dieu. Il se peut que nous fassions aussi des expériences qui sont véritablement joyeuses parce qu’elles reflètent le choix dans l’esprit de nous identifier au Saint-Esprit. Au fur et à mesure que nous mettons en pratique ce qu’enseigne le Cours, nous faisons des expériences véritablement joyeuses qui reflètent le choix dans l’esprit de nous identifier au Saint-Esprit. Cette joie vient du contenu dans l’esprit plutôt que de quoi que ce soit dans la forme.


232 – Quel est l’avis du Cours à propos des enfants et d’être parents?

Q: Le système de pensée de l’ego nous apprend qu’être une mère ou un père est quelque chose de noble. Autrement dit, avoir des enfants, c’est “bien”. Mais si je comprends bien, Un cours en miracles a autre chose à dire à ce propos. Est-ce juste une illusion de plus? Et peut-être quelque chose comme une “erreur” parce que cela nous fait croire en ce monde et renforce les chaînes qui nous lient à cette réalité?

R: Jésus ne dit pas que c’est une “erreur” d’être une mère ou un père, mais il ne dit pas non plus que c’est quelque chose de noble. Tout rôle en ce monde fait partie du plan de l’ego de faire de son monde la seule réalité. En ce sens, être parents fait donc partie de toute l’illusion voulant qu’il y ait une vie en dehors du Ciel. Tout rôle dans ce monde est un substitut à notre véritable rôle en tant que seul Fils de Dieu, le Christ. Toutefois, être parents peut entraîner encore plus de culpabilité – bien qu’il n’y ait pas de degrés de culpabilité – puisque c’est lié à la production d’une “vie”, de mettre au monde des enfants. À l’intérieur du système de pensée de l’ego, c’est une façon de rivaliser avec Dieu, une façon de dire que nous sommes tout aussi puissants que Lui et que nous n’avons donc plus besoin de Lui. Maintenant, l’ego peut produire la vie et y mettre fin. Dans bien des religions ce processus est béni et décrit comme une co-création, c’est-à-dire les parents humains sont les co-créateurs de la vie avec Dieu. Dans Un cours en miracles, par contre, la vie est l’unité pure et abstraite de l’Amour au Ciel. Toute vie dans un corps et le fait de devenir parents est donc illusoire. Cependant, vu le but du Saint-Esprit, le rôle de mère et de père peut se transformer en une leçon par laquelle les parents peuvent apprendre comment être des autorités aimantes, bonnes et compatissantes tout en assumant leurs responsabilités de façon adéquate et consciencieuse. Les parents peuvent apprendre la leçon des intérêts partagés de façon très efficace tout en définissant clairement les limites entre eux et l’enfant.

Les questions 179 et 202 pourraient aussi vous intéresser.


233 – Que signifie fait un ego pour tous les autresdans le Cours?

Q: Dans votre réponse à la question 79 vous avez cité une phrase que j’aimerais que vous approfondissiez et expliquiez:

“Chacun se fait un ego, ou un soi, qui est sujet à d’énormes variations à cause de son instabilité. Il fait aussi un ego pour tous les autres qu’il perçoit, qui est tout aussi variable” (T-4.II.2:1-2).

Est-ce que cela veut dire que je suis responsable non seulement de mes propres pensées et actes, mais aussi de ce que vous me faites, et que je choisis même la façon dont vous le faites? Est-ce que le scénario que j’écris comprend exactement et en détail comment vous allez me traiter?

R: Pour saisir ce que signifie ce passage il faut que nous comprenions bien que Jésus s’adresse au rêveur du rêve et non pas à la figure dans le rêve à laquelle nous nous identifions à tort (T-27.VII; VIII). Au niveau métaphysique nous avons attribué tous les rôles et tous les actes à toutes les figures dans notre vie – notre rêve éveillé – tout comme nous le faisons dans nos rêves endormis la nuit. Mais la plupart d’entre nous ne sont pas en contact avec ce premier niveau de prise de décision. C’est là que tous les scénarios possibles de l’ego furent écrits par le seul esprit collectif, avant que sa fragmentation en des milliards d’esprits séparés et individuels semblât se produire.

Au niveau suivant d’esprits apparemment fragmentés et indépendants nous nous mettons d’accord avec d’autres esprits sur la façon dont nous allons jouer nos rôles de rêve respectifs, c’est-à-dire quels scénarios nous allons revoir. Tant que nous choisissons parmi les scénarios fondés sur l’ego, ils sont toujours une variante ou autre sur le thème de victime et agresseur. Nous choisissons les événements de notre vie conjointement avec d’autres esprits, mais là encore nous n’avons aucun souvenir conscient d’avoir fait ces choix, refoulement essentiel afin que fonctionne la défense qui veut que nous soyons des victimes. (Voir question 37 pour approfondir ce point.)

