201-210

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page:

201 – Comment revenir au point où l’erreur originelle s’est produite?
202 – Comment devrais-je enseigner les principes du Cours aux enfants?
203 – Est-ce qu’on doit faire une leçon du livre d’exercice chaque jour?
204 – Est-ce que le but d’Un cours en miracles est le bonheur?
205 – Est-ce que tout le monde doit accepter l’Expiation avant que quiconque puisse entrer au Ciel?
206 – Pourriez-vous me donner quelques exemples pratiques du pardon?
207 – Est-ce qu’on a tort d’avoir des questions et d’avoir besoin de réponses à propos du Cours?
208 – S’assurer que le but visé est en accord avec Dieu.
209 – Sentir la “présence” de quelqu’un.
210 – Avoir conscience de l’ego ou conscience de Dieu.

201 – Comment revenir au point où l’erreur originelle s’est produite?

Q: En lisant la prière de la “décision de choisir Dieu”, la question se pose comment on peut “ramener [sa] pensée au point où l’erreur a été faite” (T-5.VII.6:7-11; 6:5) si on ne se souvient pas de la décision de se séparer de Dieu ou si elle est inconsciente?

R: Le voyage de notre “retour” est un processus où nous marchons en arrière à partir de l’endroit où nous croyons être, c’est-à-dire dans le corps, dans le monde, dans le rêve. Bien que nous ne nous souvenions en effet pas du choix originel de nous séparer de Dieu, nous semblons éprouver les effets tout à fait réels de ce choix. Regarder clairement et directement les effets indiquera la véritable nature du choix erroné de croire à la réalité de la séparation. Notre retour commence lorsque nous sommes désireux de regarder toute situation différemment. Chaque personne, chaque événement, chaque état et chaque situation qui semble nous causer de la douleur, un malaise ou un manque de paix est une occasion de remettre en question ce qui se passe réellement. Dans Un cours en miracles nous apprenons que le conflit que nous ressentons ici dans le rêve a en fait sa cause dans la culpabilité dans notre esprit, puis est déplacé de l’esprit et projeté sur le corps ou le monde.

La projection a pour but de nous libérer de la responsabilité d’avoir fait le choix de nous séparer. Puis l’ego nous dit que les personnes et événements en dehors de nous sont à blâmer pour notre misère. Nous sommes victimes d’agents extérieurs et ne pouvons pas en être tenus responsables. Par le processus de pardon nous apprenons à découvrir la cause de nos problèmes comme étant un choix dans l’esprit, au lieu de blâmer autrui. C’est un pas pour revenir au point où l’erreur a été faite. De cette façon, nous acquittons ceux contre qui nous nourrissons des rancœurs de la responsabilité et leur pardonnons “ce qu’il[s n’ont] pas fait” (T-17.III.1:5).

Quand nous avons pu pratiquer le pardon avec tout le monde et avec chaque situation dans notre vie et sommes suffisamment dés-identifiés de la croyance de l’ego à la séparation, nous nous identifierons pleinement à l’esprit au lieu du corps. Nous ne croirons plus à la victimisation, mais au pouvoir de la capacité que notre esprit a de choisir. Cela va nous libérer pour faire un autre choix. Au lieu de l’erreur de croire que la séparation était réelle et a eu de graves conséquences, nos allons sourire de l’absurdité d’une telle pensée. Voilà le retour final au “point où l’erreur a été faite”. Alors nous nous éveillerons du rêve de séparation.

En attendant, nous renforçons notre croyance en notre véritable identité en tant qu’esprit et affaiblissons notre croyance à la fable de l’ego de la séparation et  de l’identité avec le corps, chaque fois que nous sommes désireux de reconnaître que toute situation ou la dynamique de toute relation est le résultat direct d’un choix fait dans notre esprit, sans projeter le blâme sur autrui. Ainsi nous sommes guidés jusqu’au point du choix final et à la décision de ne plus revenir au monde enténébré de l’illusion et de la séparation.

202 – Comment devrais-je enseigner les principes du Cours aux enfants?

Q: Je travaille professionnellement avec des enfants. Je me suis demandé de quels principes fondamentaux d’Un cours en miracles vous parlez quand il s’agit de travailler avec des enfants, que ce soit en tant que père ou mère, enseignant, conseiller, entraîneur ou dans n’importe quel autre rôle. Je demande “qu’est-ce que [tu] veux qu’il en sorte?” (T-17.VI.2:1). Malheureusement, pour la plupart les enfants ne sont pas suffisamment conscients pour répondre à cette question avec beaucoup de sagesse. J’insiste aussi sur l’importance du “choix”. Qu’y aurait-il encore à dire?

