131-140

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

121 — Dieu a-t-il créé la terre ou est-ce que c’est nous qui l’avons créée?

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Liste des questions sur cette page:
131 – Dieu nous a-t-Il abandonnés?
132 – Obtenir ce que je veux dans le monde des formes
133 – Quels sens ont les maladies comme le Syndrome de Gilles de la Tourette (SGT)?
134 – Les animaux de compagnie font-ils partie de la Filialité?
135 – Comment le Cours voit-il le suicide?
136 – Comment Dieu peut-Il être «seul»?
137 – Comment puis-je accepter la complétude?
138 – Est-ce que ce quoi que nous fassions peut changer l’issue?
139 – Comment reconnaître mes croyances en ce qui concerne l’argent?
140 – Parler avec Jésus et lui demander quelque chose


131 – Dieu nous a-t-Il abandonnés?

Q: Cela fait bien des années que j’adhère à Un cours en miracles. J’ai les questions suivantes: Dieu doit connaître notre souffrance et douleur. Il est Dieu; comment peut-Il ne pas entendre les cris de Son enfant? Pourquoi nous a-t-Il abandonnés? Il doit sûrement y avoir une meilleure voie.

R: La voie du Cours diffère des chemins bibliques traditionnels caractérisés par les prières et supplications pour que Dieu intervienne dans notre situation désespérée. Un cours en miracles se présente comme une correction de la spiritualité biblique traditionnelle. Il se distingue par l’approche de nous enseigner que le problème dans notre relation avec Dieu est entièrement nôtre, et que notre vie reflète le système de pensée dans notre esprit que nous choisissons de défendre. «Dieu est», tout simplement (L-I.169.5), et ne connaît rien de ce monde de séparation. C’est nous qui bloquons la prise de conscience de la présence de l’amour dans nos esprits (T-in.1:7). Par conséquent, le Cours vise à nous expliquer comment nous bloquons l’amour et ce que nous pouvons faire pour en prendre conscience:

«Ta tâche n’est pas de chercher l’amour mais simplement de chercher et de trouver au-dedans de toi toutes les barrières que tu as bâties contre lui.» (T-16.IV.6:1).

Il enseigne que le salut relève de notre responsabilité et est à notre portée. Il se concentre sur la pratique du pardon dans le contexte du principe de l’Expiation selon lequel la séparation d’avec Dieu n’a jamais eu lieu. C’était seulement une «minuscule et folle idée» qui ne s’est jamais produite dans la réalité. Nous sommes simplement en train de faire un rêve de péché, de culpabilité et de peur qui a mené à des vies dominées par la souffrance et la mort. Le rôle de Jésus ou du Saint-Esprit est de nous aider à voir notre vie avec leurs yeux et, avec leur aide, à finalement nous éveiller de ce cauchemar. Cependant, le point de départ de ce processus d’éveil consiste à assumer la responsabilité pour les états qui prédominent dans notre vie parce qu’ils sont le résultat immédiat du système de pensée de l’ego dans notre esprit auquel nous avons secrètement juré une allégeance éternelle.

L’«autre voie» consiste à nous tourner vers Jésus pour qu’il nous aide à regarder notre souhait secret d’être séparés de Dieu et l’un de l’autre. Il nous rassure:

«Jamais je ne te délaisserai ni ne t’abandonnerai, parce qu’en t’abandonnant je m’abandonnerais moi-même et j’abandonnerais Dieu Qui m’a créé. Tu t’abandonnes toi-même et tu abandonnes Dieu si tu abandonnes n’importe lequel de tes frères. Tu dois apprendre à les voir tels qu’ils sont, et comprendre qu’ils appartiennent à Dieu comme toi» (T-5.IV.6:5-7).

