191-200

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page:
191 – Est-ce que toutes les relations d’amour sont «particulières»? Même celles avec nos enfants?
192 – Clarification de la phrase «je ne me trompe pas en choisissant les canaux de Dieu».
193 – Est-ce que le «Notre Père» est une vraie prière dans le sens du Cours?
194 – Où dans le Cours est-il écrit que le monde n’est pas réel?
195 – Comment concilier le besoin de rivaliser avec les enseignements du Cours?
196 – Est-ce qu’on se sent nécessairement comme une victime ou un agresseur?
197 – L’âme, c’est quoi?
198 – Pourquoi Dieu a-t-Il créé l’Unité?
199 – Comment puis-je demander de l’aide d’un concept purement abstrait?<
200 – Une question à propos du Cours, les relations et les agressions sexuelles contre les enfants.


191 – Est-ce que toutes les relations d’amour sont «particulières»? Même celles avec nos enfants?

Q: J’aimerais avoir votre opinion à propos des «relations particulières». Est-ce que chaque relation qui contient de l’amour est une relation particulière? Par exemple les relations avec les enfants? Est-ce que cela suffit que, dans une relation, un seul des deux connaisse Un cours en miracles?

R: Le Cours nous enseigne que chaque relation est particulière, que nous la définissions comme une relation d’amour ou de haine. L’ego utilise chaque relation pour projeter la culpabilité due à la décision de nous séparer de Dieu sur autrui. Utiliser la relation pour le but de projection est une attaque que le Cours appelle haine. Chaque relation particulière est donc en fait une relation de haine camouflée dans certains cas sous de l’«amour». L’ego assimile chaque personne au corps et entre en relation avec chacun en tant que corps, ce qui, selon le Cours, est encore une forme d’attaque contre le Fils de Dieu qui n’est pas un corps. La projection de la culpabilité et la perception d’une identité corporelle sont les caractéristiques fondamentales de la relation particulière. Bien que nous puissions ne pas en avoir conscience, voilà la dynamique à l’œuvre dans chaque relation.

Il est difficile d’appliquer ce concept aux relations avec nos enfants parce que le monde a glorifié la condition de parents, et nous utilisons les enfants et les relations familiales pour exprimer l’«amour» tel que l’ego le définit. Les soins, le souci et l’attention que reçoivent les enfants ne sont pas de l’amour comme il est défini dans le Cours. Ils font partie de la dynamique du «pseudo-amour» que l’ego a montée et qui en fait est un substitut à l’amour de Dieu. Cette substitution est encore une caractéristique importante de la relation particulière. Dans le Cours, quiconque ou quoi que ce soit qui est utilisé pour tenter de remplir le vide qui résulte de notre séparation apparente de Dieu est appelé particulier. Les enfants s’inscrivent parfaitement dans le plan de l’ego parce qu’ils dépendent entièrement des soins d’autres personnes quand ils viennent au monde, ayant reçu la «vie» de parents qui vont, comme ils espèrent, subvenir à tous leurs besoins pour leur croissance et subsistance.

La croyance des parents que les enfants vont à leur tour subvenir à leurs besoins fait partie du dysfonctionnement parental. Cette dépendance mutuelle dans laquelle chaque partie convient de sacrifier quelque chose, afin que l’autre partie subvienne à ses besoins, est le «marché» qui fera, selon l’ego, que les deux seront en sécurité et «heureux». Il semblerait que ce marché réussit parfois, mais souvent il est semé de beaucoup de douleur et de conflits suscités par d’intenses sentiments de culpabilité. Le Cours nous en donne une description frappante:

«Toutes les relations particulières ont le péché pour but. Car ce sont des marchés passés avec la réalité, en fonction de laquelle l’union apparente est ajustée. N’oublie pas ceci: faire un marché, c’est fixer une limite; et le frère avec qui tu as une relation limitée, tu le hais. Il se peut que tu essaies de respecter le marché au nom de l’“équité”, parfois en exigeant paiement de toi-même, plus souvent peut-être de l’autre. Ainsi, par cette “équité”, tu tentes d’apaiser la culpabilité qui vient du but accepté de la relation. Et c’est pourquoi le Saint-Esprit doit en changer le but afin qu’elle Lui soit utile et qu’elle ne puisse pas te nuire» (T-21.III.1).

