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span style= »font-size:medium; »>Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page:

221 – Est-ce que chaque forme séparée a-t-elle son propre esprit?
222 – Pourrait-on utiliser des techniques manipulatrices pour guérir?
223 – Est-ce que nous avons besoin d’un partenaire d’apprentissage particulier pour apprendre le Cours?
224 – Est-ce que tout est prédestiné? Sommes-nous impuissants?
225 – Est-ce que je suis vraiment censé “ne rien faire” quand quelqu’un m’attaque?
226 – Est-ce possible de vraiment changer quoi que ce soit par les choix que nous faisons dans le temps et l’espace?
227 – Qui est le “frère précis” avec qui je dois guérir ma relation?
228 – Comment Dieu pouvait-Il exister avant Ses créations si le mot “avant” est in-signifiant?
229 – Est-ce que j’ai encore besoin de mes médicaments, si seul le salut peut guérir?
230 – Est-ce que je peux revenir sur les leçons du livre d’exercices que j’ai sautées?


221 – Est-ce que chaque forme séparée a son propre esprit?

Q: Si je comprends bien, tout ce qui a une forme animée ou inanimée en ce monde fait partie de la Filialité, et toutes les parties de la Filialité doivent être dans le monde réel pour que le second Avènement puisse avoir lieu. Je sais qu’il n’y a en fait qu’un seul esprit, mais dans l’illusion de la séparation il semble y avoir beaucoup d’esprits divisés. De plus, vu que je n’ai qu’à me soucier de la guérison de mon propre esprit, une relation directe entre mon corps et mon esprit semble exister. Est-ce que chaque forme en ce monde de séparation a un esprit qui doit être guéri? Comment cela est-il possible? Je sais que cette question a déjà été posée sous une forme ou une autre, mais je ne comprends toujours pas.

R: Oui, Un cours en miracles nous enseigne qu’il n’y a réellement qu’un seul esprit, mais nous avons l’illusion de beaucoup d’esprits divisés. Le second Avènement est le retour collectif à la prise de conscience de notre réalité en tant que seul Fils de Dieu; il est la guérison complète de l’esprit de la Filialité.

C’est très difficile à comprendre. En fait, il est impossible de le comprendre si l’on s’identifie à une existence individuelle comme être humain: cette identité a été échafaudée par l’ego afin de bloquer toute connaissance de l’esprit qui se trouve en dehors du temps et de l’espace et détient la clé pour la compréhension de l’origine de l’existence des êtres séparés et fragmentés que nous croyons être. Il n’y a que très peu de choses dans le Cours qui ont un sens si l’on essaie de le voir par rapport à l’expérience dans le monde. Bien sûr que nous essayons tous de le faire parce que c’est notre seul point de référence pour comprendre quoi que ce soit. C’est pourquoi Jésus nous fait commencer à ce niveau-là, mais si nous restons au niveau où nous nous considérons encore comme des êtres physiques et psychologiques dans le monde, nous n’irons pas bien loin avec le Cours, parce que, pour le répéter, nous essayons toujours de le comprendre d’une perspective qui part de l’intérieur du temps et de l’espace. Jésus nous enseigne que cette perspective a été faite pour nous empêcher de revenir à nos esprits. Il a été fait pour multiplier les problèmes et mystères qui attirent notre attention jusqu’à l’occuper entièrement, pour que nous ne nous rendions jamais compte que tout cela est une défense contre la vérité.

Jésus se trouve entièrement en dehors de cette perspective limitée et nous prépare – au moyen des exercices dans le livre d’exercices – à petit à petit lâcher prise de notre façon de percevoir et de la remplacer par la sienne. En avançant sur la voie de ce renversement de la pensée, ce genre de question disparaît, car nous nous assimilerons de moins en moins à notre existence séparée et donc ferons l’expérience directe d’une identité partagée. Et nous serons davantage attirés par l’unité que par la division et la séparation.


222 – Pourrait-on utiliser des techniques manipulatrices pour guérir?

Q: J’étudie les techniques de “relations humaines” enseignées par Dale Carnegie dans ses livres à grand succès ainsi que dans son séminaire connu depuis quelque temps. Carnegie enseigne que je devrais toujours m’exprimer en fonction des intérêts d’autrui, que je ne devrais jamais dire à quelqu’un qu’il a tort (mais juste attirer indirectement son attention sur ses erreurs), et que le seul moyen de gagner une dispute est de ne pas en avoir. J’ai évité d’utiliser ces techniques jusqu’à tout récemment parce que je les trouvais assez manipulatrices. Dans le langage d’Un cours en miracles, je trouvais qu’on pourrait même dire que de telles techniques sont des tentatives de meurtre d’autrui puisqu’elles sont des tentatives de contrôler pour obtenir ce que l’on veut. Mais ces dernières semaines, j’ai constamment utilisé ces techniques et je suis demeuré stupéfait de voir à quel point elles fonctionnaient!

