211-220

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page:

211 – Est-ce qu’une maladie que nous ne craignons pas et que nous ne connaissons pas peut nous atteindre?
212 – Y a-t-il certains types de jugement qui ne sont pas nuisibles?
213 – Défaire la haine d’autrui
214 – Quelles sont toutes les différentes “formes” du curriculum universel?
215 – Comment devrais-je prier?
216 – Pourquoi le bonheur qu’amène le Cours est-il si fragile?<
217 – Est-ce vraiment vrai que “le monde que je vois ne contient rien que je veuille”?
218 – Quelle importance les “épisodes lumineux” mentionnés dans le Cours ont-ils?
219 – Comment le Cours envisage-t-il les “possessions” diaboliques et les “stigmates”?
220 – Pourquoi Jésus a-t-il dû mourir pour nos péchés?


211 – Est-ce qu’une maladie que nous ne craignons pas et que nous ne connaissons pas peut nous atteindre?

Q: Est-ce qu’on peut avoir une maladie qu’on ne connaît pas et qu’on ne craint donc pas?

R: Oui, on peut. Si vous y pensez, vous voyez que c’est ce qui se passe tout le temps, à partir des premiers cas de maladies récentes telles que le SIDA ou le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) avant que les médias n’en parlent, jusqu’aux maladies congénitales chez les enfants ou celles des petits avant qu’on puisse penser qu’ils “connaissent” ces maladies. Comment donc cela se passe-t-il compte tenu des enseignements d’Un cours en miracles à propos de la façon dont nous choisissons nos maladies?

Toutes les maladies du corps sont les effets d’une décision prise dans l’esprit (L-I.136.2-5) et non pas dans le cerveau. Comme toute autre décision quant à ce qui nous arrive au cours de notre vie, ces décisions sont prises en dehors du temps et de l’espace. Le cerveau que nous croyons à tort être le siège de la conscience et des prises de décision n’est qu’un effet. Une bonne partie de ce qui se trouve dans l’esprit reste en dehors de notre conscience, mais à un niveau plus profond nous connaissons tout ce qu’il contient. Cependant, c’est notre peur du pouvoir de notre esprit qui fait que tout cela reste enfoui (T-2.VI.9) afin que nos défenses fonctionnent et qu’il semble que nous ne sommes pas responsables de ce qui nous arrive; ainsi nous pouvons nous percevoir comme les victimes de forces au-delà de notre contrôle. De cette façon, la souffrance qui découle de notre choix de la pensée de séparation semble venir de ce que d’autres nous font. Et notre culpabilité à cause de la séparation reste enfouie et protégée, de même que la pensée de séparation.

Cela dit, nous devons aussi dire clairement que le but n’est pas de rendre l’inconscient conscient afin de pouvoir faire de meilleurs choix pour la santé et le bien-être de notre corps. Ce n’est pas vraiment la peur de la maladie même qui fait que nous la choisissons – nous voulons en fait la maladie pour sa valeur en tant que défense. Notre but consiste à apprendre au fil du temps à nous pardonner la culpabilité illusoire à cause de la séparation. Car c’est cette culpabilité qui, selon notre croyance, demande une punition qui à son tour démontre que la culpabilité et la séparation sont sérieuses et réelles. Cette punition peut prendre de nombreuses différentes formes, et la maladie n’en est qu’une parmi bien d’autres. Le problème n’est donc pas la punition, quelque forme qu’elle puisse prendre, mais notre croyance erronée d’être coupables. C’est de cela que nous devrions prendre conscience. Car ce n’est que là que la seule véritable guérison peut se produire.

Voir aussi la question 117 pour plus d’explications liées à ce sujet.


212 – Y a-t-il certains types de jugement qui ne sont pas nuisibles?

Q: J’ai une question à propos du jugement. Disons que je passe devant une maison avec des chiens derrière une clôture qui aboient et vois qu’ils me prennent pour un danger. Or je ne leur en veux pas, mais j’aimerais qu’ils sachent que je ne leur veux pas de mal. Est-ce que je les juge quand même? Est-ce qu’il y a une différence entre un “jugement automatique” et un jugement qui provient d’une émotion? Est-ce qu’un “jugement automatique” est la même chose qu’un ressentiment, même si l’on ne ressent aucune méchanceté? Comment voir ces distinctions de jugement?

