171-180

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page:
171 – Confusion au sujet de la minuscule et folle idée originelle
172 – Le Cours devrait-il aider à ce que ma vie prenne la direction que je désire?
173 – La pensée, c’est quoi ? Et penser?
174 – Comment puis-je pardonner la maltraitance?
175 – Est-ce que nous pouvons nous attendre à la paix après la mort?
176 – Clarification de la deuxième et troisième division
177 – Puis-je pratiquer le Cours sans en accepter la théologie?
178 – Quelle prière ou quels mots m’aideraient à «faire disparaître» l’ego?
179 – Est-ce une attaque que d’imposer sa volonté à ses enfants?
180 – Est-ce que je devrais maintenir une relation dans laquelle mon amour n’est pas réciproqué?

171 – Confusion au sujet de la minuscule et folle idée originelle

Q: Plus j’essaye de comprendre Un cours en miracles, plus certains enseignements deviennent encore plus difficiles à saisir. C’est à dire, j’ai cru que j’avais enfin compris comment le Fils pouvait avoir eu une folle idée puisque cela ne lui plaisait pas du tout d’être un créateur de second ordre, Dieu étant le Créateur, étant donné que le Fils était un être autonome crée par Dieu. Mais maintenant, je pense que Dieu est, point. Le Fils était une Pensée dans l’esprit de Dieu, indépendante de Dieu et faisant partie intégrante de Lui. Il n’y avait absolument aucune distinction. Alors l’impossible n’avait même pas pu être une minuscule et folle idée. Est-ce que cela veut dire qu’il y a deux entités: l’une que nous appelons Réelle et l’autre irréelle? L’irréel existe grâce à la Volonté permissive de Dieu, mais en dehors de Sa Volonté positive? Lorsque le Cours dit que Dieu n’est pas conscient de l’ego, est-ce qu’il faut comprendre cela comme métaphore, tout comme lorsqu’il dit que Dieu pleure Son Fils? Cela est plus sensé de dire Dieu est et de ne plus y songer puisque rien ne pouvait arriver. Pourtant quelque chose sembla se produire. Que veut dire ce «sembla»?

R: C’est la question qu’a chacun, en fait c’est la question la plus fréquemment posée. Et il n’y a pas de réponse qui puisse satisfaire l’intellect. Qu’il suffise de laisser Jésus répondre en ses propres paroles:

«Il est raisonnable de demander comment l’esprit a jamais pu faire l’ego. De fait, c’est la meilleure question que tu puisses poser. Rien ne sert, toutefois, de répondre par rapport au passé parce que le passé n’a pas d’importance, et l’histoire n’existerait pas si les mêmes erreurs n’étaient pas répétées dans le présent.» (T-II.1:1-3)

«L’ego exigera beaucoup de réponses que ce cours ne donne pas. Il ne reconnaît pas comme question la simple forme d’une question à laquelle une réponse est impossible. L’ego peut bien demander: “Comment l’impossible s’est-il produit?”; “À quoi l’impossible est-il arrivé?”; et le demander sous de nombreuses formes. Or il n’y a pas de réponse; seulement une expérience. Ne cherche que cela et ne laisse pas la théologie te retarder.» (C-in.4)

«Qui te demande de définir l’ego et d’expliquer comment il a surgi, ne peut être que celui qui le pense réel et cherche par sa définition à garantir que sa nature illusoire est dissimulée derrière les mots qui semblent le rendre tel.» (C-2.2:5)

À la lumière de ces passages, on peut déduire que l’idée que Dieu aurait une Volonté permissive et une Volonté positive à la fois ne serait pas cohérente avec la non-dualité absolue de la métaphysique du Cours. Jésus utilise en effet une métaphore quand il dit que Dieu n’a pas conscience de l’ego, et aussi quand il parle de la séparation comme «minuscule et folle idée» ainsi qu’en utilisant de nombreux autres termes. Jésus ne l’appelle pas un mystère divin ou quelque chose du genre que nous comprendrons un jour. Il est simplement impossible que notre compréhension puisse atteindre la clôture de ce débat. Nous pouvons seulement croire Jésus sur parole en ce qu’une expérience viendra mettre fin à nos doutes (L-I.158.4:4) et que nous irions mieux que maintenant si nous mettions en pratique les principes et exercices de son Cours dans notre quotidien. Si cela ne devait pas être le cas, il y aura toujours un autre chemin spirituel que nous pourrions suivre et qui nous apportera la paix de Dieu.