Et là, comme en toute chose qu’enseigne le Cours, il suffit qu’un seule personne dans la relation étudie le Cours. La pratique des enseignements du Cours demande seulement que l’étudiant regarde soigneusement toutes les pensées de jugement dans chaque relation et reconnaisse le but de l’ego à l’œuvre dans chacune. Le but est toujours de rendre la séparation réelle et de renforcer notre croyance que nous pouvons faire un monde à nous qui répondra mieux à nos besoins que Dieu ne pourrait jamais le faire. Nous ne le faisons pour personne d’autre que pour nous-mêmes. Quand nous reconnaissons les stratagèmes de l’ego et nous rendons compte petit à petit que notre douleur vient en fait de notre allégeance au système de pensée de séparation, culpabilité et attaque de l’ego, nous avons une occasion de nous tourner vers le Saint-Esprit dont le système de pensée réinterprète tout ce que l’ego a fait, et de Lui demander de l’aide. L’aide ne consiste pas à changer quelqu’un d’autre dans le rêve, mais à nous faire accepter Son but. Bien que cela n’entraîne peut-être pas de changements dans la forme de nos relations, le but en sera transformé. Jésus nous avait dit que:

«…le Saint-Esprit ne te priverait pas de tes relations particulières, mais qu’Il les transformerait. Tout ce que cela veut dire, c’est qu’Il leur rendra la fonction que Dieu leur a donnée. Il est clair que la fonction que tu leur as donnée est de ne pas rendre heureux. Mais la relation sainte partage le but de Dieu plutôt que de viser à lui faire un substitut. Chaque relation particulière que tu as formée est un substitut à la Volonté de Dieu, qui glorifie la tienne plutôt que la Sienne à cause de l’illusion qu’elles sont différentes» (T-17.IV.2:3-7).

Finalement, alors que nous mettons cela en pratique de plus en plus souvent, la douleur des relations particulières sera remplacée par la paix de la relation sainte.


192 – Clarification de la phrase «je ne me trompe pas en choisissant les canaux de Dieu».

Q: La partie de la phrase «je ne me trompe pas en choisissant les canaux de Dieu» (T-4.VI.6:3) m’a toujours profondément touché (m’a fait pleurer, m’a donné de la confiance et ainsi de suite), mais parfois je me demande si elle n’a peut-être pas été dictée seulement pour Helen?

R: On devrait toujours se rappeler qu’Un cours en miracles a été transmis pour Helen et Bill comme réponse à s’être joints pour trouver une meilleure façon d’entretenir des rapports. C’est pourquoi bon nombre des remarques – surtout dans les premiers chapitres – étaient destinées à eux, mais il est clair qu’on peut les prendre comme si elles nous concernaient tous, nous qui luttons avec les mêmes problèmes. L’énoncé auquel vous faites référence ne sous-entend donc aucunement qu’ils étaient particuliers, comme nos ego voudraient le comprendre immédiatement, vu que l’ego ne connaît que la séparation. Helen ne trouvait pas qu’elle était particulièrement bénie de quelque manière que ce soit et a rapidement corrigé tous ceux qui l’ont considérée comme quelqu’un de particulier.

Si on compare cet énoncé avec deux autres énoncés clés, la signification devient encore plus claire:

«Tous mes frères sont particuliers» (T-1.V.3:6) et «Tous sont appelés» (T-3.IV.7:12).

Tout en utilisant le langage de la Bible, Jésus corrige manifestement la compréhension traditionnelle qui distingue certaines personnes particulières:

«Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus» (T-3.IV.7:12)

qui fait ressortir certains groupes de personnes: «les élus». Au fond il nous dit que nous n’avons pas tort de penser que nous lui sommes chers.

Au début de la leçon 93 Jésus décrit le concept de soi horriblement négatif que nous nourrissons dans les profondeurs de notre esprit, et parfois pas très loin sous la surface. Puis, il nous dit que nous sommes si convaincus que c’est la vérité à notre sujet qu’il a des difficultés de nous aider à voir que tout cela n’est fondé sur rien (L-I.93.1,2). Cela explique pourquoi nous avons tendance à penser que Jésus ne faisait référence qu’à Helen et à Bill et pas à nous; c’est une tendance de penser que plus tard il appelle arrogante. Quand nous pensons de cette façon-là, nous devrions nous arrêter et nous demander d’où viennent ces pensées; si nous croyons ne pas être dignes, nous disons en fait à Jésus qu’il se trompe à notre sujet.

Et puis nous devrions aussi nous rappeler que bien que nous puissions avoir l’impression au début d’être choisis, cela n’est pas la réalité. À mesure que nous montons plus haut sur l’échelle, nous ferons l’expérience que nous nous permettons en effet de ressentir l’amour de plus en plus et que nous lui résistons de moins en moins.


