141-150

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page:
141 – Pourquoi le Cours est-il si difficile? Est-ce que cela va devenir plus facile?
142 – Je me sens coupable d’avoir mal partout
143 – Faire face à une dépression concernant la guerre de l’Irak
144 – Comment faire face à l’anxiété?
145 – Comment sait-on si on choisit de défaire la séparation?
146 – Pourquoi un côté en moi a peur de Jésus?
147 – Comment apporter la paix à l’esprit d’autrui?
148 – Comment un état d’Unité pouvait-il produire la pensée de séparation
149 – Si je pense que mon esprit est guéri, pourquoi est-ce que je souffre encore?
150 – Comment est-ce que je peux défaire le tort d’avoir attaqué quelqu’un?


141 ­– Pourquoi le Cours est-il si difficile? Est-ce que cela va devenir plus facile?

Q: Ce n’est pas que je veuille avoir l’air mesquin ou pleurnichard ou même dire que je regrette de m’être accroché à Un cours en miracles, mais il me semble que certains de mes amis n’auront jamais à passer par tout ce que je subis avec le Cours. Ce n’est pas le chemin le plus facile que je n’aie pu choisir. C’est comme si les autres pouvaient avancer sans aucun problème: ils allument quelques bougies, font un peu de yoga, récitent un chant ou deux et voilà qu’ils sont béats, tandis que moi, je me retrouve dans un film genre Godzilla qui donne des frissons. Je me retrouve le nord et la peur s’éloigne, mais elle n’en finit pas de revenir. Le film semble être interminable, et pourtant le Cours est établi pour une année. Est-ce que tout cela ne finira jamais (avant ma mort), ou n’y aura-t’il jamais même un entracte? J’apprécierais beaucoup vos commentaires.

R: Non, ce n’est pas un parcours facile, et vous faites écho aux soupirs de bien d’autres étudiants. Parfois nous devrions juste nous détendre et apprendre à nous installer confortablement et profiter du spectacle. Après tout, il s’agit du défaire de ce qui n’a jamais eu lieu. Bien sûr, ce n’est pas ressenti ainsi, mais nous ne faisons que choisir de regarder des rediffusions du même vieux film. Lorsque nous avons moins peur d’aborder les choses de cette façon-là et n’avons pas cédé à la tentation de nier nos sentiments, notre expérience intérieure change en mieux. Nous ne pouvons pas juger où nous en sommes dans le processus ni où en sont les autres. Le temps fait partie des ruses de l’ego pour que nous restions vêtus de nos fausses identités. Et le péché, la culpabilité et la peur qui ont transformé nos esprits en des chambres de torture desquelles nous avons juré de ne jamais plus nous approcher ne sont que des pensées ridicules que nous avons investies d’un formidable pouvoir. Nous ferions mieux d’accepter l’invitation de Jésus à partager sa vision et voir que le pouvoir apparent de notre ego «n’est pas assez fort pour arrêter la chute d’un bouton ni pour tenir une plume» (T-18.IX.6:4).

Ne perdez pas la foi:

«N’aie foi qu’en cette seule chose, et cela suffira: Dieu veut que tu sois au Ciel, et rien ne peut t’en garder loin, ni lui de toi. Tes plus folles malperceptions, tes bizarres imaginations, tes plus noirs cauchemars, ne signifient rien. Ils ne prévaudront point contre la paix que Dieu veut pour toi» (T-13.XI.7:1-3).

Le seul pouvoir qu’a Godzilla est celui que vous lui donnez. Il peut être un monstre, ou un petit malin comme le magicien d’Oz qui utilise des amplificateurs pour vous convaincre qu’il est quelque chose que vous devriez craindre. Voilà votre choix, et vous savez probablement quel choix Jésus soutiendrait. Ce serait un entracte. «Mais l’issue est aussi certaine que Dieu» (T-2.III.3:10).

Et un dernier point: lorsque nous arrivons à bout des 365 leçons, nous croyons avoir enfin «terminé le Cours» pour ensuite lire dans la première ligne de l’épilogue:

«Ce Cours est un commencement et non une fin» (L-II.Ép.1:1).

Il n’est donc pas écrit pour durer juste un an. Quand nous l’assimilons petit à petit, c’est à dire lorsque nous commençons à voir clairement où il nous conduit, nous nous butons en général, et alors nous nous accommodons à un très long chemin, mais seulement parce que nous avons trop peur de lâcher prise de notre ego d’un seul coup à n’importe quel moment. C’est un processus qui dure aussi longtemps qu’il nous le faut.


