181-190

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page:
181 – Est-ce que c’est une erreur que de ressentir l’Amour de Dieu de façon sensuelle?
182 – Comment peut-on être malade si l’on est tout à fait en paix?
183 – Si rien ne peut me nuire, pourquoi devrais-je tenir compte de dangers physiques?
184 – Peur et incertitude quant à savoir si mes besoins seront satisfaits
185 – Le monde fait-il partie du rêve de Dieu?
186 – Qui est «l’accusateur»?
187 – Qu’est-ce qui se passe quand finalement nous lâchons prise de l’ego?
188 – Comment puis-je apprendre à me prendre moi-même et le monde moins au sérieux?
189 – Que veut dire la phrase dans le Cours: «Pour avoir, donne tout à tous»?
190 – Dans quelle mesure notre vie a-t-elle été «écrite» à l’avance?

181 – Est-ce que c’est une erreur que de ressentir l’Amour de Dieu de façon sensuelle?

Q: Quand j’ai fait les leçons dans la deuxième partie du livre d’exercices d’Un cours en miracles, j’ai ressenti très profondément l’amour de Dieu. C’était un sentiment très sensuel. Même maintenant je ressens parfois les mêmes sentiments chauds et sensuels quand je médite. Mais je m’en trouve coupable. Est-ce une erreur que de ressentir l’Amour de Dieu de façon sensuelle?

R: Bien qu’il soit vrai que toute expérience authentique de l’Amour de Dieu est une expérience au-delà de tous les sentiments et symboles et toutes les sensations et pensées, deux choses tiennent toujours tant que nous croyons encore exister à part de cet Amour:

D’abord, nos esprits qui croient encore que nous sommes particuliers et concrets vont comprimer cette expérience illimitée dans une forme ou une expérience que nous pouvons reconnaître ici, pour ne pas être accablés par son immensité. Nos esprits peuvent donc transposer l’expérience en quelque chose de connu, de réconfortant et même de très plaisant, comme vous le décrivez. Déjà bien au début du texte,

Jésus parle de la «confusion des impulsions miraculeuses avec les impulsions physiques» et ajoute que tout «plaisir réel vient de faire la Volonté de Dieu» (T-1.VII.2,4).

Et puis il est aussi vrai que notre ego saisit toute occasion pour saboter l’expérience d’amour et de paix pour semer les graines du conflit. Mais seulement parce qu’il est menacé par l’illimité de l’amour dans lequel il cesse d’exister.

Le plus sage est donc de ne simplement pas juger ce qui se passe et de reconnaître que votre ego peut bien avoir une idée en tête en vous faisant faire ces expériences, mais il n’est pas nécessaire de chercher son conseil. Permettez-vous de faire vos expériences sans les juger et sans en faire une histoire. Souvenez-vous que de faire l’expérience de Dieu peut et devrait être l’expérience la plus naturelle que nous puissions faire. Et si nous ne la faisons pas, ce n’est certainement pas parce qu’il nous la refuse!

182 – Comment peut-on être malade si l’on est tout à fait en paix?

Q: Dans le deuxième chapitre texte d’Un cours en miracles, on trouve le passage suivant :

«La maladie est une forme de quête extérieure. La santé est la paix intérieure.» (T-2.I.5:10)

Est-ce que cela fait référence à la maladie et santé physique? Dans les 100 premières pages du texte environ la santé physique semble être associée à un esprit guéri. Si c’est le cas, cela met le corps – qui n’existe pas – en rapport direct avec l’être spirituel que nous sommes tous. Et il s’ensuivrait que quelqu’un qui a un cancer ou une autre forme de maladie physique peut quand même être entièrement en paix et n’avoir aucune culpabilité dans son esprit? La personne qui mène nos discussions a dit qu’être en paix intérieure complète et laver la culpabilité de l’esprit n’ont aucun rapport avec la santé physique parce que Dieu ne connaît ni le corps ni la maladie. Cela semble contredire une bonne partie de ce qui est écrit dans le Cours à propos de l’esprit qui seul crée, car si l’on est entièrement en paix et sans culpabilité dans son esprit, comment le corps peut-il réagir avec quelque sorte de souffrance ou maladie? Cette question me tracasse vraiment.