193 – Est-ce que le «Notre Père» est une vraie prière dans le sens du Cours?

Q: Le Notre Père qui aurait été reçu directement de Jésus semble rendre réels le monde et le péché et demander que Dieu s’engage dans notre vie. Comment est-ce qu’on pourrait expliquer cela du point de vue du Cours, et quel exemple d’une prière valable y aurait-il dans le «rêve»?

R: Vu que les évangiles ont été écrits à peu près 50 ans après la mort du Jésus historique, ce n’est pas du tout certain que les différents récits aient rapporté exactement ce qu’il a vraiment dit. En fait, les spécialistes des Écritures ont établi que Jésus n’avait probablement pas dit la plupart de ce qui est écrit dans les évangiles. Il n’est donc pas dit que le Notre Père ait été reçu directement de Jésus. Il est de la même veine que tous les enseignements de la Bible, aussi bien de l’Ancien que du Nouveau Testament qui, comme vous le dites, rendent très réels le péché et le monde. Du point de vue d’Un cours en miracles la seule explication à cela est que les enseignements de la Bible n’est pas les enseignements du Cours. Ils ne sont pas pareils et ne peuvent être comparés que par contraste étant donné qu’on trouve des mots dans le Cours qui se trouvent dans la Bible, mais avec une interprétation différente.

La prière dans le rêve sert en fin de compte à nous rappeler que nous avons un esprit qui a le pouvoir de choisir. Face à tout conflit ou toute situation difficile, la prière pour nous se résumerait simplement à: «Mon frère, choisis à nouveau» (T-31.VIII.3:2). Cette prière comporte l’admission que nous avons déjà fait un choix. C’est ce choix et non pas la situation qui est la vraie cause de notre détresse, et nous pouvons «choisir à nouveau». C’est une prière très simple, mais la dire sincèrement en acceptant ses implications comme nous les avons décrites plus haut peut susciter une forte résistance. Cela demande de prendre la responsabilité entière des choix que nous faisons et aussi des situations fâcheuses dans lesquelles nous nous trouvons. Bien que l’important soit le processus que la prière telle que l’enseigne le Cours comporte, le Cours nous atteint à bien des niveaux différents de notre apprentissage. Étant donné que nous avons besoin de faire l’expérience du pouvoir de notre esprit sous forme symbolique, nous y trouvons des prières adressées à Dieu notre Père ou au Saint-Esprit. Bon nombre de ces si belles «prières» s’adressent en fait directement à notre cœur plutôt qu’à Dieu Qui n’entend pas les prières (T-16.VII.12). Elles nous sont données pour nous aider à entrer en contact avec le véritable désir de notre cœur et pour nous encourager à faire un autre choix. C’est la «prière du cœur» auquel le manuel fait référence, par contraste à la prière pour des «choses concrètes» (M-21.2:4). Cette prière du cœur exprime ce que nous désirons véritablement.

Le Cours nous enseigne également que notre prière est entendue et que nous recevons ce que nous demandons. Nous «prions» toujours pour l’un ou l’autre: l’interprétation de l’ego ou celle du Saint-Esprit. Nous recevons ce que nous désirons véritablement. Cela se passe bien sûr au niveau de l’esprit où le choix est fait. L’effet de notre prière se fera sentir dans le rêve sous forme de paix (ce qui reflète notre choix du Saint-Esprit) ou sous quelque forme de conflit (ce qui reflète notre choix de l’ego). Ce qui se passe précisément n’a pas d’importance. C’est toujours le penchant de notre cœur, notre désir, qui est le plus important. Nous «prions» quand nous regardons au-dedans avec le désir de reconnaître quelle voix nous avons choisi d’écouter. S’engager dans ce processus indique que nous avons déjà choisi d’écouter l’ego. Puis nous avons une occasion de nous demander si c’est ce que nous voulons véritablement entendre et, comme nous l’avons mentionné au début, nous pouvons alors choisir à nouveau. Nous saurons si nous écoutons effectivement le Saint-Esprit par la paix que nous allons ressentir:

«La partie [de ton esprit] qui écoute la Voix pour Dieu est calme, toujours en repos et entièrement certaine. C’est réellement la seule partie qui soit. L’autre partie est une folle illusion, frénétique et éperdue, mais sans aucune sorte de réalité. Essaie aujourd’hui de ne pas l’écouter. Essaie de t’identifier avec la partie de ton esprit où le calme et la paix règnent à jamais. Essaie d’entendre la Voix de Dieu t’appeler avec amour, te rappelant que ton Créateur n’a pas oublié Son Fils» (L-I.49.2).