Récemment, l’idée m’est venue que les techniques de relations humaines de Carnegie font en définitive ressortir l’investissement qu’ont la plupart d’entre nous pour maintenir la particularité et l’état de séparation. En fait, de telles techniques semblent être destinées à aider les autres à renforcer leur propre particularité et état séparé. Mais parfois je me suis aussi rendu compte que je n’aurais pas pu rencontrer certaines personnes avec courtoisie sans utiliser les techniques de Carnegie. Pour certains (moi y compris sans doute), l’idée de ne pas être particulier ou séparé est une idée effrayante. Se pourrait-il que les techniques de Carnegie puissent être en fait une forme de pardon dans certains cas, tout comme prendre des médicaments pour une maladie est une forme de pardon?

R: Là, vous avez reconnu un enseignement fondamental du Cours, à savoir que le but est tout (T-4.V.6:8-11; T-24.VII.6:1-3). Une des contributions les plus importantes du Cours aux chemins spirituels du monde est qu’il enseigne que nous pouvons utiliser ce que l’ego a fait pour la séparation et l’attaque pour servir un autre but, à savoir le pardon, plutôt que de recommander le déni et le rejet des manières du monde. La clé est d’être désireux de laisser les formes concrètes servir le but du Saint-Esprit plutôt que le nôtre (T-6.V-A.2:4-5).

Vous avez reconnu que les instruments de manipulation et de meurtre dans les mains de l’ego peuvent devenir les moyens de voir votre frère et vous-même sous un jour différent. Mais d’abord, vous devez avoir pris la décision de vous voir tous les deux autrement, ayant des intérêts communs au lieu d’intérêts séparés. Votre intention que vos propres besoins soient satisfaits en contrôlant votre frère a changé et vous reconnaissez à un certain niveau que vous avez tous deux le même besoin d’être pardonnés, d’être vus sous le jour de la charité véritable. Donc ce qui a été fait pour renforcer la séparation et la particularité devient maintenant un moyen de les défaire. Comme toujours, la valeur ne réside pas dans une technique ou une forme particulière, mais dans le but que vous lui donnez.

La question du but est expliquée en plus de détails dans la réponse à la question 57.


223 – Est-ce que nous avons besoin d’un partenaire d’apprentissage particulier pour apprendre le Cours?

Q: J’aimerais comprendre la section “Entrer dans l’arche” (T-20.IV). Elle semble indiquer qu’il y a une personne particulière avec qui nous travaillons à notre salut, alors que je crois comprendre que chaque individu apparemment séparé est notre frère et qu’il faut donc voir la face du Christ en chaque chose vivante. Je suis marié, ma femme n’étudie pas Un cours en miracles et, à ce qu’il me semble, a peur de ce qu’il nous enseigne. Je suis aussi tombé sur une institution qui enseigne le Cours et nous dit que nous devons avoir un pote particulier avec qui vraiment étudier et travailler à notre salut. Pourriez-vous éclaircir cela s’il vous plaît?

R: Il me semble que vous posez deux questions qui sont en rapport l’une avec l’autre: la première est s’il n’y a qu’une seule ou plusieurs relations dans laquelle ou lesquelles nous devons pratiquer le pardon; la seconde est si nous pouvons vraiment mettre en pratique le Cours et apprendre nos leçons de pardon si notre partenaire d’apprentissage n’est pas un étudiant du Cours.

Quant à la première, vous faites sans doute référence à la phrase suivante de la section “Entrer dans l’arche”:

“À chacun de ceux qui errent sur cette terre dans une apparente solitude, un sauveur est donné dont la fonction particulière ici est de le délivrer, et ainsi de se libérer lui-même” (T-20.IV.5:3).

Puis Jésus ajoute:

“Dans le monde de la séparation, chacun est désigné séparément, bien qu’ils soient tous les mêmes” (T-20.IV.5:4).