R 1) Cela pourrait aider de garder à l’esprit que l’un des buts que Jésus poursuit dans son Cours consiste à corriger notre pensée erronée, dans la mesure où nous nous sommes identifiés au système de pensée de l’ego et donc interprétons toujours tout dans cette perspective. Suivant la stratégie de l’ego qui a fait que nous sommes maintenant sans esprit, nous associons normalement la maladie et la guérison à des états corporels (physiques, psychologiques, ou les deux): les causes et remèdes se trouvent tous deux dans le corps et le monde. Voilà la pensée que Jésus nous aide à corriger, et c’est pourquoi il dit que la santé du corps reflète la santé de l’esprit. Il corrige la croyance que nous avons tous que la santé du corps a un rapport avec les états et facteurs dans le monde. Plus nous pensons de cette manière, moins il est probable que nous allons reprendre contact avec le pouvoir de notre esprit. Il nous enseigne de nombreuses façons différentes que le corps et ses états ne sont que les expressions de pensées dans l’esprit. Tout cela fait partie du plan du «renversement de la pensée» (T-6.V-B.8:2) du Cours. Nous avons inversé effet et cause, et il nous enseigne comment les remettre dans leur relation correcte.

2) Plus tard dans le texte Jésus nous amène à l’étape suivante:

«Ainsi le corps est guéri par les miracles parce qu’ils montrent que l’esprit a fait la maladie et a employé le corps pour être victime, ou effet, de ce qu’il a fait. Or la moitié de la leçon n’enseigne pas le tout. Le miracle est inutile si tu apprends seulement que le corps peut être guéri, car ce n’est pas cette leçon qu’il est venu enseigner. La leçon, c’est que l’esprit était malade qui a pensé que le corps pouvait être malade; de projeter sa culpabilité n’a rien causé, et n’a pas eu d’effets» (T-28.II.11:4-7).

En général, nous n’acceptons pas immédiatement ces enseignements pour les intégrer dans notre vie. Ainsi le changement graduel vers la façon de penser de Jésus se reflète lorsque nous apprenons à rompre le lien entre notre état de paix intérieure et nos états corporels. Autrement dit, nous apprenons que l’expérience intérieure de paix ne dépend pas du fait de ne pas avoir des symptômes physiques ou psychologiques. Voilà l’un des barreaux de l’échelle qui nous aide à éviter de nier ce que nous ressentons. C’est un stade intermédiaire tant que nous vacillons encore entre l’esprit faux et l’esprit juste. Nous ne sommes pas tout à fait libres de culpabilité, mais nous pouvons faire l’expérience de la paix dans des instants de pensée de l’esprit juste alors que le corps a des symptômes de maladie. Cette expérience de paix est ce qui nous attire de plus en plus, et petit à petit nous nous identifions de moins en moins à des états corporels; nous nous identifions de moins en moins au corps en général et faisons de nouveau connaissance avec notre esprit.

3) Si la cause des symptômes est la culpabilité, alors quand il n’y a plus de culpabilité les symptômes disparaissent aussi. Mais il peut y avoir des symptômes qui n’ont pas leur origine dans la culpabilité. Ils peuvent avoir été choisis dans l’esprit pour être des moyens d’enseigner à autrui que le corps n’est en fait rien. Dans ces cas-là, il n’y a pas de souffrance intérieure parce que cet esprit a clairement conscience qu’il n’est pas le corps. Jésus par exemple n’a pas souffert lors de la crucifixion parce qu’il savait qu’il n’était pas son corps. La leçon en cela est de ne pas juger selon la forme. Autrement dit, nous ne pouvons pas déduire qu’il y a culpabilité uniquement à partir de symptômes physiques.

Il est possible aussi que quelqu’un (un esprit en dehors du temps et de l’espace) ait choisi d’apprendre la leçon de l’Expiation par le moyen de ce qui apparaît à tous les autres comme étant un état physique épouvantable et tragique. Nous ne pouvons pas voir l’étendue entière du chemin de l’Expiation, ni du nôtre, ni de celui d’autrui; nous devrions donc faire attention à ne pas tirer des conclusions à partir de ce que voient nos yeux.

183 – Si rien ne peut me nuire, pourquoi devrais-je tenir compte de dangers physiques?

Q: Dans Un cours en miracles, on nous demande de changer notre perception et voir la paix au lieu du chaos. Mais théoriquement, si je voyais tout comme étant aimant, qu’est-ce qui m’empêcherait de négliger les dangers physiques ou émotionnels venant d’autrui (vu que je suis esprit et que rien ne peut me nuire). Comment perçoit-on correctement, tout en tenant compte de ses besoins physiques tant qu’on est sur terre?

R: Il me semble que vous confondez votre responsabilité avec celle du Saint-Esprit:

«Ta tâche n’est pas de chercher l’amour mais simplement de chercher et de trouver au-dedans de toi toutes les barrières que tu as bâties contre lui. Il n’est pas nécessaire de chercher ce qui est vrai, mais il est nécessaire de chercher ce qui est faux.» (T-16.IV.6:1-2)

À un moment donné on se rend compte que cela n’aide pas de prononcer des mots de non-défense quand on se sent très vulnérable. On doit donc commencer à développer une communication honnête avec soi-même. Concentrez votre attention sur toutes les manières dont vous ne voyez pas les choses de façon aimante, c’est-à-dire vos jugements portés sur vous et autrui, vos sentiments de colère ou d’être blessé, vos inquiétudes de toute sorte. Quand vous êtes honnête avec vous-même concernant ce que vous faites ou comme vous vous sentez, vous pouvez apporter cela à Jésus ou au Saint-Esprit pour qu’ils puissent faire leur part:

«Mon contrôle peut prendre en charge tout ce qui n’a pas d’importance [ton ego], et je peux en te guidant diriger tout ce qui en a, si tel est ton choix.» (T-2.VI.1:3)

Apporter notre ego à la vérité de Jésus lui permet de nous guider de la façon qui aide le plus. Inutile de dire que tant que nous croyons être des corps il ne nous amènerait jamais à faire quoi que ce soit qui nous nuirait ou blesserait ou nuirait ou blesserait quelqu’un d’autre.

Tandis que le choix d’apporter votre ego à Jésus ou au Saint-Esprit est important, un choix tout aussi important se fait avant cette décision: le choix de se regarder soi-même honnêtement. À cause de votre culpabilité et honte, vous pensez peut-être que vous soustrayez vos «péchés secrets et les haines cachées» (T-31.VIII.9:2) à Jésus, mais en fait vous vous les cachez à vous-même. C’est pourquoi le regard honnête sur soi-même est une caractéristique si importante à développer. Le simple fait d’admettre votre peur, votre effroi, votre haine et ainsi de suite peut produire des miracles.

184 – Peur et incertitude quant à savoir si mes besoins seront satisfaits

Q: Dernièrement, j’ai eu un moment de clarté. Tout à coup, je me suis rendu compte que toutes mes formes de particularité tournent autour du corps et donc sont vouées à échouer avec le corps. Étrangement, cela ne m’a pas déprimé – j’étais surtout soulagé. Mais ce moment n’a pas duré, aussi paisible qu’il fût, et la peur est revenue. Ce que j’aimerais bien, c’est que vous me rassuriez qu’il n’y a rien à craindre, afin que je puisse retrouver la paix.

Dans la section «Les règles pour la décision» d’Un cours en miracles, Jésus dit que je peux avoir la journée que je veux. Mais je refuse constamment de suivre les étapes qu’il propose parce que je ne crois pas qu’il me donnera ce dont j’ai besoin. Est-ce qu’on peut le prendre à la lettre? Si la journée que je veux comporte le fait que je sois heureux et sans peur, est-ce qu’il me donnera cela? Si la journée que je veux comporte le fait d’être entouré de personnes que j’aime, est-ce qu’il me donnera cela? Et si je crois avoir besoin d’autres choses comme de la nourriture, du sexe, de la chaleur et de l’eau, est-ce qu’il me les donnera? J’ai peur que Jésus ne le fasse pas, car, n’étant pas un corps lui-même, il pensera que je n’en ai pas besoin. Ce ne sont pas des choses dont je crois qu’elles me rendront heureux, mais des choses sans lesquelles je ne crois pas pouvoir être heureux.

Je déduis de l’histoire de Helen et son cil que ce n’est pas Jésus qui me procure des places pour garer ma voiture – c’est mon propre esprit. Mais est-ce que je peux quand même croire que Jésus me donne ces choses, du moins pendant quelque temps encore? Je peux mieux l’accepter si c’est présenté ainsi. Il est certain que je ne voudrais pas devoir me procurer mon propre bonheur, vu qu’il m’est si clair que je ne sais pas comment le faire.

R: Vous vous êtes vraiment engagé dans une impasse! Vous savez que vous ne savez pas comment vous procurer votre bonheur, mais vous n’avez pas confiance en Jésus non plus. Il n’y a pas de mal à continuer de vouloir le voir comme quelqu’un qui vous procure ce dont vous avez besoin, mais étant donné que vous doutez qu’il veuille bien le faire, vous faites vraiment tout pour que vous échouiez tous les deux. Car quand vous croirez être privé de quelque chose, vous pourrez le lui reprocher. Jésus nous dit:

«Toi seul peux te priver de quoi que ce soi.» (T-11.IV.4:1)

C’est nous qui croyons devoir sacrifier et nous punir pour le péché de séparation et d’attaque dont nous nous accusons. Tant que cette croyance sous-tend notre pensée, nous projetons des preuves de manque et d’insuffisance sur les diverses formes dans notre vie. Or le Cours n’a pas pour but de nous enseigner comment pourvoir à nos besoins physiques et émotionnels, mais comment découvrir l’amour enfoui profondément dans notre esprit afin que nous connaissions que la vraie abondance – l’amour – nous appartient.