142 – Je me sens coupable d’avoir mal partout

Q: Je suis un étudiant enthousiaste d’Un cours en miracles depuis une bonne douzaine d’années et je trouve que c’est le chemin spirituel qui me convient le mieux. Penser à Jésus et à ses enseignements fait dorénavant partie de ma vie; c’est une façon de me pardonner consciemment et en même temps de pardonner aux autres. J’accepte aussi pleinement que toutes les douleurs sont une forme de manque de pardon:

«Il est certain que toute détresse ne paraît pas être uniquement un manque de pardon» (L-I.193.4:1).

Mais indépendamment de ma pratique qui se fait d’une façon presque continuelle et sans efforts en parallèle à tout ce que je fais, des maux et douleurs divers se produisent à un niveau qui me fait remettre en question l’efficacité de ma pratique – et le seul choix qui me reste alors est la même vieille magie, généralement un antidouleur. Même la répétition fervente d’une maxime comme

«Je ne suis pas un corps. Je suis libre. Car je suis encore tel que Dieu m’a créé» (L-I.rév.VI.in.3:3-5)

au cours d’une attaque semble n’avoir aucun effet. Est-ce qu’au fond c’est toujours encore un subconscient très apeuré qui en est la cause, ou est-ce que l’ego me mène par le bout du nez et me fait croire que je me suis pardonné bien plus que je ne l’ai fait en réalité?

R: Vous faites de si gros efforts, mais vous devriez aussi être doux et patient avec vous-même. Cela aiderait de ne pas essayer d’évaluer votre progrès sur la base des informations que le corps vous livre. Les maux et les douleurs révèlent toujours des zones qui ne sont pas guéries dans l’esprit, et en ce sens là il est utile d’y prêter attention, mais pas comme critère pour juger à quel point votre pratique du pardon est bonne et si vous réussissez ou échouez avec le Cours.

Et puis oui, il y a encore de la peur et aussi de la culpabilité enfouies dans votre esprit inconscient, et votre ego voudra toujours vous duper quant à votre progrès, mais aussi quant à votre manque de progrès (T-18.V.1:5-6). Il faut s’attendre à tout cela tant que vous vous identifiez encore au corps qui porte le nom auquel vous répondez. Car vous voir comme un corps signifie que vous croyez encore que la séparation et la culpabilité qui l’accompagne sont réelles et que vous avez besoin d’une défense contre cette culpabilité – c’est le but que sert le corps. La douleur qui semble se trouver dans le corps est voulue pour vous distraire de sa source réelle dans l’esprit. Si vous êtes désireux de faire le lien avec votre esprit et y voir à la cause – le manque de pardon – c’est tout ce que vous avez en fait besoin de faire.

Si un antidouleur semble vous aider pour soulager votre douleur, vous pouvez bien sûr continuer à le prendre. Qu’importe si ce n’est pas l’ultime guérison. Sachez que Jésus ne vous juge pas pour ce que vous pourriez considérer comme une faiblesse et une incapacité à pardonner complètement. Prendre des médicaments est une façon plus douce et plus aimante de traiter votre douleur que de tenter de vous convaincre que la douleur n’est pas réelle en utilisant des phrases du Cours comme des affirmations pour faire taire l’ego et couvrir ce que vous croyez encore, à savoir que vous êtes un corps. Simplement voir le rapport avec ce que vous croyez encore et pourquoi vous le croyez vous aidera en tout cas plus, tout en sachant, comme vous dites, que c’est seulement la peur qui vous maintient dans ces fausses croyances. En admettant la peur et en la regardant, vous contribuerez votre part à sa guérison.

Pour un plus ample examen des sujets liés aux questions que vous soulevez, vous pourriez aussi lire la question 128.


143 ­– Faire face à une dépression concernant la guerre de l’Irak

Q: Je sais qu’Un cours en miracles ne vise pas le niveau du comportement et qu’il signale que la dépression est une tentative pour attaquer Dieu. Par conséquent, j’étais fâché avec moi pour être déprimé à cause de la guerre contre l’Irak puisque j’ai cru que je devrais être «au-dessus» de ça. Est-ce que c’était faux d’avoir espéré que la paix prévale sur le plan physique? Est-ce que c’est un signe de ma particularité si je suis déprimé parce que cela n’a pas été le cas?

R: Il est tout à fait normal d’espérer que la paix prévale sur le plan physique, et bien d’autres se sont également sentis déprimées à cause de la guerre et de la situation mondiale en général. La seule erreur que vous faites est de vous fâcher avec vous-même et de croire que vous devriez être au-dessus de la dépression.

