21-30

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page :
21 — Signification et but de l’art
22 — « Les règles pour la décision »
23 — Appartenir à une religion officielle
24 — La réincarnation
25 — L’étude du Cours provoque de la tristesse
26 — Ce que signifie l’instant saint
27 — La conscience avant la séparation
28 — Pardonner des actes atroces
29 — La soi-disant « colère » de Jésus
30 — Renoncer aux addictions


21 — Signification et but de l’art

Q: Si l’on peut envisager l’art comme une forme de relation particulière que l’artiste établit en tant que substitut à l’Amour de Dieu, est-ce qu‘on devrait considérer les formes d’art comme des appels à l’amour? Et comment ces formes diffèrent-elles des formes exprimées par le «channeling» comme la musique de Mozart? Peut-on dire que l’art réalisé par le «channeling» est plutôt une expression d’amour qu’un appel à l’amour? Et comment pouvons-nous «justifier» la distinction humaine entre les grandes œuvres d’art et l’art médiocre au Niveau 2 de notre expérience, ici dans le monde matériel?

R: D’abord, nous ne pouvons pas juger si une œuvre précise d’un artiste donné est un substitut à l’Amour de Dieu et la manifestation d’une relation particulière. Il n’y a que l’artiste qui puisse le discerner. Généralement, nous ne pouvons pas dire uniquement à partir la forme si elle vient de l’esprit faux (ego) ou de l’esprit juste (Saint-Esprit). Si le reflet de l’Amour de Dieu est la source d’une œuvre d’art précise, elle exprime en effet l’amour. Notre erreur serait alors de vénérer le travail plutôt que de nous identifier au contenu derrière la forme.

Toutes les relations d’amour particulier sont des défenses contre la douleur écrasante dans nos esprits qui vient de la culpabilité que nous ressentons tous pour avoir rejeté l’Amour de Dieu afin de nous donner une existence selon nos propres critères. En suivant les conseils de l’ego, nous dirigeons, mus par la culpabilité, notre attention loin de nos esprits vers des individus particuliers, des substances ou des activités qui peuvent endiguer la douleur et remplir le vide et la solitude logés dans nos esprits. Essentiellement nos relations d’amour particulier disent à Dieu que nous n’avons pas besoin de son Amour, et que nous sommes parfaitement capables de combler le vide, de faire l’expérience du complètement et de notre valeur grâce à nos relations dans le monde. C’est cela le contenu sous-jacent à la forme de toutes les relations d’amour particulières. Les bons sentiments qui proviennent de ce type de relation masquent la haine qui en est la base.

En même temps, dans une autre partie de nos esprits, nous voudrions vraiment qu’on nous dise que toute cette affaire n’était qu’une erreur ridicule, que nous avons été pardonnés et par conséquent que notre culpabilité et nos défenses contre cette culpabilité ne sont plus nécessaires. C’est cela l’«appel» qui se trouve dans nos esprits qui sont divisés entre ces deux attitudes ou façons de penser.

N’importe quelle forme peut être utilisée par le Saint-Esprit pour nous rappeler la vérité sur nous-mêmes. En ce sens une forme ne nous inspire pas plus ou moins qu’une autre. Autrement dit, si nous croyons que la séparation s’est produite et que nous sommes ici dans le monde en tant que corps, le monde et nos corps sont considérés comme neutres. Par conséquent, n’importe quoi en ce monde peut devenir un moyen pour nous conduire au-delà du monde ou nous y enfoncer encore plus profondément, selon que nous choisissions l’ego ou le Saint-Esprit comme enseignant. Peut-être avons-nous été émerveillés par le David de Michel-Ange et nous sommes-nous souvenus de notre perfection et de notre unité en Dieu, mais la même expérience aurait pu se produire en regardant un arbre malade dans notre jardin. Lorsque nous dépendons d’une forme particulière pour faire une expérience «spirituelle», nous sommes pris dans une relation d’amour particulière.