Notre «prière», c’est cette écoute.


194 – Où dans le Cours est-il écrit que le monde n’est pas réel?

Q: Vous expliquez à de nombreux endroits qu’Un cours en miracles ne fait pas de compromis quant au fait que ce monde n’existe pas. Est-ce que vous pourriez me donner une liste des passages du texte et du livre d’exercices où il est expliqué qu’il en est ainsi?

R: Nous vous proposons quelques références ci-dessous et vous prions aussi de vous en reporter à la question 111. C’est un point important qui est en fait la base du système de pensée tout entier d’Un cours en miracles. (Notre Glossary-Index for A Course in Miracles [en anglais] pourrait aussi vous aider – voir sous “world”). Quand on a reconnu les principes les plus importants, on peut voir comment ils sont exprimés de nombreuses façons différentes. Par exemple: si seul ce que Dieu crée existe, et Dieu crée seulement ce qui est éternel et infini, alors tout ce qui n’est pas de Dieu n’existe pas et ne peut pas exister, c’est-à-dire le cosmos changeant et limité.

Voici un échantillonnage de citations:

  • «La perception n’est pas un attribut de Dieu. Son champ est celui de la connaissance […] En Dieu tu ne peux pas voir. La perception n’a pas de fonction en Dieu et n’existe pas» (L-I.43.1:1-2; 2:1-2).
  • «Il n’y a pas de monde! Voilà la pensée centrale que le cours tente d’enseigner» (L-I.132.6:2-3.).

Il y a d’autres énoncés dans cette leçon 132 qui établissent l’irréalité du monde, p.ex.:

«Comment un monde de temps et de lieu peut-il exister, si tu restes tel que Dieu t’a créé?» (9:4), et «Il n’y a pas de monde parce qu’il est une pensée à part de Dieu, faite pour séparer le Père et le Fils, pour arracher une partie de Dieu Lui-même et ainsi détruire Son Entièreté. Est-ce qu’un monde qui vient de cette idée peut être réel? Peut-il être quelque part?» (13:1-3).

  • «Qu’est-ce qui t’a été donné? La connaissance que tu es un esprit, dans l’Esprit et purement esprit, à jamais sans péché, entièrement sans peur, parce que tu as été créé à partir de l’amour. Et tu n’as pas quitté ta Source, restant tel que tu as été créé» (L-I.158.1:1-3).
  • «Je suis tel que Dieu m’a créé» (L-1.162).
  • «Le péché est la demeure de toutes les illusions, qui ne font que représenter des choses imaginées, issues de pensées qui ne sont pas vraies. Elles sont la “preuve” que ce qui n’a pas de réalité est réel. Le péché “prouve” que le Fils de Dieu est mauvais; que l’intemporel doit avoir une fin; que la vie éternelle doit mourir. Et que Dieu Lui-même a perdu le Fils qu’Il aime, n’ayant que la corruption pour Se compléter Lui-même; Sa Volonté à jamais vaincue par la mort, l’amour tué par la haine et plus jamais de paix» (L-II.4.3).
  • «Et si tu reconnaissais que ce monde est une hallucination? Et si tu comprenais réellement que c’est toi qui l’as inventé? Si tu te rendais compte que ceux qui semblent y marcher, pour pécher et mourir, attaquer, tuer et se détruire eux-mêmes, sont entièrement irréels?» (T-20.VIII.7:3-5 ff.)
  • «Il n’y a pas de vie en dehors du Ciel. Où Dieu a créé la vie, là doit être la vie. En tout état à part du Ciel, la vie est illusion […] Une vie qui n’est pas au Ciel est impossible, et ce qui n’est pas au Ciel n’est nulle part» (T-23.II.19:1-3,6).
  • «Les lois de Dieu ne s’appliquent pas directement à un monde que la perception gouverne, car un tel monde n’aurait pas pu être créé par l’Esprit pour lequel la perception n’a aucune signification. Or Ses lois sont partout reflétées [par le Saint-Esprit]. Pas que le monde où est ce reflet soit le moindrement réel. Seulement parce que Son Fils croit qu’il l’est, et de la croyance de Son Fils Il ne pouvait pas Se laisser Lui-même être entièrement séparé. Il ne pouvait pas entrer dans l’insanité de Son Fils avec lui…» (T-25.III.2).
  • «Ce monde est sans cause…» (T-28.II.6:1).
  • «Ils [les yeux et les oreilles] ont été faits pour regarder un monde qui n’est pas là; pour entendre des voix qui ne peuvent faire aucun son» (T-28.V.5:4).
  • «Tout ce qui semble éternel aura une fin. Les étoiles disparaîtront; et de nuit et de jour, il n’y en aura plus. Toutes les choses qui vont et viennent, les marées, les saisons et les vies des hommes; toutes les choses qui changent avec le temps, qui fleurissent et se fanent, ne reviendront plus. Là où le temps a fixé un terme, ce n’est pas là qu’est l’éternel» (T-29.VI.2:7-10).
  • «Ce qui n’a pas de commencement peut-il réellement finir? Le monde finira dans une illusion, comme il a commencé» (M-14.1:1-2).
  • «Le monde que tu vois est l’illusion d’un monde. Dieu ne l’a pas créé, car ce qu’Il créé doit être éternel comme Lui-même. Or il n’y a rien dans le monde que tu vois qui durera à jamais. Certaines choses dureront un peu plus longtemps que d’autres dans le temps. Mais le temps viendra où toutes choses visibles auront une fin» (C-4.1).
  • «…ce qui est faux est faux, et ce qui est vrai n’a jamais changé» (L-II.10.1:1).
  • «Comme le salut est simple! Tout ce qu’il dit, c’est que ce qui n’a jamais été vrai n’est pas vrai maintenant et ne le sera jamais. L’impossible ne s’est pas produit et ne peut pas avoir d’effets. Et c’est tout» (T-31.I.1:1-4).



