161-170

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page:
161 – Pourquoi le message du Cours diffère-t-il du message catholique?
162 – Je trouve que j’attaque des gens dans mon esprit, alors pourquoi le Cours dit-il que «l’esprit ne peut pas attaquer»?
163 – Qu’est-ce que «Il est seulement besoin de deux» veut dire?
164 – Comment voir mes jugements d’autrui?
165 – Est-ce qu’il y a un seul rêveur du rêve ou y en a-t-il plusieurs?
166 – Pourquoi le Cours m’enjoint-il de voir les choses différemment s’il n’y a pas de différences?
167 – Est-ce que les phénomènes comme des «déjà vus» et la «synchronicité» sont des activités de l’ego?
168 – Quoi faire avec la culpabilité envers quelqu’un qui est décédé?
169 – Comment faire face à mon ambivalence face au travail?
170 – Est-ce que le sexe est une pulsion de l’ego ou peut-il être saint?


161 – Pourquoi le message du Cours diffère-t-il du message catholique?

Q: Pourquoi le message de Jésus dans Un cours en miracles est-il si différent de celui de sa mère, la vierge Marie, lors de toutes ses apparitions tout au long du siècle dernier? Dans ses messages Dieu a conscience de ce qui se passe en ce monde et punit les infidèles.

R: Ceux à qui Marie a apparu ont entendu des messages compatibles avec leurs croyances religieuses. Dans de nombreux cas, ils étaient des croyants fervents qui avaient des opinions théologiques traditionnelles. Les deux points que vous soulevez, c.-à-d. que Dieu a conscience de ce qui se passe en ce monde et punit les infidèles, sont des croyances de beaucoup de chrétiens. Pour les croyants, une expérience religieuse telle que l’apparition d’un être spirituel comme Marie approfondit et prouve la justesse de leur foi. L’amour ne mettrait pas au défi leurs croyances en introduisant des concepts d’une autre voie telle qu’Un cours en miracles qu’ils ne connaissent pas.

Comme vous le savez peut-être, le Cours est en enseignement spirituel qui ne se base pas sur la bible ou la théologie chrétienne ou catholique traditionnelle. Bien qu’il utilise des termes chrétiens, leur signification dans le Cours est autre. Cependant, on peut comprendre le message de Marie et le message d’Un cours en miracles comme des enseignements aimants qui aident leurs adhérents respectifs. Leur contenu peut être similaire, bien que leur forme soit très différente, comme vous le dites. Cela tient au fait que ce sont deux systèmes de pensée spirituelle très différents avec des croyances théologiques différentes. Il faut se rappeler que les pensées et croyances ne sont pas la vérité; elles ne font que l’exprimer ou la refléter. Jésus et Marie représentent une vérité qui se trouve au-delà de toutes les formes sous lesquelles elles peuvent s’exprimer. La vérité utilise des formes différentes à des moments différents pour des personnes différentes. Cela ne contredit pas le contenu du message qui a pour but de nous ramener à notre demeure en Dieu. Comme Jésus nous dit dans le Cours:

«Des Aides te sont donnés sous de nombreuses formes, bien que sur l’autel ils ne fassent qu’un. Au-delà de chacun d’eux est une Pensée de Dieu, et elle ne changera jamais. Mais ils ont des noms qui diffèrent pour un temps, car le temps a besoin de symboles, étant lui-même irréel» (C-5.1:3-5).

Ni les points de vue théologiques ni les croyances particulières ne sont importants. Ce qui compte, c’est l’amour qu’exprime un enseignant spirituel ainsi que l’aide qu’apporte son enseignement. Si nous nous soucions de ce que Dieu punisse sans faute les infidèles, nous passons à côté de ce qui compte. Ce qui compte, c’est que nous croyions fidèlement à ce que nous enseigne notre chemin spirituel avec un désir fervent de retourner à Dieu. Si quelqu’un accepte l’amour qui inspire son système précis de croyances religieuses et apprend à véritablement vivre cet amour, cela n’a en définitive pas d’importance s’il a commencé son chemin à cause de sa peur de la punition de Dieu ou puisqu’il a recherché la paix de Dieu. L’important, c’est l’expérience. Le Cours nous dit:

«Une théologie universelle est impossible, mais une expérience universelle est non seulement possible mais nécessaire» (C-in.2 :5).

Il y a beaucoup de chemins, beaucoup de croyances, beaucoup des formes d’expression, mais une seule vérité, un seul Dieu.


162 – Je trouve que j’attaque des gens dans mon esprit, alors pourquoi le Cours dit-il que «l’esprit ne peut pas attaquer»?