Finalement, il n’y a rien de mal à avoir des préférences en ce monde, pourvu que nous ne les prenions pas au sérieux. Nous pouvons dire qu’une œuvre d’art est meilleure qu’une autre, tout comme on pourrait dire qu’une composition musicale particulière est meilleure qu’une autre, ou une méthode d’éducation est meilleure qu’une autre, ou un traitement médical est meilleur qu’un autre sur la base de critères que nous avons définis dans ces domaines. Du point de vue du Cours ils sont tous tout aussi illusoires. Or il est naturel d’évaluer les choses de manière relativement objective dans le monde. La leçon serait donc de ne pas prendre au sérieux les conclusions auxquelles nous aboutissons à propos des choses dans le monde – nous devrions le faire avec un doux sourire quelque part dans nos esprits, parce que nous savons que tout est inventé.


22 — « Les règles pour la décision »

Q: Je ne suis pas certain d’avoir bien compris Les règles pour la décision (Chapitre 30.I). Est-ce que les décisions visées sont simplement les décisions de tous les jours, comme quoi manger ou quoi mettre? Ou concernent-elles plutôt ce qu’on ressent et pense?

R: En un sens, ce sont les deux. Nous commençons par les décisions ou choix que nous faisons sur un plan physique, parce que c’est là où nous croyons être. Toutefois, comme étudiants qui amorcent le chapitre 30, nous connaissons maintenant le matériel du Cours suffisamment bien pour savoir qu’en fin de compte, Jésus nous parle toujours de ce qui se passe au niveau de l’esprit, autrement dit, au niveau du choix entre le contenu d’amour ou de peur, et non du choix parmi les nombreuses formes que le monde nous présente.

Il ne faudrait pas comprendre les sept «règles» pour la décision littéralement, mais elles sont utiles pour nous rappeler que prendre la décision «juste» est un processus. C’est-à-dire qu’il faut du temps et de la pratique pour apprendre que nous avons le choix de l’enseignant avec qui nous prenons des décisions. Et prendre la décision «juste» ne signifie pas nécessairement choisir Jésus ou le Saint-Esprit. Ce que cela veut dire, c’est que nous reconnaissons avoir le choix entre l’un ou l’autre, ou de choisir l’ego. En tant qu’ego, nous n’avons vraiment aucune motivation pour choisir Jésus ou le Saint-Esprit, sauf que selon le Cours nous nous sentirions mieux si nous le faisions. Et cela n’est pas une raison suffisante pour nous amener à les choisir de façon constante. Or une raison suffisante, c’est de continuer à prendre des décisions basées sur l’ego et de se rendre compte du coût de telles décisions. Rejeter l’Amour de Dieu ne peut que mener à la culpabilité, puisque c’est un fragment, une ombre de notre décision initiale de rejeter Dieu en choisissant d’être séparés de Son Amour et d’être seuls. C’est cette culpabilité qui est la source de toute notre douleur et de toute notre souffrance. Dans le Cours nous lisons: «De toutes les nombreuses causes que tu percevais comme t’apportant douleur et souffrance, ta culpabilité ne faisait pas partie» (T-27.VII.7:4). C’est seulement lorsque nous faisons le lien entre notre douleur et nos décisions que le choix devient signifiant. Lorsque nous avons atteint ce point, il est évident avec qui nous choisirons de décider: «Qui, avec l’Amour de Dieu le soutenant, pourrait trouver le choix entre les miracles et le meurtre difficile à faire?» (T-23.IV.9:8).

Note : Pour des explications plus approfondies sur cette importante section du Cours, voir «Rules for Decision» (Les règles pour la décision), transcription d’extraits en anglais d’un atelier de Kenneth Wapnick sur le site www.facim.org, à l’onglet «excerpt series», ainsi que disponible – toujours en anglais – sur le même site en sa totalité sur CD/MP3.


23 — Appartenir à une religion officielle

Q: Peut-on être étudiant d’Un cours en miracles et adhérer encore à une religion officielle?

R: Oui, si cela s’avère utile, car selon l’enseignement dans le Manuel: «Le curriculum est hautement individualisé et tous les aspects sont sous la direction et les soins particuliers du Saint-Esprit» (M-29.2:6). Personne n’a le droit ni la sagesse nécessaire pour déterminer ce qui pourrait aider quelqu’un dans sa voie spirituelle. C’est pourquoi l’accent dans le Cours porte toujours sur l’importance de demander l’aide du Saint-Esprit. Cela dit, il est vrai qu’au niveau concret de leurs enseignements, le Cours diffère nettement des religions officielles. En effet, on pourrait dire que l’une des caractéristiques d’Un cours en miracles est le contraste entre ses enseignements et ceux du christianisme traditionnel. Par conséquent, à ce niveau, un conflit sera inévitable à un moment donné de l’étude. Par exemple, les autres religions occidentales n’enseignent pas que «le monde a été fait comme attaque contre Dieu» (L-II.3.2:1), et que notre véritable terreur est celle de la rédemption, et non celle de la crucifixion (T-13.III.1:10-11). On pourrait être assez tenté d’harmoniser les deux systèmes de pensée; ce serait un compromis qui ne pourrait se faire qu’au détriment des deux approches.