En décrivant le rapport qui existe entre la dépression et le blasphème (T-10.V; V.12:4). Jésus attire notre attention plus que clairement sur les effets dans notre esprit qu’a le fait de donner notre allégeance à l’ego (surtout au dieu de la maladie), plutôt qu’à son amour qui guérit. Quand vous êtes déprimé, c’est simplement parce que vous vous êtes identifié à la vision des choses de votre ego. Mais il est plus que probable que vous vous identifiez à l’ego de bien d’autres manières tout au long de la journée. Alors pourquoi cette forme-là vous surprendrait-elle? Il est facile d’oublier que juste d’avoir peur lorsque votre approvisionnement en oxygène est coupé est une réaction égotique. Nous avons des réactions provenant de notre ego tout le temps, et c’est une erreur de voir une hiérarchie parmi elles. Chaque fois que vous êtes tenté de vous juger parce que vous croyez que vous devriez être au-delà de a, b ou c, vous devriez vous arrêter immédiatement et vous rappeler que ce jugement vient de votre ego et qu’il ne devrait donc pas être pris au sérieux. Dans sa bienveillante et douce direction à notre égard, Jésus ne prononcerait jamais ce genre de jugement.

Je le répète, vouloir la paix dans le monde est tout à fait normal, mais cela peut aussi être perçu dans le cadre de votre relation particulière avec votre identité en tant qu’individu dans «votre» monde. En ce sens là, votre identité en tant qu’individu se trouverait plus en sécurité et ne serait pas aussi problématique s’il n’y avait pas de conflits dans le monde. L’impatience et la dépression face à la tourmente pourraient vous rappeler l’insécurité intense que vous ressentez à un niveau profond, parce que quelque part dans votre esprit vous savez que votre existence en tant qu’individu n’est pas authentique. Dans votre esprit faux ou égotique vous croyez (comme nous tous), que votre existence est s’est faite aux dépens de Dieu. Un monde sans bouleversements majeurs peut donc être une défense contre cette insécurité toujours présente dans l’esprit qui croit s’être séparé de Dieu. De plus et puisque c’est nous qui avons fait le monde pour remplacer notre véritable demeure au Ciel – et avons dit par là que nous pouvions très bien nous débrouiller sans Dieu –, lorsque le monde «ne fonctionne pas correctement» nous croyons avoir échoué. La dépression est alors une réaction à ce sentiment d’échec, parce qu’il nous a été rappelé une fois de plus que nous avons nié Dieu (ce qui est un blasphème).

D’autre part, pour certains le fait d’être préoccupés par le chaos et les conflits dans le monde les protège de devoir s’occuper du chaos et des conflits dans leurs esprits. Mais cette défense, comme c’est le cas de toutes les défenses, renforce leur culpabilité inconsciente parce qu’ils voudraient alors qu’il y ait des catastrophes dans le monde pour servir leur propre besoin d’être protégés de leur esprit.

La bonne chose dont Jésus nous fait part dans le Cours est que la paix véritable ne dépend pas de quoi que ce soit d’extérieur pour être ce qu’elle est. Il nous aide à nous rendre compte que la paix dans le monde, même si elle était atteinte, serait toujours une paix fragile et donc ne nous apporterait pas le réconfort que nous espérons. Elle dépendrait de certaines conditions précises et nécessiterait des gardiens ou une «force de maintien de la paix», comme les gouvernements l’appellent normalement.

La paix de l’esprit que nous offre Jésus nous est simplement rendue en nous. Elle n’est pas quelque chose que nous devons gagner. Heureusement elle est nous est rendue simplement par notre choix de rejeter les obstacles à sa présence, ce qui veut dire que nous devons d’abord nous rendre compte comme nous interférons avec elle et comme nous nous défendons contre elle. Cela serait notre propre «force de maintien de la paix» – notre vigilance constante pour détecter nos attaques contre notre Soi. Une fois que ces interférences ont disparu, la paix s’écoule tout naturellement à travers nous, mais nous n’avons alors aucun investissement dans la façon dont elle s’étend ou si elle est reçue par autrui quand nous l’avons offerte lorsqu’elle est offerte.


144 – Comment faire face à l’anxiété?

Q: Comment peut-on aborder l’anxiété du point de vue d’Un cours en miracles? Si on a utilisé les techniques comportementales cognitives pour faire face à son anxiété et qu’on l’a regardé sous un angle psychothérapeutique, et si on l’a également abordé en tant qu’étudiant d’Un cours en miracles selon les principes qu’il préconise, mais que l’on est quand même anxieux dans certaines situations, qu’est-ce qu’on a pas bien fait?

R: Vous ne dites pas de quelle manière précise vous avez abordé votre anxiété en utilisant les principes du Cours. Le fait que vous continuez à être anxieux ne signifie pas que vous ne faites pas bien quelque chose, mais seulement que vous vous identifiez encore au système de pensée de l’ego. Maintenir une fausse identité séparée, comme nous l’avons montée dans notre esprit, est très anxiogène.

Le Cours fait référence à la source de l’anxiété dans plusieurs passages:

«Quand tu es anxieux, rends-toi compte que l’anxiété vient du caractère capricieux de l’ego» (T-4.IV.4:1).