172 – Le Cours devrait-il aider à ce que ma vie prenne la direction que je désire?

Q: Quel est le résultat final quand on étudie Un cours en miracles? Est-ce que je devrais pouvoir faire en sorte à ce que ma vie aille dans le sens que je veux? Page 480 du Cours on lit:

«Je suis responsable de ce que je vois.

Je choisis les sentiments que j’éprouve, et je décide
quel but je voudrais atteindre.

Et tout ce qui semble m’arriver, je le demande, et
je reçois comme j’ai demandé.»
(T-21.II.2:3-5)

Ce n’est évidemment pas une nouvelle idée et beaucoup de gens l’ont entendu, mais peu, si tant est, ont pu s’en rendre compte ou le faire fonctionner dans leur vie. Où est-ce que ces gens et moi avons fait erreur?

R: Le résultat final de l’étude du Cours et de l’application de ses principes est la paix et la délivrance de toute culpabilité (M-28.3:4-5). Bien qu’à la première lecture de nombreux passages du Cours y compris celui que vous citez on pourrait croire que le but du Cours est de nous montrer comment faire en sorte à ce que nos vies deviennent ce que nous voudrions qu’elles soient, il ressort au fur et à mesure lors de votre étude du Cours que ce n’est pas son intention. Dans le passage cité Jésus parle du choix des sentiments et des expériences seulement au niveau du contenu et non de la forme: est-ce que nous ferons une expérience d’amour ou de peur, de paix ou de conflit, de bonheur ou de souffrance? Il y a beaucoup de passages d’où cela ressort clairement.

Parmi les premières leçons du livre d’exercices, il y en a deux qui nous avertissent: «Je ne perçois pas mon propre intérêt» (L-I.24) et «Je ne sais pas à quoi sert quoi que ce soit» (L-I.25). Jésus nous demande d’admettre que nous sommes mal placés pour juger ce qui nous apportera le bonheur, la joie ou la paix. Cela dépend de notre Guide, le Saint-Esprit.

«Lui connaît tous les faits passés, présents et à venir. Lui connaît tous les effets de Son jugement sur tous ceux et tout ce qu’il concerne de quelque façon que ce soit.» (M-10.4:8,9)

Donc

«Demande, et Il répondra. C’est Sa responsabilité et Lui seul est à même de l’assumer. Le faire est Sa fonction. Lui soumettre les questions est la tienne. Voudrais-tu être responsable de décisions au sujet desquelles tu comprends si peu? Réjouis-toi d’avoir un Enseignant Qui ne peut pas faire d’erreur. Ses réponses sont toujours justes. En dirais-tu autant des tiennes?» (M-29.2:7-14)

Même ces phrases peuvent être mal comprises et mal interprétées, car il est facile d’arriver à la conclusion qu’elles veulent dire que le Saint-Esprit fournira tout ce dont nous avons besoin dans notre monde pour faire l’expérience du bonheur ici, comme nous le définissons, ce qui normalement veut dire que nos besoins sont satisfaits. Mais là encore, ce n’est pas l’intention du Cours. Son objectif est d’amener un changement d’esprit afin qu’avec le temps nous soyons de moins en moins touchés par les choses qui arrivent ou n’arrivent pas autour de nous et nous arrivent ou ne nous arrivent pas. Cela devient clair dans la citation suivante du texte:

«…ne cherche pas à changer le monde, mais choisis de changer ton esprit au sujet du monde.» (T-21.in.1:7)

Le genre de changement que le Cours cherche à effectuer dans chacun d’entre nous est de passer du jugement au pardon. Car, comme nous le rappelle le Cours:

«ceux qui ont été pardonnés ont tout» (T-3.V.6:3),

pas dans un sens matériel, mais dans le sens que nous nous souvenions que le manque et la perte de l’amour qui est notre héritage naturel sont impossibles. Et nous regarderons le monde et ne verrons que la paix, peu importe les batailles qui semblent y faire rage.

173 – La pensée, c’est quoi ? Et penser?

Q: Que sont la pensée et penser?