Q: Que veut dire «l’esprit ne peut pas attaquer» dans Un cours en miracles (T-18.VI.3,4)? Il me semble que j’ai des pensées d’attaque, même haineuses, envers autrui. Qu’est-ce qui attaque, si ce n’est pas mon esprit?

R: Dans le contexte de toute la section «Au-delà du corps», cela veut dire que l’attaque n’est possible que dans la fantaisie ou dans un état délirant. Dieu ne peut pas être attaqué en réalité. La séparation aurait dû être un fait pour que l’esprit puisse attaquer. C’est pourquoi le Cours tient tellement à ce que nous apportions l’illusion à la vérité et les ténèbres à la lumière. Nous apportons nos pensées d’attaque à Jésus ou au Saint-Esprit dans notre esprit où nous pouvons apprendre qu’elles viennent d’un système de pensée illusoire et n’ont aucun effet en dehors de ce système de pensée illusoire.


163 – Qu’est-ce que «Il est seulement besoin de deux» veut dire?

Q: Dans la section «Les règles pour la décision» d’Un cours en miracles Jésus nous dit:

«Il est seulement besoin de deux qui voudraient avoir le bonheur aujourd’hui pour le promettre au monde entier» (T-30.I.17:1).

Est-ce que cela se rapporte au lecteur (moi) et le Saint-Esprit? Si c’est le cas et s’il s’agit du Saint-Esprit, pourquoi «deux» n’a-t-il pas une majuscule? Est-ce que cela pourrait aussi vouloir dire que les «deux» sont le lecteur (moi) et l’ego qui croit que c’est une journée heureuse?

R: Un peu plus tôt dans la même section Jésus parle de la nature du bonheur – qu’il soit faux ou vrai – que vous ressentez selon «l’ami duquel tu as pris conseil» (T-30.I.15 2) – à savoir l’ego ou le Saint-Esprit. Mais ici, dans le dernier paragraphe, Jésus fait référence au vrai bonheur qui vient de notre jonction avec un frère par Jésus ou le Saint-Esprit en reconnaissant que nos intérêts ne sont pas séparés, mais que nous les partageons, et que nos esprits ne sont pas divisés, mais joints. Si nous partageons véritablement cette re-connaissance dans notre esprit avec n’importe quel frère, elle doit ensuite s’étendre au monde entier, car tout ne fait qu’un.

Cette jonction n’a rien à voir avec les corps, ni le mien (en tant que lecteur), ni celui de mon frère. Il n’est donc pas nécessaire que le corps de mon frère soit présent pour qu’on puisse faire l’expérience de cette jonction, et il n’est pas nécessaire que des mots soient échangés. Jésus explique plus tôt dans le texte:

«Comme toi, ton frère pense qu’il est un rêve. Ne partage pas son illusion de lui-même, car ton Identité dépend de sa réalité. Pense plutôt à lui comme à un esprit dans lequel les illusions persistent encore, mais un esprit qui est un frère pour toi. Il n’est pas rendu frère par ce qu’il rêve; pas plus que son corps, le “héros” du rêve, n’est ton frère. C’est sa réalité qui est ton frère, comme la tienne l’est pour lui. Ton esprit et le sien sont joints en fraternité»  (T-28.IV.3:1-6).


164 – Comment voir mes jugements d’autrui?

Q: Ma compréhension d’Un cours en miracles a beaucoup changé depuis que j’ai écouté l’enregistrement “The Meaning of Judgment” de Ken («La signification du jugement», en anglais seulement: www.facim.org). L’idée maîtresse de cet enregistrement est de regarder son ego sans avoir besoin de le changer ou, autrement dit, de regarder ses pensées sans les juger et comprendre qu’à la fin ce que nous croyons n’a aucun effet sur la réalité. Nos pensées puissantes semblent être désamorcées quand nous nous rendons compte qu’elles n’impressionnent ni ne bouleversent la réalité. Cependant Ken ne se lasse pas de nous rappeler de ne pas juger autrui. Il semblerait dans ce cas nous aurions besoin d’une défense contre ces pensées. Car n’avons-nous pas rendu le jugement réel en disant que nous ne devrions pas juger autrui? Nous sommes censés regarder notre ego sans jugement. Cela ne voudrait-il pas aussi dire regarder nos jugements d’autrui sans les rendre réels? Certains de nos jugements peuvent être très violents, mais si nous pouvons les regarder en nous rendant compte que rien ne se passe, n’avons nous pas fait des progrès?