R: Le genre de jugement qui constitue presque exclusivement le point de mire d’Un cours en miracles est le jugement par lequel nous nous condamnons ou condamnons autrui d’une manière quelconque, ou encore un jugement qui présuppose que nous savons tout et par conséquent pouvons tirer des conclusions valables à propos de tout. Si vous vous rendez compte que vous insistez pour avoir raison à propos de quelque chose, si vous croyez être supérieur ou inférieur, être meilleur ou pire que quelqu’un d’autre – bref, si vous portez n’importe quel jugement qui compare de cette façon – alors vous vous êtes engagé dans le genre de jugement qui nécessite d’être traité par le processus de pardon, parce que votre perception est fondée sur la séparation. Si vous n’avez pas de ressentiments et si vous n’avez aucun investissement, à savoir si les chiens acceptent votre invitation de se joindre à vous ou pas, et si vous ne ressentez que de la bonté et de la compassion pour eux, alors vous n’avez pas jugé. Une simple évaluation de la situation, c’est-à-dire de voir que les chiens se sentent menacés bien que vous ne leur vouliez aucun mal, n’est pas le genre de jugement pour lequel Jésus sollicite notre vigilance.

Nous sommes tous en train de juger tout le temps, par exemple juger quoi mettre selon la météo, quelle route prendre pour arriver à destination à temps, chez quel médecin aller et ainsi de suite. Nous ne pouvons pas éviter de juger, et Jésus ne nous dit jamais de ne pas juger. Mais il nous enjoint toujours d’échanger l’ego comme enseignant contre lui ou le Saint-Esprit, ce qui nous “met dans une position où le jugement peut se faire à travers plutôt que par” nous (M-10.2:7). Cela voudrait dire que nous n’aurions aucune pensée d’attaque ou de séparation, et que nous ne percevrions pas nos intérêts comme étant séparés de ceux de tous les autres.


213 – Défaire la haine d’autrui

Q: J’ai des difficultés avec quelqu’un. Je sais que la haine que je ressens contre elle et une projection de la culpabilité et de la haine de soi dans mon esprit, et je sais que nous faisons tous les deux partie d’un tout plus vaste. Je sais que cette situation me permet de voir la haine dans mon esprit. J’ai demandé à Jésus de m’aider à la voir autrement, mais rien ne se passe. Alors j’ai demandé de l’aide avec ma résistance pour la voir autrement, et parfois il y a un changement, mais la haine revient plus tard. Je la ressens comme si elle était une pierre solide dans mon cœur. Je sens que je résiste à en lâcher prise. Je sais que ce processus prend du temps et continue d’y travailler, mais en attendant j’ai du mal à maîtriser ma haine et mon hostilité à son égard au niveau de la forme. Au secours!

R: Vous avez une bonne compréhension intellectuelle d’au moins une partie du processus, mais il y a encore une ou deux autres étapes dont il faut tenir compte. Vous demandez continuellement de l’aide pour changer votre perception de cette personne, mais ce n’est pas le vrai problème. Le changement pour lequel il vous faut de l’aide concerne votre perception de vous-même. Car la haine que vous déplacez continuellement vers l’extérieur sur cette personne est en fait dirigée contre vous-même. Mais aussi longtemps que vous ne vous permettez pas de reconnaître et d’accepter cela, vous allez poursuivre vos tentatives pour diriger la haine vers l’extérieur et n’allez pas désirer voir cette autre personne d’une autre façon.

Dès que vous avez reconnu où se trouve le vrai problème – la culpabilité dans votre propre esprit – l’autre aura servi le but du Saint-Esprit qui est de vous guider vers votre intérieur, et vous n’aurez plus à vous en préoccuper. Vous vous haïssez vous-même à cause de ce que vous vous accusez d’avoir fait. Vous croyez que vous avez attaqué et détruit l’amour par pur intérêt personnel, ce qui fait que vous vous sentiez abandonné, privé d’amour et sans espoir. C’est pour vous occuper de cette haine de vous-même que vous avez vraiment besoin d’aide.

Si vous vous tournez vers la présence de l’amour en vous – pour utiliser les symboles d’Un cours en miracles, Jésus ou le Saint-Esprit – cela commencera par défaire votre auto-accusation. Car comment pouviez-vous avoir détruit l’amour s’il est encore en vous? C’est donc en vous joignant à cet amour que vous allez petit à petit vous demander si votre haine de vous-même pour avoir détruit l’amour est bien justifiée. C’est pour ce changement de perception que vous avez besoin d’aide, car vous ne pouvez pas faire cela tout seul. Et lorsque la haine de vous-même dans votre propre esprit commence à se dissoudre, vous n’aurez plus besoin de la projeter. Alors vous verrez que les autres en dehors de vous sont simplement pris dans leurs propres tentatives de projeter leur propre haine d’eux-mêmes hors d’eux. Et au lieu de réagir à partir de votre propre culpabilité vous ne pourrez que réagir avec compassion et bonté si vous l’avez relâchée. Mais si vous ne regardez pas au-dedans, vous ne vous occupez pas de la source de votre résistance et à relâcher votre jugement et votre condamnation. Voici la clé: tout ce que vous voyez d’abord en vous-même est ce que vous voyez par la suite en dehors de vous; vous n’avez donc qu’à vous concentrer sur ce qui se trouve en vous pour qu’un changement se fasse.