R: Il n’y a pas de définition de pensée ou de penser dans Un cours en miracles. C’est la façon dont ces mots sont utilisés qui nous donne une idée de ce qu’ils signifient. Mais il est important de garder à l’esprit que Jésus se sert du langage généré par le Fils dans son état séparé qui est illusoire. Ces mots et concepts sont donc par nature limités. C’est la signification de l’enseignement de Jésus qui est cohérent, mais pas l’utilisation des termes et des mots. Il est donc parfois difficile de cerner le sens précis d’un terme donné. Le Cours n’est pas censé être un traité philosophique ou érudit ni ne se présente comme tel, bien qu’on y trouve des énoncés théoriques d’une grande ampleur et même provocants.

Pensée avec majuscule se rapporte toujours au contenu dans l’Esprit de Dieu; sans majuscule, la pensée désigne le contenu de l’esprit du Fils séparé. Jésus utilise parfois le terme idée pour exprimer la nature illimitée de notre réalité véritable:

«…tu reconnais, ne serait-ce que très vaguement, que Dieu est une idée; ainsi ta foi en Lui est renforcée quand elle est partagée. Ce que tu as du mal à accepter, c’est le fait que, comme ton Père, tu es une idée. Et comme Lui, tu peux te donner complètement, entièrement et sans jamais de perte mais toujours un gain.» (T-15.VI.4:4-6)

Dans le dernier chapitre du texte, la pensée conceptuelle est décrite comme étant le problème principal, ce qui rappelle la phrase au début du texte que

la «conscience, le niveau de la perception, fut la première division introduite dans l’esprit après la séparation, faisant de l’esprit un percepteur plutôt qu’un créateur. La conscience est correctement identifiée comme étant le domaine de l’ego» (T-3.IV.2:1-2).

Dans le dernier chapitre, Jésus nous dit:

«Le salut peut être vu comme rien de plus que l’évasion hors des concepts. Il ne se soucie pas du contenu de l’esprit, mais de la simple affirmation qu’il pense.» (T-31.V.14:3-4)

Nous espérons que cela vous aidera d’une manière ou d’une autre. Nous n’étions pas tout à fait sûrs dans quelle sens vous entendiez votre question, c’est pourquoi nous avons décidé de répondre ainsi. Malheureusement, il n’y a pas de réponse «classique» à la question.

174 – Comment puis-je pardonner la maltraitance?

Q: Comment est-ce qu’Un cours en miracles traite les blessures graves? J’ai lutté pendant des années avec l’inégalité entre parents et enfants et me suis concentrée sur les maltraitances reçues à tous les niveaux, ce qui a entraîné un pauvre développement, bien que je sois très intelligente. J’ai deux questions:

  1. Comment puis-je pardonner le mal? Ce qui m’est arrivé est méchant et provenait d’une fuite de ses responsabilités jusqu’à des violations flagrantes – sur le plan émotionnel, spirituel et personnel.
  2. Que suis-je? Que signifie être une créature spirituelle (mon corps est lumineux), tant que je vis dans un monde fait de haine, de conflits et de pouvoir?

R: Le monde est un endroit désespérant, cruel et plein d’effets de pensées méchantes. Tous peuvent être déraisonnablement vicieux et brutaux les uns envers les autres et maltraiter ceux sur qui ils ont du pouvoir, tout comme eux-mêmes ont été maltraités par ceux qui avaient du pouvoir sur eux. C’est un cercle vicieux duquel on ne peut apparemment pas échapper. Or nous pouvons en sortir si nous sommes désireux de regarder au-delà de nos jugements tout faits du bien et du mal, et la distinction facile que nous faisons entre coupables et innocents.

Il y aurait peut-être moyen de comprendre ce qui a motivé vos parents de vous traiter comme ils l’ont fait, mais cela ne veut pas dire que ce traitement n’ait été justifié d’aucune manière. Or vous avez reconnu que vous accrocher au jugement et à la douleur ne fait que vous enfermer dans une angoisse mentale qui vous paralyse et vous empêche de ressentir la joie et la paix dont Jésus nous assure qu’elles sont l’héritage qui nous vient de Dieu (L-I.104).

Le Cours admet que

«les gens qui ont peur peuvent être méchants» (T-3.I.4:2).