Comme cette deuxième phrase l’indique, vous avez raison de noter que le pardon doit reposer sur chaque frère apparemment séparé jusqu’à ce que nous voyions tous comme étant les mêmes. Mais en général il est aussi vrai qu’il y a une personne particulière qui nous pose problème et qui nous fournit les leçons de pardon qui sont nos plus grands défis. Qui cet autre est peut ou ne peut pas changer au fil du temps. Mais même si les visages changent peut-être, les leçons sous-jacentes restent les mêmes jusqu’à ce que nous soyons désireux de regarder et ensuite relâcher la culpabilité que nous avons projetée sur eux parce que nous ne voulions pas la reconnaître dans notre propre esprit. Chaque relation fournit donc des occasions pour pratiquer le pardon, mais celles qui semblent nous faire marcher le plus sont les symboles plus importants de notre propre culpabilité ensevelie et donc nous procurent les meilleures occasions pour apprendre nos leçons. Jésus explique les différents niveaux d’apprentissage dans le manuel pour enseignants, dans le contexte des relations entre enseignant et étudiant (M-3).

Quant à votre deuxième question, lire soigneusement la section à laquelle vous faites référence devrait rendre clair que Jésus ne parle que de la façon dont nous percevons nos partenaires d’apprentissage et pas de ce qui se passe concrètement au niveau du comportement ou de la forme entre les deux. C’est notre ego qui veut que nous nous concentrions sur ce que nous faisons avec notre partenaire au niveau du corps. Selon le Cours, les relations n’existent que dans l’esprit et non pas entre les corps dans le monde (T-28.IV.3). Ainsi, ma guérison dans n’importe quelle relation n’a aucun rapport avec la façon dont vous, en tant que partenaire d’apprentissage, participez ou ne participez pas à l’étude et à l’application des principes du Cours. Si je dépendais le moindrement de votre participation, je serais à la merci de vos choix et pas seulement de ma propre décision intérieure quant à la façon de vous percevoir. Bon, dans quelques cas cela peut aider si un partenaire étudie également le Cours, ce qui permet d’en parler au niveau de la forme. Mais il est impossible qu’il soit nécessaire au salut, sinon Jésus nous roulerait comme le fait l’ego qui l’a essayé dès le début; ce serait inévitable de devenir victime d’autrui.

De plus, ma réaction est toujours la même si le Saint-Esprit est le Guide de ma perception, que vous soyez, en tant que partenaire d’apprentissage, dans votre esprit juste ou votre esprit faux dans n’importe quelle interaction. Car en acceptant le jugement du Saint-Esprit au lieu du mien je sais que vous ne faites qu’étendre l’amour ou appeler à l’amour, et ma réaction sera toujours la même: je me permets d’être un instrument de l’Amour du Saint-Esprit (T-12.I). Ma résistance à accepter la façon dont le Saint-Esprit vous perçoit dans tout aspect de notre relation ne fait qu’indiquer les points où mes leçons de pardon ne sont pas encore apprises. C’est ainsi que vous, mon partenaire d’apprentissage, êtes en fait mon sauveur, car vous me dirigez vers les pensées enténébrées non guéries dans mon esprit afin que je puisse maintenant faire un autre choix quant à la façon dont je me vois moi-même.


224 – Est-ce que tout est prédestiné? Sommes-nous impuissants?

Q: Est-ce que la notion que ce monde était fait et fini au même moment signifie que tout dans ce monde est prédestiné et que nous n’avons pas le pouvoir de réaliser ce que nous voulons?

R: Selon Un cours en miracles, ce qui se passe dans le monde n’est pas prédestiné dans le sens traditionnel du mot. Les scénarios de nos vies ont été écrits par le “preneur de décision”, pas par Dieu, et ils ne suivent pas non plus l’ordre temporel sur lequel se base la prédestination. Un rappel: le preneur de décision (ou décideur) est l’aspect de l’esprit divisé qui choisit soit l’ego soit le Saint-Esprit comme enseignant. Tant que nous faisons l’expérience d’être dans le temps et revoyons mentalement les scénarios qui sont déjà passés (L-I.158.4), nous avons en effet la capacité de choisir à tout moment quel enseignant nous conduit dans notre vie quotidienne. Rappelez-vous que ce “nous” n’est pas le soi que nous appelons par notre nom, mais le décideur dans notre esprit qui se trouve en-dehors du temps et de l’espace.