Le Cours nous enseigne que le Saint-Esprit est présent dans notre esprit, à la fois en tant que souvenir de Dieu que nous avons emmené dans le rêve, et comme pont que nous allons traverser lorsque nous aurons fait un choix contre l’ego et aurons vu que nos intérêts sont les mêmes et non pas séparés de Dieu ni d’autrui:

«Sa mémoire n’a pas disparu, laissant un Fils à jamais naufragé sur une rive d’où il peut entrevoir une autre rive qu’il ne peut jamais atteindre. Son Père veut qu’il soit soulevé et doucement porté de l’autre côté. Il a construit le pont, et c’est Lui Qui transportera Son Fils de l’autre côté. Ne crains pas qu’Il échoue en ce qu’Il veut. Ni que tu sois exclu de la Volonté qui est pour toi» (T-28.I.15:5-9).



132 – Obtenir ce que je veux dans le monde des formes

Q: Dans la section VIII de l’“Exerpt Series: Jesus – The Manifestation of the Holy Spirit” (série d’extraits en anglais sur le site www.facim.org sous “Online Learning Aids” – Jésus, Manifestation du Saint-Esprit) Ken explique l’expérience du cil dans l’œil d’Helen. Et, en se servant de l’analogie de vidéos, il dit qu’il y a une vidéo où Helen a un cil dans l’œil et une vidéo où le cil est sorti de son œil. Je comprends que ces deux situations reflètent sa décision de se séparer puis de se joindre à l’amour de Jésus. Mais je ne vois pas comment l’appliquer à ma propre vie.

Je déduis qu’il y a une vidéo où j’obtiens ce que je veux, et une autre où ce n’est pas le cas. J’ai vécu pendant des années en appartement, mais il me semble depuis quelque temps que ce serait mieux d’avoir ma propre maison, car cela m’aiderait à me sentir plus sûre. J’arrive à voir que de ne pas avoir un «chez-moi» pourrait refléter mon sentiment d’avoir quitté Dieu. Mais je ne vois pas tout à fait comment me joindre à Jésus aurait pour résultat que je trouve cette maison.

En somme, comment passer de la vidéo du problème à celle de la solution? Est-ce une question de croyance ou de volonté? Je n’en comprends pas la dynamique ou le mécanisme. Je ne suis même pas certaine comment savoir si c’est mon intérêt d’avoir une maison. Pourriez-vous approfondir ce qui se passe au juste lorsque nous changeons d’esprit et nous joignons à l’amour de Jésus? Comment le problème est-il résolu au niveau de la forme? Je me rends bien compte que la forme n’est pas l’essentiel et que c’est le changement d’esprit qui compte.

R: Pour clarifier, il est important de saisir la différence entre le contenu et le symbole dans l’exemple du cil d’Helen et donc dans son application à votre propre vie. Pour Helen, le contenu était soit de se séparer soit de se joindre à l’amour de Jésus. Et l’inconfort puisqu’elle avait un cil dans son œil n’était que le symbole qu’elle utilisait au niveau de la forme pour représenter sa décision dans son esprit de se séparer de Jésus. Le problème n’était pas le cil, mais la décision de se séparer. La solution était donc de se joindre de nouveau à son amour. Lorsqu’elle le faisait, le cil dans l’œil qui était une projection de la culpabilité de s’être séparée de lui n’était plus projeté, car la culpabilité sous-jacente avait disparu. Ainsi le cil semblait être sorti de l’œil. Mais c’est l’esprit d’Helen, et non Jésus, qui dictait la forme du symbole dans les deux cas, et Jésus n’avait rien à voir avec ce qui se produisait dans son corps.