R: Nous avons abordé ce problème dans la question 179 dans le contexte de l’éducation des enfants. C’est toujours une bonne idée d’aider les enfants (tout comme les adultes) à prendre la responsabilité de leur comportement et de les aider à comprendre qu’ils ont des choix. Mais les concepts et principes du Cours se trouvent bien au-delà de ce que les enfants et la plupart des adolescents sont capables de saisir. Les enfants doivent d’abord apprendre à devenir des ego forts et sains pour fonctionner efficacement et faire face aux nombreux défis dans le monde. Une stabilité psychologique d’un niveau fondamentalement solide est nécessaire avant que l’on puisse “sans risque” commencer à s’occuper du concept que le monde et l’individualité sont des illusions. Ceux qui n’ont pas la maturité nécessaire ou qui sont psychologiquement fragiles pourraient être précipités dans la panique ou pire s’ils sont confrontés à de tels sujets d’une manière non adéquate.

La meilleure façon d’enseigner le Cours aux enfants, c’est de le démontrer dans sa propre vie. L’attention devrait toujours être dirigée sur le contenu dans notre esprit: être à l’affût de chaque pensée et dynamique de l’ego et puis l’apporter à l’amour de Jésus, par exemple notre besoin de contrôler, de dominer ou de (psychologiquement) “dévorer” quelqu’un; notre besoin de manipuler et d’utiliser les autres pour obtenir ce que nous voulons, pour ensuite les laisser tomber. Quand nous admettons humblement que nous avons fait une erreur en choisissant notre enseignant et ensuite choisissons l’enseignant du pardon dans notre esprit juste, nous allons automatiquement manifester le message du Cours dans notre vie. Les mots que nous disons n’ont pas d’importance, car si nous sommes axés sur l’amour de Jésus, tout ce que nous ferons ou dirons sera aimant et aidera le mieux les enfants dont nous avons la charge. Les enfants prendront contact avec la source de nos paroles et actes et se sentiront par conséquent en sécurité et acceptés, indépendamment de ce qu’ils font.

Quand la discipline s’impose et si nous avons lâché prise de notre ego, juste pour un instant, notre comportement sera guidé de sorte à être convenablement ferme et efficace, mais sans comporter ni punition ni riposte, ni jugement ni dédain, et sans être déclenché par la colère ou la peur. Pour le répéter: le message que les enfants recevront – après la période normale passée à bouder – sera qu’on se souci d’eux et qu’ils sont acceptés, même si ce qu’ils viennent de faire n’était pas acceptable. Nous pouvons tous témoigner que les enseignants et adultes dans notre enfance dont nous nous souvenons le mieux sont ceux qui étaient gentils, s’occupaient de nous et nous ont acceptés, ou alors ceux qui étaient exactement le contraire. Nous aurons probablement oublié ce qu’ils ont dit sauf peut-être quand il s’agissait d’une acceptation ou d’un rejet. Les enfants captent immédiatement le message qui est transmis à travers les mots et le comportement des adultes.

Jésus nous demande d’être comme lui, de le prendre comme modèle. C’est pourquoi la façon d’instruire nos enfants est d’être un modèle de l’esprit juste pour eux. Un paragraphe utile à cet égard se trouve dans le manuel sous “La fonction de l’enseignant de Dieu” (M-5.III.2).

203 – Est-ce qu’on doit faire une leçon du livre d’exercice chaque jour?

Q: Je lis Un cours en miracles avec un groupe d’amis, et nous voudrions savoir si les leçons doivent strictement être faites chaque jour ou si on peut s’attarder sur l’une ou l’autre pendant une ou deux semaines jusqu’à ce qu’on l’ait saisie à fond?

R: Les seules instructions pour pratiquer les leçons du livre d’exercice se trouvent dans son introduction. Il n’y est pas question de répéter une leçon, mais seulement:

“N’entreprends pas de faire plus d’une leçon par jour.” (L-in.2:6)

Répéter une leçon ne va donc pas à l’encontre des instructions du livre d’exercices. S’il s’agit d’une leçon particulièrement signifiante ou difficile, cela pourrait être une bonne idée de s’y attarder quelques jours.