«L’ego fait preuve d’une énorme ingéniosité pour se préserver, mais elle lui vient de ce même pouvoir de l’esprit que l’ego nie. Cela signifie que l’ego attaque ce qui le préserve, et il en résulte forcément une extrême anxiété» (T-7.VI.3:1-2).

«Et si tu distords la réalité tu feras l’expérience de l’angoisse, de la dépression et finalement de la panique, parce que tu essaies de te rendre toi-même irréel» (T-9.I.14:4).

En établissant un faux soi egoïque, nous croyons nous être opposés à Dieu Que nous percevons alors comme une force insurmontable Qui viendra nous reprendre à la fin ce que nous Lui avons volé, à savoir notre existence individuelle séparée. Par conséquent, tenter de maintenir cette identité doit susciter une anxiété intense.

Vous ne dites pas non plus en quoi consiste la situation précise qui produit votre anxiété, mais ce doit être un symbole de la séparation dans votre esprit, ce qui signifie que c’est une situation dans laquelle vous percevez vos intérêts comme étant séparés d’autrui, et ainsi en compétition avec les autres. Peu importe qui vous percevez comme ayant raison ou étant justifié dans la situation, la source de l’anxiété réside dans le fait que vous ne reconnaissez pas à un niveau plus profond vos intérêts communs avec tous les autres dans cette situation. Elle est un rappel de votre attaque initiale contre Dieu, lorsque vous aviez perçu vos intérêts comme étant séparés des Siens.

Le premier pas pour traiter votre anxiété est donc de reconnaître que vous avez déplacé cette anxiété existentielle sur une situation extérieure, de sorte que vous ne vous souvenez plus de sa source dans l’esprit où vous pourriez faire quelque chose. Jésus nous montre comment nous nous leurrons nous-mêmes:

«Même s‘il est pleinement conscient de son anxiété, il n’en perçoit pas la source dans sa propre identification à l’ego, et il essaie toujours de la traiter en passant une sorte d’“arrangement” insane avec le monde. Il perçoit toujours ce monde comme extérieur à lui, car cela est crucial pour son adaptation. Il ne se rend pas compte que c’est lui qui fait ce monde, car il n’y a pas de monde à l’extérieur de lui» (T-12.III.6:5-7).

Lorsque nous ramenons notre attention de l’extérieur vers l’intérieur où Jésus ou le Saint-Esprit nous attendent, nous pouvons demander Leur aide pour voir la source réelle de l’anxiété, à savoir la croyance à la séparation, d’une autre manière. En nous joignant à Eux et en demandant Leur aide, nous sommes passés au-delà de nos intérêts séparés. Car maintenant nous sommes joints à leur amour, ce qui nous rappelle que l’Amour de Dieu que nous pensions avoir attaqué et détruit demeure inchangé et accessible dans notre esprit.


145 – Comment sait-on si on choisit de défaire la séparation?

Q: Dans la réponse à la question 74 vous avez dit: «Il n’y a que deux buts que nous pouvons choisir dans notre esprit. Soit nous avons choisi de renforcer notre croyance en la séparation, soit de défaire cette croyance, et il n’y a pas un instant où nous ne faisons pas ce choix». C’est vraiment difficile de s’occuper d’un choix qu’on a fait si on ne sait même pas ce qu’on a fait. Existe-t-il un moyen simple de savoir que nous choisissons de défaire la séparation?

R: Si vous percevez les intérêts de quelqu’un d’autre comme étant les mêmes que les vôtres, vous êtes en train de défaire la séparation. Si vous respectez le choix d’autrui de l’ego, ne prenez pas ses attaques personnellement et voyez seulement un appel à l’aide qui reflète le vôtre, vous êtes en train de défaire la séparation. Si vous préférez être heureux plutôt que d’avoir raison, vous êtes en train de défaire la séparation. Dans la plupart des cas, toutefois, c’est plus facile de reconnaître quand nous soutenons la séparation, parce que c’est ce que nous faisons pratiquement toujours. Par exemple, nous percevons presque automatiquement que les intérêts et les buts d’autrui se heurtent aux nôtres, et nous sommes presque automatiquement contrariés par ce que font les autres, puis nous opposons à eux et essayons de les amener à «reconnaître leurs erreurs». Nous avons raison et ils ont tort! Par conséquent, quand nous ne voyons pas les intérêts d’autrui comme étant séparés des nôtres, quand nous ne prenons pas parti, quand nous ne nous opposons pas, nous défaisons la séparation. Toutefois, nous ne parlons ici que de ce qui se passe dans notre esprit. Nous ne parlons pas du comportement. Percevoir que les intérêts des autres sont les mêmes que les nôtres signifie reconnaître que nous partageons tous la même insanité (l’esprit faux) et la même santé d’esprit (l’esprit juste). Les formes ne sont plus pertinentes. Nous partageons tous le même enfer de l’ego et nous partageons tous la même envie de rentrer chez nous et d’y être reçus avec amour et non pas d’y être punis.