On peut, cependant, considérer le passage cité à un niveau plus directement psychologique dont il est assez facile de prendre conscience et avec lequel il est donc plus pratique de travailler. Il suffit de reconnaître notre tendance à attribuer des motifs égoïques à autrui sur la base de notre interprétation de nos propres besoins égoïques. Il se peut que vous ayez le but de me manipuler dans une situation précise ou non, mais j’attribuerai une intention égoïque à vos actes et me comporterai comme si mon interprétation était valable. Jésus dit tout à fait clairement que ce genre d’analyse est hasardeux pour notre propre paix d’esprit (T-12.I.1, 2), et il nous rappelle aussi avec douceur que nos observations d’autrui ne sont pas fiables:

“Rappelle-toi le nombre de fois où tu pensais connaître tous les ‘faits’ dont tu avais besoin pour juger, et comme tu avais tort! Y a-t-il quelqu’un qui n’ait pas fait cette expérience? Voudrais-tu savoir combien de fois tu pensais simplement avoir raison, sans jamais te rendre compte que tu avais tort?” (M-10.4:1-3).

Or, nous persistons à faire “un ego pour tous les autres” comme moyen de voir la culpabilité du système de pensée de l’ego en dehors de nous-mêmes plutôt que d’accepter la responsabilité de son existence dans notre propre esprit. Jésus a donc pour but de nous amener à reconnaître non seulement quel grand obstacle à notre propre bonheur ces projections sont, mais il dit aussi:

“Tu n’as aucune idée de l’immense délivrance et de la paix profonde qui viennent d’une rencontre totalement dépourvue de jugement avec toi-même et avec tes frères” (T-3.VI.3:1).


234 – Quel rôle jouent les formes non humaines dans la Filialité?

Q: Étant donné que tout dans ce monde de formes est le Fils de Dieu fragmenté et que le but du Fils est le pardon et l’acceptation de l’Expiation pour lui-même, comment tout ce qui n’est pas humain pourrait-il faire ce travail (Un cours en miracles ayant été écrit spécialement pour les humains)? Comment une montagne, une chaise, un livre, une machine, un arbre, une amibe, un grain de sable, un ouragan et autres apprennent-ils une spiritualité? Est-ce que mon choix d’apparaître en tant qu’humain avec la faculté d’apprendre signifie que j’ai choisi d’avoir la faculté de m’éveiller maintenant au lieu de plus tard? Et vu que chaque Fils de Dieu dans la Filialité doit s’éveiller avant que l’unité soit atteinte, n’attendrons-nous pas une éternité jusqu’à ce que les choses inanimées et les créatures inférieures sur l’“échelle de l’évolution” perçoivent tout cela, ou est-ce même possible?

R: Il serait très difficile, voire impossible, de comprendre de quelle façon les entités non humaines peuvent apprendre une spiritualité. Mais il doit y en avoir une, parce que la Filialité reviendra à son état naturel en tant qu’esprit ne faisant qu’un seul Fils. Cependant, nous sommes nettement désavantagés parce que notre point de référence est toujours notre propre expérience “humaine” selon laquelle nous nous voyons au sommet, ou presque, de l’“échelle de l’évolution”. Ce point de référence a été établi dans un but précis par l’ego afin que nous voyions la “réalité” de façon hiérarchique comme une “échelle des êtres” (scala naturae), ou encore “chaîne des êtres” ou “grande chaîne de la vie” comme on l’appelle en général. Ainsi nous essayons de tout comprendre à partir de cette perspective de l’ego qui est conçue pour dissimuler la véritable nature de la réalité. Autrement dit, nous tombons droit dans le piège de l’ego quand nous plaçons les enseignements du Cours dans un cadre humain. Bien sûr, il n’y a pas d’autre cadre ou contexte dans lesquels nous pouvons nous mouvoir. Mais il est essentiel de se rendre compte que c’est un coup monté par l’ego afin que nous ne retournions plus jamais dans nos esprits au-delà de notre expérience spatio-temporelle. Voilà ce que Jésus nous aide à faire pour que nous partagions sa vision de tout. Nous enliser dans ce genre de questions même tout à fait pertinentes ferait avancer le but de l’ego de prouver le bien-fondé de notre existence. Si nous mettons le pardon en pratique à longueur de journée, nous nous débarrasserons de notre façon limitée de voir et nous rapprocherons de là où se trouve Jésus. Alors nos intérêts changeront aussi et il est plus que probable que ces questions ne nous préoccuperont plus, aussi intéressantes soient-elles.


235 – Les miracles ne nous rendent-ils pas heureux et ne règlent-ils pas nos problèmes?