Nous sommes de toute façon tellement pleins de conflits que d’en insérer intentionnellement encore davantage dans notre vie quotidienne semble être un acte peu aimant envers nous-mêmes. Avoir un certain intérêt intellectuel pour une religion officielle aux fins de comparaison et de contraste avec le Cours est une chose, mais vraiment essayer de suivre les deux voies quotidiennement serait en effet très difficile. Toutefois, si on se souvient de la nature individualisée du curriculum, suivre à la fois le Cours et une religion officielle est néanmoins possible. Par conséquent, la question à se poser serait: quel est le but?


24 — La réincarnation

Q: Un cours en miracles semble faire allusion à la réincarnation. Si nous ne mourons pas vraiment, mais «nous défaisons simplement de notre corps», allons-nous revenir dans un autre corps ou bien allons-nous poursuivre nos leçons à un autre niveau?

R: Oui, dans le Cours, Jésus semble en effet faire allusion à la réincarnation. Mais pour comprendre ce qu’il dit et pour répondre à votre question, il faut que nous nous rappelions que dans le Cours, il nous parle toujours au niveau de l’esprit, le seul niveau où tout véritable apprentissage a lieu. Il s’adresse en particulier à la partie de notre esprit qui doit choisir entre l’ego et le Saint-Esprit, entre la haine et l’amour, entre la mort et la vie.

«Mais souviens-toi que comprendre est de l’esprit, et seulement de l’esprit» (T-15.VI.7:5).

Il nous dit dans le Cours que cette «vie» est un rêve, que le monde est une illusion, que le corps ne meurt pas parce que le corps ne vit pas: «Le corps ne meurt pas plus qu’il ne peut sentir. Il ne fait rien. De lui-même il n’est ni corruptible ni incorruptible. Il n’est rien» (T-19.IV-C.5:2-5), et que notre expérience du temps fait simplement partie de cette illusion. Notre «rêve» ne fait que refléter, toujours et uniquement, le choix que nous avons fait: soit le but de l’ego de renforcer notre culpabilité et notre croyance à la séparation, soit celui du Saint-Esprit de pardonner et de défaire la croyance à la séparation. Par conséquent, la forme du rêve n’est jamais importante, et quand une forme change, l’apprentissage ou le choix continue dans l’esprit.

Ainsi, lors de la lecture d’un passage qui semble impliquer la réincarnation, nous pourrions le comprendre non seulement au niveau de notre expérience dans le rêve, mais aussi comme idée de réexaminer le manque de pardon. Cela peut aider de s’imaginer des rêves «simultanés» ou d’utiliser le modèle d’un hologramme où le tout est contenu dans chacune des parties. Lorsque l’esprit «revoit» les rêves ou des aspects de l’hologramme, cela pourrait être envisagé comme faire l’expérience de différentes «vies».

Jésus nous dit dans le Manuel que croire en l’idée de la réincarnation n’est pas une condition préalable pour suivre son Cours. En effet, il explique que cela n’a de la valeur que dans la mesure où cela pourrait «aider» ou réconforter ses étudiants.

«En définitive, la réincarnation est impossible. Il n’y a ni passé ni futur et l’idée de naissance dans un corps n’a pas de signification, que ce soit une fois ou de nombreuses fois. La réincarnation ne peut donc pas réellement être vraie» (M-24.1:1-3).

«La réincarnation ne serait, en aucun cas, le problème à considérer maintenant… Il est certain, toutefois, que la voie vers le salut peut être trouvée par ceux qui croient en la réincarnation et par ceux qui n’y croient pas. Par conséquent, l’idée ne peut pas être considérée comme essentielle au curriculum. Il y a toujours un certain risque à regarder le présent en fonction du passé. Il y a toujours du bon dans toute pensée qui renforce l’idée que la vie et le corps ne sont pas la même chose.» (M-24.2:1,5-8).