Toutefois il y a un risque de croire qu’une leçon doit être faite parfaitement, ou même “saisie à fond”, avant de passer à la suivante. Ce serait un piège, car il est très peu probable que soient nombreux ceux qui arrivent à faire une seule leçon parfaitement. Si nous le pouvions, nous aurions atteint un stade de croissance spirituelle si avancé que nous n’aurions même pas besoin des leçons.

La meilleure chose à faire est de tâcher de suivre les instructions pour la leçon de notre mieux et de prendre conscience de la résistance qui surgit. C’est la résistance qui fait qu’il est impossible de se souvenir de la leçon; c’est elle qui nous pousse à oublier les répétitions, et c’est elle qui fait qu’il est difficile de comprendre la leçon. Il est important de reconnaître cela, car cela démontre notre indésir d’apprendre le système de pensée qu’enseigne le livre d’exercices ainsi que notre refus de permettre que nos esprits soient entraînés “à une perception différente de tous et de tout en ce monde” (L-in.4:1).

Si nous croyons à tort que nous pouvons maîtriser une leçon en quelques jours, nous sous-estimons combien nous sommes attachés au système de pensée de l’ego, et cela entravera notre progrès au lieu de nous faire avancer.

Ce qui est important, c’est d’être sincères quand nous essayons d’étudier et de mettre en pratique ce qu’enseigne le livre d’exercices, conscients que nous avons beaucoup de résistance, et désireux de nous pardonner nos efforts souvent médiocres. Tant que nous continuons à étudier et à appliquer les leçons selon les instructions qu’elles contiennent, nous ferons des progrès. Cela pourrait être utile que votre groupe relise de temps à autre les instructions contenues dans l’introduction du livre d’exercices ensemble. De revenir au début de temps en temps nous remet sur la bonne voie.

204 – Est-ce que le but d’Un cours en miracles est le bonheur?

Q: Est-ce que le but d’Un cours en miracles est le bonheur?

R: Cela dépend de votre définition du mot bonheur. Si vous le définissez comme “un état de bien-être et de satisfaction” en ayant obtenu ce que vous voulez et quand vous le voulez, indépendamment du coût ou de qui le paie, alors la réponse est non. Si par contre votre définition est “un état de bien-être et de satisfaction” basé sur la connaissance de qui vous êtes véritablement, alors la réponse est oui. Comme vous voyez, la première définition dépend de sources extérieures, alors que la deuxième provient de sources intérieures.

Imaginez-vous que chaque rancœur que vous avez actuellement est entièrement lavée. Imaginez-vous que vous “glissez” tout au long de votre journée sans entraves provenant de sources extérieures. Imaginez-vous d’être libre de tout conflit. Imaginez-vous que vous avez la connaissance d’être sans péché et délivré de la culpabilité. Imaginez-vous de trouver l’innocence que vous étiez certain d’avoir perdue. Imaginez que chaque personne que vous rencontrez est un frère que vous aimez de tout cœur. Une telle vie découle de la paix de l’esprit que vous aurez lorsque le pardon aura été parfait en vous. C’est ce “bonheur” qui est le but du Cours.

205 – Est-ce que tout le monde doit accepter l’Expiation avant que quiconque puisse entrer au Ciel?

Q: Peut-être j’interprète mal cela, mais il me semble qu’il est écrit dans Un cours en miracles que personne n’entrera au Ciel tout seul. Est-ce que cela veut dire que chaque âme qui croit être séparée doit accepter et vivre l’Expiation avant que quiconque n’entre au Ciel? Qu’est-ce qui arrive aux âmes qui n’ont pas accepté l’Expiation quand le corps est mis de côté?

R: Oui, Jésus dit en effet dans Un cours en miracles que

“…nul ne peut entrer au Ciel tout seul” (L-I.134.17:7).

Mais cela ne signifie pas que ‘chaque âme qui croit être séparée doit accepter et vivre l’Expiation avant que quiconque n’entre au Ciel’. Jésus corrige notre pensée erronée que nous sommes des individus séparés et autonomes, et que nous pouvons, par exemple, condamner autrui sans que ce jugement nous touche. Ainsi, juste avant la citation mentionnée ci-dessus, il dit:

“Dans tout ce que tu fais, souviens-toi de ceci: Nul n’est crucifié seul” (L-I.134.17:6-7).