Mais si vous avez l’impression d’être séparé de l’amour de Jésus ou, comme vous dites, si vous avez le sentiment de «ne pas avoir de chez vous» parce que vous croyez avoir quitté Dieu, il doit y avoir aussi de la culpabilité, car l’ego nous dit que la séparation comporte toujours l’attaque. Et la culpabilité entraîne inévitablement la peur d’une riposte, ce qui est très angoissant. L’une des formes que vous utilisez peut-être pour symboliser la séparation est de vivre dans un appartement qui semble engendrer en vous un sentiment d’insécurité. Mais l’appartement en soi n’est pas le problème, il n’est qu’un symbole de la culpabilité dans votre esprit. La solution n’est donc pas d’acheter une maison, mais de guérir la culpabilité dans votre esprit de vous être séparé de Jésus en vous joignant à nouveau à lui. Ensuite, si votre appartement n’est que le symbole de la culpabilité à cause de la séparation, le genre d’habitation pourrait changer, quoiqu’il est évident que dans le monde de la forme avec ses «lois» du temps et de l’espace que nous acceptons tous ce déménagement ne se fera pas aussi rapidement que le cil d’Helen était déplacé de son œil sur sa joue. En outre, votre demeure est certainement un symbole plus complexe que le cil d’Helen et représente probablement à la fois un contenu égoïque et un contenu d’amour; les changements externes se feront donc très probablement de façon moins directe et moins immédiate. Mais Jésus n’aura rien à voir avec ces changements. C’est plutôt une décision dans votre propre esprit de choisir une forme ou un symbole qui ne renforcera plus votre croyance d’avoir besoin de souffrir pour votre péché de séparation et de voir la source de vos sentiments d’insécurité à l’extérieur de vous. Vous vous concentreriez sur le changement du contenu dans votre esprit et non pas du symbole dans le monde.

Toutefois, si vous avez comme but principal de changer d’une vie en appartement à avoir votre propre maison, croyant que cela vous aidera à vous sentir plus sûre, vous vous ferez prendre par le stratagème de l’ego qui est de croire que quelque chose en dehors de vous vous donnera le sentiment de sécurité et de paix que vous recherchez. Vous ne vous occuperez pas à résoudre le vrai problème dans l’esprit et donc ne serez pas ouverte à la vraie solution qui se trouve également dans l’esprit (L-I.79). Cela ne veut pas dire que posséder votre propre maison n’est pas un but raisonnable. C’est seulement que ce serait une erreur de croire que cela pourrait vous apporter un bonheur ou une sécurité durables. Lorsque vous vous souvenez du vrai problème dans l’esprit – la culpabilité – et de sa solution, vous joindre à Jésus ou le pardon – les circonstances extérieures auront de moins en moins d’importance pour vous alors que vous trouverez la paix et la sécurité dans votre propre esprit.

Jésus comprend votre recherche de cette demeure de sécurité et de réconfort, et il doit certainement vous inclure parmi ceux à qui il s’adresse lorsqu’il observe:

«Nous parlons aujourd’hui pour quiconque parcourt ce monde, car il n’est pas chez lui. Il va d’un pas incertain dans une quête sans fin, cherchant dans les ténèbres ce qu’il ne peut trouver, ne reconnaissant pas ce que c’est qu’il cherche. Il fait un millier de demeures, mais nulle ne satisfait son esprit agité. Il ne comprend pas qu’il bâtit en vain. La demeure qu’il cherche ne peut pas être faite par lui. Il n’y a pas de substitut au Ciel. Tout ce qu’il a jamais fait est l’enfer» (L-I.182.3).

(Pour ceux qui lisent l’anglais: Si, après avoir lu ce qui précède, vous relisez la section de la série d’extraits à laquelle la question fait référence, vous trouverez probablement qu’elle clarifie encore davantage la question.)


133 – Que signifient les maladies comme le Syndrome de Gilles de la Tourette (SGT)?

Q: Si la pensée précède l’émotion, par exemple la colère, comme le postule Un cours en miracles, qu’en est-il des épileptiques ou de ceux qui sont atteints par le syndrome de Gilles de la Tourette et qui apparemment ont des attaques de colère sans pensée préalable, c’est-à-dire dont la réaction semble être physiologique plutôt que psychologique.

R: La pensée dans le Cours est toujours une fonction de l’esprit qui est en dehors du temps et de l’espace. Le corps qui comprend des dimensions physiologiques et psychologiques est une projection de cet esprit. Par conséquent, toutes les conditions physiques et psychologiques sont le résultat d’un choix fait par l’esprit. L’esprit dont il est question dans le Cours n’est ni le cerveau ni l’esprit humain comme en parlent généralement les spécialistes.