Lorsque nous pouvons accepter le fait que le temps n’est pas linéaire, le concept de la réincarnation perd sa signification. Mais tant que nous croyons être des individus séparés, les leçons continuent sous la forme qu’il nous est possible d’accepter et de comprendre jusqu’à ce que nous ayons vraiment appris que notre réalité est esprit et que nous avons toujours été «chez [nous] en Dieu, rêvant [seulement] d’exil» (T-10.I.2:1). Avec cette acceptation de l’Expiation pour nous-mêmes, tous les rêves prennent fin.


25 — L’étude du Cours provoque de la tristesse

Q: J’étudie le Cours depuis pas mal de temps. Je suis en train de découvrir que la particularité est vaine et commence à deviner les intentions, aversions et manipulations de l’ego. Mais j’ai détecté une tristesse ou de la peur, en raison du vide qui est là quand je lâche prise de la particularité qui veut se maintenir grâce aux choses matérielles ou relations et autres. Que proposeriez-vous pour nous aider à franchir cet obstacle ou à traverser le voile pour être en mesure de voir tout le monde avec une perception guérie? Le vide semble parfois être large et profond et donc effrayant.

R: La confiance est essentielle lorsque vous passez par cela. À un moment donné, Jésus nous implore: «n’insuffle pas la vie à ton ego défaillant» (T-17.V.8:4), et il nous rassure: «La mort de la particularité n’est pas ta mort, mais ton éveil à la vie éternelle» (T-24.II.14:4). Ces paroles, parmi tant d’autres, sont d’utiles rappels lorsque nous traversons des moments durs que, premièrement, Jésus sait ce que nous traversons, et deuxièmement, que tout va bien finir si nous continuons simplement à pratiquer le pardon.

La plupart des étudiants passent par ce que vous avez décrit. Quelqu’un a comparé cela à être sur un quai avec un pied sur le quai et l’autre sur le bord d’un bateau qui commence soudainement à s’en éloigner. C’est désagréable, c’est le moins que l’on puisse dire! Parfois, cette expérience reflète la célèbre «nuit obscure de l’âme» dont il est question dans la littérature spirituelle. Cela est examiné dans le manuel pour enseignants dans la section «Développement de la confiance», dans laquelle Jésus décrit la cinquième étape comme étant «une période de perturbation» (M-4.I.7:1). Vous n’êtes plus aussi fermement ancré dans la particularité, mais vous n’êtes pas non plus passé outre entièrement, parce qu’au plus profond de votre esprit, vous savez que lâcher prise de la particularité veut dire lâcher prise de votre identité en tant qu’individu séparé et indépendant. C’est cela la crainte sous-jacente. Si vous admettez cela et si vous portez cette peur à l’amour de Jésus dans votre esprit, vous vous sentirez mieux.

Il n’y a pas moyen de sauter cette étape du processus, si vous voulez finir au «bon endroit». Vous ne devriez pas vous forcer à renoncer à une relation ou à quelque chose dans le monde qui vous donne encore du plaisir, et vous ne devriez pas non plus vous efforcer de voir tout le monde avec une perception guérie. Si vous vouliez vraiment aller au-delà de la perception des intérêts séparés, vous y seriez déjà. Il est donc extrêmement utile d’être honnête quant à la réticence à lâcher prise de la particularité. Vous pourriez aussi vous demander comment vous vous sentiriez si vous entreteniez des rapports avec autrui sans particularité. Parfois, cela révèle un élément en vous-même dont vous n’étiez pas conscient, une source de résistance dont vous ne connaissiez pas la présence. Pour finir: soyez simplement patient et faites confiance au processus.


26 — Ce que signifie l’instant saint

Q: Pourriez-vous expliquer l’instant saint plus en détail?

R: L’instant saint est l’instant en dehors du temps où nous choisissons le pardon au lieu de la culpabilité, le miracle au lieu de la rancœur, le Saint-Esprit au lieu de l’ego. Ainsi s’exprime notre petit désir de vivre dans le présent qui s’ouvre sur l’éternité, plutôt que de nous accrocher au passé et craindre le futur, ce qui nous maintient en enfer.