Quand Jésus nous dit dans «Les règles pour la décision» (T-30.I) comment nous pouvons avoir le genre de journée que nous aimerions, il parle uniquement du contenu et pas de la forme. C’est pourquoi il nous encourage à prendre toutes nos décisions joint à lui ou au Saint-Esprit, au lieu d’avec l’ego qui est la source de notre croyance au manque, à l’insuffisance et à la privation. Car alors notre propre jugement sur ce dont nous avons besoin et ce qui nous rendra heureux ne bloquera pas la voie. Tant que nous croyons encore être un corps, il sera pourtant difficile de ne pas croire que nous savons, du moins en partie, de quoi nous avons besoin.

Chaque fois que vous vous joignez à Jésus dans votre esprit, même si c’est sous forme de lui demander de l’aide pour des besoins concrets, au moment de la jonction vous ne croyez plus au manque et à la limitation. Jésus n’a en fait rien à voir avec la forme, là, c’est toujours notre esprit qui décide. Néanmoins, vous trouverez peut-être au début de vos expériences avec le Cours que votre esprit traduit l’expérience de son amour en des formes dont vous croyez avoir besoin. Alors vous faites l’expérience que Jésus vous aide dans le monde. Il n’y a pas de mal à cela et cela peut vraiment vous aider à développer de la confiance en lui. Mais avec le temps vous finirez par vous rendre compte que la paix est votre vrai besoin et votre vrai désir, comme vous l’avez ressenti lors de votre découverte à propos de la particularité. Ce qui se passe dans le monde de formes et dans votre corps vous préoccupera moins, et ce qui se passe dans votre esprit retiendra de plus en plus souvent votre attention.

Cela ne veut pas du tout dire que les besoins de votre corps ne seront plus satisfaits, car si vous lâchez le besoin de vous punir, votre corps deviendra au fil du temps un instrument neutre qui fonctionne sans souci ni peur de votre part (L-II.294.1). Mais s’il y a encore des leçons de pardon à apprendre, votre esprit va continuer de projeter la culpabilité sur le monde en tant que problème physique ou besoin corporel. Seulement vous ne verrez plus le monde comme une prison dans laquelle vous subissez des privations, mais comme école dans laquelle vous seront présentées des occasions de dé-couvrir la culpabilité enfouie dans votre esprit qui est projeté sous forme de manque et d’insuffisance. Votre but sera alors de guérir la culpabilité dans votre esprit sans vous soucier de la forme qu’elle prend dans le monde. C’est là que Jésus peut vraiment aider. Car il sait que la culpabilité n’est pas réelle et que la privation est impossible. En vous en rendant compte avec lui, la paix vous appartient.

Voir aussi la question 172 pour d’autres explications liées à ce sujet.

185 – Le monde fait-il partie du rêve de Dieu?

Q: Si le monde que je perçois n’est pas réel, est-ce que cela ne veut pas dire que tous ceux qui habitent le monde, moi y compris, ne sont pas réels, et donc cela ne voudrait-il pas dire également que seul Dieu est réel, et que c’est Dieu qui fait le rêve?

R: Les trois premiers points de votre exposé sont justes: le monde n’est pas réel, tous ceux qui sont dans le monde ne sont pas réels, seul Dieu est réel. Ce qui ne s’ensuit pas, c’est que Dieu fait le rêve. Dieu ne fait pas partie du rêve précisément parce qu’Il est réel et qu’un rêve est une illusion. «Réel» et «illusion» s’excluent mutuellement. La «personne» qui manque dans votre équation est l’esprit du Fils séparé qui est le rêveur du rêve, le tu auquel le Cours s’adresse et auquel il nous enseigne de nous identifier. Nous nous sommes identifiés à tort à la «figure dans le rêve» – le vous que vous croyez être – le vous qui n’est pas réel. Cela a jeté la confusion en nous. Un cours en miracles explique comment cela s’est produit: lorsque l’esprit choisit de croire que la séparation d’avec Dieu n’est pas seulement possible, mais réelle, c’est comme si l’esprit s’endormait et faisait un rêve de séparation. Dans ce rêve, l’esprit qui rêve s’identifie à la figure dans le rêve. Maintenant tout est sens dessus dessous. Le monde devient réel pour nous. Il n’est plus perçu comme le rêve qu’il est et nous nous perdons dans ses illusions, sans avoir le moindrement conscience de rêver. Voilà le pouvoir du déni qui opère. Ce qui est nié, c’est le choix dans l’esprit de se séparer de Dieu et de faire un rêve où Dieu n’est pas et ne peut pas entrer. L’identité en tant que rêveur du rêve est niée ou oubliée et remplacée par une identité de figure dans le rêve.