214 – Quelles sont toutes les différentes formes du curriculum universel?

Q: Quand il est question dans le manuel d’Un cours en miracles de “plusieurs milliers d’autres formes” du cours universel (M-1.4:2), qu’est-ce que cela signifie au juste? Vu qu’il n’y a pas tant de religions, est-ce que des “voies” comme la musique ou l’amour de la nature comptent également parmi les chemins possibles pour retourner chez soi?

R: Il ne faut pas prendre “plusieurs milliers” littéralement – cela signifie simplement “un grand nombre”. Et cela ne renvoie pas non plus forcément juste à des voies religieuses. Pour certains, la religion peut être une voie alors que pour d’autres elle est dissuasive et peut même être utilisée pour attaquer. Le message important dans cette section est qu’il n’y a qu’une seule issue: Dieu. Il n’y a qu’un contenu à apprendre – défaire notre croyance en la pensée de nous être séparés de Dieu; mais il y a de très nombreuses formes pour l’accomplir. En effet, n’importe quelle forme peut refléter ce choix fait dans l’esprit.

Ce qui se passe en fait, c’est une décision dans l’esprit de ne plus choisir l’ego, ce qui est un choix de ne pas nier Dieu. Ce choix se manifeste alors dans le rêve sous toutes les formes que prennent les situations dans la vie quotidienne. Cela commence par la conscience qu’il n’y a pas d’intérêts séparés et peut se faire de “milliers” de manières différentes. Un bon exemple est la décision de Helen Schucman et Bill Thetford d’ensemble trouver “une meilleure voie” dans leurs rapports avec les collègues au Centre médical de l’université Columbia. Ils n’ont pas consciemment cherché une voie spirituelle qui mène à Dieu. Mais ils n’avaient véritablement plus aucun intérêt à maintenir les dissensions et conflits dans leur milieu de travail, et en plus leur décision de chercher cette voie ensemble était sincère. Cette décision était prise dans l’esprit et s’est manifestée dans leurs rêves sous cette forme, et pour finir sous forme d’Un cours en miracles.

La section dans le manuel à laquelle vous faites allusion parle de cela dans la définition d’un enseignant de Dieu:

“… quelque part, de quelque façon que ce soit, il a fait un choix délibéré dans lequel il ne voyait pas ses intérêts comme étant à part de ceux de quelqu’un d’autre” (M-1.1:2).

C’est ce contenu qui est le chemin de retour à Dieu, indépendamment de la forme qu’il puisse prendre dans le rêve. Il est très important de faire la distinction entre forme et contenu pour comprendre la suite de la description:

“Il a fait un accord avec Dieu même s’il ne croit pas encore en Lui […]

Ils viennent de partout dans le monde. Ils viennent de toutes les religions et d’aucune religion. Ce sont ceux qui ont répondu. L’Appel est universel. Il se produit tout le temps et partout” (M-1.1:6 ; 2:1-5, italiques ajoutés).

Il est donc clair que ni une religion ni la croyance en Dieu ne sont exigées pour se trouver sur la voie vers Dieu. On pourrait en fait reformuler “plusieurs milliers d’autres formes” et dire “n’importe quelle forme”, car la forme n’a pas d’importance. Elle n’est que le reflet d’une décision prise dans l’esprit. Quand la décision pour Dieu est prise complètement:

“Il n’y a pas de chemin qui ne mène à Lui” (T-31.IV.11:7).

Par contre, si belle ou religieuse que puisse être une forme, sans ce contenu elle ne mène nulle part.


215 – Comment devrais-je prier?

Q: Dans Le chant de la prière, Jésus nous dit dans la première section que prier pour des choses matérielles n’est pas une prière. Ce n’est qu’un appel pour cacher notre culpabilité et l’appel à un ennemi (le nôtre). Est-ce que la bonne façon de prier serait alors une prière de gratitude et rien d’autre? Quoi faire de nos souhaits? Si notre seul but est de connaître Dieu, comment prier? Est-ce que je devrais faire silence? Et quand je prie avec quelqu’un, cela signifierait-il dire que les deux se tournent vers Dieu? Que faire de mes vœux pieux?

R: Le chant de la prière, un très beau texte transmis comme le Cours, était la réponse à la façon dont les étudiants d’Un cours en miracles utilisaient le Cours. Beaucoup d’entre eux pensaient que le Cours leur disait de demander à Jésus ou au Saint-Esprit de guérir leurs corps, d’arranger les choses, de résoudre les problèmes dans le monde et de leur procurer ce qu’ils voulaient. C’est pourquoi Jésus nous enseigne dans Le chant de la prière ce qu’est la véritable prière.