Il est important de comprendre que l’instant saint est hors du temps et au-delà du corps: «Il n’y a pas un seul instant où le corps existe le moindrement» (T-18.VII.3:1). C’est un terme qui est donné à notre expérience d’unité avec quelqu’un d’autre qui dépasse complètement quoi que ce soit de corporel. Il n’y a pas de séparation entre vous et cette autre personne. Les intérêts contradictoires et séparés qui caractérisaient la relation auparavant ont été complètement dissous en faveur de la re-connaissance qu’il n’y a que des intérêts partagés. Tout sentiment de compétition et de comparaison n’existe simplement plus dans l’instant saint, c’est-à-dire quand vous avez choisi volontairement de ne pas voir vos intérêts comme étant séparés de ceux d’autrui. Il existe de nombreuses autres façons comme cela peut se produire, car il y a tellement d’autres façons comme nous avons attesté la séparation.

C’est un instant choisi dans lequel notre peur a suffisamment diminué pour que nous acceptions la vérité sur nous-mêmes et tous les autres. Cela semble être un instant fugace qui vient et puis s’en va uniquement parce que notre peur est encore trop grande pour nous permettre d’en faire notre état permanent. Quand cela se produit, nous sommes dans le «monde réel». Ainsi le terme est aussi utilisé pour désigner l’instant saint final, «le monde réel», la culmination de tous les instants saints que nous avons choisis tout au long de notre chemin.


27 — La conscience avant la séparation

Q: Si la conscience a été la première division introduite dans l’esprit du Fils qui rêvait, quel était alors l’état de son esprit avant la conscience? Le Fils n’était-il pas conscient de Sa relation avec Dieu, ou de son Unité avec Dieu? Cela peut paraître bête, mais c’est comme demander si nous sommes conscients d’être inconscients, ou inconscients d’être conscients.

R: Cette question est soulevée fréquemment; c’est tout à fait naturel de la poser, et elle n’est pas bête! L’ennui, c’est que la question n’a de sens que pour les esprits incapables de concevoir une réalité non duelle. Et nous avons cette difficulté parce que nous avons, en tant qu’un seul Fils, rejeté l’unité pour substituer une existence indépendante et individuelle à notre véritable réalité. C’est un net désavantage lorsque nous essayons de comprendre tous les énoncés du Cours où il est question de la réalité comme étant non duelle et pure unité. Jésus doit utiliser un langage et des concepts que nous pouvons comprendre – donc le langage de la dualité – afin d’amorcer le processus qui nous conduira au-delà de la dualité. Souvent il nous rappelle qu’il y a beaucoup de choses que nous ne pouvons pas encore comprendre, mais que nous finirons par comprendre au fur et à mesure que notre identification au corps diminuera.

Par conséquent, pour répondre à votre question traitant d’avant que l’Esprit du Fils de Dieu n’ait semblé se diviser, c’est-à-dire avant que la séparation ait semblé se produire: alors il y avait seulement une parfaite unité entre Dieu et le Christ: «Ce qu’Il crée n’est pas à part de Lui, et nulle part le Père ne finit et le Fils ne commence comme quelque chose de séparé de Lui» (L.I.132.12:4). Le Cours indique clairement que Dieu a créé le Christ, mais cela ne veut pas dire deux êtres en relation l’un avec l’autre selon ce que nous connaissons. Puisque c’est une parfaite unité, il ne peut y avoir de conscience. Nous ne pouvons pas comprendre ce que serait cet état sans conscience à cause de la condition actuelle dans laquelle se trouvent nos esprits, et il est vain de spéculer là-dessus: «[…] tant que tu penses qu’une partie de toi est séparée, le concept d’une Unité jointe en ne faisant qu’Un est in-signifiant» (T-25.I.7:1). De même lorsqu’il il est question de notre fonction au Ciel qui consiste à étendre l’amour en tant que Christ, Jésus nous dit que cela aussi est dénué de sens pour nous, mais que ce que nous pouvons comprendre et pratiquer, c’est le pardon: «Par conséquent, tu as une fonction dans le monde dans ses propres termes. Car qui peut comprendre une langue bien au-delà de sa simple portée?» (L-I.192.2:1-2). «La création ne peut même pas se concevoir dans le monde. Elle n’a pas de signification ici. Le pardon est ce dont elle se rapproche le plus sur terre» (L-I.192.3:1-3).