Cette crise d’identité est le but de l’ego. Elle nous libère de la responsabilité du choix originel de la séparation dans l’esprit et de la décision de nier ce choix. Le Cours a pour but de nous enseigner que nous sommes en effet le rêveur du rêve; alors nous avons la possibilité de devenir un rêveur lucide qui se rend compte qu’il rêve et qu’il a en plus le pouvoir de faire un autre choix. Si nous sommes conscients, en tant que rêveur lucide, de faire un cauchemar de séparation qui est la source de toute notre souffrance, nous allons finir par nous rendre compte que nous pouvons nous réveiller de ce rêve. Dans le Cours nous lisons:

«Tu as choisi un sommeil dans lequel tu as fait de mauvais rêves, mais le sommeil n’est pas réel et Dieu t’appelle à te réveiller. Il ne restera plus rien de ton rêve quand tu L’entendras, parce que tu te réveilleras. Tes rêves contiennent beaucoup des symboles de l’ego, et ils ont jeté la confusion en toi. Or c’est uniquement parce que tu dormais et ne connaissais pas. Quand tu te réveilleras, tu verras la vérité autour de toi et en toi, et tu ne croiras plus dans les rêves parce qu’ils n’auront pas de réalité pour toi. Or le Royaume et tout ce que tu as créé là auront une grande réalité pour toi, parce qu’ils sont beaux et vrais.» (T-6.IV.6:3-8)

Cela pourrait aider de comparer cela à l’expérience d’un enfant qui fait un rêve. Ses parents ne sont pas dans le rêve et ne savent pas que l’enfant fait un cauchemar. Le cauchemar paraît être vrai et effrayant pour l’enfant tant qu’il dort. Ce n’est que quand l’enfant se réveille qu’il comprend qu’il avait fait un rêve et qu’il est en sécurité dans son lit, que ses parents sont là pour le réconforter et lui assurer que le rêve n’était pas réel.

186 – Qui est «l’accusateur»?

Q: Dans la section V du chapitre 31 d’Un cours en miracles, «Concept de soi versus soi», Jésus dit:

«Le rôle de l’accusateur apparaîtra à de nombreux endroits et sous de nombreuses formes. Et chacune semblera t’accuser.» (T-31.V.16:5-6)

Pourriez-vous expliquer ce que cela signifie?

R: Les parties précédentes de cette section font bien comprendre que chaque jugement que nous portons contre autrui est en fait une auto-accusation profondément enfuie. La probablement plus imagée est la suivante:

«Peu importe maintenant ce qu’il fait, car tu lèves un doigt accusateur, inébranlablement et mortellement pointé vers lui. Il pointe aussi vers toi, mais cela est gardé encore plus profondément dans le brouillard sous la face de l’innocence.» (T-31.V.6:4-5)

Plus loin dans cette section (T-31.V.15,16) il explique comme nous assumons différents concepts ou rôles au fil du temps pour notre identité (p. ex. enfant, frère ou sœur, étudiant, amant, conjoint, père ou mère, employé, patron) – tout en croyant que nous sommes victimes dans les diverses relations et injustement traitées par un monde de mal qui existe en dehors de nous. Mais toutes nos accusations contre autrui tant que nous assumons les divers rôles dans notre vie (c’est-à-dire «le rôle de l’accusateur… à de nombreux endroits et sous de nombreuses formes») représentent en fait la culpabilité et le péché cachés provenant de la pensée originelle de séparation et de toutes ses ramifications apparentes dont nous nous accusons nous-mêmes. Ainsi, quand nous acceptons et mettons en pratique l’enseignement du Cours sur la projection, il semblera que le doigt que nous avons pointé vers autrui pointe maintenant dans chaque cas vers nous-mêmes. Mais la réalité de notre Soi véritable se trouve au-delà de tous ces rôles et concepts. Et Jésus nous rassure:

«Or ne crains pas qu’elle [chacune des formes de tous ces rôles] ne soit pas défaite.» (T-31.V.16:7)

Car aucune des images du bien ou du mal que nous avons faites de notre frère et de nous-mêmes n’est réelle. Et lorsque nous n’en voudrons plus aucune, nous saurons Qui nous sommes en vérité (T-31.V.17).

187 – Qu’est-ce qui se passe quand finalement nous lâchons prise de l’ego?

Q: Que se passe-t-il quand on est finalement capable de lâcher prise de son ego? Est-ce qu’on cesse d’exister en tant qu’individu? Je sais que je suis attaché à mon individualité. Au fond, j’aime ma vie. Je ne veux pas disparaître dans… quoi? J’aime le monde et le trouve beau. Je ne veux pas que le monde disparaisse. Qu’est-ce qui se passe quand nos corps meurent? Qu’est-ce qui se passe quand nous nous éveillons du rêve? Est-ce que nous nous réveillerons du rêve quand nos corps meurent?