R: Vous avez peut-être mal compris. L’enregistrement que vous mentionnez souligne que le but du Cours, contrairement à ce que bien des étudiants croient, n’est pas de cesser de nous juger et de juger autrui, mais plutôt d’apprendre à ne pas nous juger nous-mêmes pour ces jugements. Nous les rendons réels en nous y opposant ou en essayant de les changer, et, comme vous l’avez observé, cela leur donne ainsi qu’à l’ego continuellement du pouvoir. Le but est donc de regarder ses jugements égoïques sans les prendre au sérieux, c’est-à-dire sans culpabilité et sans essayer de les justifier d’aucune manière.

Une partie très importante du processus qui consiste à regarder est de reconnaître que nos jugements ont un prix pour nous. Le jugement fait que la pensée de séparation est maintenue comme étant réelle dans notre esprit, ce qui chasse la paix et invite la douleur et la culpabilité à rester. Lorsque petit à petit nous comprenons mieux ce que nos jugements nous coûtent, notre motivation augmente à nous joindre à Jésus ou au Saint-Esprit et à relâcher notre investissement dans le jugement. Il ne s’agit donc pas de ne pas juger, mais plutôt de se demander pourquoi on devrait juger si on comprenait vraiment ce que cela entraîne.

Juste en passant: la réalité n’est pas seulement ni impressionnée ni bouleversée par nos jugements. Elle ne peut même pas les voir ou les reconnaître! Car nos jugements n’ont aucune réalité. C’est pourquoi vers la fin du Cours Jésus remarque:

«Il est nécessaire pour l’enseignant de Dieu de se rendre compte, non pas qu’il ne devrait pas juger, mais qu’il ne peut pas. En abandonnant le jugement, il abandonne simplement ce qu’il n’avait pas. Il abandonne une illusion, ou mieux: il a l’illusion d’abandonner […] Comme il reconnaît qu’il lui a toujours été impossible de juger, il ne tente plus de le faire» (M-10.2:1-3,5).


165 – Est-ce qu’il y a un seul rêveur du rêve ou y en a-t-il plusieurs?

Q: J’étais assise dans mon salon avec mon fils de six mois sur les genoux quand une question m’est venue. J’ai pensé que le Saint-Esprit ne sait même rien de moi ni de mon fils, mais n’aime que le rêveur du rêve. Ma question est donc: est-ce que le rêveur est le même pour toutes les soi-disant personnes dans l’univers? Est-ce que c’est un seul rêveur, ou est-ce que ce sont des milliards de rêveurs qui projettent leur culpabilité sur le monde? Est-ce que mon fils et moi avons le même esprit faux et le même esprit juste en commun?

R: Quand nous parlons d’idées basées sur la croyance à la séparation et la dualité, nous parlons en fait de mythes et d’illusions, que ce soit au niveau de l’esprit divisé ou de ses projections sur le monde de forme et de corps. Le rêveur du rêve et le Saint-Esprit ne sont donc en définitive pas plus réels que les soi pour lesquels vous vous prenez vous-même et prenez votre fils. Toute réponse à votre question ne devrait donc pas être prise comme description de la réalité, mais être appréciée uniquement en fonction de son utilité à nous aider à mettre en pratique le pardon, la seule illusion qui n’entraîne pas d’autres illusions (C-3.1:3,4).

Dans la version du mythe de séparation d’Un cours en miracles, tout a commencé quand le seul esprit du seul Fils de Dieu semblait s’endormir et faire un rêve de séparation. Ce seul esprit s’est divisé en l’esprit faux (l’ego) et l’esprit juste (le Saint-Esprit) ainsi que la partie de l’esprit qui a le pouvoir de choisir entre les deux (le décideur ou rêveur). Dans le rêve, il n’y a que ce seul esprit divisé. Mais faisant partie de la défense de l’ego contre sa propre culpabilité et angoisse – à savoir se cacher de Dieu afin que la vie que le Fils Lui a volée ne lui soit pas reprise – est la stratégie de l’ego que le Fils a adoptée qui comporte la séparation ultérieure en des milliards de fragments apparemment uniques, chacun croyant être un esprit indépendant et individuel. Mais chaque fragment, comme particule coupée du seul esprit divisé du Fils, a en commun le même contenu fondamental que tous les autres, à savoir un esprit faux, un esprit juste et le pouvoir de choisir entre les deux.

Le phénomène appelé trouble de la personnalité multiple ou trouble dissociatif de l’identité, qui a été illustré de façon dramatique dans des films comme Les trois faces d’Ève (1957) et Sybil (1976), est un modèle utile pour se faire une idée du processus de fragmentation. Des personnalités apparemment séparées et indépendantes émanent d’un même esprit duquel elles se sont coupées pour se protéger de l’angoisse et de la culpabilité intenses associées normalement avec un personnage parental.