Si l’on veut pousser la définition de la prédestination plus loin, on pourrait dire que l’un des enseignements du Cours tombe sous cette catégorie:

“L’acceptation de l’Expiation par chacun n’est qu’une affaire de temps. Cela peut paraître contredire la libre volonté parce que la décision finale est inévitable, mais il n’en est rien. Tu peux temporiser et tu es capable d’une énorme procrastination […] Mais l’issue est aussi certaine que Dieu” (T-2.III.3:1-3,10).

Et finalement, même si cela ne semble pas être le cas, nous avons tous le pouvoir de réaliser ce que nous voulons:

“Outre le fait de reconnaître que les pensées ne sont jamais vaines, le salut requiert que tu reconnaisses aussi que chaque pensée que tu as apporte soit la paix ou la guerre, soit l’amour ou la peur” (L-I.16.3:1).

Examinez bien votre vie et rendez-vous compte que, quelles que soient les circonstances – présentes, passés et futures –, elles sont le résultat d’avoir obtenu ce que vous voulez. C’est dur à accepter, vu que presque tout le monde a fait des expériences douloureuses dans sa vie, du moins à un moment ou à un autre. Pourtant c’est exactement ce que veut l’ego. Et, étant identifiés à l’ego, nous obtenons exactement ce que nous voulons. Ce qui est bien, c’est que dès que nous transférons notre allégeance totalement de l’ego au Saint-Esprit, nous trouvons le bonheur et la paix, ce que secrètement nous avons toujours voulu.


225 – Est-ce que je suis vraiment censé ne rien fairequand quelqu’un m’attaque?

Q: Je lis Un cours en miracles pour la deuxième fois et j’ai des difficultés avec la leçon 135. Est-ce qu’elle veut dire que si quelqu’un attaque physiquement ou verbalement, on devrait simplement ne rien faire? Est-ce qu’on est censé se laisser “tabasser”? Je ne pense pas que c’est cela que ça signifie. Je veux juste être sûr de bien l’interpréter. Est-ce que la pratique des arts martiaux est en contradiction avec les enseignements du Cours?

R: Vous avez raison en ce qui concerne la leçon 135: “Si je me défends, je suis attaqué”. Cela ne veut pas dire que vous devriez vous laisser tabasser ou maltraiter ni ne pas intervenir quand quelqu’un d’autre est maltraité. Ce concept est l’un des plus mal compris et mal appliqués du Cours. Il est important de se rappeler que le Cours ne parle jamais du comportement et que la pratique du Cours ne devrait jamais manquer de bon sens. Le Cours a toujours comme point de mire le contenu dans notre esprit. Ainsi, nous pouvons être dans notre esprit juste et empêcher quelqu’un de nous frapper par la force, ou nous pouvons être dans notre esprit faux et faire la même chose. Nous pouvons être dans notre esprit juste et ne rien faire ou nous pouvons être dans notre esprit faux et ne rien faire. Si nous arrivons à passer outre notre ego pour un instant, tout ce que nous faisons ou ne faisons pas sera “juste”.

Tout au long du Cours Jésus enseigne que notre pensée découle soit du système de pensée de l’ego soit de celui du Saint-Esprit, selon qui nous avons choisi. Dans cette leçon il nous enseigne donc concrètement que chaque fois que selon notre perception nous sommes attaqués et ressentons le besoin de nous défendre, nous renforçons un concept de soi de peur et de vulnérabilité, et cela signifie que nous nous voyons comme corps et pas tels que Dieu nous a créés. Ce n’est que si nous avons peur que nous avons besoin de défenses. C’est une information utile, car elle nous dit à quel système de pensée nous nous identifions. Mais nous ne pouvons pas corriger notre concept de soi erroné simplement en laissant les autres nous maltraiter ou violer d’une façon ou d’une autre. Cela ne nous ferait pas progresser spirituellement, pas plus qu’enlever toutes les serrures de nos portes et résilier nos polices d’assurance ne nous ferait progresser spirituellement. Tant que nous croyons être des corps, nous devons réagir et respecter nos besoins corporels tant physiques que psychologiques.