Q: Dans la question 116, quelqu’un demande si Dieu intervient pour nous dans ce monde de formes. Votre réponse était admirablement exprimée, mais à mon sens il y manquait quelque chose. Jésus nous dit par le titre même, Un cours en miracles, qu’il interviendra en effet dans ce rêve fou que nous faisons. Il n’y a aucun problème qui ne puisse trouver réponse par un miracle, que cela concerne les finances, la santé, un bouillonnement des émotions ou n’importe quoi d’autre. C’est la seule raison pour laquelle Jésus a pris le temps de venir chez nous sous cette forme. Tout le travail que nous faisons pour défaire notre identification à l’ego a pour résultat de défaire tous nos problèmes. Chaque problème a trouvé réponse. Notre Lumière dissipe toutes les ténèbres. Donc, pour le formuler comme question: pourquoi la réalisation du bonheur, lorsque l’on suit le Cours, n’est-elle pas mise davantage en évidence?

R: Vous demandez pourquoi trouver le bonheur n’est pas mis davantage en évidence au cours de l’étude du Cours? Parce que personne ne veut le bonheur que nous offre le Cours. Nous voulons tous un bonheur selon notre définition, ce qui veut dire que nos besoins personnels soient satisfaits, qu’ils soient financiers, émotionnels, concernent la santé ou n’importe quoi d’autre. Mais ce n’est pas ce qu’offre le Cours. Il nous invite à lâcher prise de tous nos jugements et de toutes nos rancœurs par la pratique du pardon, jusqu’à ce qu’à la fin du processus nous relâchions aussi notre identification à ce soi personnel qui, croyons-nous, a tous ces problèmes et besoins. Le bonheur que le Cours nous offre vient de l’éveil du rêve de douleur que nous appelons notre vie en ce monde, rêve dans lequel il n’y a pas d’espoir de bonheur véritable. Mais nous ne voulons pas cela. Voilà pourquoi Jésus dit qu’il doit d’abord nous enseigner la différence entre joie et douleur, entre liberté et emprisonnement (T-7.X; T-8.II.4,5). Sinon nous allons continuellement rechercher la douleur croyant que c’est la joie, et essayer de maintenir notre emprisonnement tout en affirmant que c’est la liberté. Nous avons grand besoin qu’il nous vienne en aide, mais pas pour résoudre les “problèmes” du monde.

Pour répondre à votre question implicite: ni Dieu ni Jésus n’intervient dans le monde. Ils n’interviennent pas non plus dans nos esprits. D’intervenir et de résoudre les problèmes à n’importe quel niveau rendrait réelle l’erreur de séparation (T-26.VII.12). La correction par contre, appelée le principe de l’Expiation dans le Cours, soutient que la séparation ne s’est jamais produite en réalité. Il ne serait donc pas raisonnable que Dieu ou Jésus intervienne dans notre monde insane. C’est nous qui avons inventé tous les problèmes de ce monde pour pouvoir cacher le vrai problème et ne pas devoir le regarder, à savoir la culpabilité dans notre esprit liée à notre séparation de Dieu. La seule aide dont nous ayons besoin est l’aide pour changer d’esprit à propos de cette culpabilité; bien que nous ne puissions pas faire cela tout seuls, Jésus nous dit aussi qu’il ne peut pas changer d’esprit pour nous. Il peut seulement nous montrer ce que nous avons rendu réel dans nos esprits ainsi que les conséquences dans le monde, dans l’espoir que nous allons reconnaître notre insanité et serons désireux de faire le même choix que lui a déjà fait (T-2.VI.4; T-2.VII.1; T-3.IV.7; T-5.II.9–11:1; T-8.IV.4–6).

Toutfois, ça ne dérange en fait personne d’être malheureux, tant que nous ne pensons pas être responsables de ce malheur. Nous voulons un monde et des relations avec des problèmes qui font des victimes de nous pour ne pas être obligés de voir que notre choix de la séparation et de l’individualité est la vraie cause de toute notre douleur. Jusqu’à ce que nous puissions reconnaître et accepter ce fait, le bonheur que nous offre le Cours ne nous intéresse pas. Nous trouverons le vrai bonheur en suivant l’enseignement de Jésus, mais pas parce que tous nos problèmes dans le monde seront résolus grâce à son intervention. Nous n’avons pas de problèmes dans le monde qui ont besoin d’être résolus.

Et puis oui, les ténèbres disparaîtront toutes à la lumière de qui nous sommes – y compris non seulement tous nos problèmes dans le monde, mais le monde lui-même et le soi que nous pensons être dans le monde, et aussi la culpabilité dans notre esprit qui est la source de toutes nos projections sur un monde de formes. Parce que cette pensée est effrayante pour la plupart d’entre nous, Jésus nous assure à maintes reprises dans son Cours que ce chemin est un processus et que nous progresserons au rythme qui nous convient (p.ex. T-16.VI.8:1-3). Mais au moins nous comprenons maintenant quelle résistance nous avons à mettre en pratique les enseignements de Jésus sur le pardon. Comme il nous le rappelle:

“Ta tâche n’est pas de chercher l’amour mais simplement de chercher et de trouver au-dedans de toi toutes les barrières que tu as bâties contre lui. Il n’est pas nécessaire de chercher ce qui est vrai, mais il est nécessaire de chercher ce qui est faux” (T-16.IV.6:1-2).