195 – Comment concilier le besoin de rivaliser avec les enseignements du Cours?

Q: Pour les athlètes, c’est grâce à la compétition que les factures se payent. Comment concilier battre les adversaires et s’efforcer jour après jour d’y réussir encore mieux, par exemple les boxers ou footballeurs? Je suis musicien, et si je laisse glisser ma virtuosité en dessous d’un certain seuil, je perds mon travail. Comment faire face au défi de la compétition et de la survie quotidienne sans avoir conscience du dualisme?

R: L’objectif de notre travail avec Un cours en miracles n’est pas d’aller au-delà de notre conscience du dualisme, mais de mieux nous rendre compte quel enseignant nous avons choisi pour nous guider dans notre quotidien, l’ego ou Jésus, et par conséquent si nous apprenons comment renforcer notre croyance à la séparation ou comment la défaire. Vu qu’il n’y a pas de hiérarchie d’illusions, nous pouvons apprendre nos leçons de pardon dans n’importe quelle occupation. La concurrence pénètre à peu près dans tout en ce monde parce que le monde n’est que l’image extérieure du système de pensée concurrentiel de l’ego dans notre esprit. L’ego est dans un état de compétition perpétuelle avec ce dont il croit que cela menace son existence même. C’est pourquoi «Tue ou sois tué» (M-17.7:11) décrit pratiquement chaque dimension de l’existence physique et psychologique dans le monde qui a ces racines dans ce système de pensée.

Votre rôle en tant que musicien (la forme) peut donc être comprise comme leçon par laquelle vous pouvez – si vous choisissez Jésus ou le Saint-Esprit comme enseignant – apprendre comment défaire la séparation que vous percevez normalement entre vous et vos collègues (le contenu). Vous vous exercez donc et faites tout ce que vous devez faire pour maintenir votre virtuosité (la forme), mais vous le faites avec Jésus ou le Saint-Esprit (le contenu). Votre but ne sera pas de battre les autres pour une certaine position, bien que la forme pourrait le faire croire. Votre but sera d’apprendre que vos intérêts ne sont pas séparés de ceux de n’importe qui d’autre, et que de gagner ou d’acquérir quelque chose aux dépens d’autrui n’a vraiment aucune valeur. Ainsi vous pouvez apprendre par exemple comment rivaliser pour être premier violon dans l’orchestre, tout en apprenant en même temps que la seule chose qui ait une véritable valeur est de vous voir vous-même ainsi que tous les autres dans l’orchestre comme faisant partie du seul Fils de Dieu. Autrement dit, vous le faites différemment. Ce qui aura changé, c’est votre attitude ou le contenu dans votre esprit. En fin de compte cela ne change rien si un musicien est meilleur qu’un autre. En principe, nous pouvons mettre le Cours en pratique dans n’importe quel rôle.