Nous croyons que nous voulons vraiment aller au-delà de toute pensée de séparation et retourner chez nous au Ciel, mais la peur de totalement défaire notre croyance à la séparation est beaucoup plus intense que nous le savons en général, car à un niveau profond nous savons que défaire la séparation veut dire défaire l’identité individuelle, et nous travaillons très dur pour la garder. La plupart des étudiants connaissent une résistance prononcée à lâcher prise, comme en témoigne la réapparition des rancœurs et des conflits. En ne nous jugeant pas pour ces pensées et en les apportant de façon plus constante à l’amour de Jésus dans notre esprit juste nous défaisons progressivement la culpabilité qui est à l’origine de notre perception de nous-mêmes et d’autrui.


146 – Pourquoi un côté en moi a peur de Jésus ?

Q: J’étudie Un cours en miracles depuis un peu plus d’un an. J’ai cru n’avoir que des sentiments aimants à l’égard de Jésus, et je suis donc perplexe d’avoir découvert un côté en moi qui semble avoir peur de l’amour et de la proximité de Jésus – surtout puisque mon but en tant qu’étudiant du Cours est de me joindre à lui et de pratiquer le pardon. En outre, vu que la partie de mon esprit qui choisit avait déjà décidé qu’il devait y avoir un autre chemin (c.-à-d. choisir Jésus comme enseignant au lieu de l’ego) je me suis demandé pourquoi une partie de mon esprit dirait maintenant à Jésus de ne pas s’approcher et de ne pas me blesser ? Pouvez-vous m’aider à comprendre cela ?

R: Voilà un bon exemple de l’esprit divisé dont il est question dans le Cours. Une partie est saine et reflète l’amour du Ciel, l’autre partie est insane et remplie de la haine de l’ego. Nous tous – en tant que fragments du seul Fils de Dieu – avons les deux côtés en nous, et le décideur dans notre esprit est toujours en train de choisir l’un ou l’autre. Jésus nous rappelle maintes fois dans le Cours que nous n’avons que le choix entre ces deux côtés. Normalement, c’est notre expérience qui nous dit si nous avons choisi l’ego ou le Saint-Esprit comme enseignant, mais en général nous ne sommes pas conscients d’avoir choisi. Jésus nous enseigne toutefois que même si nos décisions semblent avoir été prises inconsciemment, ce n’est en fait pas ce qui se passe. Voir par exemple la leçon 136, paragraphes 3-5.

S’il est vrai que d’autres facteurs peuvent, dans certains cas, être responsables de la peur, nous pouvons  généralement dire que la partie égoïque de notre esprit a une peur intense de Jésus et même le hait à cause de ce qu’il représente. Ce qui nourrit l’ego, c’est la culpabilité, et par conséquent quelqu’un comme Jésus qui représente la fin de la culpabilité sera haï et craint:

«Pour l’ego, les non coupables sont coupables» (T-13.II.4:2).

Jésus représente la fin de notre identité en tant qu’ego et donc, dans la mesure où nous identifions à notre ego, nous allons le craindre et haïr. Bien entendu, cela n’est pas notre identité totale, mais c’est ce que nous devons apprendre, et Jésus se donne beaucoup de mal pour nous l’enseigner. Par conséquent, nous allons tout au moins vouloir moins garder Jésus à bonne distance jusqu’à ce que nous soyons prêts à lâcher prise de notre identification au système de pensée de l’ego, et à d’autres moments nous le haïrons tout simplement. Il s’agit de ne pas se sentir coupable à cause cette peur et haine, mais de comprendre d’où elles viennent afin de se donner l’occasion de faire un choix différent. Jésus sait tout cela, et c’est pourquoi il nous demande dans le Cours de lui pardonner (T-19.IV-B.6) et dit aussi:

«D’amères idoles ont été faites de lui, qui ne voulait être qu’un frère pour le monde» (C-5.5 :7-8).

Nous projetons sur lui notre propre culpabilité et lui attribuons nos propres traits égoïques. C’est en grande partie l’image de Jésus comme le christianisme biblique le dépeint. Or essentiellement le véritable Jésus, le Jésus d’Un cours en miracles, représente l’opposé de tout ce que nous sommes – en tant qu’ego. Cela engendre des conflits énormes dans notre relation avec lui. Nous l’aimons et il nous attire, mais nous le craignons aussi et aimerions mieux qu’il soit davantage comme nous, afin que nous n’ayons pas à changer.