Dans la réponse à la question 42 vous pouvez lirez plus en détail pourquoi Dieu n’intervient pas dans le monde.


236 – Les efforts créatifs sont-ils une distraction et une perte de temps?

Q: L’une des choses que je trouve difficiles à accepter dans Un cours en miracles, c’est qu’apparemment il rejette les “efforts supérieurs” de l’humanité comme on les trouve surtout dans les arts et sciences. Manifestement, ce que le Cours entend par nos “créations” est quelque chose de tout à fait différent de la “créativité” au sens artistique ou scientifique. Il semblerait que cette dernière ne génère rien de plus qu’une illusion dans l’illusion (ombres de Platon?) plutôt que d’orienter les humains vers une réalité plus élevée et belle. Cela voudrait-il dire que les artistes et les chercheurs devraient plier bagage et nous autres rejeter nos efforts comme faisant partie de la grande distraction de l’ego?

R: Vous soulevez une question importante qui a préoccupé bon nombre d’étudiants et observateurs d’Un cours en miracles. D’une part, on peut en effet se concentrer sur l’apprentissage et la pratique le pardon tout en mettant de côté la dimension théorique du Cours pour quelque temps. D’autre part, on ne peut ignorer cette question si on veut atteindre une compréhension complète de ce que le Cours enseigne à propos de notre monde et de nous. Cela pourrait vous aider d’examiner votre question sous l’angle des deux niveaux d’écriture du Cours, ainsi que de la distinction entre forme et contenu.

C’est vrai que la “créativité” artistique et scientifique “ne génère rien de plus qu’une illusion dans l’illusion”, mais cela ne veut pas dire que “les artistes et les chercheurs devraient plier bagage et nous autres rejeter nos efforts comme faisant partie de la grande distraction de l’ego”, pas plus que le fait que le corps fasse partie du plan de l’ego d’attaquer Dieu signifie que les chirurgiens, chiropraticiens, dentistes, physiothérapeutes et autres devraient “plier bagage”. Le Cours ne serait certes pas ce Cours pratique, doux et bon s’il préconisait cela.

D’abord, Jésus essaye tout au long du Cours de nous aider à voir les choses de son point de vue, de sortir du monde tout entier afin de regarder son origine dans le système de pensée que nous conservons dans nos esprits et de voir ce à quoi nous avons renoncé en échange de notre existence individuelle et séparée, pour avoir un meilleur fondement pour comprendre et évaluer ce que nous avons. Il nous prie de maintes façons de reconnaître que même le meilleur de ce que nous avons en ce monde est inconcevablement minuscule, comparé à la gloire que nous avons rejetée par notre choix de préférer la séparation à l’unité.

Jésus nous enseigne tout au long du Cours que rien en ce monde ou de ce monde n’est de Dieu et donc n’a aucune réalité. À ce niveau de la vérité absolue que nous appelons le niveau I, toute activité humaine est vaine et in-signifiante. La seule véritable créativité se trouve au Ciel dans l’extension de l’Amour infini:

“Donner véritablement, c’est la création. Cela étend le sans-limites à l’illimité, l’éternel à l’intemporel, et l’amour à lui-même. Cela ajoute à tout ce qui est déjà complet […] en laissant ce qui ne peut se contenir lui-même atteindre son but de donner tout ce qu’il a, se l’assurant ainsi à jamais” (L-I.105.4:2-5).

Passant du niveau I au niveau II du Cours – le niveau d’enseignement où Jésus communique dans un cadre qui a un sens pour nous et qu’il peut utiliser pour nous faire remonter l’échelle que notre choix d’être séparés nous a fait descendre (T-28.III.1:2) – il nous dit que nous avons un esprit divisé et que lorsque nous avons quitté le Ciel (impossible, bien sûr), nous avons emporté la mémoire de tout ce que nous avions laissé derrière, mais enfuie bien en dessous du seuil de la conscience. Cependant, vu qu’elle se trouve toujours dans nos esprits divisés, elle peut être évoquée. Mettre en pratique Un cours en miracles est une manière de faire remonter cette mémoire à la conscience. En fait, n’importe quoi peut être utilisé à cette fin, y compris le travail des artistes ou chercheurs. Ce n’est pas la forme qui compte, bien que la forme puisse être un point de départ. Ce qui compte, c’est ce que la forme nous rappelle, autrement dit son contenu. La perfection du David de Michel-Ange par exemple peut nous transporter du domaine physique à la perfection non physique et abstraite de la création de Dieu au Ciel. Cependant, la même inspiration peut surgir en voyant un corps déformé. Cela dépend entièrement de si celui qui regarde a d’abord choisi de passer de l’esprit faux à l’esprit juste, de l’identification à l’ego à l’identification au principe de l’Expiation, à savoir que la séparation ne s’est jamais produite en réalité.