Il dit aussi:

“Frère, tu as besoin de pardonner à ton frère, car vous partagerez ensemble soit la folie, soit le Ciel. Et toi et lui lèverez les yeux ensemble dans la foi, ou pas du tout.” (T-19.IV-D.12:7-8)

L’essentiel de l’enseignement, c’est que nous sommes joints en une Filialité, et donc nous nous trompons chaque fois que nous pensons: Je suis digne de passer par les portes du Ciel, mais cette autre ou ce groupe ne l’est pas et ne le sera jamais, ou, cette autre en est digne et moi pas. Jésus nous aide à ramener notre esprit à son état originel en tant que Christ, le seul Fils de Dieu. Il utilise notre langage pour nous amener au-delà de notre façon habituelle de percevoir qui est toujours fondée sur la séparation, la division, l’individualité et sur le temps linéaire. Le processus n’est pas linéaire. Il n’y a pas d’“attente”. C’est ainsi que nous envisagerions le processus de notre perspective dans le temps et l’espace. Mais le processus se déroule entièrement en dehors de notre cadre temporel et n’est donc pas quelque chose que nous puissions pleinement comprendre. Il n’y a que l’illusion de beaucoup d’esprits non guéris. Il n’y a qu’un esprit qui a besoin d’être guéri, et c’est le vôtre. Si vous pouvez vous concentrer seulement sur cela quand vous mettez en pratique le Cours, vous allez en effet apprendre ses leçons et intégrer son message.

Pour finir, il n’est pas nécessaire de mettre le corps de côté pour accepter l’Expiation. Le corps serait simplement perçu correctement, c’est-à-dire en tant que pensée qui n’a jamais quitté sa source dans l’esprit. Jésus savait qu’il n’était pas son corps et n’a donc jamais souffert. Il y a des choses qui sont arrivées à son corps, mais elles ne lui sont pas arrivées. C’est pourquoi il nous demande de le prendre comme modèle. Il ne s’est pas perçu comme victime. Son esprit était guéri. Dans la leçon 226 cela est décrit sous un autre angle, mais c’est la même idée:

“Si je choisis de le faire, je peux quitter ce monde entièrement. Ce n’est pas la mort, mais un changement d’esprit sur le but du monde qui rend cela possible. Si je crois qu’il a une valeur tel que je le vois maintenant, ainsi il restera encore pour moi. Mais si je ne vois pas de valeur dans le monde tel que je le contemple, rien que je veuille garder pour mien ni rechercher comme but, il me quittera. Car je n’ai pas cherché des illusions pour remplacer la vérité.” (L-II.226.1)

206 – Pourriez-vous me donner quelques exemples pratiques du pardon?

Q: Il semblerait qu’Un cours en miracles nous demande d’observer nos pensées chaque jour. Pourriez-vous me donner des exemples comment on peut pratiquer le pardon tous les jours?

R: En général, pratiquer le pardon veut dire regarder ses pensées égoïques sans jugement et de se rendre compte de plus en plus souvent du prix qu’on paye pour garder ces pensées égoïques qui proviennent de l’esprit faux. Les pensées de jugement ou de condamnation; les pensées de colère, de rage, d’agacement; les pensées de vulnérabilité, de victimisation, de peur, de culpabilité, d’angoisse ou de dépression sont le genre de pensées que Jésus nous demande de guetter; aussi les pensées d’amour particulier ou de haine particulière; toute pensée distincte qui vous sépare d’autrui. Les leçons dans le livre d’exercices contiennent des instructions précises comment pratiquer la recherche de ces pensées dans l’esprit, et que faire quand on en prend conscience. Elles varient selon le sujet de la leçon du jour.

Quelques exemples: 1) Si quelqu’un vous enrage ou agace, vous pourriez simplement vous rappeler que vous n’êtes pas vraiment en colère à cause de ce que vous croyez:

“Je ne suis jamais contrarié pour la raison à laquelle je pense.” (leçon 5)

Puis vous pourriez poursuivre ainsi: J’ai de nouveau rejeté l’amour de Jésus, me suis jugé pour cela, m’en suis senti coupable, et au lieu de sourire d’une telle sottise j’ai écouté mon ego et ai projeté la culpabilité sur X. Voilà pourquoi je suis en colère. Qu’importe ce que cette autre a fait, ma colère est une interprétation. Maintenant j’ai un choix. Je peux simplement demander de l’aide pour lâcher prise de ma culpabilité et chercher à voir des intérêts partagés, ou je peux continuer à blâmer cette personne pour m’avoir contrarié et trouver que ma colère est justifiée. Et si je choisis de continuer de juger et de la blâmer, c’est en ordre. Je ne serai jamais en paix ou heureux si je fais cela, mais cela ne veut pas dire que je suis un pécheur ou indigne de l’Amour du Ciel. Dans la leçon 134, Jésus nous demande de considérer