La seule erreur que nous puissions faire est de nier ces pensées « blasphématoires » (pour l’ego) et de les cacher et puis d’essayer de les remplacer par des pensées aimantes et belles à l’égard de notre cher et doux Jésus. Cette défense ne fonctionne jamais, elle ne mène qu’à davantage de culpabilité, ce qui conduit à un cycle sans fin de projections et d’attaques. L’approche la plus utile est de regarder calmement ces pensées, de ne pas en être horrifiés ni d’en avoir honte et de les apporter au véritable Jésus dans notre esprit juste. Il nous enseignera avec amour et douceur d’où elles viennent et nous aidera à distinguer clairement les dons offerts par l’ego des dons que lui nous offre.


147 – Comment apporter la paix à l’esprit d’autrui?

Q: Comment puis-je parler à Jésus pour apporter la paix à l’esprit de quelqu’un de troublé et agité et qui a peur quand je ne peux pas communiquer directement avec cette personne (verbalement ou autrement)? Et est-ce que c’est possible du tout, vu que c’est souvent bien difficile (c’est le moins que l’on puisse dire) d’apporter la paix à son propre esprit?

R: Puisqu’Un cours en miracles nous dit que la paix est le résultat du choix de s’identifier au Saint-Esprit ou à Jésus dans notre esprit, il n’est pas vraiment possible de demander à Jésus d’apporter la paix à l’esprit d’autrui (M-5.III.1.1-3,3:6). De plus, Jésus n’apporte la paix à nos esprits. Le Cours enseigne qu’un manque de paix vient d’un choix que l’on a fait dans l’esprit de s’identifier d’une façon ou d’une autre au système de pensée de l’ego. Il en résulte un sentiment de culpabilité qui remplace la paix dans notre conscience. L’esprit de cette personne agitée qui a peur appelle à l’aide. Pour l’aider, il faut d’abord reconnaître que c’est un choix qu’elle a fait et accepter la capacité de son esprit de choisir autrement. Ensuite nous cherchons dans notre propre esprit tous les jugements que nous portons sur elle et toute inquiétude que nous puissions ressentir, et ainsi nous reconnaissons notre propre besoin de guérison. Notre «prière» pour autrui commence avec notre demande que le Saint-Esprit ou Jésus nous aide à ce que nous lâchions prise de nos jugements et des malperceptions de nous-mêmes et de l’autre. Cela tient au fait que si selon notre perception quelqu’un d’autre a besoin de paix, ou ne l’a pas, nous avons, comme vous le dites, d’abord perçu ce manque en nous-mêmes. Si nous lâchons vraiment prise de nos malperceptions et acceptons la correction du Saint-Esprit, nous allons ressentir la paix.

Alors la paix dans notre esprit s’étend à toute la Filialité et se joint à la paix déjà présente dans chaque esprit, qu’il choisisse ou non d’en être conscient. Voilà le processus par lequel nous «offrons» la paix à un frère. Ce qui se passe réellement a toujours lieu dans notre propre esprit. Il n’est pas besoin de communiquer extérieurement avec l’autre. En choisissant la paix nous-mêmes, nous rappelons aux autres que la paix est en eux, mais ni nous-mêmes ni Jésus ne pouvons choisir pour quelqu’un d’autre. Comme nous dit Jésus:

«Je ne peux pas choisir pour toi [ou quelqu’un d’autre], mais je peux t’aider à faire toi-même le juste choix» (T-3.IV.7:1).

Dès que nous avons laissé les pensées du Saint-Esprit remplacer les nôtres, il nous guidera afin que nous agissions envers cette personne avec amour, ou n’agissions pas. Cela se passera sous la direction du Saint-Esprit, si nous avons bien fait notre «devoir» comme indiqué ci-dessus. Voilà comment vivre la prière suivante du Texte, prière qui contient la réponse à votre quête de paix ainsi qu’à celle de votre ami:

«Je désire cet instant saint pour moi-même, afin de le partager avec mon frère, que j’aime.
Il n’est pas possible que je l’aie sans lui, ni qu’il l’ait sans moi.
Or il nous est entièrement possible de le partager maintenant.
Ainsi je choisis cet instant pour celui que j’offre au Saint-Esprit, afin que Sa bénédiction descende sur nous et nous garde tous deux en paix» (T-18.V.7:3-6).



148 – Comment un état d’Unité pouvait-il produire la pensée de séparation

Q: Si nous étions tous dans un état d’Unité avec Dieu, comment pouvions-nous avoir eu la pensée de séparation en ce «minuscule et fou» moment? Qu’est-ce qui pouvait bien nous prendre de quitter une unité qui était la paix et la félicité? Et comment cela pouvait-il se produire? Quel était le scénario d’après vous?