Bien que cette fragmentation illusoire fût la stratégie de l’ego pour se défendre contre Dieu, elle peut aussi être utilisée pour servir le but de pardon du Saint-Esprit. Étant donné que le même choix fondamental est représenté entièrement en chaque fragment de l’esprit apparemment séparé, le choix du salut de l’esprit par la pratique du pardon n’est ni influencé ni ne dépend d’aucun autre esprit séparé.

Autrement dit, aucun fragment de l’esprit ne peut être victime de n’importe quel autre; il est entièrement responsable de ses expériences. Et en acceptant la responsabilité pour ces expériences et en apprenant à voir qu’elles présentent un choix, chaque fragment peut petit à petit apprendre de choisir le Saint-Esprit au lieu de l’ego. Quand à la fin il a pris la décision de choisir le Saint-Esprit une fois pour toutes, ce soi-disant fragment reconnaît qu’il n’y a pas de séparation et que l’esprit ne fait qu’un, comme depuis toujours.

Là encore, le parallèle avec les interventions thérapeutiques dans des cas de personnalité multiple démontre cela bien. Elles ont pour but ce qu’on appelle intégration: les personnalités différentes sont intégrées petit à petit lorsque les barrières qui empêchent d’avoir conscience des composantes séparées sont enlevées afin que l’esprit reconnaisse de nouveau son entièreté.

Donc, pour répondre à votre question concrète: il n’y a qu’un seul esprit qui fasse le rêve de séparation et projette sa culpabilité sur un monde qu’il a fait dans ce but. Mais dans son expérience, chacun d’entre nous croit être un fragment séparé, indépendant des autres, qui fait son propre rêve distinct de séparation et peut choisir l’ego ou le Saint-Esprit indépendamment de ce que les autres choisissent. En comprenant cela, le pardon véritable devient possible.


166 – Pourquoi le Cours m’enjoint-il de voir les choses différemment s’il n’y a pas de différences?

Q: Dans la leçon 39 du livre d’exercices d’Un cours en miracles – «Ma sainteté est mon salut» – nous lisons:

«Les situations, événements ou personnages concrets que tu associes aux pensées sans amour de toutes sortes sont des sujets convenables pour les exercices d’aujourd’hui. Il est impératif pour ton salut que tu les voies différemment. Et c’est le fait de les bénir qui te sauvera et te donnera la vision» (L-I.39.7)

Je ne vois pas très bien comment l’idée «Il est impératif pour ton salut que tu les voies différemment» est compatible avec certains sujets importants du Cours y compris l’idée que nous devrions faire en sorte à ce que tout soit pareil et qu’il n’y a pas de hiérarchie dans une illusion, sans oublier qu’il n’y a pas d’ordre de difficulté dans les miracles. Il me semble que la phrase devrait se lire ainsi: Il est impératif pour ton salut que tu ne les voies pas différemment. Qu’est-ce que je ne comprends pas?

R: Ce que vous ne comprenez pas, c’est la façon dont le mot «différemment» est utilisé. Il ne s’agit pas de voir les situations, événements ou personnages concrets associés à des pensées sans amour comme étant séparés ou dissemblables en eux-mêmes, mais plutôt de voir les situations, événements ou personnages concrets avec des pensées aimantes (différemment de la façon dont vous les aviez vus auparavant). Avant, vous les regardiez avec les yeux de l’ego (pensées sans amour). Là, Jésus vous invite à les voir avec les yeux du Saint-Esprit (pensées aimantes).

Une autre façon de dire la même chose serait que voir avec les yeux du Saint-Esprit est voir «voir différemment» qu’avec les yeux de l’ego.


167 – Est-ce que les phénomènes comme des «déjà vu» et de «synchronicité» sont des activités de l’ego?