D’abord il nous dit que ce n’est pas faux de demander des choses matérielles et qu’en fait nous ne pouvons pas éviter de prier ainsi tant que nous croyons être des individus qui vivent dans le monde (Ch-1.I.2). Il nous dit que la prière est comme une échelle que nous grimpons, et au fur et à mesure que nous gravissons les échelons notre prière prend une forme différente parce que nos besoins changent. Nous avons de moins en moins de culpabilité en pratiquant le pardon, et

“…sans culpabilité il n’y a pas de manque. Les impeccables n’ont pas de besoins” (Ch-1.I.3:5-6).

Ainsi, arrivés tout en haut de l’échelle – quand nous serons devenus des enseignants avancés – nous ne ressentirons plus aucun manque d’aucun genre, nous ne percevrons pas de séparation, et donc notre prière ne sera qu’un chant de gratitude. Mais cela ne se fait que tout en haut de l’échelle.

Sur les premiers barreaux de l’échelle, nous avons toutes sortes de besoins et de désirs. C’est normal. Nous devrions les voir avec douceur et ne pas les nier. Si nous sommes honnêtes et si nous reconnaissons qu’ils viennent d’une perception erronée de nous-mêmes, ils ne nous retiendront pas. Il n’est pas faux de demander des choses concrètes, mais se sentir coupable parce que nous avons des besoins et des désirs n’est jamais une aide, et les combattre n’aide pas non plus. Nous avons seulement besoin de dire: “Voilà où j’en suis maintenant. Quand j’aurai moins peur je laisserai entrer plus d’amour et ne serai plus en manque ni souffrirai de carences.” Il est très important de se rappeler que ce Cours n’est pas un cours de sacrifice ou d’ascétisme. C’est un processus lent et doux, et nous ne sautons pas d’un coup du bas de l’échelle jusqu’en haut. Il y a de nombreuses étapes intermédiaires, et de faire de notre mieux où que nous nous trouvions est tout qui nous est demandé. À mesure que nous pratiquons le pardon, la forme de notre prière changera d’elle-même.

Sur les premiers barreaux la prière est toujours pour nous-mêmes: nous devrions demander Jésus ou le Saint-Esprit de nous aider à regarder nos pensées égoïques avec douceur et sans les juger, et à voir que nos intérêts sont les mêmes que ceux de tous les autres. Quand nous avons des “ennemis”, nous avons déjà vu nos intérêts comme étant séparés et en conflit avec ceux d’autrui. C’est alors que nous avons besoin de demander de l’aide afin que nos propres esprits soient guéris par le pardon. Quand notre besoin d’avoir un ennemi est reconnu, puis guéri, nous nous serons rapprochés de notre véritable état d’unité; prier avec quelqu’un sera alors simplement la re-connaissance de notre Unité en tant que Christ, et de l’Unité du Christ et Dieu. Demander à partir d’un besoin ne voudra plus rien dire.


216 – Pourquoi le bonheur qu’amène le Cours est-il si fragile?

Q: Au cours des 12 ans que j’étudie Un cours en miracles j’ai pu observer un schéma très troublant. D’abord j’atteins temporairement un état d’être auquel j’avais aspiré et où j’éprouve un vrai bonheur, aucune douleur et un merveilleux sentiment de connexité. Puis, avec le temps, quelque chose de minuscule se produit et tout à coup j’ai l’impression d’être envahi. Avant que j’aie le temps de dire ouf, tout le bonheur et le sentiment d’équilibre et d’amour ont totalement disparu. La culpabilité qui s’ensuit est encore plus troublante, et le retour à l’état d’esprit d’avant devient impossible; le résultat est un sentiment de perte profonde. Je semble glisser dans des états d’esprit de lumière éclatante ou douce, pour me retrouver soudain rejetée dans les ténèbres. Même les ténèbres émettent des rayons de lumière. Tout ce déroulement est comme si je voyageais à travers une série d’expériences qui ne peuvent s’expliquer en fonction du monde: du noir au blanc et de nouveau au noir. Or l’effet de ces expériences est la perte du respect de moi-même et d’autrui, vu que mes attitudes semblent osciller entre les “points cardinaux” diamétralement opposés. Ma question est donc: si la bonté que je crois ressentir peut être démolie si facilement, à quel point est-elle réellement réelle?