Jésus nous parle de son point de vue en tant qu’esprit guéri qui connaît avec certitude que les corps et ce monde sont totalement illusoires. Il dit simplement que nous, dont les esprits ne sont pas guéris, devrions prêter attention au système de pensée auquel nous avons choisi de nous identifier et demander son aide pour regarder avec ses yeux pour voir à quoi ressemble réellement ce monde et quel est son but. Alors nous aurons une base pour choisir autrement. Jésus nous aide à nous rendre compte que par nature la peur est en nous tous et qu’elle vient de notre esprit et non pas d’éléments hostiles dans le monde ou dans le corps; ces derniers font tous partie de la stratégie de l’ego afin que nous restions sans esprit. Une défense contre la peur et la culpabilité dans notre esprit n’est pas nécessaire parce que l’ego les a inventées. Nous avons seulement besoin de demander l’aide de Jésus ou du Saint-Esprit pour corriger notre choix erroné de nous être identifiés au système de pensée de péché, culpabilité et peur de l’ego. Nous savons que nous avons fait ce choix erroné chaque fois que nous nous sentons vulnérables et attaqués. Pour le répéter: cela ne veut pas dire que nous ne nous protégeons pas de façon adéquate dans le monde, y compris par les arts martiaux.

Pour finir, Jésus ne veut pas dire dans cette leçon que nous ne devrions jamais faire de projets. Il veut seulement dire que nous devrions le consulter d’abord, parce qu’en tant qu’esprits non guéris nous n’avons aucune idée de ce qu’est notre propre intérêt, ou l’intérêt de quiconque. Nous devons même être vigilants afin de ne pas croire savoir quels sont nos problèmes, et donc tomber dans le piège de l’ego de dire à Jésus et au Saint-Esprit comment Ils devraient les résoudre. Il vaudrait bien mieux investir toute notre énergie et nos efforts dans la demande de Leur aide pour pardonner, car seulement cela enlèvera les barrières qui nous empêchent d’entendre véritablement la Voix pour l’Amour, Dont la sagesse guiderait avec douceur toutes nos paroles et tous nos actes. La culpabilité est le problème, le pardon est la réponse. Nous n’avons jamais besoin d’être plus précis que cela.


226 – Est-ce possible de vraiment changer quoi que ce soit par les choix que nous faisons dans le temps et l’espace?

Q: Si notre vie est déterminée par une décision prise en dehors du temps et de l’espace, c.-à-d. le choix de l’enseignant que nous allons écouter, quel sens aurait alors l’essai de changer n’importe quoi avec le soi qu’est notre personnalité? Pourquoi même faire le livre d’exercices vu qu’il est fait avec le petit soi? Je suppose que je demande quel rôle joue le soi que je crois être dans le grand schéma des choses.

R: Oh, ce n’est pas si accablant que ça! Mais tout d’abord vous devez comprendre que rien n’est tenté ou fait par le soi dans le monde que nous croyons être et qui n’est qu’une ombre des pensées dans l’esprit, même si vous ne le ressentez pas ainsi. Tout se fait par l’esprit – tout le pouvoir réside dans l’esprit. Nous nous sommes seulement trompés quant à qui nous sommes: nous pensons donc être l’ombre au lieu de la lumière sans laquelle il ne pourrait y avoir une ombre. Tout ce que nous faisons dans le monde est une ombre ou projection d’un choix que nous avons fait dans notre esprit, souvent inconsciemment, concernant l’enseignant que nous allons écouter. Et très longtemps, nous oublions même que nous avons choisi l’ego, puisque nous ne savons pas qu’un autre enseignant que l’ego existe. Cela était évidemment le but de l’ego, car maintenant il semble que nous soyons sans esprit. Nous croyons penser avec le cerveau, ce qui est une tromperie complète (L-I.92.2), et nous n’avons plus conscience d’avoir un esprit, bien que la conscience n’appartienne qu’à l’esprit. Et si nous ne savons pas que nous avons un esprit, c’est beaucoup plus difficile de changer d’esprit ce qui, évidemment, est également le but de l’ego.

Pensez à votre exemple de faire les leçons du livre d’exercices: ce n’est pas vraiment le soi que je crois être qui les fait; mon expérience de les lire et de les pratiquer dans le monde est le reflet d’un choix que j’ai fait dans mon esprit, projeté au-dehors en tant que comportement de mon soi illusoire dans le monde. Tout apprentissage se fait dans l’esprit. Mais tant que nous avons encore trop peur de nous voir en tant qu’esprit, nous allons continuer de tout ressentir comme si c’était choisi et accompli par le soi que nous croyons être dans le monde. Ce qui aide dans notre soi-disant expérience dans le monde est qu’elle peut être utilisée comme baromètre pour nous aider à reconnaître à quel enseignant nous nous sommes en fait adressés dans notre esprit. Le choix dans l’esprit de faire les leçons du livre d’exercices est la plupart du temps la décision de se détourner de l’ego et de se tourner vers le Saint-Esprit. Donc, l’apprentissage continue – c’est juste que ce n’est pas mon soi ici qui apprend: ce soi n’est toujours qu’un effet et jamais une cause de quoi que ce soit. Je répète: aussi longtemps que d’accepter notre réalité en tant qu’esprit nous fait trop peur, nous croyons que l’apprentissage se fait sur ce plan par le petit soi que nous pensons être.