Q: J’ai souvent eu des «déjà vu», l’impression d’avoir déjà été quelque part, qui par la suite s’est avérée être vraiment importante. Les circonstances dans lesquelles ces expériences se sont produites ont varié d’assez agréables jusqu’à franchement désagréables ou éprouvantes, mais n’ont pas semblé avoir été en rapport direct avec l’expérience. Après coup, par contre, le résultat de ces situations était presque un soulagement ou même une bonne chose. Lire Un cours en miracles et les publications de Kenneth Wapnick m’a appris que nous faisons des expériences et croyons encore devoir faire des choix apparemment nouveaux, bien que le temps soit une illusion et ce «monde est terminé depuis longtemps»  (T-28.I.1:6). Nous passons notre temps à «voir le voyage depuis le point où il s’est terminé […], revoyant mentalement ce qui s’est passé» (L-I.158.4:5), c’est tout. Ma question est donc: quel est le rapport entre un déjà vu et le choix du film ou de l’axe temporel de l’ego ou celui du Saint-Esprit? Est-ce qu’un déjà vu est un reflet de l’esprit de l’ego collectif? Ou est-ce qu’il est peut-être un reflet d’avoir fait le bon choix grâce au «décideur»  (ou «preneur de décision») en dehors du temps et de l’espace et du monde duel des limitations de l’ego, aussi désagréables ou agréables que les circonstances semblaient être au moment même? Et est-ce que le sentiment que cela nous est familier pourrait être un écho de notre souvenir «lointain» ou inconscient de Dieu d’avant la séparation, lorsque nous tous ne faisions qu’un avec Lui en tant que le Christ que nous sommes encore en réalité? Et est-ce qu’un déjà vu pourrait être un rappel ou un reflet en ce monde que nous sommes sur la «bonne voie» ou encore dans notre esprit juste? Où est-ce que je tire trop de ces expériences? Et par rapport à cela: quel est le rôle des coïncidences ou de la synchronicité dans le monde de tous les jours, bien qu’encore illusoire?

R: Les expériences de déjà vu sont neutres en soi. Étant donné, comme vous le dites, que nous passons notre temps à

«voir le voyage depuis le point où il s’est terminé […], revoyant mentalement ce qui s’est passé» (L-I.158.4:5),

toutes nos expériences pourraient donc être considérées comme étant potentiellement connues. Cela comprend les scénarios de l’ego de particularité ainsi que les scénarios du Saint-Esprit qui les corrigent. La plupart du temps, ce sera dans l’intérêt de l’ego de faire en sorte à ce que nous ne le reconnaissions pas consciemment, car ses défenses dépendent de la croyance à un temps linéaire qui ne va que dans une direction, du passé au futur.  Néanmoins, tout comme dans le cas de pouvoirs psychiques, de la réincarnation et de vies antérieures (M-24 et 25), c’est l’interprétation et le but que nous donnons à ces expériences qui déterminent si elles renforcent la particularité de l’ego ou le pardon du Saint-Esprit. Si vous avez trouvé que vos expériences ont présenté des occasions pour relâcher vos jugements et votre culpabilité, alors il y a eu un désir de votre part de les laisser servir ce but. Mais elles peuvent tout aussi facilement être utilisées pour s’occuper davantage du passé et de relations précises et particulières.

En ce qui concerne la coïncidence ou la synchronicité, tout a un rapport avec tout et est étroitement lié à tout, vu qu’un seul esprit a écrit tous les scénarios. Ce n’est qu’à cause de notre investissement continu à voir la séparation et des différences que nous ne reconnaissons pas le fil conducteur dans toutes nos expériences. Lorsque nous constatons des coïncidences, nous pouvons les utiliser pour le but soit de l’ego soit du Saint-Esprit. Nous avons toujours le choix. Lorsqu’elles servent le but du Saint-Esprit, elles sont des rappels que les décisions se font à un niveau dont nous ne sommes normalement pas conscients et contestent donc la vue de l’ego qui veut que notre réalité se limite à ce monde physique. Mais là encore, s’en préoccuper peut aussi servir le but de particularité de l’ego.

Que nous ayons affaire à un déjà vu, à la synchronicité, à des vies antérieures ou à des pouvoirs psychiques, dans chaque situation et toute circonstance «la première chose à considérer» est donc:

«Qu’est-ce que je veux qu’il en sorte? À quoi cela sert-il?» (T-17.VI.2:1-2)

Si nous avons pour but de regarder au-delà de la particularité et des jugements mesquins du monde, l’Aide dont nous avons besoin nous soulèvera au-dessus des limites de l’ego que nous nous sommes imposées à nous-mêmes, jusqu’à un endroit où nous pouvons reconnaître le but que nous partageons avec chaque frère et éprouver la joie de notre connexion avec la Filialité tout entière.


168 – Quoi faire avec la culpabilité envers quelqu’un qui est décédé?

Q: J’ai énormément de culpabilité à cause d’une relation avec un être cher qui est mort récemment. Je sens que j’ai besoin de son pardon. Je sais que selon Un cours en miracles il n’est «allé» nulle part. Mais en pratique et en ce monde que je perçois, je ne le verrai plus jamais. Parfois cette pensée m’est insupportable. Quoi faire avec cela? De plus, sa mort a fait monter toute sorte de culpabilité et de haine de soi qui ne semblent même pas être liées à lui. Comment cela se fait-il?