«Il n’y a pas d’ordre de difficulté dans les miracles. Aucun n’est “plus dur” ni “plus gros” qu’un autre» (T-1.I.1:1-2).

Il est donc tout à fait possible d’apprendre le Cours en tant que footballeur ou boxeur. Il y a eu de nombreux exemples d’athlètes professionnels qui ont fait du sport d’une façon «courtoise» et se sont quand même trouvés classés parmi les meilleurs.

Pour finir, nous devons toujours nous méfier de juger notre progrès ou le progrès d’autrui sur la base de la forme, étant donné qu’il nous est impossible de voir notre propre chemin d’Expiation ou celui d’autrui en entier. Il se peut que jouer en ligne de défense dans une équipe de football soit le rôle qu’un esprit a choisi pour apprendre qu’une victoire est sans valeur ou que le corps est insignifiant. En principe on ne peut pas l’exclure. Par analogie, Krishna conseille à Arjuna dans la Bhagavad-Gita d’être le meilleur guerrier possible, parce que c’est son dharma. «Comment les immortels peuvent-ils mourir?», voilà ce que Krishna rappelle à Arjuna préoccupé par le fait de devoir tuer.


196 – Est-ce qu’on se sent nécessairement comme une victime ou un agresseur?

Q: Est-ce qu’on a vraiment pratiquement tout le temps l’impression d’être victime d’un monde extérieur? Ayant été maltraité quand j’étais enfant, il me semble que la vie était intolérable jusqu’à ce que je prenne sur moi le péché et la culpabilité et me sente comme l’agresseur. Comment expliquer cela?

R: Votre question semble permettre au moins deux interprétations. Vous voulez peut-être dire que vous avez adopté le rôle d’agresseur plus tard dans vos relations en tant qu’adulte. Mais peut-être vous voulez dire que vous avez réinterprété vos expériences d’avoir été victime en tant qu’enfant et avez choisi de vous percevoir comme ayant également eu une responsabilité, voire un contrôle, dans ces situations, de sorte qu’en un sens vous avez rendu vos agresseurs victimes (par exemple grossesse non désirée, naissance difficile, maladies de l’enfance chroniques). Où peut-être vouliez-vous dire encore autre chose. Mais indépendamment de ce que vous entendiez précisément, la réponse est au fond la même.

Quand nous voyons que nous agissons comme agresseurs, nous avons toujours quelque part le sentiment que nos attaques sont justifiées comme défense contre les agressions dont nous avons été victimes lorsque nous étions plus impuissants. Nous voulons nous emparer du pouvoir pour nous protéger contre ces forces extérieures afin que ce qui nous est arrivé dans le passé ne se reproduise plus, même au risque de voir aussi le péché et la culpabilité en nous. Seulement, du moins inconsciemment, nous nous identifions encore au rôle de victime, car, comme nous lisons dans Un cours en miracles,

«…toutes les défenses font ce qu’elles voudraient défendre» (T-17.IV.7:1).

Que nous nous arrogions le pouvoir dans le présent ou que nous réinterprétions le passé pour revendiquer ce pouvoir en rétrospective, cela revient au même: notre but est de nous défendre contre le sentiment d’être vulnérables et en danger. Mais nous ne remettons jamais en question la supposition que nous sommes vulnérables et en danger, ce qui ne peut arriver que dans le cas d’une identification erronée selon laquelle nous nous percevons comme ce soi physique limité.

Cette dynamique est décrite dans la section «Concept de soi versus Soi» presque à la fin du texte. Parlant de la face de l’innocence, Jésus observe:

«Cet aspect n’attaque jamais en premier. Mais chaque jour cent petites choses lancent de petits assauts contre son innocence, le provoquant jusqu’à l’irritation, et enfin jusqu’à l’insulte et l’injure ouvertes.

La face de l’innocence que porte si fièrement le concept de soi peut tolérer l’attaque en légitime défense, car n’est-ce pas un fait bien connu que le monde traite rudement l’innocence sans défense?» (T-31.V.3:3–4:1).