En être conscient est la clef pour nous délivrer nous-mêmes ainsi que tous les autres de l’emprise du mal. C’est la peur et non pas un mal inhérent qui nous motive tous de passer en acte nos pensées méchantes. Personne au monde n’est à l’abri de pensées du mal – c’est dans la nature du système de pensée de l’ego auquel nous participons tous. Il y en a qui arrivent mieux que d’autres à refréner ce genre de manifestations dans leur comportement. Or dans l’esprit de chacun d’entre nous il y a une rage presque meurtrière jusqu’à ce que nous apprenions comment «de-couvrir» la culpabilité qui l’alimente et la laissons être guérie à la lumière du pardon du Saint-Esprit. L’ego consiste entièrement et totalement de ténèbres – il n’y a pas de lumière à l’intérieur de ses frontières soigneusement scellées – et nous tous cherchons notre chemin à l’aveuglette et trébuchons sans espoir tant que nous restons assimilés à ses méchants buts.

Nous sommes tous pareils en participant à l’esprit faux de l’ego, bien que nous puissions nous distinguer par la manière dont nous l’exprimons dans notre vie. Mais jusqu’à ce que nous admettions qu’il est bien en nous, nous nous empêtrerons dans des tentatives dysfonctionnelles pour nous défendre contre la culpabilité et la haine de soi qui sont les inévitables compagnons de notre croyance aux ténèbres en nous. Nous chercherons à projeter cette culpabilité hors de nous sur autrui. Ainsi nous allons envoyer des coups aux autres voulant qu’eux soient responsables de la douleur qui vient du sentiment d’être séparé de l’amour. Certains trouvent des moyens socialement acceptables, mais toujours motivés par l’ego, pour canaliser cette expérience écrasante de douleur et de culpabilité. D’autres la dirigent vers l’extérieur sans ou avec très peu de soucis des effets que cela aura sur autrui. C’est eux qui deviennent violeurs, meurtriers et auteurs de maltraitance. Il est facile alors de voir le péché et la culpabilité en eux, comme attestation de notre propre «innocence». Or ce qui les anime ne se distingue pas de ce qui nous anime tous si nous n’avons pas dé-couvert cette dynamique inconsciente afin d’entamer le processus de guérison.

Le premier pas dans notre propre guérison – après avoir admis nos jugements contre le meurtrier, le violeur et l’auteur de maltraitance – est donc de reconnaître l’«humanité» commune que nous partageons tous et qui est une identité désespérée et pleine de douleur qui place l’intérêt personnel et l’instinct de préservation par-dessus tout. Nous tous faisons cela, mais nous arrivons peut-être mieux à le cacher. Si nous pouvons commencer à prendre contact avec le fait que notre douleur est la même que celle des autres et que ce n’est que cette douleur qui nous amène tous à agir de façon insane, nous avons ouvert la porte à une vue plus clémente et compatissante de nous-mêmes ainsi que de tous les autres. Car nous aurons fini par comprendre que n’importe quelle cruauté passée en acte par n’importe qui d’entre nous n’est qu’une défense contre la culpabilité et la douleur en nous – la même culpabilité et douleur que nous ressentons tous.

Cela ne veut pas dire que nous devrions nier nos propres expériences d’avoir été maltraités. Mais il y a un pas au-delà la reconnaissance de la souffrance ressentie par la main d’autrui que nous ferons quand nous serons prêts à aller au-delà de la souffrance. Ce ne sont pas les évènements du passé en soi qui sont le problème à présent, mais la façon dont nous les interprétons continuellement. Le Cours nous offre une autre manière de regarder ces évènements passés et nous aide à comprendre ce qui, à un niveau plus profond, a motivé les actes abusifs, et aussi que nous partageons la même motivation profonde dans notre vie tant que nous la vivons sous la direction de l’ego. Ce n’est qu’alors que nous pouvons reconnaître le choix que nous avons maintenant pour être délivrés de la souffrance de nos propres jugements de nous-mêmes.

Nous cherchons tous une voie hors de notre souffrance, mais nous pensons et agissons à l’aveuglette et ainsi nous nous infligeons sans arrêt de la souffrance alors que nous portons des jugements sur les autres et les attaquons, ce qui ne fait que renforcer la croyance à la séparation qui est la base du système de pensée de l’ego. Lorsque nous entrevoyons le contenu de peur derrière la cruauté de l’ego – soit celle d’autrui soit la nôtre – les jugements que nous avons portés peuvent petit à petit se dissoudre. Nous aurons commencé à passer de l’intérêt personnel de l’ego à l’intérêt partagé du Saint-Esprit Qui reconnaît que nous sommes tous joints dans le même besoin de délivrance de la culpabilité et souffrance du système de pensée de l’ego. C’est reconnaître les intérêts partagés qui reflète l’amour duquel nous nous languissons tous et l’Unité à laquelle nous prenons tous part en tant qu’innocent saint Fils de Dieu – une Identité qui transcende l’ego partagé et ses manifestations d’où a surgi l’illusion du mal.