A: Voilà la question «célèbre». Elle est célèbre parce que c’est la question que les étudiants d’Un cours en miracles posent le plus souvent (voir question 10). La réponse «célèbre» est que ce n’est pas vraiment une question, mais un énoncé qui présuppose que la séparation a en effet eu lieu (C.in.4; voir aussi Questions et réponses sur Un cours en miracle, de Kenneth Wapnick, Éditions Octave, Montréal 2011, questions 11 à 13). Le Cours nous enseigne que la séparation ne s’est jamais produite. En fait, c’est impossible que le Fils se sépare du Père. À partir de là, le Cours explique en long et en large comment nous «avons abouti ici» puisque nous croyons être ici. L’explication donnée est une sorte de mythe qui décrit quelque chose qui ne pouvait jamais se produire. Selon ce mythe le Fils de Dieu s’est endormi et a fait un rêve de séparation:

«Tu es chez toi en Dieu, rêvant d’exil mais parfaitement capable de t’éveiller à la réalité» (T-10.I.2:1).

Notre expérience en tant que corps dans le monde est un rêve. Rien ne s’est passé, et en vérité nous sommes toujours chez nous en Dieu.

Un cours en miracles nous explique que ce qui «s’est passé» dans l’esprit du Fils endormi, c’est qu’il voulait plus que tout:

«Nul ne vient ici qui ne doive encore avoir l’espoir, quelque illusion subsistante, ou quelque rêve qu’il y a quelque chose à l’extérieur de lui qui lui apportera le bonheur et la paix. Si tout est en lui, il ne peut pas en être ainsi. Par conséquent, par sa venue, il nie la vérité à son sujet et cherche quelque chose qui est plus que tout, comme si une partie en était séparée et se trouvait là où le reste n’est pas» (T-29.VII.2:1-3).

Et le Fils, séduit par l’«ivresse» d’être des individus autonomes et croyant que cela apportera un bonheur au-delà de «la paix et la félicité» que vous mentionnez, choisit cette pensée d’être séparé de sa Source. Bien que cela semble avoir eu lieu il y a des millions d’années dans un passé lointain et oublié, cela se passe en fait chaque instant, chaque fois que nous faisons le choix de croire que la séparation est réelle. C’est la seule «explication» pourquoi nous semblons être ici, si réels, si «vivants» et tellement identifiés aux corps. Selon le Cours c’est un choix délibéré. Il établit nos identités séparées que nous avons appris à préférer à la vérité de qui nous sommes. Nous préférons cette identité inventée puisque nous croyons bien à tort qu’elle va nous apporter le bonheur. Nous nous sommes persuadés que l’ego a raison et Dieu a tort quant à qui nous sommes. Nous nous accrochons à cette croyance pour que la séparation reste bien «saine et sauve» dans nos esprits. C’est cela qui la produit sans arrêt dans nos esprits. Pour le répéter: la pensée qui nous pousse est que l’autonomie est meilleure que l’unité, que Dieu n’est pas assez et que l’ego nous donnera le «plus» que nous recherchons.

En somme, l’enseignement du Cours se base sur la très importante re-connaissance du pouvoir qu’a l’esprit de choisir. Jésus nous dit que nous avons fait le mauvais choix en voulant croire que la séparation a eu lieu, et il nous enjoint de «choisir à nouveau» (T-31.VIII). Dans chaque situation où nous sommes en conflit, inquiets ou souffrons, nous avons l’occasion de remettre en question notre expérience à la lumière de cet enseignement et de choisir à nouveau:

«Les images que tu fais ne peuvent prévaloir contre ce que Dieu Lui-même voudrait que tu sois. N’aie jamais peur, donc, de la tentation, mais vois-la telle qu’elle est: une autre chance de choisir à nouveau […]» (T-31.VIII.4:1-2).



149 – Si je pense que mon esprit est guéri, pourquoi est-ce que je souffre encore?

Q: Si l’on est grièvement malade, souffre d’un cancer et tache en tant qu’étudiant d’Un cours en miracles de demander l’aide du Saint-Esprit pour avoir le pardon et être en paix en la matière, mais qu’on souffre quand même dans son corps, qu’est-ce que cela veut dire? Selon le Cours nous ne ressentons aucune douleur lorsque notre esprit est guéri…

R: Vous connaissez déjà la réponse à votre question! Quand notre esprit est guéri, nous ne souffrons pas. Jusqu’à ce que notre esprit soit guéri, nous souffrons. Et puisque notre esprit n’est pas guéri, nous ressentons la douleur comme si elle était dans le corps et était provoquée par des facteurs qui échappent à notre contrôle au lieu de reconnaître qu’elle se trouve dans l’esprit qui avait cru pouvoir se séparer de l’amour, ce qui est un état extrêmement douloureux. Voilà comment nous protégeons la pensée de la séparation dans nos esprits divisés.