Vu sous un autre angle nous ne sommes pas entièrement insanes puisque nos esprits sont divisés. C’est donc parfois l’altruisme, la non-défense et un désir de voir nos intérêts partagés avec tout le monde qui nous motive. Les efforts d’un scientifique ou d’un médecin pour soulager la douleur et réduire la misère humaine peuvent servir à nous rappeler notre état sans ego dans notre esprit juste et être un reflet de notre pure innocence et unité en tant que Christ. Jésus ne rejetterait jamais nos efforts comme in-signifiants en eux-mêmes – que ce soient les “efforts supérieurs” de l’humanité ou les efforts humbles d’un balayeur pour rendre le quartier plus beau. Jésus regarde seulement le but qui peut transcender l’égocentrisme et l’autoglorification ou qui peut ne se limiter qu’à cela. La valeur de nos activités n’est liée qu’à leur but, et le but découle toujours de la décision prise dans nos esprits de voir soit des intérêts partagés, soit des intérêts séparés. Nous pouvons donc nous rendre mutuellement le meilleur service en étant des rappels de la vérité et beauté parfaite de notre Identité immaculée en tant que Christ, Identité reflétée dans nos esprits justes et dont nous témoignons par notre désir de voir tout le monde comme étant pareil. Pour le répéter: c’est possible que cela se fasse par le travail de chercheurs, artistes, poètes ou soudeurs dans une usine. C’est toujours une question du contenu et non pas de la forme.


237 – Est-ce que la guerre peut être un moyen de salut?

Q: 1) Dans la prière dans “le troisième obstacle à la paix”

Prends-la de moi et regarde-la, la jugeant pour moi.
Ne me laisse pas y voir un signe de péché et de mort, ni l’utiliser pour la destruction.
Enseigne-moi comment ne pas en faire un obstacle à la paix
mais Te laisser l’utiliser pour moi, pour faciliter sa venue.

Jésus nous demande de ne pas nous servir de nos perceptions comme des obstacles à la paix, mais pour faciliter la paix. Est-ce bien cela?

2) Et est-ce que cela veut dire même la guerre? Est-ce que c’est possible que la guerre que nous avons choisie pour nous blesser et pour blesser autrui puisse devenir un moyen de notre salut?

R: 1) Oui, c’est correct. En fait cette prière (T-19.IV-C.11:8-10) décrit tout à fait clairement le processus de pardon tel qu’il est enseigné dans Un cours en miracles. Aussitôt que nous remarquons une inquiétude en nous, nous constatons que nous avons mal jugé et demandons au Saint-Esprit de juger la situation (ou la personne) pour nous. C’est ainsi que nos perceptions qui ont suscité l’inquiétude et ont fait obstacle à notre paix facilitent et favorisent notre paix.

2) Oui est aussi la réponse sans équivoque à votre incertitude, et cela vaut même pour la guerre. Tout comportement dans ce monde peut devenir un moyen de notre salut, car:

“… Son usage de ce que tu as fait, pour guérir au lieu de nuire” (T-25.VI.4:1).

Voilà pourquoi Un cours en miracles n’est pas axé sur le comportement, mais sur le changement de nos pensées, ou plus précisément, le changement d’avec qui nous pensons. Essayer de changer notre comportement (ou celui de quelqu’un d’autre) équivaut à essayer d’usurper la fonction du Saint-Esprit:

“La correction n’est pas ta fonction. Elle appartient à Celui Qui connaît ce qu’est la justice, et non la culpabilité. Si tu assumes le rôle de la correction, tu perds la fonction du pardon” (T-27-II.10:1-3).

Voilà de nouveau un énoncé très clair. Toute ambiguïté qui surgit dans notre pratique du Cours vient forcément de notre peur de nous dés-identifier de l’ego, et Jésus n’aurait pas pu décrire plus exactement les étapes nécessaires pour que la paix remplisse notre conscience. Cela dit, on devrait vraiment s’assurer que l’ego ne soit pas impliqué avant de “partir faire la guerre”.


238 – Est-ce que l’insomnie est aussi une défense contre la vérité?

Q: J’étudie Un cours en miracles depuis 1982. Je souffre d’insomnie depuis environ 18 ans. J’ai lu et relu la leçon (136) “La maladie est une défense contre la vérité”. J’ai trouvé beaucoup d’informations supplémentaires sous forme d’extraits de livres, d’enregistrements et de CDs/MP3 de Kenneth Wapnick. Je me rends compte que l’ego produit cela afin que je sois continuellement déséquilibrée et m’identifie constamment au corps, ce qui le rend très réel. Je me réveille très tôt, alors je reste simplement couchée et essaie d’arrêter les pensées négatives. Je demande au Saint-Esprit de tout défaire que j’ai fait pour provoquer cela. Je demande à Jésus de me prendre par la main et de m’aider. Mais je finis toujours par me conformer à l’ego et par piquer une rage parce que cela rend ma vie beaucoup plus difficile. Par conséquent, je suis tellement épuisée que j’ai du mal à me souvenir de rester à l’écoute du doux et léger murmure de la Voix. Si seulement c’était une grande Voix retentissante!