Nous nous défendons tous par grand nombre de stratégies contre le péché et la culpabilité dus à la séparation enfuie profondément dans nos esprits. Pour comprendre comment fonctionnent ces stratégies, nous devons reconnaître qu’elles toutes poursuivent le but de veiller à ce que nous restions sans esprit. C’est-à-dire nous portons notre attention sur le monde dans lequel nous semblons vivre et sur nos réactions au monde, au lieu d’entrer en contact avec la réelle culpabilité enfouie profondément dans notre esprit qui n’a rien à voir avec le monde extérieur. Avoir été maltraité en tant qu’enfant fait partie de cette stratégie, mais s’en prendre à autrui comme défense contre l’impuissance que nous ressentons puisque nous avons été maltraités n’est qu’une stratégie de plus. Dès que nous découvrons que ce sont vraiment les deux côtés de la même médaille de l’ego, nous sommes prêts pour un autre choix à un niveau entièrement différent. Les rôles de victime et d’agresseur sont tous deux de faux rôles que nous adoptons pour garder la séparation bien vivante et réelle dans notre esprit. Or lorsque nous les voyons tous deux comme n’étant pas vrais, la vérité de Qui nous sommes – le Fils innocent d’un Père tout-aimant – peut enfin se faire jour dans nos esprits.


197 – L’âme, c’est quoi?

Q: Qu’est-ce que l’âme? Est-elle Jésus, le Saint-Esprit ou le processus de pardon?

R: Citons la clarification des termes d’Un cours en miracles:

«Le terme “âme” n’est pas utilisé, sauf dans des citations directes de la Bible, à cause de sa nature hautement controversée. Ce serait toutefois un équivalent de “pur-esprit”, s’il est entendu que l’âme, étant de Dieu, est éternelle et n’est jamais née» (C-I.3:2-3).

Dans le Cours, on peut aussi assimiler le terme âme à esprit, à l’esprit divisé. Jésus parle souvent de notre processus spirituel comme d’un voyage que nous avons entrepris et dit qu’assurément il durera plus qu’une vie. En ce sens on peut dire que nos «âmes» avancent.


198 – Pourquoi Dieu a-t-Il créé l’Unité?

Q: Pourquoi Dieu a-t-Il créé l’Unité en premier lieu?

R: Ce n’est pas tant Dieu qui a créé l’Unité, mais l’Unité est la nature de Dieu. Autrement dit, Il n’y pouvait rien. Cela est impossible à comprendre pour un cerveau programmé par l’ego pour ne comprendre que la dualité. La seule façon de comprendre Dieu est par l’expérience, et elle viendra avec le temps à mesure que vous pratiquez de plus en plus vos leçons de pardon.


199 – Comment puis-je demander de l’aide d’un concept purement abstrait?

Q: Hier, j’ai ressenti quelque chose qu’on pourrait probablement appeler une peur existentielle, une peur sans cause extérieure, mais si intense que je me suis senti physiquement mal. J’ai réussi à la regarder pendant une ou deux secondes, puis à aller plus loin et ressentir une grande délivrance. Ces brefs moments ont entraîné une grande douleur suivie par un sentiment de liberté, de sorte que j’ai essayé d’évoquer ce cycle à plusieurs reprises. Aujourd’hui je me suis rendu compte qu’il était très important de sentir cette peur, mais je n’y arrive plus, je ne peux plus franchir ce seuil tout seul. Je me suis de plus rendu compte que je n’ai jamais sérieusement demandé l’aide de Jésus ou du Saint-Esprit. Ils ne sont pas à ma portée. Comment puis-je leur demander de l’aide si je les vois entièrement comme des abstractions (par opposition à moi-même que je vois en tant qu’individu concret)?  Je me demande s’il serait possible de demander de l’aide à quelqu’un dans de telles situations sans que mon ego s’y mêle?

R: L’expérience que vous décrivez est une aide, surtout parce qu’elle comportait la délivrance de la peur. Le fait que vous avez ressenti une délivrance signifie que vous n’étiez pas seul dans ce processus, que vous ayez ou n’ayez pas invoqué l’aide du Saint-Esprit ou de Jésus consciemment. Votre esprit égoïque va vouloir exclure leur accessibilité, surtout après des expériences comme celle que vous décrivez, afin que vous ne vous fiiez pas à l’aide qui est déjà à votre disposition. Peut-être Jésus et le Saint-Esprit sont-Ils des abstractions pour vous, mais ils peuvent être aussi concrets que vous le voulez et avez besoin qu’ils le soient dans votre esprit. Vous avez seulement besoin de le leur demander. Jésus nous assure lui-même à la fin du livre d’exercices:

«…de ceci tu peux être sûr: que jamais je ne te laisserai inconsolé» (L-II.ep.6:8).