R: Notre expérience du deuil est en effet complexe, que l’on soit un étudiant du Cours ou non – peut-être surtout si l’on est un étudiant du Cours. Le processus fait remonter les sentiments que vous décrivez, et plus encore, parce que la mort est une des défenses de l’ego les plus importantes, si ce n’est pas la plus importante. Il est inévitable qu’elle suscite des sentiments qui sont tous liés à ce que nous avons projeté sur nos bien-aimés. Un sentiment profond de perte est normal, et il est très important que vous soyez douce envers vous-même au cours du processus pendant lequel vous faites face à votre perte. Nier vos sentiments ou utiliser les principes du Cours pour minimiser leur valeur n’aide pas ; cela peut même entraver votre progrès à accepter la perte de l’être qui vous était cher. En même temps, une bonne partie de ce que le Cours enseigne est applicable à la situation que vous décrivez et peut vraiment vous aider. Étant donné que vous vous trouvez en plein deuil il pourrait être sage de revoir ces pensées avec douceur et d’y revenir lorsque vous sentez le besoin de regarder au-delà de votre sentiment de perte, mais de les mettre de côté pendant les périodes où vos sentiments normaux surgissent.

L’un des aspects les plus réconfortants du pardon qu’enseigne le Cours est qu’aucune occasion de pardonner n’est jamais perdue. Cela tient au fait que ce que nous percevons comme un manque de pardon dans une relation est en fait une projection d’une sorte de manque de pardon envers nous-mêmes, vu que

«Toute attaque est une attaque contre Soi» (T-10.II.5:1).

Il n’est donc jamais trop tard pour entamer le processus de pardon, et cela n’a pas d’importance si la personne dont nous croyons avoir besoin de pardon n’est plus parmi nous. Quelles qu’aient pu être les circonstances précises de la relation, c’est le jugement qu’un «péché» a été commis contre l’autre qui doit être vu différemment. Le Cours nous apprend que nous essayons d’apaiser, par nos relations particulières, la culpabilité et la haine de soi pour nous être séparés de Dieu. Ces relations se basent sur la projection de cette culpabilité et haine de soi, peu importe comment nous les camouflons. Ce qui semble être une haine méchante que nous déversons sur quelqu’un sous une quelconque forme d’attaque n’est qu’une variante projetée de notre propre haine de soi. Ce n’est jamais rien d’autre. C’est cette haine de soi qui était sous-jacente à la relation depuis le début. Les attaques qui semblent être dirigées vers quelqu’un à l’extérieur de nous sont des attaques contre nous-mêmes. Cela explique pourquoi vous ressentez la culpabilité et la haine de soi directement maintenant, alors que votre bien-aimé n’est plus avec vous. Car maintenant elles sont projetées sur vous. Le Cours nous enseigne que cela ne change rien qu’une attaque soit dirigée contre nous-mêmes ou contre quelqu’un d’autre, car chaque partie de la Filialité, nous y compris, reste inviolée malgré nos attaques.

«La trahison du Fils de Dieu réside uniquement dans les illusions, et tous ses “péchés” ne sont que ses propres imaginations. Sa réalité est à jamais sans péché. Il n’a pas besoin d’être pardonné mais réveillé. Dans ses rêves il s’est trahi lui-même, il a trahi ses frères et trahi son Dieu. Or ce qui est fait en rêve n’a pas réellement été fait» (T-17.I.1:1-5).

La seule chose qui reste à faire est de vous pardonner d’avoir pensé que vous auriez vraiment pu blesser votre bien-aimé ou que vos sentiments de haine de soi diminuent la vérité à votre égard de n’importe quelle façon. Ils n’ont aucun effet. L’erreur est de croire à l’interprétation de l’ego: vous avez fait quelque chose qui est un péché et qui mérite une punition, donc vous devriez vous en sentir coupable, et à cause de cela votre haine de soi est justifiée. Lorsque le Cours nous demande «de pardonner au Fils de Dieu ce qu’il n’a pas fait» (T-17.III.1:5), il fait référence à nous-mêmes tout autant qu’à nos frères.