Dans une section du manuel pour enseignants à propos de la maladie et de la guérison, Jésus nous enseigne que la maladie est «une approche erronée en résolution de problèmes» (M-5.II.1:5), et en tant que telle est une décision prise dans l’esprit. Il continue:

«La résistance est énorme qui empêche de reconnaître cela, parce que l’existence du monde tel que tu le perçois dépend de ce que le corps soit le décideur. Des termes comme “instincts”, “réflexes” et autres, représentent des tentatives pour doter le corps de motivations non mentales. De fait, de tels termes ne font qu’énoncer ou décrire le problème. Ils n’y répondent pas» (M-5.II.1:7-10).

En général, les explications du Cours sur la colère ne visent pas le type de colère généré par des crises d’épilepsie ou le SGT. Toutefois, ces conditions physiologiques sont elles-mêmes le résultat d’un choix fait dans l’esprit, comme c’est le cas pour toute maladie ou invalidité:

«La maladie est colère passée sur le corps, afin qu’il souffre» (T-28.VI.5:1). «La maladie est une défense contre la vérité» (L-I.136).

Aussi difficile que cela soit à accepter, c’est une mine de véritable espoir, car en nous tournant vers Jésus ou le Saint-Esprit nous pouvons recevoir de l’aide pour regarder la douleur dans notre esprit dont émanent tous les états du corps comme des tentatives mal adaptées pour nous défendre contre cette souffrance énorme. Lorsque nous sommes de nouveau en contact avec notre capacité de décider dans notre esprit, nous pouvons faire le choix qui rendra à notre conscience l’amour éternel et la paix dans lesquels nous avons été créés.


134 – Les animaux domestiques font-ils partie de la Filialité?

Q: Récemment, lors d’un séminaire, Ken a parlé de l’illusion en utilisant l’image d’une immense vitre éclatée en des milliards de morceaux, chacun représentant une personne dans notre rêve insane de ce monde. Est-ce que nos animaux domestiques sont aussi des morceaux de cette immense vitre? Font-ils aussi partie de la Filialité?

R: Oui, la Filialité comprend tout ce qui a une forme. Nous sommes tellement habitués à prendre notre expérience humaine pour point de référence que l’idée semble étrange que nos animaux domestiques – chiens, chats, serpents, grenouilles, oiseaux, et même les plantes, rochers et autres – fassent partie de la Filialité. Pour comprendre cela, nous devons nous détacher de notre expérience humaine. Jésus y fait allusion quand il parle de la séparation originelle dans le contexte du Fils faisant un substitut à la vérité:

«…tu n’as fait qu’une substitution. Elle a pris de nombreuses formes, parce que c’était la substitution de l’illusion à la vérité; de la fragmentation à l’entièreté. Elle s’est tellement fractionnée, subdivisée et redivisée, maintes et maintes fois, qu’il est maintenant presque impossible de percevoir qu’elle a jadis été une, et qu’elle est encore ce qu’elle était» (T-18.I.4:1-3).

Dans un autre passage Jésus dit que même le: «…plus petit grain de sable» (T-28.IV.9:4) fait partie de la Filialité.

La perception de différences qualitatives n’est qu’un des stratagèmes de l’ego pour soutenir l’illusion de la séparation.


135 – Comment le Cours voit-il le suicide?

Q: Les quatre questions suivantes abordent toutes la question du suicide et seront donc traitées ensemble:

  • Pourriez-vous S.V.P. expliquer le point de vue du Cours sur le suicide?
  • Quelle est la «bonne» façon de faire face au suicide dans la perspective d’Un cours en miracles?
  • Mon grand-père s’est suicidé. La mort, notre séparation de Dieu – tout cela est une illusion. Le suicide est-il donc un tort? Ou est-ce l’état d’esprit, le sentiment d’être séparé de Dieu lors du suicide qui est un tort? Que se passe-t-il lorsqu’on se suicide? Est-ce qu’on s’unit automatiquement à Dieu lorsqu’on n’est pas dans l’illusion du monde?

Ma femme s’est suicidée récemment. Nous avons tous les deux étudié Un cours en miracles. Parfois je me demande: si tout ceci est une illusion, quel est le but de rester en vie? Pourquoi devrions-nous nous débattre dans une vie qui de toute façon ne fait pas partie du monde réel? Quel est le but de tout cela?