Nous utilisons la douleur pour nous convaincre que le corps est réel, car nous voulons encore que le corps le soit. Jésus nous dit:

«La douleur est une fausse façon de voir. Lorsqu’elle est ressentie sous quelque forme que ce soit, c’est une preuve de tromperie de soi […] La douleur n’est que témoin des erreurs du Fils sur ce qu’il pense être […] Le corps est le Fils de Dieu, corruptible dans la mort, aussi mortel que le Père qu’il a tué» (L-I.190.1:1-2,2:3,3:7).

Mais le plus important, tant que nous ressentons de la douleur, c’est de ne pas nous juger pour cela – qu’il s’agisse de la souffrance provoquée par un cancer ou une jambe cassée, ou que ce soit une souffrance émotionnelle puisqu’on a été maltraité ou n’importe quelle autre douleur que nous ressentons. Nous juger ne servirait que le but de l’ego. À cause de notre peur de nous perdre, nous ne guérissons la douleur dans notre esprit par le pardon que petit pas par petit pas.

Chaque fois que nous acceptons pleinement que nous ne connaissons pas la vérité à propos de nous-mêmes, mais qu’il y a un Consolateur Qui la connaît et avec Qui nous sommes joints à tout moment en parfaite paix et joie, les problèmes apparemment douloureux du corps s’effacent de notre conscience. À cause de notre peur, il est très probable que nous ne serons pas prêts d’accepter entièrement la guérison dans l’esprit et de relâcher notre identité corporelle limitée, et donc nous retournerons de nouveau à la souffrance à cause de la défense qu’elle nous procure. Mais avec chaque moment de re-connaissance partagée dans l’instant saint de guérison notre investissement dans la culpabilité et la souffrance diminuera. Et nous ne serons plus jamais entièrement convaincus que le monde ou quoi que ce soit en dehors de notre esprit puisse nous causer de la douleur.


150 – Comment est-ce que je peux défaire le tort d’avoir attaqué quelqu’un?

Q: J’ai attaqué quelqu’un, mais le lendemain je l’ai supplié de me pardonner, et j’ai véritablement tout pardonné ce qui m’avait blessé et avait déclenché mon attaque. Mais depuis, l’autre a coupé toute communication à cause de mon attaque. J’ai essayé de la rétablir, mais sans succès. Vu que c’était mon attaque qui avait mené à cette situation, comment puis-je la regarder maintenant avec Jésus et retrouver ma paix d’esprit? Visiblement je lui ai causé une douleur irrévocable.

R: D’abord, vous pourriez commencer par examiner la pensée que vous avez causé une «douleur irrévocable». Croyez-le ou non, c’est arrogant de croire que vous avez un tel pouvoir. Vous avez peut-être intensifié la perception d’une douleur que votre ami avait déjà, mais vous ne pouvez pas en être la cause. Croire que vous le pouvez voudrait dire nier le pouvoir de l’esprit de votre ami de choisir ses expériences, et penser que le pouvoir de votre esprit est plus grand. Voilà l’arrogance.

Cela ne veut pas dire que vous n’avez pas été gentil et peut-être même cruel dans votre attaque. Mais personne ne peut se sentir attaqué à moins de le vouloir (T-28.VI.4:3-7). Et nous tous voulons croire qu’on nous attaque afin que la culpabilité que nous portons dans notre propre esprit à cause de la séparation – la croyance que nous avons attaqué et détruit Dieu (ce qui est encore une pensée arrogante) – puisse être projetée sur quelqu’un d’autre.

La douleur est déjà dans l’esprit de chacun par notre propre choix, et elle est produite par nos propres pensées (L-I.190.5:1-5). Quand nous croyons souffrir à cause de l’attaque de quelqu’un, la douleur qui était déjà dans notre esprit fait simplement surface pour que nous puissions l’attribuer à quelqu’un d’autre – ce qui est toujours le but de l’ego.

Vous pouvez donc en toute humilité vous tirer l’épine du pied quant aux sentiments de votre ami. Si vous pouvez voir que cet ami ne fait que partager le même système de pensée égoïque avec vous et que vous avez tous deux fait un appel à l’aide que seul le pardon peut offrir, alors vous pouvez devenir un rappel pour votre ami que vous pouvez tous deux faire le même choix de voir la situation autrement. C’est tout ce que vous avez à faire. À ce stade-là, quoique vous direz ou ferez d’autre pour votre ami ne sera plus votre affaire, ni si votre ami est prêt à accepter ce qui vous lui offrez. Car vous aurez chargé le Saint-Esprit du processus de pardon, sachant que tout ce qui est nécessaire pour la guérison a déjà été fourni.

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