Pour le répéter: il est tout à fait normal que la personne que vous aimez vous manque, et il ressort très clairement du Cours que nous ne devrions pas nier nos sentiments. Même après la mort le Saint-Esprit peut transformer une relation particulière en une relation sainte. Nous avons seulement besoin d’être désireux de reconnaître notre intérêt personnel non saint que nous avons passé en acte dans la relation, nous le pardonner et laisser le Saint-Esprit réinterpréter la relation dans notre esprit. Ainsi la relation peut être guérie. C’est cette guérison qui va soulager le sentiment de perte et de chagrin. Cela est probablement plus facile à mettre en pratique que d’essayer de vous convaincre que la mort n’existe pas, alors qu’en fait vous ressentez une perte immense. C’est la pensée de séparation qui cause la douleur dans nos relations, pas la présence ou absence de fait de quelqu’un. Vous pardonner ce que vous n’avez pas fait à votre frère et accepter son impeccabilité, ainsi que la vôtre, voilà ce qui vous apportera la paix qui remplacera votre chagrin et votre perte.


169 – Comment faire face à mon ambivalence face au travail?

Q: Dans le temps j’ai eu des problèmes pour trouver du travail. Je pensais que la vie était trop courte pour travailler ou que l’argent n’en valait pas le temps nécessaire pour le gagner. J’ai fini par me rendre compte que mes excuses étaient liées à mon complexe d’infériorité, à ma timidité, à mon inégalité et autres. Je ne pouvais pas faire face aux attentes d’un employeur ou à la tension entre les gens au travail. Bien que j’aie fait de grands progrès avec Un cours en miracles et avec le pardon, je ne semble pas pouvoir distinguer entre l’ego et le Saint-Esprit en ce qui concerne mon emploi. Il semblerait que cela ne sert à rien de travailler et que je pourrais utiliser mon temps pour le pardon. Ou peut-être je pourrais apprendre ma plus grande leçon de pardon en travaillant. Qu’est-ce qui vient de l’ego, et quoi du Saint-Esprit?

A: Distinguer entre l’ego et le Saint-Esprit est parfois décourageant, et pourtant, en étudiant Un cours en miracles, c’est très important, sinon le plus important, de maîtriser cela. Jusqu’à ce que vous soyez certain que toutes vos pensées et tous vos actes viennent du Saint-Esprit (ce qui dénote le monde réel), le mieux que l’on fait est le mieux que l’on puisse faire, et ensuite on observe «les fruits de son travail» ou applique le «test de la vérité», comme le Cours l’appelle:

«Il est un test, aussi sûr que Dieu, permettant de reconnaître si ce que tu as appris est vrai. Si tu es entièrement libre de toute espèce de peur, et si tous ceux qui te rencontrent ou qui pensent seulement à toi partagent ta paix parfaite, alors tu peux être sûr que tu as appris la leçon de Dieu, et non la tienne» (T-14.XI.5:1-2).

Bien que vous ayez fait l’expérience du pardon dans plusieurs domaines de votre vie, il semble incomplet en ce qui concerne l’emploi, dû en partie à votre ambivalence apparente face à lui. Avant de vous rendre compte de ce que le Saint-Esprit voudrait que vous fassiez (ou ne fassiez pas), vous devriez être désireux de ne rien cacher:

«Tu ne seras pas capable d’accepter la communication parfaite tant que tu voudrais te la cacher à toi-même. Car ce que tu voudrais cacher t’est caché. Dans ta pratique, donc, essaie seulement d’être vigilant contre la tromperie, et ne cherche pas à protéger les pensées que tu voudrais garder pour toi. Laisse la pureté du Saint-Esprit les dissiper et amène toute ta conscience à être prête pour la pureté qu’Il t’offre» (T-15.IV.9:6-9).

Autrement dit: examinez toutes les pensées qui vous passent par la tête au sujet du travail. Faites une liste du «bon et mauvais» et des «pour et contre»; prenez conscience de tout ce qui surgit en vous. Lorsque tout le «bavardage» à ce sujet a été exprimé, vous serez mieux capable d’entendre la Voix qui va vous guider. Vous trouverez que vous vous fixerez de moins en moins sur la forme d’une, alors que le contenu, qui est d’être ou de ne pas être coupable, deviendra plus important pour vous. Un exercice comme celui-ci vous aidera à vous exercer à transférer votre concentration de la forme au contenu, de l’effet à la cause. Souvenez-vous aussi de la leçon importante que Jésus nous enseigne quant au but:

«En toute situation où tu te sens incertain, la première chose à considérer est celle-ci, tout simplement: “Qu’est-ce que je veux qu’il en sorte? À quoi cela sert-il?”  La clarification du but a sa place au commencement, car c’est cela qui déterminera le résultat. Dans la procédure de l’ego, c’est inversé. La situation devient le déterminant du résultat, qui peut être n’importe quoi. La raison de cette approche désorganisée est évidente. L’ego ne sait pas ce qu’il veut qu’il sorte de la situation. Il est conscient de ce qu’il ne veut pas, mais seulement de cela. Il n’a pas du tout de but positif» (T-17.VI.2).