R: Rassurez-vous, aussi longtemps que vous voulez qu’un soi individuel et le monde soient réels pour vous, ils le seront. Cela, Jésus nous le fait bien comprendre dans pas mal de passages. En parlant du monde que nous voyons, il en dit:

«…tu l’as inventé. Tu peux l’abandonner aussi facilement que tu l’as inventé. Tu le verras ou tu ne le verras pas, comme tu le souhaites. Tant que tu le veux, tu le vois; quand tu ne le voudras plus, il ne sera plus là pour que tu le voies.» (L-I.32.1 :2-5)

Et plus tard dans le livre d’exercices:

«Il n’y a pas de monde à part de ce que tu souhaites, et en cela réside ton ultime délivrance… Ce n’est pas l’orgueil qui te dit que tu as fait le monde que tu vois et qu’il change comme tu changes d’esprit.» (L-I.132.5:1,5)

Plus tôt, dans le texte, il nous assure:

«Ne crains pas d’être brusquement soulevé et précipité dans la réalité.» (T-16.VI.8:1)

Visiblement, vous ne cherchez pas la délivrance actuellement – et ce n’est pas grave. Jésus ne porte aucun jugement sur cela. Il se peut qu’il remette en question votre santé d’esprit (T-23.II.13:4-13), mais il ne vous juge pas puisque vous préférez le monde à son amour. La plupart d’entre nous ne reconnaissent ou ne croient pas que c’est ce choix que nous faisons. L’un des buts d’Un cours en miracles est donc de nous aider à voir que nous choisissons le monde et notre soi individuel, et que ce choix représente un choix contre l’amour et la paix. L’amour et la paix véritables ne peuvent se trouver que dans l’unité et pas dans la séparation et les différences.

Si le monde a encore un grand attrait pour vous, le Cours est moins désirable en tant que voie spirituelle. Il vous enseigne la valeur du lâcher-prise de vos jugements et du résultat qui s’ensuit: moins souffrir, vous sentir moins coupable et avoir moins d’anxiété dans vos relations. Mais la métaphysique qui est la base pour le pardon du Cours soutient l’irréalité de la séparation, du soi individuel et du monde. Un tel enseignement va à l’encontre de votre préférence manifeste pour le monde, et à un moment donné vous ressentirez probablement un conflit. Le fait est que personne ne se trouverait ici dans le monde si nous ne le préférions et ne choisissions pas, comme le démontrent clairement les passages cités.

Le plus important, c’est donc que vous soyez honnête avec vous-même et Jésus en ce qui concerne ce que vous voulez en ce moment et comme vous vous sentez. Si vous acceptez au fil du temps que le choix que vous faites vous coûte quelque chose, vous pourrez alors reconsidérer votre décision.

Quand vous serez prêt à relâcher complètement votre identification au soi égoïque et au monde qui est sa défense, rien ne se passera vraiment. Vous éprouverez simplement un changement profond de votre perception. La mort n’a rien à voir avec ce changement, pas plus que la naissance. La mort du corps ne change pas la décision d’être séparé qui est prise dans l’esprit – en fait, elle peut renforcer ce choix si la mort est ressentie comme punition, privation ou évasion de quelque sorte que ce soit. Ensuite, nous choisirons simplement une autre vie pour continuer notre expérience d’individualité et de particularité.

Tout se passe dans l’esprit, et quand votre esprit lâche prise de l’ego vous vous éveillerez simplement au fait que vous avez seulement fait un rêve de séparation. Il n’y a donc ni séparation, ni un soi séparé, ni un monde extérieur. Le rêve peut paraître continuer, mais vous ne le prendrez pas au sérieux puisque vous saurez que ce n’est qu’un fantasme ou une illusion qui n’a pas de signification réelle et pas d’effets réels. Vous saurez que vous êtes un esprit illimité et pas un soi corporel limité. Et la joie qui vient de la prise de conscience que l’esprit ne fait véritablement qu’un, fera paraître toute joie ou beauté que le monde semblait vous offrir auparavant que comme une ombre pâle et sans vie par comparaison.

Voyez aussi la question 68 pour des explications concernant la relation entre l’esprit et la mort du corps.

188 – Comment puis-je apprendre à me prendre moi-même et le monde moins au sérieux?

Q: Ayant étudié Un cours en miracles depuis onze ans, je ne fais qu’entrevoir maintenant à quel point je ne veux pas l’apprendre. Je sais que cela veut dire en fait combien j’en ai peur et que je devrais peut-être être un peu plus «doux» avec moi-même. Mais essayer de prendre les choses moins au sérieux me semblerait miner la tentative du Cours qui veut nous montrer à quel point nous sommes engagés à suivre le système de pensée de l’ego. Merci pour toute suggestion à ce propos pour un étudiant qui aime encore être la figure de rêve et qui, par moments, a des lueurs qu’il ne l’est pas.