R: Dans la perspective du Cours, chaque mort est en fait un suicide, car, comme nous dit Jésus:

«Nul ne peut mourir à moins d’avoir choisi la mort» (T-19.IV.C.1:4), et plus loin: «Et nul ne meurt sans son propre consentement. Rien n’arrive qui ne représente ton souhait, et rien n’est omis que tu choisis» (L-I.152.1:4-5).

Mais le Cours dit aussi clairement que la mort est une pensée dans l’esprit qui n’a rien à voir avec le corps (p. ex. L-I.163.1:1 et L-I.167.2:1-3), puisque l’ego lui-même prend naissance dans une pensée de mort insane, mais illusoire, à savoir la croyance que nous pouvions attaquer Dieu afin de lui arracher un soi individuel séparé de Lui. Une telle pensée représente non seulement un meurtre – la mort de Dieu – mais aussi un suicide – la mort de notre véritable Soi en tant que Christ. Et donc, tout ce qui découle de cette pensée initiale insane dans le monde des corps et des comportements ne peut plus être ni réel ni sain d’esprit.

Vu que le Cours nous demande toujours de nous concentrer sur le contenu et sur le but plutôt que sur la forme et l’apparence, toute mort dans le monde qui vient d’une pensée de l’ego sera vue exactement sous le même angle. Pour toute mort le but de l’ego est de prouver que la séparation est réelle et qu’en fin de compte Dieu triomphe sur nous, en nous reprenant la vie que nous lui avons volée. Nous pouvons soit résister jusqu’à ce que nous succombions finalement à des forces extérieures plus puissantes, ou nous pouvons nous résigner à notre sort et céder à la mort par notre propre main. La forme que la mort peut prendre n’est donc pas importante, car le contenu est toujours le même: notre piètre et douloureuse vie ne nous appartient que pour une durée limitée avant que, inéluctablement, nous la perdions.

D’autre part, en regardant avec Jésus ou le Saint-Esprit, nous verrions que toute mort, le suicide y compris, n’est pas différente dans son contenu, mais seulement par sa forme, de tout autre choix que nous puissions faire en ce monde et qui est basé sur notre perception selon laquelle nous sommes séparés et seuls, dans la souffrance, vulnérables et victimes. Mais nous saurions au moins que cette perception est fausse, basée comme elle l’est sur une prémisse erronée à notre égard, à savoir que nous sommes ce corps piégé dans un monde dur et cruel que nous n’avons pas fait, luttant désespérément contre des forces insurmontables afin de trouver un peu de paix et de bonheur dans une situation sans espoir sur laquelle nous n’avons aucun contrôle.

D’un point de vue quasi général, le suicide est stigmatisé et on lui associe un jugement moral négatif, mais cela fait simplement partie des défenses de l’ego qui insiste sur le fait que la vie en tant que soi séparé et la mort de ce soi sont réelles. Du point de vue d’Un cours en miracles la pensée sous-jacente au suicide, si elle est basée sur l’ego, est une faute, une erreur, mais c’est tout [Jésus dit aussi clairement que la mort peut être choisie sous la direction du Saint-Esprit: (M-12.5 et Ch-3.II)]. Elle n’est pas un péché et n’entraîne pas non plus des conséquences négatives qui diffèrent de toute autre décision que nous prenons avec l’ego comme enseignant – elles toutes renforcent la culpabilité qu’inconsciemment nous voulons préserver dans notre esprit pour prouver que la séparation est réelle. Le suicide n’est donc pas davantage une erreur que l’erreur que nous avons faite en choisissant de naître en ce monde. Dans les deux cas, nous essayons de régler le problème de la culpabilité dans notre esprit en portant notre attention sur le soi-disant monde extérieur et sur notre corps, ce qui garantit de ne pas trouver de solution. Nous essayons de résoudre le problème de la séparation dans le monde comme si le monde était le problème, plutôt que dans l’esprit où le vrai problème – la pensée insane de séparation – se trouve enfoui.