175 – Est-ce que nous pouvons nous attendre à la paix après la mort?

Les trois questions suivantes concernent toutes la question de la mort et nous répondons donc aux trois en même temps.

  1. J’aimerais savoir plus sur le fait que «la mort ne résout rien».
  2. Quand quelqu’un meurt, nous disons en général qu’il ou elle est enfin « en paix ». Est-ce que la mort de l’ego ne nous délivre pas de sa pensée basée sur la peur et nous donne la paix?
  3. S.V.P., est-ce que vous pourriez expliquer ce qu’enseigne Un cours en miracles à propos de trouver la paix après la mort?

R: Vu que tout le monde sur terre souffre de la douleur insupportable qui provient de la croyance d’être séparé de sa véritable Demeure et de son Créateur, il y a des moments dans la vie où la pensée d’échapper à cette douleur semble être un bienfait. Dans ce cas, la mort représente l’évasion de la douleur. Pourtant Un cours en miracles nous enseigne que nous ne sommes pas nos corps:

«Le corps est le symbole de ce que tu penses être. Il est clair que c’est un mécanisme de séparation; par conséquent, il n’existe pas.» (T-6.V-A.2:2-3)

C’est pourquoi nous n’avons pas besoin d’échapper à nos corps, qu’il soit physique, psychologique, émotionnel, astral ou autre. Cependant, ce à quoi nous avons besoin d’échapper, c’est la pensée de séparation, et cela se fait par le processus de pardon. Si l’esprit n’a pas été totalement guéri de la pensée de séparation quand le corps «meurt», le manque de pardon qu’il retient s’exprime en d’autres temps et sous d’autres formes jusqu’à ce que le pardon soit parfait.

«Quand ton corps et ton ego et tes rêves auront disparu, tu connaîtras que tu dureras à jamais. Peut-être penses-tu que cela s’accomplit par la mort, mais rien ne s’accomplit par la mort, parce que la mort n’est rien.» (T-6.V-A.1:1-2)

À d’autres moments nous pourrions croire que ce monde est un banc d’essai spirituel et que la mort symbolise la fin de nos épreuves et est notre titre de transport pour rentrer chez Nous. Ou nous pourrions croire que lors de la mort nous transcendons automatiquement nos ego et sommes en paix. Ce genre de croyance nous séduit à vouloir que la mort vienne plus tôt au lieu de plus tard.

«Il y a un risque de penser que la mort est la paix, parce que le monde assimile le corps au Soi que Dieu a créé.» (T-27.VII.10:2)

Il est important de se rappeler que «la mort de l’ego» ne vient pas de la mort du corps, mais du processus de pardon qui ne se fait que dans l’esprit. De plus, notre corps peut mourir alors que nous avons ou n’avons pas complété ce processus.

Vous pouvez voir dans tous ces cas combien nous sommes tentés d’attribuer la douleur à notre corps plutôt qu’à notre esprit. Quand nous avons appris où se trouve le vrai problème, le Saint-Esprit peut commencer à se servir de nos corps pour nous apprendre notre véritable identité en tant qu’esprit:

«Le Saint-Esprit, comme toujours, prend ce que tu as fait et le traduit en mécanisme d’apprentissage. Et comme toujours, Il réinterprète ce que l’ego utilise comme un argument à l’appui de la séparation pour faire la démonstration du contraire.» (T-6.V-A.2:4-5)

Ainsi la mort (qui n’est rien) du corps (qui n’est rien non plus) ne résout rien (la pensée de séparation, encore rien). Rien plus rien est égal à rien!

176 – Clarification de la deuxième et troisième division

Q: Je suis en train de revoir l’atelier sur la séparation et le pardon (Separation and Forgiveness) de 1989. Pourriez-vous S.V.P. expliquer encore une fois la deuxième et troisième division? On dirait qu’ils se chevauchent?

R: La deuxième division représente la division de l’esprit divisé en l’esprit juste et l’esprit faux, soit les systèmes de pensée du Saint-Esprit et de l’ego.