R: Vous ne dites pas si vous prenez des mesures pour vous aider avec votre insomnie au niveau de la forme. C’est évidemment là où nous entamons le processus de guérison étant donné que nous croyons en effet être des corps et, comme vous le dites, prenons le corps très au sérieux en le rendant réel. On peut suivre fidèlement le processus du Cours qui consiste à reconnaître que l’ego est à l’œuvre, tout en utilisant les remèdes qui pourraient aider à traiter la maladie. Comme c’est le cas avec bon nombre de nos problèmes, l’ego finit par nous avoir de toute manière. Comme vous l’avez remarqué, votre insomnie sert à l’ego de plusieurs façons: d’abord comme distraction, comme manière de produire des conflits et comme magnifique moyen de couvrir “le doux et léger murmure de la Voix”, sans parler de la culpabilité qui provient du fait de vous être engagée si vigoureusement auprès de l’ego lors de tout le processus. C’est en effet une situation épuisante qui certes aggrave les effets de l’insomnie.

Avez-vous essayé d’écouter vos enregistrements sur le Cours? S’ils ne vous endorment pas, ils pourraient servir de moyen utile pour passer le temps quand vous êtes réveillée et iraient à l’encontre du but de l’ego de vous distraire et de produire des conflits. Si, avec ce petit désir d’entendre le message du Cours pendant ces heures tôt le matin cela ne vous intéresse plus d’essayer de vous endormir, l’ego ne se servirait peut-être plus l’insomnie comme arme. C’est une arme particulièrement ingénieuse, car Un cours en miracles nous enseigne comment nous éveiller du rêve, et l’ego choisit le “manque de sommeil” comme mécanisme d’attaque.

Dans l’arsenal de l’ego, l’insomnie devient l’agresseur. Utiliser le corps de cette façon est la stratégie habituelle de l’ego, conçue pour produire le sentiment, apparemment dissocié de l’esprit, d’être victime. Le Cours par contre nous dit que le problème a son origine dans l’esprit qui a choisi de s’identifier au monde de séparation et de particularité de l’ego avant que l’insomnie et la colère ne s’ensuivent. Bien que la magie fonctionne pour transporter la forme du problème dans le rêve, elle ne fonctionne pas pour amener la correction. L’aide du Saint-Esprit dépend de notre désir d’assumer la responsabilité de ce choix afin que l’erreur puisse être défaite. Les pensées négatives que vous mentionnez ne vont pas disparaître sans ce désir d’assumer la responsabilité. Souvent, reconnaître honnêtement que “je me trouve dans cette situation fâcheuse (insomnie ou autres) parce que je veux être une victime en colère” peut rendre la situation moins difficile. Tout au moins cela fait un peu d’ordre dans le désordre dans nos esprits embrouillés et ouvre la voie pour le début de la guérison.

Vous sentir coupable ne fait qu’apporter de l’eau au moulin de l’ego. Ce que le Cours conseille à l’égard des lois du chaos s’applique au but que poursuit l’ego avec votre insomnie, comme c’est le cas pour tous ses plans:

“Regardons-les donc calmement, afin de pouvoir regarder au-delà, en comprenant ce qu’elles sont [des mensonges de l’ego qui n’ont aucun effet] et non ce qu’elles voudraient maintenir” [que la séparation et le corps sont réels] (T-23.II.1:4).

“Calmement” est un mot très important ici; il signifie regarder sans jugement, sans ajouter encore plus de culpabilité au feu de l’ego. Le processus qui consiste à regarder honnêtement, voilà la manière dont nous nous éveillons à la vérité que nous enseigne le Cours, et dans cet éveil nous trouvons notre repos:

“Le repos ne vient pas du sommeil mais de l’éveil” (T-5.II.10:4).


239 – Comment pouvons-nous tuer quelqu’un et quand même être aimants et pardonner?

Q: J’ai une question par rapport à l’article du Lighthouse (Le Phare) du mois de mars 2003. Le début à propos du “changement de régime” a un sens pour moi et m’a fait rire. Mais à la fin j’étais frustré: je ne savais plus de quelle façon formuler comment agir ou quels actes soutenir. Si la seule réponse saine d’esprit est le pardon, cela veut-il dire que nous ne devrions pas essayer d’arrêter ceux qui blessent d’autres? Pouvons-nous les en empêcher de façon aimante? Et si nous devions les tuer pour les en empêcher – est-ce que cela peut être aimant?