Vous pouvez donc absolument continuer de faire les leçons du livre d’exercice et pratiquer le pardon dans les leçons de votre soi-disant vie ici. Ce sont les occasions que Jésus nous demande de lui donner pour qu’il puisse nous aider à changer d’esprit tant que nous croyons encore être des corps, jusqu’à ce que la culpabilité n’ait plus d’emprise sur notre esprit et nous n’ayons plus besoin du corps et du soi avec une personnalité en tant que défense contre la culpabilité.


227 – Qui est le frère précisavec qui je dois guérir ma relation?

Q: Un cours en miracles mentionne l’existence d’un frère précis. Devrait-on le comprendre comme la ou le partenaire dans une relation actuelle? Il me semble qu’il est dit clairement dans le Cours que le bonheur dépend du développement de cette relation. Est-ce vrai?

R: Jésus “parlait” à Helen Schucman et Bill Thetford de leur relation et d’autres relations dans leur vie, et c’est pourquoi l’enseignement et ce propos sont mentionnés ainsi dans ce contexte. Jésus essayait d’aider Helen à comprendre combien elle serait plus heureuse et paisible si elle lâchait prise des jugements qu’elle portait sur Bill et certaines autres personnes dans sa vie. Mais pour la pratique nous pouvons nous servir de n’importe qui, qu’il soit en vie ou non, qu’il fasse partie de notre vie à présent ou non. Ce n’est pas toujours la personne avec qui vous avez une relation en ce moment dont vous avez besoin de vous occuper le plus, bien que cela puisse être le cas. Il peut aussi y avoir de gros problèmes non résolus avec un enfant, un père ou une mère décédés, un frère, une sœur ou n’importe quel autre membre de la famille, un ami ou une amie ou même un personnage public.

Normalement, quelqu’un nous vient vite à l’esprit lorsque nous faisons les exercices dans le livre d’exercices ou appliquons ce que nous lisons dans le texte. Mais cela n’a pas vraiment d’importance, car il s’agit toujours du contenu dans notre propre esprit, et toutes les relations sont dans l’esprit. Le contenu est toujours le même, indépendamment de la forme de la relation. Tous les problèmes dans nos relations viennent de notre haine de soi, notre culpabilité et notre sentiment de manque lancinant que nous avons projetés. Si nous guérissions totalement n’importe quelle relation, nous les aurons toutes guéries et serons tout à fait heureux parce que, pour le répéter, le contenu est toujours le même, le temps n’est pas réel, et tous les esprits sont joints.


228 – Comment Dieu pouvait-Il exister avant Ses créations si le mot avant est in-signifiant?

Q: Dans Un cours en miracles, Jésus dit 1) que nous tous faisons partie d’un seul être sans forme qui a été créé par un autre être sans forme, et 2) que les notions de temps sont illusoires. Mais est-ce que avant n’est pas une notion temporelle? Comment est-ce possible qu’un être crée un autre être sans avoir été avant lui?

R: Cela aide si l’on se rend compte que lorsque Jésus essaie de dire quelque chose sur la création et notre réalité véritable en Dieu, il doit utiliser des mots et concepts qui sont voués à l’échec et ne font pas plus que suggérer un état que nous ne pouvons pas comprendre. Car il n’est pas possible de décrire ce qui est au-delà de toute description, et ce qui est illimité et infini ne peut pas être défini par des termes définis. Jésus doit utiliser le langage de la perception pour parler de ce qui est au-delà de la perception, au-delà du temps et de l’espace.

Mais Jésus a aussi un but en essayant d’expliquer l’inexplicable dans le Cours: il veut corriger les concepts et croyances erronés du système de pensée de l’ego. Fondés sur la dualité perceptuelle, ces concepts et croyances soutiennent, bien qu’à présent inconsciemment, que nous nous sommes séparés de Dieu, avons usurpé Son pouvoir de créer et sommes en fait créateur et source de toute existence (T-11.in-1:6-8;2).