La troisième division se fait uniquement dans l’esprit faux de l’ego et exprime ses tentatives pour garder sa séparation intacte: d’abord il se coupe de l’esprit juste, et ensuite il divise son soi de pécheur séparé (que nous appelons «soi A») en deux composantes, le soi B et le soi C. Le soi C est le dépositaire du péché projeté (qui auparavant faisait partie du soi A), ce qui fait que le soi B séparé est alors sans péché. Autrement dit, le soi A pécheur séparé moins le péché (le soi C) résulte en un soi séparé et sans péché (le soi B): A-C = B.

Tout cela est expliqué bien plus en détail (y compris la première et quatrième division) dans les chapitres 2 et 3 du livre de Kenneth Wapnick The Message of A Course in Miracle : All Are Called (en anglais seulement, Foundation for A Course in Miracles : http://www.facim.org). N’oubliez pas que ce schéma n’est qu’une tentative symbolique pour démontrer la dynamique du système de pensée de l’ego tel qu’il est présenté par Un cours en miracles. Cette dynamique se concentre sur la stratégie de l’ego de faire en sorte à ce que nous gardions notre soi séparé, mais sans le péché qui attirerait sur nous le courroux punisseur de Dieu. Maintenant le péché se trouve dans quelqu’un d’autre (le soi C) qui mérite la punition que secrètement nous croyons mériter nous-mêmes.

177 – Puis-je pratiquer le Cours sans en accepter la théologie?

Q: Est-ce qu’il est nécessaire de comprendre la mythologie pour pouvoir commencer à étudier Un cours en miracles et utiliser ses principes correctement? J’ai beaucoup de mal avec la métaphysique du Cours en ce qui concerne l’origine de la culpabilité, alors que l’application pratique du Cours (c.-à-d. choisir l’ego ou Jésus comme enseignant) semble logique et m’aide. Est-ce que je peux véritablement pratiquer le pardon comme le Cours le définit si je n’accepte pas vraiment la mythologie du Cours quant à l’origine du monde?

R: Le bienfait qui provient de la pratique du pardon est que nous nous sentons mieux parce que nous lâchons prise de la douleur due à la tromperie de soi que comporte le blâme d’autrui pour nos problèmes. En ce sens-là, le Cours est pratique. C’est aussi très réconfortant de savoir qu’il y a un enseignant aimant et sage en nous à qui nous pouvons toujours demander de l’aide. Nous pouvons procéder gentiment ainsi pour pas mal de temps et même rester à ce niveau-là indéfiniment si nous choisissons de le faire. On peut utiliser le Cours de cette façon et en tirer des bienfaits personnels et un réconfort énormes. On n’a pas besoin des principes métaphysiques du Cours pour faire l’expérience de la douce direction de Jésus et pour retirer ses projections de culpabilité sur autrui. Si cela nous rapproche de Dieu de rester à ce niveau, quel mal y a-t-il à cela?

Mais étant donné que vous avez mentionné concrètement «le pardon comme le Cours le définit», il est nécessaire d’aller plus loin. C’est donc ce que nous allons faire. Le début et la fin de l’introduction du livre d’exercices l’éclaircissent mieux. Jésus commence par expliquer la relation entre le texte et le livre d’exercices:

«Un fondement théorique comme celui que le texte procure est un cadre nécessaire pour rendre les leçons de ce livre d’exercices signifiantes. Or c’est de faire les exercices qui rendra le but de ce cours possible. Un esprit inexercé ne peut rien accomplir. C’est le but de ce livre d’exercices d’entraîner ton esprit à penser de la façon qui est présentée dans le texte.» (L-I.in.1)

À la fin de l’introduction du livre d’exercice (L.I.in.8,9) Jésus mentionne les problèmes ainsi que la résistance que nous aurons probablement à croire les idées et concepts présentés dans les leçons. Il nous conseille alors de nous concentrer uniquement sur l’utilisation et l’application des idées exactement comme il nous le dit, sans les juger ou les évaluer, parce que leur signification et la vérité qui leur est inhérente deviendront claires en les utilisant.

Il semblerait que cela veut dire qu’en cours de route l’étudiant se retrouvera face aux principes théoriques du Cours. Lorsqu’il devient clair par exemple que le pardon veut dire pardonner à quelqu’un ce qu’il n’a pas fait – phrase véritablement surprenante qui présente un énorme défi – cela nous amène à finalement remettre en question la réalité de la culpabilité même. Et nous voilà plongés directement dans la dimension métaphysique du Cours. En fait, la façon dont le Cours définit le pardon ne peut pas être entièrement appréciée sans se rendre compte de sa fondation métaphysique. Si la nature illusoire du péché et de la culpabilité ne fait pas partie intégrante de la façon de penser et d’aborder ses rancœurs, on glisse trop facilement vers la vue traditionnelle de pardonner ce qui s’est vraiment passé.