“brièvement toutes les mauvaises choses que tu as pensées de lui et demande-toi à chaque fois: ‘Est-ce que je me condamnerais pour avoir fait cela?’” (L-I.134.15:3)

2) Si vous remarquez que vous êtes angoissé ou vous inquiétez de votre bien-être ou celui d’un être cher (par exemple à cause de problèmes physiques, psychiques, financiers, ou toute sorte de victimisation), demandez au le Saint-Esprit ou à Jésus qu’il vous aide à regarder

“le problème tel qu’il est, et non de la façon dont tu l’as monté” (T-27.VII.2:2).

Autrement dit, vous pourriez vous rappeler que sans doute vous regardez avec les yeux de l’ego qui sont programmés pour voir des victimes innocentes, car si vous aviez choisi le Saint-Esprit ou Jésus comme Enseignant vous ne seriez ni angoissé ni n’auriez peur, indépendamment de ce qui se passe. La perception est toujours une interprétation. Le miracle

“regarde simplement la dévastation et rappelle à l’esprit que ce qu’il voit est faux” (L-II.13.1:3).

Vous regardez donc la dévastation – vous ne niez pas ce que voient vos yeux ni ce que vous ressentez – mais vous vous rappelez simplement que vous avez choisi de demander à l’ego au lieu de Jésus d’interpréter ce que vous voyez.

Une description très belle au dernier paragraphe du 5e chapitre dans le texte explique comment le faire qui se termine par une série d’énoncés que Jésus nous demande de nous rappeler chaque fois que nous ne sommes pas entièrement joyeux. Le passage commence ainsi:

J’ai dû prendre la mauvaise décision, parce que je ne suis pas en paix.” (T-5.VII.6)

Le pardon consiste toujours en l’admission d’avoir eu tort et le petit désir de faire un autre choix. Nous n’avons pas besoin de faire cet autre choix, mais nous devons au moins admettre que nous avons eu tort de voir les choses à notre façon. Quand petit à petit nous avons moins peur, nous faisons joyeusement le bon choix aussitôt que nous nous rendons compte de notre pensée qui provient de l’esprit faux.

3) Si vous avez une relation particulière et sentez que vous êtes entièrement dépendant de quelque chose ou de quelqu’un et avez une peur bleue de ne plus avoir cette source de réconfort, de plaisir, d’assurance, de compagnie, de conflit et ainsi de suite, vous pouvez une fois de plus commencer par regarder honnêtement ce qui se passe. Jésus nous demande d’être entièrement honnêtes avec nous-mêmes et avec lui:

“Surveille attentivement et vois ce que tu demandes réellement. Soi très honnête avec toi-même sur ce point, car nous ne devons rien nous cacher l’un à l’autre.” (T-4.III.8:1-2)

Être honnête serait admettre que vous n’êtes pas encore prêt à accepter l’amour de Jésus dans votre esprit comme seule réalité; c’est pourquoi vous vous êtes accroché à quelque chose qui est en dehors de votre esprit pour combler le manque et subvenir à vos besoins tels que vous les avez définis. Ne pas vous juger pour cela vous aiderait à avancer dans le processus qui est de défaire votre culpabilité. Être tout à fait honnête avec vous-même quant au but de la relation avec cet autre, cet objet ou ces conditions fait partie intégrante du processus de pardon. Porter votre attention sur le but de la relation aide à vous préparer au changement du but, à savoir de celui de l’ego à celui du Saint-Esprit, quand vous serez prêt à demander Son aide.

Autrement dit, en ce moment vous croyez être limité et nécessiteux et non pas tel que Dieu vous a créé, et vous croyez que cette autre personne, substance ou n’importe est là pour combler vos besoins, ce qui est une attaque. La séparation est ainsi renforcée, ce qui est le but de l’ego. Donc, chaque fois que vous vous identifiez à l’ego parce que vous avez trop peur de l’Amour de Dieu, c’est ce que vous allez faire. Mais cela ne fait pas de vous un pécheur! Notre insanité ne peut pas changer l’Amour du Ciel.