R: Le schéma que vous décrivez n’est pas vraiment si rare, bien que la forme concrète qu’il prend chez vous soit quelque peu unique. Jusqu’à ce que nous acceptions l’Expiation pour nous-mêmes (T-2.V.4:4; T-9.VII.2; T-14.III.10:1,2), nous oscillons constamment entre notre esprit juste et notre esprit faux. Le vrai problème, ce ne sont pas les oscillations dont vous faites l’expérience, mais le fait que vous les jugiez. Bon, il y a de fortes chances que ces changements sont ressentis comme étant troublantes, particulièrement tant que vous vous percevez comme étant à la merci des retours dans les ténèbres. Ce qui va vous aider est de reconnaître, même si ce n’est d’abord qu’intellectuellement, que c’est votre propre peur de la lumière, de la paix et du bonheur qui vous replonge dans les ténèbres. Jésus sait bien que cela se produit chez tous, et il nous dit:

“Quand la lumière se rapproche, tu te précipites vers les ténèbres, reculant devant la vérité, retraitant parfois vers des formes de peur moins importantes, et parfois vers la pure terreur” (T-18.III.2:1).

Vous prenez une décision qui est profondément enfouie dans votre inconscient et qui invite “quelque chose de minuscule” à perturber votre expérience du bonheur. Car si vous vous permettez de poursuivre cette expérience indéfiniment, toutes les limites autour du soi que vous croyez être vont se dissoudre et vous ne vous identifierez plus à ce soi. Cette “perte” du soi est quelque chose de terrifiant pour tout esprit identifié à l’ego. La peur, le jugement et la culpabilité sont les antidotes de prédilection de l’ego contre les expériences de paix et d’amour, car ils renforcent l’identification au soi séparé. Après tout, ce n’est qu’un soi séparé avec des limites qu’il s’est imposé lui-même qui peut faire une expérience “d’être envahi”.

La clé de tout cela est de reconnaître que l’état de bonheur n’est pas quelque chose que vous devez “atteindre”, et que votre soif de lui ne fait que nier le pouvoir de votre propre esprit de choisir contre lui. Si vous pouvez demander de l’aide pour découvrir votre propre peur de la lumière et pouvez commencer à observer vos oscillations sans les juger et sans leur imposer les catégories “désirable” et “indésirable” (car toutes les polarités viennent du système de pensée des opposés de l’ego), le pouvoir que ces expériences négatives semblent s’exercer sur vous finiront par diminuer.

À mesure que nous cheminons le long de la voie de pardon, nous allons nous permettre des lueurs du vrai bonheur inchangeable qui ne se trouve qu’à la fin de notre voyage. Ce n’est que lorsque nous connaîtrons véritablement que nous ne sommes pas le soi que nous pensons être maintenant, lorsque nous connaîtrons que nous ne sommes pas dans ce monde et donc ne pouvons pas en être la victime, que nous serons prêts pour vrai bonheur qui ne change jamais et la vraie paix qui ne peut jamais être troublée.


217 – Est-ce vraiment vrai que le monde que je vois ne contient rien que je veuille?

Q: Vu que la prose d’Un cours en miracles n’est pas toujours logique comme un texte scientifique et que le lecteur doit être prêt à “déchiffrer” une ambiguïté pour ainsi dire intentionnelle dans son message, et même parfois ce qu’on pourrait prendre pour des contradictions, j’ai parfois des problèmes à comprendre même les principes fondamentaux de ses enseignements, à savoir dans la leçon 128:

“Le monde que je vois ne contient rien que je veuille.”

Est-ce que je dois comprendre cela littéralement ou non? Et si c’est le cas, est-ce que je devrais le comprendre comme voulant dire que je n’ai rien à apprendre ou à gagner dans mon existence sur ce plan? Est-ce que cela ne m’apporte rien si je vois de la bonté, humilité ou compassion chez d’autres Fils de Dieu? Jésus nous dit dans le deuxième paragraphe:

“Le seul but digne de ton esprit que contienne ce monde est de le dépasser sans t’attarder à percevoir quelque espoir où il n’y en a pas” (L-I.128.2:3).

Pourquoi alors ne nous suicidons-nous pas tous et avançons, pour ainsi dire, vers Son palais? S’il ne faut pas le comprendre littéralement, c’est comme s’il y avait une énigme inhérente de se faire dire d’“avancer” tout en étant pris dans cette existence tridimensionnelle. Pourriez-vous s’il vous plaît expliquer cela?

R: Voilà un des énoncés que Jésus entend tout à fait littéralement. Quand il dit que dépasser le monde est le seul but digne de nos esprits, il ne fait qu’énoncer un fait, parce qu’il a beaucoup plus d’estime pour nos esprits que nous. Et quand il dit qu’il n’y a pas d’espoir dans le monde, il expose de nouveau un simple fait; nous montons des coups contre nous-mêmes qui mènent à des échecs répétés et à des dépressions si nous essayons continuellement de trouver notre bonheur en ce monde. Rien de tout cela n’est censé nous forcer ou nous faire honte et obliger à abandonner le monde, bien que l’ego aimerait que nous comprenions ces énoncés sous ce jour. Seulement, Jésus ne peut pas nous offrir de compromis qui honorerait ou prouverait le bien-fondé de l’ego et de ses effets alors qu’il voit clair dans toutes ses tromperies fourbes et connaît le résultat accablant et désespérant que nous apporte nécessairement l’observation de ses diktats. Ce n’est que de la bonté de sa part, même si nous ne le percevons pas encore ainsi. Jésus nous oriente vers la vérité, mais il reconnaît toujours le pouvoir de notre esprit de décider pour nous-mêmes si nous voulons accepter ses paroles ou non. Et il ne nous juge pas si nous ne les acceptons pas (T-8.IV.6).