R: La réponse à votre question repose sur la compréhension des enseignements d’Un cours en miracles sur le pardon qui n’est pas le même que la version du pardon de l’ego. Le pardon selon l’ego se base sur le fait de voir un péché et ensuite le pardonner. Il estime que certains “pécheurs” méritent le pardon et certains ne le méritent pas. Ce qui est important pour l’ego, c’est de rendre l’erreur réelle en croyant qu’une partie de la Filialité a nui à une autre et que les effets sont réels. Ces croyances opèrent pleinement dans une situation telle que la guerre en Irak. C’est une occasion parfaite de voir le système de pensée de l’ego en action – non pas sur le champ de bataille du désert en Irak, mais dans notre esprit où il est besoin de pardon. C’est aussi une occasion parfaite pour le pardon tel que l’article du Lighthouse le décrit. Le pardon tel que l’enseigne le Cours commence par regarder le monde et les événements comme la guerre en Irak. Il prête alors attention à tous les jugements et sentiments qui surgissent en nous et reconnaît leur source, à savoir l’esprit:

[le monde] “est le témoin de ton état d’esprit, l’image extérieure d’une condition intérieure” (T-21.in.1:5).

La vraie guerre a donc lieu dans notre esprit. Les jugements et sentiments sont des projections de la culpabilité dans notre propre esprit qui a surgi à cause de notre choix de nous identifier à la croyance de séparation de l’ego. L’esprit devient alors un champ de bataille, et la guerre dans le monde ne fait que refléter le conflit dans l’esprit. Étant donné qu’il est une activité de l’esprit, il doit être corrigé au niveau de l’esprit et non pas au niveau de la forme. En tant qu’étudiants de ce Cours, nous avons comme rôle de poursuivre ce processus de pardon pour “mettre fin à la guerre”.

La prochaine étape dans le processus de pardon du Cours, c’est de reconnaître que la guerre ne nuit pas véritablement:

“Il n’y a rien à pardonner. Personne ne peut blesser le Fils de Dieu” (T-14.III.7:5-6).

Tout dégât perçu est basé sur la croyance que la séparation et les corps sont réels. Bien qu’en vérité ils ne le soient pas, notre croyance les rend réels dans notre conscience. Quand nous regardons les ravages de la guerre à la télévision, nous constatons à quel point nous percevons en effet les dégâts et croyons en effet que le corps est réel. Toutes nos réactions à la guerre viennent de cette croyance ainsi que bon nombre d’autres croyances à propos de comment le monde devrait fonctionner, qui est responsable de la guerre, quelles sont les victimes et ainsi de suite. La liste des malperceptions est très longue, surtout dans un exemple extrême comme la guerre. C’est ce système de croyances qui suscite notre bouleversement, pas les événements de la guerre. Et c’est ce système de croyances qui provoque la guerre en premier lieu. Voilà la raison pour laquelle la vraie solution à la guerre est le pardon et pas les négociations ou n’importe quels actes concrets. Cependant, il est toujours possible d’agir dans le monde tout en nous tournant au-dedans pour voir le tumulte dans notre propre esprit et cherchant de l’aide pour défaire nos malperceptions. Tout comme nous n’arrêtons pas de prendre soin de notre corps tandis que nous apprenons à défaire notre croyance en lui, nous pouvons aussi faire ce qui à notre avis pourrait aider à résoudre les conflits dans le monde. La décision à prendre n’est pas si nous devons agir ou pas ou de quelle façon agir, mais avec qui prendre la décision:

“Ne vous y méprenez pas: Jésus ne suggère nulle part dans Un cours en miracles que nous ne devrions pas agir dans le monde, il dit seulement de ne pas agir seuls” (The Lighthouse, mars 2003).

Est-ce que nous agissons dans le but de consolider la croyance de l’ego qu’il y a des victimes et des agresseurs et de prendre parti pour les “bons” contre les “mauvais”, ou sommes nous désireux de demander que le Saint-Esprit nous aide à voir que chacun dans la guerre est un frère qui appelle à l’aide et n’est pas un pécheur, et que la vérité reste inviolée pour tous, peu importe à quel point le comportement égoïque est insane? Quelle que soit la forme que l’action puisse prendre, elle reflète le système de croyances de l’enseignant que nous avons choisi: l’ego ou le Saint-Esprit. Le choix d’accepter la perception du Saint-Esprit est la seule réaction aimante dans toute situation, la guerre y comprise. Quand on fait ces pas, il est possible d’empêcher un agresseur de blesser quelqu’un d’autre physiquement sans que ce soit une attaque. Si le seul moyen de le faire est de le tuer, et si l’on a manifestement choisi de s’identifier au Saint-Esprit et non pas à l’ego on peut en principe même tuer sans attaque, sans jugement et sans culpabilité. Mais les personnes qui font partie de cette catégorie sont probablement très rares. En effet, il est peut-être plus aimant d’empêcher quelqu’un de tuer un autre (mais pas toujours); cela serait clair uniquement si on agit à partir de l’esprit juste après avoir choisi le Saint-Esprit, et non pas par peur. Quand on applique les principes du Cours à n’importe quelle situation dans le monde, la seule chose importante à retenir est le contenu de l’esprit, pas la forme. Jésus nous entraîne de sorte à prendre conscience de l’esprit; c’est l’esprit qui a besoin d’être guéri.