207 – Est-ce qu’on a tort d’avoir des questions et d’avoir besoin de réponses à propos du Cours?

Q: Est-ce que le fait même d’avoir des questions d’avoir besoin de réponses ne renvoie pas la balle à l’ego et le perpétue? Et puis, est-ce que ce n’est pas irréaliste de vivre selon la prémisse d’Un cours en miracles que nous ne savons pas à quoi sert quoi que ce soit (L-I.25) et que nous n’avons pas besoin de faire quoi que ce soit (T-18.VII), alors que nous ne faisons que questionner et voulons toujours faire quelque chose?

R: Oui, il est vrai que nos questions et notre besoin d’avoir des réponses perpétuent l’ego. Cela est décrit dans une section saisissante dans le texte, “La quiète réponse”. Là, Jésus explique pourquoi il en est ainsi:

“Toutes les questions posées dans ce monde ne sont qu’une façon de regarder et non une question posée […] Le monde pose une seule question. C’est ceci: ‘De ces illusions, laquelle est vraie?’ […] Ainsi tout questionnement en ce monde est une forme de propagande pour lui-même.” (T-27.IV.4:1,4-5; 5:3)

Mais il ne dit pas de ne pas poser des questions; il veut juste que nous posions une question honnête, ce qui est seulement possible si nous avons écarté notre présomption arrogante de croire savoir quels sont nos problèmes, par exemple que nos économies diminuent, que notre corps est malade, que notre voiture est détraquée, que notre environnement est dévasté et ainsi de suite. Mettre en pratique le Cours ne signifie pas que nous ne nous occupons pas de ces aspects dans notre vie; cela veut dire plutôt nous rendre compte que nous ne sommes pas contrariés ou bouleversés pour ces raisons-là. Notre détresse – notre seul problème – est notre désir de croire encore que nous sommes véritablement séparés de l’Amour de Dieu. Notre défense pour ne jamais changer d’esprit à ce sujet – pour ne pas renoncer à notre identité particulière en tant qu’individus – consiste à voir une multitude de problèmes à l’extérieur de notre esprit et puis de demander que Jésus ou le Saint-Esprit se joigne à nous pour faire tout ce qui est possible pour résoudre ces problèmes, au lieu de Leur demander de nous aider à changer d’esprit au sujet du système de pensée que nous avons choisi pour nous guider.

Dans ce contexte, il est donc tout à fait réaliste de vivre selon les prémisses du Cours. En fait, nous irions beaucoup mieux et serions beaucoup plus en paix si nous le faisions. Ces prémisses ne consistent qu’en une réorientation de notre pensée. Elles nous aident à nous éloigner de ce que nous prenons pour la réalité avec tant de conviction, de sorte que nous puissions acquérir une vue différente de notre vie et de tout ce qui semble être nos problèmes. Si nous cédions le pas avec Jésus comme il nous le demande, nous verrions avec lui que tous nos problèmes sont inventés. Ils ont pour but de servir de défense pour ne jamais revenir à la vérité qui est enfouie dans nos esprits. Si nous sommes désireux de regarder nos problèmes de cette façon-là, nous les abordons tout à fait différemment. Mais tant que nous croyons savoir ce que tout signifie et agissons automatiquement sur cette base-là, nous restons enlisés à tout jamais dans un cycle sans fin de problèmes qui ne sont jamais entièrement résolus, ou qui sont résolus et immédiatement remplacés par d’autres problèmes. Alors la stratégie de l’ego qui fait que nous restions sans esprit a fonctionné.

Jésus nous forme donc à reconnaître que nous avons déjà choisi un ensemble de prémisses sur lesquelles baser notre vie et que cela a eu comme résultat le malheur, la frustration et la mort. Il nous enseigne donc qu’il y a une autre option que nous pouvons choisir dans notre esprit qui nous ramènera de nouveau chez nous, à la vie éternelle et à la paix en Dieu. Le point de départ pour ce renversement est de reconnaître en toute humilité d’avoir eu tort au sujet de tout, et que ce serait dans notre propre intérêt de ne rien faire seuls et de demander de l’aide afin de voir toute chose comme lui. Si nous faisons cela correctement, avec douceur et confiance, nous pouvons continuer de prendre nos responsabilités et de remplir nos obligations dans les rôles que nous avons choisis, de sorte que personne ne verra la moindre différence en nous, mais nous serons plus en paix et sourirons plus souvent.