Ainsi la correction qu’offre Jésus utilise également des mots duels tels que Père et Fils qui présupposent une dimension spatiale et temporelle dans leur relation. Mais ces mots ne sont utilisés que pour défaire notre croyance que nous pouvons être notre propre cause, et rendent à Dieu le rôle de Source de tout être. Quand nous lisons des passages qui essaient de nous donner une idée de la nature véritable de Dieu et de la réalité, réalité au-delà du temps et de l’espace, dans laquelle il n’y a pas deux êtres distincts appelés Dieu et le Christ, il est évident que Jésus n’a pas l’intention que nous les prenions littéralement.

Par exemple, Jésus dit tout en utilisant le langage duel du système de pensée de l’ego, que

“Dieu […] ne fait pas de distinction entre ce qui est Lui-même et ce qui est encore Lui-même. Ce qu’Il crée n’est pas à part de Lui, et nulle part le Père ne finit et le Fils ne commence comme quelque chose de séparé de Lui” (L-I.132.12:3-4).

Des notions fondées sur le temps comme avant et après, ou premier et dernier, ne s’appliquent simplement pas à Dieu au sens habituel. Dieu

“ne fait rien en dernier, parce qu’Il a créé le premier et pour toujours. Il faut comprendre que le mot “premier” quand il s’applique à Lui n’est pas un concept temporel. Il est premier en ce sens qu’Il est le Premier à l’intérieur même de la Sainte Trinité. Il est Premier Créateur, parce qu’Il a créé Ses co-créateurs. Parce qu’Il l’a fait, le temps ne s’applique ni à Lui ni à ce qu’Il a créé” (T-7.I.7:3-7, italiques ajoutés).

Si l’explication sans doute insatisfaisante de ce que nous ne pouvons pas comprendre ne vous satisfait pas, consolez-vous: vous n’êtes pas seul. En essayant de décrire la nature et la condition de la véritable création, Jésus conclut:

“Cela n’est descriptible à personne ici. Et il n’y a aucune façon d’apprendre ce que cette condition signifie. Pas avant que tu n’ailles passé l’apprentissage jusqu’au Donné […] ce n’est compris” (T-24.VII.6:8-10).

Nous pouvons donc seulement accepter humblement de ne pas comprendre. Mais ce qui est bien, c’est que même si nous croyons devoir comprendre, nous n’avons pas besoin de comprendre pour trouver notre chemin du retour chez nous (T-18.IV.7:5-7). Nous pouvons pratiquer nos leçons de pardon en toute confiance que si nous contribuons notre part, le reste nous sera donné quand nous serons prêts à l’accepter.

Voir aussi la question 85 pour des explications supplémentaires sur la nature duelle du langage du Cours par rapport à sa métaphysique non duelle.


229 – Est-ce que j’ai encore besoin de mes médicaments, si seul le salut peut guérir?

Q: Le passage de la leçon 140 d’Un cours en miracles, “Du salut seulement il peut être dit qu’il guérit”, me déroute:

“Ainsi mettons-nous de côté nos amulettes, nos charmes et nos médicaments […] Nous serons calmes et nous écouterons la Voix de la guérison, qui guérira tous les maux ne faisant qu’un…” (L-I.140.10:1-2).

Je crois que nous créons notre propre maladie. J’ai une hypothyroïdie depuis à peu près 24 ans et une dépression a été diagnostiquée. Je crois à la foi absolue en Dieu et à Sa vérité. Est-ce que j’arrête de prendre mes médicaments? Je m’aperçois que j’ai une peur sous-jacente des conséquences d’une hyperthyroïdie non traitée. Est-ce que ma foi peut faire disparaître ces états? Est-ce que la guérison dont il est question ici est physique, spirituelle, ou autre? Je me sens bien perdue dans tout ça.

R: S’il vous plaît, n’arrêtez pas de prendre vos médicaments. Ce n’est pas le but de cette leçon du livre d’exercices. Jésus ne nous demanderait jamais de laisser tomber quoi que ce soit dans le monde de forme qui apparemment nous aide encore à nous sentir mieux et qui contrôle nos symptômes physiques, réduit notre douleur et calme notre peur (T-2.IV.4:5-10; 5). Il essaie seulement de nous faire regarder au-delà de nos suppositions tacites concernant la maladie et les remèdes.

Concrètement, cette leçon a pour but de nous aider à ce que nous comprenions petit à petit que ce n’est pas le corps qui est malade, que ce n’est pas sur lui que nous devrions nous concentrer pour la guérison. C’est au contraire l’esprit qui croit que la séparation et la culpabilité sont réelles. Voilà l’idée qui sous-tend les phrases:

“L’Expiation ne guérit pas les malades, car cela n’est pas guérir. Elle ôte la culpabilité qui rend la maladie possible. Et cela est certes guérir” (L-I.140.4:4-6).