Nous concluons donc humblement et en silence, mais avec l’espoir que si nous faisons ce que Jésus nous demande dans son Cours, nous ferons un jour l’expérience qui viendra mettre un terme à toutes nos questions et considérations.


28 — Pardonner des actes atroces

Q: Comment pardonner des actes atroces à autrui? Comment pardonner au franc-tireur? N’est-ce pas réel? Est-ce une distraction de l’ego? J’ai également peur de ce qui est réel. Quand je dis: «Par-dessus tout je veux voir», cela me terrifie. J’ai beaucoup de mal à renoncer à ce monde que nous avons créé. J’aime certaines de mes créations, ma famille par exemple. Est-ce que je dois mourir pour revenir à ma réalité? Ne serai-je pas très seul?

R: Le pardon enseigné par le Cours est un processus qui consiste à regarder une situation telle que les meurtres du tireur d’élite et à nous demander ce que cet événement nous apprend sur ce que nous croyons. Nous commençons par regarder honnêtement nos réactions à ces meurtres, ce qui inclut toutes sortes de sentiments et de jugements concernant les victimes et les agresseurs. Tous ces sentiments et toutes ces pensées sont utiles pour lever le voile sur les croyances cachées du système de pensée de l’ego : que le monde est réel, que nous sommes des corps, que ce que nous appelons la mort est la fin de ce que nous appelons la «vie», que nous sommes vulnérables à l’attaque… la liste s’allonge sans fin. Dans le Cours on nous demande alors de reconnaître que tout ceci, ce sont des sentiments et des pensées à propos de nous-mêmes que nous avons projetés tant sur les victimes que sur les agresseurs. Nous apprenons que les sentiments et pensées ainsi que la douleur qu’elles causent étaient déjà en nous avant que ne survienne l’événement. L’événement semblait seulement causer ces sentiments. C’est pourquoi nous lisons dans le Cours que nous pardonnons à nos frères ce qu’ils n’ont pas fait. «Sois désireux de pardonner au Fils de Dieu ce qu’il n’a pas fait» (T-17.III.1:5). Ce ne sont pas les francs-tireurs qui causent nos sentiments, mais bien nos croyances erronées. Si nous sommes désireux de regarder toutes les situations de cette façon, nous remettons tout doucement en question les mensonges de l’ego. Nous sommes alors en mesure de demander de voir d’une autre façon. C’est parfois très difficile à faire, cela demande de la pratique et beaucoup d’honnêteté, mais c’est le seul moyen de découvrir les croyances qui font que nous restons ancrés dans un système de pensée qui nous cause tant de souffrances. Cette douleur vient de croire les mensonges de l’ego et non de la situation, dans ce cas-ci les meurtres. Il est très important de pratiquer ceci sans nier aucun des sentiments ou des pensées que nous avons concernant les événements scandaleux en ce monde de l’ego de peur et de haine, et sans nous forcer à accepter un nouveau système de croyances qui remet en question notre perspective habituelle provenant de l’ego. Cela ne pourrait que renforcer encore davantage notre point de vue erroné et nous faire encore plus peur. Si nous sommes disposés à dire simplement «peut-être je me trompe à ce sujet», alors le monde que nous avons fait et toutes nos relations, y compris celles que nous «aimons», deviennent notre école où nous apprenons l’interprétation du Saint-Esprit de tout ce que nous éprouvons plutôt que d’être des distractions. [Note: dans le Cours le terme «faire» est utilisé pour le monde de l’ego. «Création» se réfère à l’extension de l’Amour uniquement au niveau de l’Esprit.] Jésus nous dit dans le Cours que le Saint-Esprit ne nous privera d’aucune de nos relations particulières, mais qu’Il nous donnera à la place une interprétation différente et un but différent pour elles. Sans elles, nous ne serions pas conscients des croyances erronées sur nous-mêmes ni des jugements (bons ou mauvais) qui nous maintiennent dans notre profond sommeil. Nous nous sommes rendus apeurés de ce qui est réel et c’est pourquoi nous avons un Enseignant qui nous invite à faire avec Lui les petits pas vers une nouvelle façon de penser. Si nous faisons cela avec Jésus ou le Saint-Esprit à nos côtés, nous ne serons ni seuls ni morts. Nous finirons par nous éveiller entièrement du rêve en nous rendant compte qu’en fait nous ne faisions que rêver, sans pensée ni besoin de mourir. Entre-temps, chaque étape dans le pardon nous apporte plus de paix et nous rapproche de notre vérité où notre famille inclura chacun et où nous n’éprouverons plus le moindre sentiment de perte.