La réponse à votre question est donc oui et non. On peut tirer des bienfaits de la pratique du pardon et de demander à Jésus de nous guider. Mais si l’on ne tient pas compte de la théorie du Cours concernant l’origine de la culpabilité, le processus de pardon tel qu’il est présenté dans le Cours est court-circuité et pas pleinement apprécié. Et si on n’accepte pas cette théorie expressément, cela rend le pardon tel qu’il est présenté le Cours impossible.

178 – Quelle prière ou quels mots m’aideraient à «faire disparaître» l’ego?

Q: Dans Un cours en miracles, Jésus nous rappelle constamment que pour faire disparaître l’ego nous n’avons qu’à «regarder» ses machinations sans les juger. Autrement dit, avec le Saint-Esprit ou Jésus. C’est ce «regarder» sur quoi je trébuche. Est-ce que le Cours fournit une formule «mentale» sous forme de prière, d’une phrase ou d’un verset que je pourrais utiliser quand je me rends compte que mon ego est à l’œuvre (tout le temps, bien sûr)?

R: Voir que votre ego est à l’œuvre est une composante très importante pour le défaire, vu que l’ego lui-même ne vous permettrait jamais de regarder ses manigances. La pierre d’achoppement se présente parce que dès que vous «voyez» votre ego (ce qui signifie que vous avez choisi l’esprit juste), vous prenez peur aussitôt et alors vous jugez ce que vous avez «vu» (ayant choisi l’esprit faux). Votre peur provient en fait de votre capacité de regarder votre système de pensée égoïque avec la douceur et patience du Saint-Esprit ou de Jésus qui ne jugent pas, et c’est pourquoi vous fuyez. Vous devriez donc être doux avec vous-même pour ne pas avoir été doux avec vous-même. Ayant établi que vous avez déjà pris peur, vous ne devriez en aucun cas augmenter votre peur en vous punissant à cause de votre manque de douceur. À la fin du 5e chapitre dans le texte se trouve une très belle prière que vous pouvez utiliser quand vous trébuchez sur votre pierre d’achoppement :

«J’ai dû prendre la mauvaise décision, parce que je ne suis pas en paix.

J’ai pris la décision moi-même, mais je peux aussi prendre une autre décision.

Je veux prendre une autre décision, parce que je veux être en paix.

Je ne me sens pas coupable, parce que le Saint-Esprit défera toutes les conséquences de ma mauvaise décision si je Le laisse défaire.

Je choisis de Le laisser défaire, en Lui permettant de décider de choisir Dieu pour moi.» (T-5.VII.6:7-11)

179 – Est-ce une attaque que d’imposer sa volonté à ses enfants?

Q: J’ai commencé à étudier Un cours en miracles depuis peu, et j’aimerais incorporer les enseignements du Cours dans l’éducation. J’essaie essentiellement de guider mes enfants par les conséquences qui découlent de leurs choix, ce qui me semble être la façon dont Dieu nous enseigne. Cependant, il paraît que parfois je dois exercer ma volonté aux dépens de la leur dans leur propre intérêt. Par exemple, quand ils vont à l’école ils doivent se coucher quand c’est l’heure. Ou s’ils ont une pneumonie et ont besoin d’une piqûre, sans qu’il y ait une alternative. Dans ces situations, je leur impose ma volonté ce qui pour moi est comme une attaque. Est-ce que vous avez des suggestions pour l’éducation qui s’alignent sur les enseignements du Cours ?

R: Ce qui vous aidera, c’est de toujours avoir l’œil sur le but que vous poursuivez, et pas tant sur votre comportement quand vous faites quelque chose, c.-à-d. sur le contenu plutôt que la forme. Distinguer entre contenu et forme est essentiel lorsqu’on applique les principes du Cours. Puis, en tant qu’étudiants d’un chemin spirituel, nous ne devrions jamais perdre de vue le bon sens. Ainsi les parents sont des parents et les enfants des enfants. Ils ne sont pas égaux et les parents savent mieux que leurs enfants ce qui est le mieux pour eux.