R: On dirait que le fait d’essayer de prendre les choses moins au sérieux vous a montré «à quel point nous sommes engagés à suivre le système de pensée de l’ego». Prendre les choses moins au sérieux n’est pas aussi facile que cela pourrait paraître. Chaque tentative de le faire nous fait comprendre que nous prenons les choses très au sérieux. En étudiant le Cours nous nous rendons vite compte que si nous commençons à prendre quelques aspects du système de pensée de l’ego moins au sérieux, nous finirons par prendre le tout moins au sérieux. À la fin, cela minera en fait le système de pensée de l’ego et pas l’enseignement du Cours. Voilà pourquoi nous ne le faisons pas. Et voilà pourquoi nous ne voulons pas apprendre ce que le Cours enseigne. C’est en soi déjà une prise de conscience importante et utile. Cela veut dire que vous avez un certain degré de compréhension de ce que le Cours soutient à propos de ce que nous sommes (le rêveur du rêve) et, ce qui est encore plus important, qui nous ne sommes pas (une figure dans le rêve). Reconnaître clairement notre résistance à apprendre cela nous fait apprécier le processus et, comme vous le dites, le besoin de douceur en mettant les enseignements du Cours en pratique.

Ce n’est pas étonnant que prendre les choses moins au sérieux soit difficile. Le Cours tient bien compte de combien nous avons pris au sérieux nos croyances erronées à propos de nous et de notre monde.

«Nul ne croit qu’il y eut réellement un temps où il ne connaissait rien du corps et n’aurait jamais pu concevoir que ce monde fût réel. Il aurait vu aussitôt que ces idées sont une seule illusion, trop ridicule pour ne pas en rire. Comme elles paraissent sérieuses maintenant! Et nul ne peut se souvenir d’un temps où elles auraient rencontré le rire et l’incrédulité. Nous pouvons nous en souvenir, pour peu que nous regardions directement leur cause. Et nous verrons des motifs de rire, et non une cause de peur.» (T-27.VIII.5:5-10)

Notre processus d’apprentissage demande que nous reconnaissions d’abord à quel point nous nous prenons au sérieux. Nous efforcer de ne pas prendre les choses au sérieux ne marchera probablement pas. Le seul moyen par lequel nous pouvons l’apprendre est décrit dans la citation ci-dessus. Nous devons apprendre à regarder la cause de nos croyances. La cause est la décision dans l’esprit de nous séparer de Dieu, et puis de croire que c’est un fait accompli. Le Cours nous fait comprendre que cela est ridicule, et nous finirons par en rire. Cela se passera quand nous aurons lâché prise de notre culpabilité pour l’avoir d’abord prise au sérieux. Visiblement, nous ne rions pas encore. Peut-être cela vous aiderait de vous exercer à ne pas prendre votre résistance trop au sérieux et de ne pas vous juger pour aimer être une figure dans le rêve. Notre résistance et notre indésir ne changent ni la vérité ni ne justifient notre peur, et nous ne sommes pas bannis du Ciel à cause de cela. De plus, il ne nous est pas demandé que nous acceptions tout ce que le Cours enseigne pour le mettre en pratique. Comme nous lisons dans l’introduction au livre d’exercices:

«Souviens-toi seulement de ceci: tu n’as pas besoin de croire les idées, tu n’as pas besoin de les accepter, tu n’as même pas besoin de leur faire bon accueil. Il se peut qu’à certaines d’entre elles, tu résistes activement. Rien de tout cela n’a d’importance, et leur efficacité n’en est pas diminuée.» (L-I.in.9:1-3)

Si vous vous rappelez de plus en plus souvent que ce que vous voyez et éprouvez dans le rêve n’est pas réel et n’a pas d’effet sur le vrai vous, cela deviendra de plus en plus facile de prendre les choses moins au sérieux. Chaque rappel consolide la croyance au système de pensée du Saint-Esprit et atténue notre «sérieux». Comme Dieu, le rire est inévitable.

189 – Que veut dire la phrase dans le Cours: «Pour avoir, donne tout à tous»?

Q: À quoi font référence le «tout» et «tous» dans la phrase «Pour avoir, donne tout à tous» (T.6.V-A.13) dans Un cours en miracles? J’ai entendu Ken dire que cela ne veut pas dire se départir de tout en ce monde et aller vivre sur une montagne. Qu’est-ce que cela signifie alors?

R: Tout d’abord, Jésus corrige la version de l’ego qui est: «Pour avoir, prend tout à tous». Pour l’ego la seule façon pour avoir quelque chose consiste à l’obtenir de quelque part ou de quelqu’un. C’est pourquoi Jésus nous dit:

«La première étape dans le processus de renversement ou de défaire est le défaire du concept d’obtention.» (T-6.V-B.3:1)

Cela est directement lié à ce que nous apprenions à préférer les intérêts communs aux intérêts séparés et concurrents, et que si nous voulons prendre quelque chose à quelqu’un nous finirons par perdre parce que nous aurons une fois de plus nié que le Fils de Dieu ne fait qu’un, et qu’en tant que Sa création nous avons déjà tout (L-I.133.7).