29 — La soi-disant « colère » de Jésus

Q: Quand Jésus a renversé les tables dans le temple, il semblerait que cela ait renforcé le système de pensée de l’ego. Il était en colère, et pour finir a été puni en étant crucifié. Je répète constamment dans mon esprit qu’il doit y avoir une autre façon de voir cela. Pour accélérer ma guérison, j’ai soumis cette question à la Fondation.

R: Dans les livres de Kenneth Wapnick Forgiveness and Jesus: The Meeting Place of A Course in Miracles and Christianity et dans l’Introduction à Un cours en miracles (éditions Octave, Montréal), ce passage de l’évangile est discuté en détail. L’explication détaillée présentée dans ces livres est résumée ici:

Comme vous le savez peut-être, les récits des paroles et des actes de Jésus dans les évangiles ne sont pas nécessairement des faits historiques. Il est probable que l’incident dans le temple ne se soit pas passé de la manière dont il est présenté dans l’évangile. Ce point de vue est accepté même par de nombreux exégètes chrétiens des écritures. Il est également important de noter que dans les évangiles il n’est pas dit que Jésus était en colère, même si dans les films sur la vie de Jésus il est dépeint comme l’étant. Si quelque chose de ce genre est arrivé où Jésus aurait semblé être en colère sans vraiment en ressentir, c’est qu’il aurait utilisé cette fureur comme un outil d’enseignement pour faire une démonstration à la grande foule de gens présente dans le temple au moment de la Pâque. Dans ce cas-là, il aurait souligné que le «peuple élu» avait faussé l’enseignement de l’Ancien Testament en utilisant le temple à des fins autres que celles de «maison de prière». Ceci se rapproche de l’interprétation traditionnelle de cet incident par les exégètes chrétiens. En tant que bon enseignant Jésus aurait agi de façon spectaculaire pour attirer plus efficacement l’attention sur son message. On pourrait également envisager une dernière option, à savoir que Jésus aurait effectivement été en colère, faisant une «crise égotique». Si cela avait été le cas, c’est qu’au moins trois conditions auraient dû été remplies: Jésus n’aurait pas été en paix, il n’aurait pas été conscient de Dieu et aurait perçu les prêteurs d’argent comme ses ennemis. Il est inconcevable que Jésus, dont la présence et le message n’étaient remplis que d’amour et de paix, puisse avoir «perdu les pédales» de cette façon. Il est également possible de croire que Jésus ait vraiment fait une crise d’ego, mais si l’on voulait croire cela, pourquoi choisirait-on de s’identifier à son ego plutôt qu’à l’amour et au pardon qu’il nous enseigne dans Un cours en miracles? Par ailleurs, même si c’avait été possible que Jésus fasse une telle crise d’ego, il n’aurait, selon le Cours, certainement pas été puni pour son «péché» en étant crucifié. «Il n’y a pas de péché» (T-26.VII.10:5). L’enseignement central du Cours est que le Fils de Dieu est innocent: «Tu es encore Mon saint Fils, à jamais innocent, à jamais aimant et à jamais aimé, aussi illimité que ton Créateur, complètement inchangeable et pur à jamais» (L-II.10.5:1). Étant donné qu’il n’y a pas de péché, il ne peut pas y avoir de punition. Par conséquent, l’enseignement du Cours sur la crucifixion se présente sous une perspective tout à fait différente. Comme dit Jésus: «La crucifixion n’est rien de plus qu’un exemple extrême» (T-6.I.2:1), ce qui ressemble beaucoup à l’exemple de l’incident du temple, s’il s’est vraiment produit. Jésus dit plus loin: «Le message que la crucifixion était censée enseigner, c’est qu’il n’est pas nécessaire de percevoir une quelconque forme d’assaut dans la persécution, parce que tu ne peux pas être persécuté. Si tu réponds par la colère, tu dois t’assimiler au destructible et donc tu te regardes toi-même d’une manière insane» (T.6.I.4:6-7). Jésus ne se serait pas considéré comme insane, et puisqu’il savait qu’il n’était pas un corps, il est resté en paix au cours de la crucifixion, pleinement conscient que rien ne se passait.