Et plus loin dans la même leçon:

“N’essayons pas aujourd’hui de chercher à guérir ce qui ne peut souffrir d’une maladie [le corps]. La guérison doit être cherchée uniquement là où elle est [dans l’esprit], pour être appliquée ensuite à ce qui est malade [l’esprit], afin que cela [l’esprit] puisse être guéri” (L-I.140.7:1-2).

Cette idée est aussi exprimée très clairement dans le texte:

“Le corps n’a pas besoin de guérison. Mais l’esprit qui pense être un corps est certes malade! ” (T-25.in.3:1-2).

Dans cette leçon, Jésus n’essaie pas de nous faire changer de comportement, par exemple d’arrêter de prendre des médicaments. Il nous invite plutôt à considérer franchement une façon de penser différente quant à ce qui est malade, et pourquoi il l’est. Lorsque nous acceptons que la maladie se trouve dans l’esprit et qu’elle vient de ce que nous croyons inconsciemment à la culpabilité qui est une illusion – culpabilité qui découle de la pensée que nous nous sommes séparés de notre Source et L’avons attaquée – nous finirons par comprendre que la guérison comporte simplement le processus de défaire ces croyances; c’est ce que le Cours appelle le pardon. Continuez donc à prendre vos médicaments, mais en même temps invitez Jésus à regarder avec vous la culpabilité dans votre esprit qui a fait que non seulement vous croyez être un corps, mais aussi que vous méritez de souffrir. Jésus n’accepte ni l’une ni l’autre de ces croyances à votre égard, mais vous le faites encore, et c’est pourquoi vous avez besoin qu’il vous guide.

Juste pour éclaircir un point: dans le Cours, foi ne signifie pas la même chose que dans son usage traditionnel, par exemple guérison par la foi. Dieu ne guérit pas notre maladie, et le Cours ne nous demande pas d’avoir foi en Dieu afin qu’Il nous prenne toute maladie et souffrance. Par foi, le Cours veut dire l’allégeance que nous donnons soit à l’ego soit au Saint-Esprit afin qu’ils dirigent notre pensée, ce qui mène aux conséquences inévitables qui viennent du fait d’avoir placé notre foi en l’un ou l’autre enseignant (T-13.IX.2:3-6). Placez votre foi dans l’interprétation que l’ego a de vous et d’autrui, et vous pouvez être sûre que culpabilité, peur, souffrance, maladie et mort s’ensuivront. Placez votre foi dans le Saint-Esprit, et vous pouvez être sûre de paix, amour, joie et vie. Placer votre foi en le Saint-Esprit signifie que vous êtes désireuse de remplacer le jugement et l’attaque contre vous-même et autrui par le baume guérisseur du pardon.

Voir aussi les questions 57, 128 et 142 pour des explications à ce sujet.


230 – Est-ce que je peux revenir sur les leçons du livre d’exercices que j’ai sautées?

Q: Je me rends compte que les quelques fois que j’ai étudié le livre d’exercices d’Un cours en miracles, j’ai omis certaines choses qui font partie des leçons précédentes, par exemple “signifiant” et “in-signifiant”. Conformément aux instructions, on ne doit faire qu’une seule leçon par jour. Mon intuition me dit de recommencer au début pour ne pas changer la suite des leçons. Je me demande si d’autres ont déjà posé cette question, mais n’ont pas encore eu de réponse?

R: Il n’est pas nécessaire de recommencer le livre d’exercices. Vous pouvez toujours revenir en arrière et refaire une leçon ou vous pencher sur un concept précis que vous avez sauté, mais cela ne veut pas dire que vous devriez recommencer au début. Jésus ne s’attend pas à ce que nous fassions une leçon à la perfection avant de passer à la suivante. Il connaît bien mieux que nous notre résistance et notre peur et sait donc que nous allons mal interpréter ce qu’il dit, ne pas faire tout ce qu’il nous demande de faire, et que nous ne le ferons pas parfaitement le moment venu. La seule chose qui l’intéresse, c’est notre désir et notre humilité en travaillant les leçons. Surtout au milieu de la leçon 95 il parle de l’attitude que nous devrions adopter lorsque nous avons des problèmes avec les leçons.

Vous pourriez aussi lire les questions 64 et 92 qui se rapportent au livre d’exercice.

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