Alors vous aurez un but précis, et en faisant de la place dans votre esprit pour entendre le Saint-Esprit vous guider avec douceur, vous pouvez être sûr d’atteindre ce but.


170 – Est-ce que le sexe est une pulsion de l’ego ou peut-il être saint?

Q: Il me semble qu’Un cours en miracles contient des allusions voilées aux pulsions sexuelles provenant de l’ego. Je peux me tromper entièrement, mais je ne sais pas où aller pour vérifier cette idée ainsi que plusieurs autres questions à propos de stratégies et formes de l’ego par rapport au matériel du Cours. Serait-il possible que les pulsions sexuelles aient évolué du désir de tuer Dieu et de créer le fils de l’ego? Dans les cercles psychologiques, il y a des discussions sur l’agression inhérente aux pulsions sexuelles, surtout le viol et les formes de violence corporelle. L’acte le plus bénin ou «aimant» serait peut-être la pénétration aimante d’une femme dans une relation sainte. Pouvez-vous m’aider?

R: Le sexe n’est qu’une des nombreuses manifestations dans la forme de l’obsession égoïque d’assouvir ses propres besoins sans se soucier de qui que ce soit. Mais dans la hiérarchie d’illusions à laquelle nous croyons, c’est une des plus puissantes ainsi que celle qui génère le plus de culpabilité. Et puis oui, tout a commencé avec Dieu et notre désir de Lui arracher le pouvoir de créer la vie et d’être l’auteur de notre propre réalité (T-3.VI.5:8; 8). Ce conflit a été projeté sur un monde de formes, y compris le sexe avec toutes ses ramifications interpersonnelles compliquées. Et puis – dans une contradiction ambivalente dont seul l’ego est capable –, nous attribuons le pouvoir de «créer une nouvelle vie», le soi-disant «miracle de la naissance», à la fois à Dieu et à nous-mêmes.

Tous les actes inspirés par l’ego comportent de l’agression; elle est plus visible dans certaines expressions que dans d’autres, mais se trouve toujours dans son contenu sous-jacent. Il n’est pas non plus difficile de voir des connotations sexuelles dans certaines descriptions très imagées du Cours des activités de l’ego. Ainsi, la quatrième loi du chaos décrit comme nous croyons devoir nous emparer de la «perle inestimable» – que notre frère nous a volée et cachée dans son corps – en l’arrachant de son corps, tout en la clamant comme nous appartenant de droit (T-23.II.11–12). L’étudiante de Freud Mélanie Klein a observé que des petits enfants passaient en acte justement ce genre de fantasmes violents et destructeurs avec de nettes connotations sexuelles quand ils jouaient avec des poupées.

Bien que le sexe ait été fait pour les buts de l’ego, il est possible de lui donner un autre but, un saint but, comme à tout venant de l’ego. Mais ce n’est pas si simple que cela puisse paraître parce que le monde ne comprend pas ce qu’est l’amour; il confond souvent le sexe avec l’amour auquel il l’assimile. Déjà au début du texte Jésus mentionne comme nous confondons les impulsions physiques avec les impulsions miraculeuses (T-I.VII.1:2-3). Dans la dictée originale, il faisait en fait référence à des impulsions sexuelles, mais dans le texte édité final leur contexte a été élargi pour inclure toutes les impulsions corporelles.[1]

Ce n’est ni la forme de l’acte ni la nature précise d’une relation en soi qui déterminent si l’acte sexuel est aimant, mais le contenu ou le but dans votre esprit. Si vous ressentez n’importe quelle forme de culpabilité, l’ego s’est joint à vous et s’est assuré que vous ne vous fixez que sur le corps. Mais si vous reconnaissez que les intérêts sont partagés plutôt que séparés et que votre but n’est pas juste votre propre satisfaction physique, alors vous avez invité le Saint-Esprit à bénir l’union et vous avez compris que la véritable jonction se fait entre les esprits, et non pas les corps.

Si vous voulez en savoir plus sur les questions liées au sexe dans la perspective du Cours, le CD/MP3, DVD ou le livre Form versus Content: Sex and Money, pourraient vous aider (www.facim.org, en anglais seulement, N.d.T.).

[1] Kenneth Wapnick, Absence from Felicity, Foundation for A Course in Miracles, www.facim.org.

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