À mesure que nous saisissons quelle est notre véritable Identité en tant que Fils innocent de Dieu, nous apprenons à notre tour que nous pouvons, nous aussi, être en paix au milieu de ce qui semble être une persécution. De même que Jésus, rien ne peut nous nuire le moindrement. Cette véritable Identité ne doit pas être confondue avec les identités d’ego que nous choisissons en tant que corps qui meurent effectivement. Puisqu’il n’existe pas de vie réelle, ici dans le corps, il n’y a pas non plus de mort réelle. C’est ce que Jésus savait quand son corps a été crucifié. C’est ce qu’il nous enseigne.


30 — Renoncer aux addictions

Q: Je joue à des jeux d’ordinateur, ce qui me plaît énormément. Je pense que je devrais laisser tomber ces jeux un de ces jours parce que je veux l’alternative du Saint-Esprit. Il y a une autre distraction que je chéris et qui est même une dépendance. Cette dépendance fait que je me retire complètement de mon esprit juste: c’est excitant, ça me fait frissonner, mais avec beaucoup d’effets secondaires, de désavantages, le fardeau de l’anticipation, etc. Quand je regarde vraiment tout ça avec Jésus, je n’en veux plus. Et pourtant, ce n’est toujours pas ce que je choisis (jusqu’à présent). Il y a une grande réticence à lâcher prise de ces choses-là. Elles sont en conflit avec le Cours… [Jésus] a accompagné Helen pour aller acheter des chaussures pendant un certain temps, mais ensuite il lui a conseillé d’y renoncer.

R: Gardez à l’esprit qu’il s’agit d’un processus et que cela prend beaucoup de temps pour la plupart d’entre nous. La patience et la douceur envers nous-mêmes sont les éléments clés de ce processus, sinon nous tombons dans le piège de l’ego de rendre l’erreur réelle. Le conseil important que Jésus nous donne au début des «règles pour la décision» est: «Ne lutte pas contre toi-même» (T-30.I.1:7). Par conséquent, l’approche la plus utile serait d’examiner simplement votre résistance à accepter l’alternative du Saint-Esprit et votre sentiment que l’amour de Jésus ne vous suffit pas. Ensuite, ne vous condamnez pas de ressentir cela. Continuez seulement à être honnête avec vous-même et avec Jésus, voyant à quel point vous ne souhaitez pas croire et accepter ce que ce Cours vous enseigne. Puis ne vous jugez pas non plus pour cela. Vous allez pratiquer le Cours d’une manière très efficace si vous y arrivez. C’est cela que veut dire le pardon. Vous allez apprendre que le «péché» dont vous vous êtes accusé n’a pas eu d’effets, et que c’était seulement une «minuscule et folle idée» qui n’a jamais changé l’amour d’aucune façon.

Ce qui intéresse Jésus toujours et uniquement, c’est le but. Ainsi, Helen était prête à changer le but quand elle sortait magasiner. Elle n’avait plus besoin de se «protéger» de l’amour de Jésus, il ne lui était donc plus nécessaire d’aller faire des achats. Lorsque notre peur d’accepter l’amour de Jésus diminue, nous cessons d’être aussi empêtrés dans nos défenses contre l’acceptation de cet amour. Tandis que ces activités précises pourront encore faire partie de nos vies, leur but aura totalement changé. Il s’agit toujours du contenu, pas de la forme. L’expérience de la paix ou du conflit n’a rien à voir avec l’activité ou l’objet en soi. La paix et le conflit sont le résultat de notre choix pour l’ego ou pour Jésus en tant qu’enseignant.

Et finalement, de façon générale, lorsque nous parlons de dépendances, il est souvent nécessaire de s’occuper d’abord du comportement – de prendre toutes les mesures possibles pour freiner ou faire cesser le comportement destructeur. Cela serait un reflet de la décision de l’esprit d’être plus aimant envers soi-même et les autres. Puis, lorsque le comportement est mieux maîtrisé, la personne peut commencer à se pencher sur la cause de la dépendance dans l’esprit. Le plus souvent, les dépendances prennent racine dans une haine de soi accablante et dans la culpabilité, qui ensuite est projetée sur notre propre corps ou celui d’autrui.

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