Jésus ne nous dit donc pas que nous devons abandonner le monde – il sait que nous ne sommes pas encore prêts à en lâcher prise, quoique ce n’est pas pour les raisons pour lesquelles nous croyons le vouloir encore. Seulement, de sa perspective vers laquelle il essaye de nous guider avec douceur, le monde ne peut avoir aucune valeur en soi étant une projection illusoire d’une pensée de culpabilité et d’attaque illusoire dans l’esprit. Et donc le monde peut servir le but de nous procurer nos leçons de pardon tant que nous croyons que notre réalité se trouve sur ce plan d’existence illusoire, car il est fait de la culpabilité dans nos esprits qui est projetée et que nous voyons maintenant en dehors de nous.

Vous suggérez qu’il y a une valeur à voir les actes de bonté, d’humilité et de compassion d’un frère, et cela est en accord avec la vue du Cours qu’ils semblent être le moyen dont nous disposons pour communiquer les uns avec les autres, tant que nous croyons être des corps. Mais malgré tout, voir les actes de votre frère comme étant des actes bons, humbles ou pleins de compassion est une interprétation que vous donnez à ses intentions et n’est pas intrinsèque aux comportements en soi. Il se peut que quelqu’un d’autre observe les mêmes comportements et les perçoive sous un jour tout à fait différent – le point essentiel étant que ce sont nos intentions qui ont un effet sur notre façon de voir le monde. La seule communication réelle se fait entre les esprits, contrairement à ce que notre expérience semble nous dire (T-8.VII.2-4). Le but de Jésus est toujours d’affaiblir notre regard fixé sur le monde et de nous ramener à l’esprit où tout se passe, car les idées ne quittent pas leur source (T-26.VII.4:7-9; L-I.132.10:3).

Quant à un suicide collectif comme moyen de quitter le monde, il ressort clairement du Cours que la mort n’est pas la réponse, puisque la “vie” dans le corps dans le monde n’est pas le problème: c’est la culpabilité dans l’esprit [voir la réponse à la question 135 pour une explication bien plus approfondie du suicide du point de vue du Cours]. C’est donc toujours vers l’esprit et ses croyances que Jésus essaye de diriger notre attention. Car il n’y a pas d’autre piège sauf celui que nous avons monté et dans lequel nous nous sommes laissé prendre par nos propres croyances erronées au sujet de qui nous sommes. C’est en pratiquant le pardon – en pardonnant au monde et en nous pardonnant – que nous pouvons nous délivrer au fil du temps des chaînes de culpabilité que nous semblons avoir fait pour nous emprisonner.


218 – Quelle importance ont les épisodes lumineuxmentionnés dans le Cours?

Q: L’explication des épisodes lumineux dans la leçon 15 semble présenter une anomalie en ce sens que c’est pratiquement la seule fois dans le Cours où un phénomène physique est utilisé pour mesurer le progrès spirituel. (Les autres exemples comme leçon 122.2:3 et la leçon 155.1:3 sont visiblement censés êtres poétiques.) En fait, des gens que je connais et moi ont l’impression d’avoir fait pas mal de progrès avec le Cours, mais nous ne nous souvenons pas de telles expériences. Serait-ce possible que l’ego de Helen ait apparu temporairement dû à sa résistance initiale au processus de l’écriture?

R: La référence dans la leçon 15 se rapporte à un problème qu’avait un ami de Bill Thetford avec certaines expériences religieuses. Jésus l’a insérée expressément pour réduire l’angoisse de cet ami à propos des visions de lumière qu’il trouvait effrayantes, et donc disait: “N’en aie pas peur” (L-I.15.3: 3). [Voir aussi “Bill’s Journal” dans Absence from Felicity de Kenneth Wapnick, Foundation for A Course in Miracles, http://www.facim.org.]

Bien qu’en lisant cette référence on pourrait croire que tous les étudiants ont peut-être ces “épisodes lumineux”, ils n’étaient pas censés être un critère pour le progrès avec le Cours. On peut les voir comme des symboles de la lumière non matérielle du pardon.


219 – Comment le Cours envisage-t-il les possessions diaboliques et les stigmates?