Cela n’a donc rien à voir avec la forme ou le comportement; cela concerne notre attitude ou notre orientation intérieure: il s’agit du contenu et pas de la forme. Cela concerne le défaire de notre tendance à exclure autrui et à acquérir ce que nous voulons aux dépens d’autrui. Cela veut dire regarder combien nous estimons l’unique et le particulier, et comme cela amène davantage de conflits au lieu de la paix. Nous commençons par remettre en question la valeur de quelque chose qui ne peut pas être partagé avec tout le monde, et à nous demander pourquoi nous voudrions avoir quelque chose qui ne peut pas être partagé avec tous. Pour le répéter: cela a à voir avec notre attitude. Évidemment, comme vous le dites, il ne nous est pas demandé d’acheter assez pour tout le monde chaque fois que nous allons faire les courses. Jésus travaille avec les principes qui gouvernent notre pensée.

Cette première leçon du Saint-Esprit traite donc essentiellement du défaire de notre concept d’obtention comme moyen pour avoir:

«Tu apprends d’abord qu’avoir repose sur donner et non sur obtenir.» (T-6.V-C.6:1)

190 – Dans quelle mesure notre vie a-t-elle été «écrite» à l’avance?

Q: J’ai une question en deux parties concernant le «scénario» de notre vie:

  1. Si je choisis mes parents, ma nationalité, mon sexe et la période dans laquelle je vis avant ma naissance, quels événements imprévus y a-t-il dans ma vie? Y en a-t-il de nombreux ou aucun? Est-ce que tout est décidé à l’avance, et la seule chose que je choisis à chaque instant est la crucifixion ou la résurrection? Autrement dit: qu’est-ce qui n’est pas déjà écrit?
  2. Quel est le rôle de l’esprit juste en choisissant tout cela à l’avance?

R: Nous fixons certains paramètres qui sont apparemment inchangeables pour chaque vie, y compris ceux que vous mentionnez ci-dessus. Mais même certains de ceux-là peuvent changer comme l’esprit le choisit: on apprend en tant qu’adulte qu’on a été adopté; quelqu’un se décide pour une opération de changement de sexe, et ainsi de suite. Le fait que nous avons un choix au niveau de la forme fait partie de l’attraction séduisante de l’ego, et c’est la grande distraction. Car nous croyons que le problème de notre culpabilité à cause de la séparation, qui reste enfoui dans notre esprit, peut être résolu

«en passant une sorte d’“arrangement” insane avec le monde» (T-12.III.6:5),

ce qu’Un cours en miracles appelle magie (M-16.8­–11). Ainsi l’ego maintient l’illusion d’un choix au niveau de la forme et nous cache le fait que nous choisissons toujours le même contenu: la séparation et la culpabilité. Et nous n’abordons jamais le vrai problème sous-jacent de la culpabilité dans notre esprit.

Il est vrai que le Cours enseigne que tout a déjà eu lieu et que le temps linéaire n’est pas réel – tout a déjà été écrit à l’avance (L-I.158.3,4). Mais cela ne veut pas dire que tout est prédéterminé dans une vie individuelle. L’ensemble des événements possibles est prédéterminé, mais nous avons à chaque instant le choix des relations et événements que nous allons aborder et passer en revue (pour un commentaire plus en détail, voir la question 37).

Malgré toutes ces options, le cadre de référence qui nous aide le plus que nous puissions adopter, c’est de nous rappeler que le seul choix réel auquel nous sommes obligés de faire face à chaque moment, indépendamment des possibilités au niveau de la forme, est le choix entre crucifixion et résurrection.

Étant donné que nous avons toujours un esprit juste tant que nous croyons encore à la réalité de la séparation, nous avons le choix de nous tourner vers l’esprit juste à chaque décision que nous prenons, y compris comment aborder une nouvelle relation, carrière ou vie. La distinction entre avant et pendant une vie est en fait une distinction arbitraire que notre esprit égoïque veut renforcer, faisant en sorte à ce que l’état de notre esprit semble en quelque sorte être qualitativement différent pendant une vie de l’état de l’esprit quand cette vie n’est encore qu’une option envisagée. Ainsi, comme c’est le cas pour tout choix, nous pouvons le faire soit avec l’ego, soit avec le Saint-Esprit comme enseignant. Et, comme le font la plupart d’entre nous, nous oscillons entre l’esprit faux et l’esprit juste et choisissons parfois suivant notre désir de particularité, parfois de sorte à apprendre nos leçons de pardon. Du point de vue du temps illusoire et linéaire, cela est le cas avant et pendant chaque vie. Je le répète: que nous choisissions les paramètres pour une vie future ou les paramètres au cours d’une vie, les options et le processus dans l’esprit restent les mêmes.

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