208 – S’assurer que le but visé est en accord avec Dieu.

Q: Dans le Cours se trouve la phrase: “Avant de choisir de faire quoi que ce soit, demande-moi si ton choix est en accord avec le mien” (T-2.VI.4:9). Quand j’ai commencé à étudier Un cours en miracles, j’ai pensé que cela voulait dire qu’avant de faire quoi que ce soit en ce monde nous devrions demander à Jésus si nous devrions le faire ou non. Maintenant, après un certain apprentissage, je ne sais plus vraiment ce que cette phrase signifie (et d’ailleurs pas mal d’autres choses). Pourriez-vous approfondir cela?

R: Le Cours nous apprend qu’étant donné que notre esprit est divisé, il y a deux façons de percevoir dans le rêve: celle de l’ego et celle du Saint-Esprit. Ils sont appelés nos “enseignants” ou “voix” dans notre esprit. Le Cours nous enseigne aussi que tout sert l’un de deux buts: celui de l’ego ou celui du Saint-Esprit. Chaque choix que nous faisons est donc en accord avec l’une de ces deux perceptions et sert l’un de ces deux buts. La phrase que vous citez nous demande, dans tout ce que nous choisissons de penser ou de faire, de nous rendre compte quel “enseignant” nous écoutons et quel est le but que sert notre choix. Cela renvoie au choix que nous faisons dans l’esprit et non pas dans la forme.

Choisir avec l’ego renforce toujours la croyance que la séparation, le monde et le corps sont réels et a pour résultat un certain degré de conflit. L’ego a pour but de nous faire continuer notre sommeil profond dans le monde de l’illusion.

Choisir avec le Saint-Esprit apporte toujours la paix et consolide la conscience que nous sommes esprit, et non pas des corps. Ce choix nous conduit à l’esprit afin que nous puissions apprendre à faire le seul choix réel: accepter la pensée de séparation comme réelle ou pas réelle. Ce processus n’a rien à voir avec les “choix” que nous semblons faire dans le monde de forme. Le besoin de faire des choix et de prendre des décisions dans le monde est un rappel qui nous aide à nous souvenir que nous choisissons toujours entre les mensonges de l’ego et la lumière du Saint-Esprit. L’autre facteur important est que nous devons choisir. Il n’y a pas d’entre-deux:

“La vision ou le jugement est ton choix, mais jamais les deux à la fois” (T-20.V.4:7).

Dans un énoncé tel que celui que vous citez, Jésus nous prie dans son Cours de nous demander si nous cherchons à nous faire avancer dans notre voyage vers notre demeure en Dieu, ou si nous cherchons à consolider notre identité d’un soi séparé. Dans un autre chapitre il nous dit:

“En toute situation où tu te sens incertain, la première chose à considérer est celle-ci, tout simplement: ‘Qu’est-ce que je veux qu’il en sorte? À quoi cela sert-il?’ La clarification du but a sa place au commencement, car c’est cela qui déterminera le résultat” (T-17.VI.2:1-3).

Autrement dit: “qui est-ce que j’écoute?” Le résultat – paix ou conflit – nous montre qui était l’enseignant et reflète aussi ce que nous voulons véritablement. Le résultat nous rapproche de la décision de ne pas nier Dieu ou de rester retranchés dans l’illusion de séparation. Il est important de se rappeler qu’Un cours en miracles ne fait jamais allusion à la forme, mais s’adresse toujours à l’esprit et non pas au corps qui est la figure dans le rêve.

209 – Sentir la “présence” de quelqu’un.

Q: J’étudie Un cours en miracles depuis un an. Dernièrement j’ai fait une expérience troublante pendant ma pratique matinale en méditant sur ma leçon du livre d’exercices. Parfois je sens que Jésus est présent pendant la méditation, mais aussi dans des situations au cours de la journée. Mais maintenant, je sens que c’est le Dalaï-Lama qui est présent. J’avais lu un de ses livres la veille et de penser à lui n’aurait pas dû me surprendre. Or cela m’a effrayée et je n’ai pas eu le courage d’examiner cela plus en profondeur. Après cela, j’ai décidé d’y aller doucement avec ma pratique et de ne pas faire les leçons, mais de juste méditer matin et soir. Mais il y a quelques jours, quelque chose m’a rappelé Marianne Williamson quand j’ai regardé un film, et j’ai ressenti sa présence. Je n’ai pas eu envie d’examiner cela non plus. Je pense que les deux épisodes ne sont pas vrais en ce sens que je ne crois pas que le Dalaï-Lama ou Marianne Williamson était vraiment là.