Q: Comment Un cours en miracles envisage-t-il  la question des possessions diaboliques que certaines organisations religieuses prennent pour réelles? Est-ce que le Cours postule vraiment que le mal n’existe pas? Est-ce que le Cours postule qu’il n’y a pas de lutte entre le Bien et le Mal? Et puis, si je me souviens bien, il est dit quelque part dans le Cours que la guérison ne vient pas de nous, mais de Dieu? Comment le Cours explique-t-il alors les guérisseurs? Je renvoie aux cas légitimes attestés par l’église catholique, des cas qui concernent des personnes avec des stigmates. Si la crucifixion n’est pas importante, pourquoi ces gens seraient-ils affligés des plaies de la crucifixion?

R: L’une des différences fondamentales entre la théologie chrétienne et Un cours en miracles est l’enseignement du Cours selon lequel le péché n’est pas réel. Dans le christianisme, la croyance que le péché est réel est à la base de son système de croyances tout entier. Il est un synonyme du mal. Ce sont donc des enseignements qui s’excluent mutuellement, et les croyances et les mises en pratique qui s’en suivent s’excluent aussi mutuellement. Dans le christianisme, l’idée du péché s’exprime sous différentes formes, dont l’une est la possession diabolique. Dans la pensée chrétienne, le péché et le mal représentent tous deux une volonté qui s’oppose à Dieu. Voilà la nature du péché. Le Cours enseigne par contre qu’il n’y a pas de péché et qu’aucune opposition à la Volonté de Dieu n’est possible:

“…le péché n’est pas réel, et […] tout ce que tu crois qui doit venir du péché [p. ex. la possession diabolique] n’arrivera jamais, car cela n’a pas de cause. Accepte l’Expiation avec un esprit ouvert qui ne chérit pas la croyance restante que tu as fait un démon du Fils de Dieu. Il n’y a pas de péché” (L-I.101.5:2-4). “Ce qui est opposé à Dieu n’existe pas…” (L-I.137.11:3).

Il est clair que ce qui n’existe pas ne peut pas lutter contre ce qui est réel. Selon le Cours seulement Dieu est réel. C’est l’idée inventée de l’ego de ce qui est “bien” et qui est en conflit avec l’idée inventée de l’ego de ce qui est “mal” qui semble se battre dans le monde. Voilà le champ de bataille qui est la demeure du système de pensée de l’ego, mais le Cours nous dit qu’il n’est pas réel. L’enseignement du Cours à cet égard peut-être résumé ainsi: le péché n’est pas réel, donc il n’y peut pas y avoir démon qui personnifie le péché; le mal n’existe pas, donc il ne peut y avoir de lutte entre le bien et le mal.

Pour un croyant chrétien, la crucifixion et les plaies du Jésus crucifié sont tout à fait réelles. Quelqu’un qui est inspiré par un dévouement à ces croyances et qui a le désir profond de partager les souffrances de la crucifixion comme une façon de s’identifier au Jésus historique pourrait bien connaître la manifestation physique des plaies de la crucifixion qu’on appelle stigmates. Cependant, même l’Église catholique admet que ces marques physiques peuvent avoir été produites par un état psychologique intense et pas par une intervention divine. Cela ne nie ni ne prouve le dévouement le la personne concernée. Les stigmates ont été reçus par des personnes déséquilibrées psychologiquement et aussi par certains qu’on appelle saints comme Saint François d’Assise. Comme en toute chose, le Cours dirige notre attention sur le contenu et jamais sur la forme. Toutes les formes, y compris les stigmates, peuvent être le résultat du choix de l’ego de se séparer ou du choix de se joindre dans l’esprit au Saint-Esprit Qui reflète l’amour de Dieu dans le rêve. Le Cours ne dit pas que la crucifixion n’était pas importante, mais la réinterprète:

“Le message que la crucifixion était censée enseigner, c’est qu’il n’est pas nécessaire de percevoir une quelconque forme d’assaut dans la persécution, parce que tu ne peux pas être persécuté” (T-6.I.4:6).

Le christianisme enseigne que le Fils innocent de Dieu, Jésus, est mort pour expier les péchés de l’humanité et a ainsi rouvert les portes du Ciel qui étaient fermées quand Adam et Ève commirent le péché originel. Le Cours enseigne que les portes du Ciel n’ont jamais été fermées et qu’il n’y a pas de péché. Le seul Fils de Dieu se compose de la Filialité tout entière, Jésus y compris, et pas exclusivement de Jésus. On ne peut pas nuire à ce seul Fils, et il ne peut ni souffrir ni mourir. Tout cela est vrai selon le Cours parce que la séparation n’a jamais eu lieu et le monde et le corps ne sont pas réels. Les événements survenus dans la vie du Jésus historique ont été interprétés par ceux qui ont écrit les évangiles et par les dirigeants des institutions religieuses en accord avec leur système de croyances. Et nous qui nous identifions à nos corps et croyons à la souffrance et à la mort, voyons la crucifixion de Jésus sur la base de ces croyances. Nous supposons que ce qui serait vrai pour nous si nous étions crucifiés était vrai pour lui, à savoir qu’il s’est senti trahi et victimisé, qu’il a souffert le supplice et est mort. Étant donné que Jésus n’était pas identifié au corps et connaissait sa véritable Identité en tant que Fils de Dieu, ce n’était pas l’expérience qu’il a faite lors de sa crucifixion.