Une dernière considération, mais certainement pas la moindre, est l’enseignement du Cours qu’il n’y a pas de mort:

“De mort, il n’y en a pas, parce que ce que Dieu a créé partage Sa vie. De mort, il n’y en a pas, parce qu’un opposé à Dieu n’existe pas. De mort, il n’y en a pas, parce que le Père et le Fils ne font qu’un” (L-I.167.1:5-7).

C’est quand nous nous percevons et percevons les autres comme étant séparés que le Fils de Dieu est “assassiné”. Il s’ensuit que quelqu’un qui dit vouloir soutenir la paix et la fraternité tout en débordant de jugements contre les dirigeants politiques responsables de la guerre inflige la peine de mort au Fils de Dieu, alors qu’un soldat qui s’identifie entièrement à la perception du Saint-Esprit et connaît son unité avec tous ses frères peut remplir son devoir, tuer y compris, alors que l’amour du Saint-Esprit passe à travers lui. Cela n’est possible qu’en se joignant au Saint-Esprit dans l’esprit:

“Il apporte des rêves de pardon, dans lesquels le choix n’est pas qui est l’assassin et qui sera la victime. Dans les rêves qu’il apporte, il n’y a pas de meurtre et il n’y a pas de mort” (T-27.VII.14:4-5).


240 – Le système de pensée du Cours est-il compatible avec les dieux et les déesses?

Q: Au cours d’un atelier tantrique récent, j’ai ressenti une puissante énergie de “déesse” qui a immédiatement provoqué un conflit lorsque j’ai pensé: “Holà! Il n’y a pas de déesses dans Un cours en miracles! ” Est-ce que vous diriez que la notion d’énergies de dieux ou de déesses, de Shiva et de Shakti, est incompatible avec UCEM? Ou est-ce qu’on pourrait voir la fusion de ces polarités sexuelles comme étant analogue au fait de surmonter la dualité tel que l’envisage le Cours?

R: Bien qu’à une exception près (C-2.8:2), toutes les références à un genre dans le Cours soient masculines, la seule réalité selon le Cours n’a pas de genre. Toute polarité, qu’elle soit masculin-féminin, bon-mauvais, chaud-froid, dedans-dehors et ainsi de suite doit être un produit du système de pensée de l’ego qui a son origine dans la croyance en l’opposition – à Dieu. Étant donné que nous en faisons l’expérience, la seule question qui vaille la peine d’être posée selon le Cours est dans quel but utiliser de telles polarités (T-24.II.6:1-4). Est-ce pour consolider le système de pensée de péché, culpabilité, peur, de différences et de particularité? Ou est-ce pour servir d’école pour apprendre nos leçons de pardon qui nous mènent au-delà de la perception de différences et de particularités?

Le processus du Cours ne comprend aucune fusion de polarités. Cela correspondrait plutôt à l’approche de C. G. Jung de concilier les opposés selon laquelle une réalité est accordée aux deux pôles dont l’intégration les élève à un niveau supérieur d’expérience. Dans le Cours, même les soi-disant dualités comme amour et peur ou lumière et ténèbres ne sont pas vraiment des opposés, car, comme Jésus remarque tout au début du Cours:

“L’opposé de l’amour est la peur, mais ce qui embrasse tout ne peut avoir d’opposé” (T-in.1:8).

La peur et les ténèbres n’ont pas de réalité et il n’est donc pas possible de les intégrer à leur “opposé”. Nous avons plutôt besoin de prendre du recul et de regarder la peur et les ténèbres avec le Saint-Esprit jusqu’à ce qu’à la longue nous en arrivions à reconnaître leur nature illusoire. C’est cette re-connaissance qui amène la prise de conscience qu’il n’y a rien à surmonter. Il n’y a pas de guerre à mener contre la dualité. La seule chose dont il est besoin est un changement de perception qui produit une façon de voir tout à fait différente d’au-dessus du champ de bataille des opposés.

Quant à votre expérience concrète d’une puissante énergie “de déesse”, le Cours ne porterait pas de jugement précis, mais vous prierait de vous demander: cette expérience de puissance était-elle du tout associée au fait de vous voir en opposition avec quelqu’un qui aurait des intérêts séparés, dans le sens d’une division entre le féminin et le masculin? Si c’est le cas, cela voudrait dire que votre pensée était basée sur le système de pensée de l’ego. Si, par contre, c’était une expérience de possibilités partagées et mutuelles que vous aviez avec tout le monde sans exception, alors c’était le reflet d’une pensée de l’esprit juste. Comme nous l’avons expliqué plus haut, c’est la façon dont vous interprétez cette expérience de puissance qui détermine dans quel but vous l’avez utilisée.

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