  1. Est-ce que vous connaissez ce genre d’expérience? Qu’est-ce qu’elles peuvent signifier? Comment traiter cela?
  2. Si je ressens le besoin de rejeter ces “présences” comme des fantaisies, pourquoi ne devrais-je pas aussi facilement rejeter la présence de Jésus? Je veux dire, je ne le fais pas vraiment. Mais je pense quand même que rejeter l’une de ces expériences va avoir des répercussions sur les autres, et je ne sais pas quoi faire.

R: Le problème n’est pas ce que vous ressentez, mais votre interprétation qu’en quelque sorte vos expériences ne sont pas naturelles et indésirables; voilà ce qui vous pose problème. Votre ego rusé ne fait que ce que ferait chaque ego qui ne recherche que son avantage : miner toute expérience qui pourrait refléter une autre réalité, et bien sûr, vous distraire de votre pratique du Cours et de ses leçons du livre d’exercice.

Si nous sommes tous des pensées ou des idées, comme l’enseigne le Cours (T-15.VI.4:5), et si tous les esprits sont joints (p.ex. T-18.VI.3:1, T-28.III.3:1, L-I.19.2:1), alors tous sont tout le temps en notre présence. Ce qui est artificiel et pas naturel, c’est la croyance d’être des corps séparés par le temps et l’espace. Mais remettre en question cette hypothèse veut dire commencer à remettre en question les hypothèses fondamentales du système de pensée de l’ego qui gardent ce monde en place et ont pour résultat que nous restons sans esprit.

Donc, si vous avez accepté d’être guidée par le Saint-Esprit, vous saurez, lorsque vous ressentez la présence de Jésus, du Dalaï-Lama, de Marianne Williamson ou de quelqu’un d’autre, qu’en tant que symboles de l’amour ils sont tous les mêmes, car nous tous ne faisons qu’un. Pour citer une de ces leçons du livre d’exercice que vous avez évité d’étudier dernièrement :

“Un frère est tous les frères. Chaque esprit contient tous les esprits, car chaque esprit est un. Telle est la vérité” (L-I.161.4:1-3).

210 – Être conscient de l’ego ou conscient de Dieu.

Q: Il semble exister un flux et reflux de conflit entre être conscient de l’ego et conscience de Dieu. Cela fait trois mois que j’étudie Un cours en miracles et je peux observer la «lutte» presque comme un spectateur. J’apprécierais vos commentaires.

R: Nos esprits sont divisés entre la partie qui s’identifie au système de pensée de séparation de l’ego (la fausseté d’esprit) et la partie qui s’identifie au système de pensée de pardon du Saint-Esprit (la justesse d’esprit). Nous choisissons tout le temps entre les deux systèmes de pensée, bien qu’en général nous n’ayons pas conscience de faire ce choix.

Voilà l’essentiel dans l’entraînement du Cours: d’abord de nous aider à saisir les pensées qui précèdent l’expérience que nous faisons; c’est ce processus que Jésus appelle examen d’esprit où nous observons ce qui se passe dans notre esprit. Nous finirons par pouvoir nous observer à choisir soit l’ego soit le Saint-Esprit comme enseignant. C’est un processus qui se poursuit toute notre vie.

Peut-être vous faites allusion à la peur que nous ressentons quand nous demandons de l’aide pour changer d’enseignant et d’aller de l’ego à Jésus ou au Saint-Esprit. On pourrait percevoir cela comme une lutte: l’amour guérisseur dans notre esprit juste nous attire alors que nous sommes encore peu disposés à lâcher prise de tout le reste. Nous nous identifions toujours à l’un ou à l’autre, et avec le temps nous verrons de plus en plus clairement lequel nous avons choisi. Nous faisons toujours la navette entre notre esprit juste et notre esprit faux, mais il n’y a pas d’état neutre. Si nous observons notre état intérieur avec l’ego, nous prenons peur, jugeons et nous glorifions nous-mêmes. Si nous observons notre état intérieur avec Jésus, nous sommes en paix, ne jugeons pas et sommes patients, sachant que nous sommes dans le processus de défaire quelque chose qui n’a jamais été, et donc nous ne prenons plus nos pensées tellement au sérieux.

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