Le Cours enseigne que la véritable guérison est la guérison de l’esprit, et seulement de l’esprit. Elle s’accomplit par le pardon et finit par défaire la croyance en la séparation. Le résultat de cette guérison est la paix qui peut ou ne peut pas se manifester dans la forme. Si une guérison véritable de cette nature a lieu, tout ce qui arrive dans la forme n’a pas d’importance. L’esprit qui choisit de croire à la séparation et à la réalité du corps peut aussi choisir de rendre le corps malade. Le Cours nous enseigne qu’un autre choix est également possible: l’esprit peut choisir de rejeter la maladie. Quand quelqu’un cherche de l’aide chez un guérisseur pour guérir et le corps guérit, cela tient au fait que le choix de guérir était fait dans l’esprit. Il se joint alors au guérisseur dans le but partagé de guérison. Cela est vrai même s’il n’y a aucun contact physique (M-5.II.2-4; III.1-2). Le choix dans l’esprit de la personne concernée est la seule chose qui explique toute guérison qui se produit. La guérison finale est l’éveil du rêve de séparation et s’accomplit par le défaire de notre croyance à la séparation. En fait, rien ne se passe sauf qu’alors nous ne dormons plus et nous reconnaissons notre véritable Identité en tant que seul Fils de Dieu. C’est à cela que le Cours fait allusion en disant:

“La guérison ne vient pas directement de Dieu, Qui connaît ses créations parfaitement entières. Or la guérison est toujours de Dieu, parce qu’elle procède de Sa Voix et de Ses lois” (T-7.IV.1:4-5).

Ce qui procède de Sa Voix et de Ses lois, c’est la vérité à propos de qui nous sommes. C’est la guérison en ce sens que l’esprit ne sera plus rendu malade ou insane par la pensée de séparation.


220 – Pourquoi Jésus a-t-il dû mourir pour nos péchés?

Q: On m’a appris que Jésus a dû mourir pour que nos péchés nous soient pardonnés. C’est quelque chose que je n’ai jamais compris. Si Dieu est juste, pourquoi ferait-Il mourir un innocent pour me pardonner? Pourquoi ne pouvait-Il pas nous pardonner dès le début? Comment cela est-il expliqué dans Un cours en miracles?

R: Le cours réinterprète la crucifixion et aussi l’idée du péché et du pardon. Vous avez appris la signification de la crucifixion qui pour le christianisme et les chrétiens est sacrée. C’est l’histoire de la rédemption selon le christianisme. Le message qu’enseigne le Cours n’est pas basé sur le pardon du péché, bien au contraire:

“…le contenu du cours ne change jamais. Son thème central est toujours: ‘Le Fils de Dieu est non coupable et dans son innocence est son salut’” (M-1.3:4-5).

Il n’y a aucun besoin d’être pardonné par Dieu et encore moins d’une rédemption par la crucifixion. Le pardon tel que l’enseigne le Cours est un processus qui défait la croyance à la séparation. Il est le moyen par lequel nous apprenons à ne plus nous identifier à l’ego, ce qui pour finir amène notre éveil du rêve de séparation. Il n’a rien à voir avec le péché parce qu’il n’y a pas de péché comme nous l’apprenons dans le Cours:

“La Volonté de Dieu pour toi est le parfait bonheur parce qu’il n’y a pas de péché, et la souffrance est sans cause” (L-I.101.6:1).

Étant donné que la pensée de séparation est une illusion et que Dieu connaît seulement notre entièreté en tant que Son seul Fils, Il ne ferait pas “mourir un innocent pour pardonner” qui que ce soit. Dieu serait en effet cruel s’Il exigeait la mort de Son Fils pour apaiser Sa colère. Le Cours nous apprend que non seulement Dieu n’exige pas de crucifixion ou de sacrifice, mais ne juge même pas Son Fils:

“Son Fils non coupable, Dieu ne le juge pas. S’étant donné Lui-même à lui, comment pourrait-il en être autrement?” (T-11.VI.7:6-7).

Visiblement, il n’est pas possible de suivre à la fois le système de pensée du christianisme et celui d’Un cours en miracles, car ces enseignements ne sont pas compatibles ni comparables.

Cela pourrait vous aider de lire les sections “Le message de la crucifixion” (T-6.I) et “Expiation sans sacrifice” (T-3.I) sur l’enseignement du Cours au sujet de la crucifixion et de l’innocence.

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