Il n’y a pas de mal non plus de demander l’aide et le soutien de quelque individu concret tant que c’est ainsi que vous vous percevez. Mais assurez-vous de les demander à quelqu’un qui est a l’esprit ouvert, ne juge pas et sait reconnaître la valeur de ce que vous éprouvez – et pas nécessairement un étudiant d’Un cours en miracles. Juste un avertissement: veillez à ce qu’une répétition de cette expérience ne devienne pas un but en soi. Les leçons de pardon peuvent se présenter sous différentes formes, et ce genre d’expérience n’en est qu’une. Si cela vous aide et si vous êtes prêt, il y aura d’autres occasions qui se présenteront. Mais en attendant, n’importe quelle forme plus concrète de peur – qui peut se montrer comme anxiété, rage, douleur, stress, dépression et autres – a tout autant de valeur dans le processus de guérison de votre esprit et de relâcher la peur.


200 – Une question à propos du Cours, les relations et les agressions sexuelles contre les enfants.

Q: C’est ma première année avec Un cours en miracles. Quand j’étais enfant, j’ai été agressée sexuellement. La honte profonde que je ressens à cause de cela a rendu mes relations difficiles. Chaque fois que je ne réussis pas à entretenir ou maintenir une relation, elles semblent devenir toujours plus difficiles. Cela ne me dérange pas d’être constamment dans un processus de pardonner aux agresseurs. Mais la lutte constante dans ma vie semble consister à me pardonner continuellement. Est-ce qu’il y a une façon de m’occuper concrètement de cela dans ma relation renouée avec Dieu?

R: C’est votre ego qui vous a convaincue que la honte que vous ressentez maintenant est le résultat des expériences traumatisantes et honteuses à cause des sévices sexuels dans votre enfance. Ainsi le problème reste dans le passé et ne peut jamais vraiment être défait. Mais vous n’êtes pas la seule à penser ainsi. C’est le but du monde de garder notre attention à l’écart du vrai problème dans l’esprit qui est la seule source primaire de la culpabilité et de la honte, et de la diriger vers les événements dans nos vies que nous avons vécus et qui ne peuvent être annulés.

Cela ne veut pas dire que ces expériences dans votre enfance n’étaient pas atroces ou que des pensées ayant trait à ces expériences ne vous hantent pas encore. Mais ce que le Cours vous offre maintenant, c’est une autre manière de regarder tout cela dans le présent, de sorte que cela n’ait plus la même emprise sur votre vie et votre esprit comme jusqu’à présent.

La culpabilité enfouie profondément dans notre esprit à cause de la pensée que nous voulions et pouvions nous séparer de l’amour, voilà la vraie source de toute notre honte. Et c’est une honte si intense que nous croyons ne pas mériter d’être aimés et qu’une vie qui a commencé avec des abus sexuels commis par ceux qui sont responsables de nous est une punition adéquate pour notre «crime» d’avoir assailli l’amour. Nous croyons que nous sommes en quelque sorte fatalement défectueux, et c’est cela la vraie cause de notre honte.

Or nous ne retournons jamais dans notre esprit pour regarder cette source de la honte où, avec le doux soutien du symbole de l’amour de Dieu dans notre esprit, Jésus, nous pourrions finalement remettre en question la validité de cette auto-accusation originelle. Au lieu de cela, nous nous concentrons sur le monde des corps et la honte associée à un sentiment d’être impuissants et maltraités par les autres sur qui nous n’avons aucun pouvoir ni contrôle. Puis c’est de cela que semble venir la honte qui empoisonne toute notre vie, et toutes les relations dans lesquelles nous nous engageons à la recherche de l’amour qui nous manque et dont nous nous languissons. Mais ce que le Cours nous apprend, c’est que le problème n’est pas là où nous le voyons, à savoir dans le monde des corps, mais dans nos esprits où la solution – le pardon – se trouve également.

C’est là où votre relation renouée avec Dieu et Jésus avec son Cours qui Le représente encourage un espoir. Car à mesure que vous avez le désir de découvrir la culpabilité et la honte ontologiques plus profondes qu’atteste votre vie pleine de honte personnelle et les regardez avec l’amour de Jésus à vos côtés, vous allez vous permettre de reconnaître qu’il n’y a rien dont vous devez avoir honte. Car avec son amour qui vous accompagne vous allez tout doucement reconnaître que vous n’avez ni abandonné ni trahi l’amour, et que l’amour ne vous a ni abandonné ni trahi.

Pour un commentaire concernant le pardon des agresseurs, voyez aussi la question 174.

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