Exercer votre volonté pour subjuguer la volonté de vos enfants n’est une attaque que si vous l’entendez ainsi. Si vous êtes furieuse, tyrannique, les punissez et les humiliez et ainsi de suite, alors le contenu est une attaque. Mais si vous êtes tout simplement ferme quand les enfants n’ont pas de discipline, alors ce n’est pas une attaque. Ce n’est ni aimant ni n’aide – comme beaucoup d’études l’ont confirmé – de laisser les enfants faire ce qu’ils veulent en tout. Ils ne deviendraient pas des adultes sains et capables de se débrouiller dans le monde s’ils n’avaient pas un sens des limites. Il est tout à fait possible d’écarter les besoins de son ego pour discipliner et former les enfants. Le comportement des parents peut paraître agressif quand ils ne font que répondre à l’agression de l’enfant d’une façon qui est nécessaire dans les circonstances. Le comportement en lui-même ne suffit pas pour décider quel en est le contenu. Mais évidemment, si un père ou une mère bat un enfant jusqu’à ce qu’il saigne de partout il y a de fortes chances que c’est une attaque.

Il s’agit donc de vous exercer à reconnaître la différence entre forme et contenu en vous-même. Ensuite vous apportez le contenu venant de l’ego à l’amour de Jésus dans votre esprit et demandez de l’aide pour l’échanger contre son contenu. Quand le contenu dans votre esprit est aimant, le message que vos enfants reçoivent quand vous les disciplinez est qu’ils sont aimés, que vous en prenez soin et qu’ils peuvent toujours être sûrs que vous vous en occuperez. Nous enseignons les principes du Cours aux enfants en en faisant la démonstration dans nos relations.

180 – Est-ce que je devrais maintenir une relation dans laquelle mon amour n’est pas réciproqué?

Q: Je suis amoureuse de quelqu’un qui n’est pas amoureux de moi. Il m’aime bien, mais seulement en tant qu’amie. Je me rends compte que j’ai choisi cette relation comme forme d’attaque contre moi-même pour me prouver que je ne mérite pas d’être aimée. Est-ce que la chose la plus aimante serait de rester dans cette relation et de demander à Jésus de guérir ma perception, ou de mettre fin à la relation ?

R: Nous choisissons toutes nos relations pour démontrer qu’elles vont échouer, qu’elles ne vont pas satisfaire nos besoins et que l’amour n’est tout simplement pas fiable, sous quelque forme qu’il se montre. Les relations particulières avec une composante romantique semblent seulement être différentes parce que les émotions semblent être tellement plus intenses. Mais le contenu ou le but est toujours le même.

La croyance voulant que ce soi dans le monde que je crois être ne soit pas digne d’amour ne fait que recouvrir la rage que je ressens – comme tout le monde – puisque je n’ai pas l’amour dont je crois qu’il m’est légitimement dû. Cette rage est à son tour une défense contre l’auto-accusation enfouie profondément dans nos esprits pour avoir rejeté l’amour et avoir voulu autre chose. Mais la culpabilité et la douleur qui vont de pair avec cette pensée traîtresse sont trop immenses, alors nous projetons la responsabilité de notre manque d’amour hors de nous: si personne ne me trouve digne d’être aimée, cela n’est pas ma faute. C’est la faute d’autrui, à commencer par Dieu et ensuite mes parents et tous les autres qui ne m’ont pas donné l’amour qui m’aurait prouvé que j’en étais digne.

Le point de mire d’Un cours en miracles n’est jamais ce qu’il faut faire avec une relation extérieure. Le Cours ne vous conseillerait donc jamais de maintenir ou de ne pas maintenir une relation. Plutôt, il vous aide à guérir la culpabilité enfouie dans votre esprit pour avoir attaqué l’amour. Ce que la relation vous a apporté, c’est qu’elle vous a aidé à prendre contact avec cette haine de soi cachée. Mais si vous faites le travail intérieur qui consiste à guérir la culpabilité dans votre propre esprit, l’incertitude que vous éprouvez concernant la forme de la relation disparaîtra. Votre relation peut être guérie avec l’aide de Jésus, que vous restiez dans la relation ou non. Car elle n’a jamais été le vrai problème, mais seulement une distraction du problème réel de culpabilité enfoui dans votre propre esprit.

Pour un commentaire à propos d’une question semblable, vous pourriez aussi lire la réponse à la question 20.

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