Donc, que nous commettions un suicide ou que nous mourions de n’importe quelle autre manière en croyant que la mort est réelle, nous restons piégés dans la croyance de l’ego auto-imposée lors de la séparation. La mort ne nous délivre ni du système de pensée de l’ego ni du monde qui en est la défense. La seule chose qui puisse nous ramener à l’expérience de notre unité avec Dieu consiste à regarder le système de pensée de l’ego avec la présence qui ne juge pas de Jésus ou du Saint-Esprit à côté de nous et à décider une fois pour toutes que l’idée de la séparation n’a aucune valeur pour nous. Car le monde ne nous prive de rien – c’est seulement notre choix d’être séparé qui le fait.

Bien que ce monde soit une illusion, tout comme notre vie individuelle ici – vie que nous considérons comme circonscrite par les parenthèses de la naissance et de la mort – nous ne le croyons pas. Si nous le croyions et connaissions véritablement que le but du monde est d’attaquer Dieu et donc notre Soi, nous ne nous verrions jamais comme étant dans des corps. Mais le fait que nous tous vivons de cette façon – respirons, mangeons, buvons, nous rétablissons et ainsi de suite – prouve que tandis que nous croyons peut-être intellectuellement ce que nous dit Un cours en miracles, ce n’est certainement pas ce dont nous faisons l’expérience.

Par conséquent, une fois que nous sommes nés le Saint-Esprit a pour but de nous faire apprendre Ses leçons de pardon pendant notre existence ici, y compris la leçon finale que la mort est irréelle. Le monde devient alors une école dans laquelle nous sommes heureux d’apprendre ce qu’Il nous enseigne. Vouloir quitter le monde ne fait que renforcer la réalité qu’il a pour nous. Après tout, qui voudrait quitter un endroit à moins de croire qu’il est réel et désagréable? C’est pourquoi Jésus nous dit dans le texte:

«Il y a un risque de penser que la mort est la paix» (T-27.VII.10:2).

La paix véritable ne vient pas du fait de quitter le monde physique, mais uniquement de la pratique du pardon qui défait la culpabilité dans l’esprit, seule cause de la douleur et souffrance, ainsi que la croyance en la réalité de la mort. Et donc, lorsque nous le désirons, et à notre rythme, nous faisons les petits pas du pardon qui nous ramènent au Soi glorieux et éternel que nous ne pourrions jamais détruire, le Soi qui est resté notre Identité en dépit de nos détours sots dans les illusions de mort.


136 – Comment Dieu peut-Il être «seul»?

Q: Dans le texte, Jésus dit que «Dieu est seul sans Ses Fils» (T-2.III.5:11). Comment la théologie d’Un cours en miracles expliqué-t-elle que cela est vrai?

R: Jésus utilise ces mots pour nous réconforter et pour corriger notre croyance égoïque que Dieu est en colère contre nous et veut nous punir pour L’avoir attaqué afin d’établir notre soi séparé, arraché à la totalité du Ciel (T-5.V.3:10-11). Étant donné que le Cours répète à maintes reprises que la séparation ne s’est jamais produite en réalité – c’est cela le principe de l’Expiation – le passage auquel vous faites référence ne peut pas être littéralement vrai. Mais quelle pensée rassurante, tant que nous croyons encore à la séparation, de nous entendre dire non seulement que Dieu ne cherche pas à se venger de nous, mais que nous Lui manquons et qu’Il veut seulement que nous Lui revenions! Si nous pouvons nous permettre d’entendre cela, nous pouvons tout doucement guérir la culpabilité que nous avons rendue réelle dans notre esprit puisque nous avons prétendument agressé l’Amour.

Vous pouvez également relire la question 72 pour un éclaircissement plus approfondi du langage relatif à Dieu dans le Cours, ainsi que les questions 42 et 85 où les raisons de l’emploi du langage métaphorique et duel du Cours sont expliquées.


137 – Comment puis-je accepter la complétude?

Q: J’aimerais comprendre la citation suivante du texte:

«Dans toute relation où tu es entièrement désireux d’accepter la complétude, et seulement cela, Dieu est là complété, et Son Fils avec Lui» (T-16.IV.9:6).

Comment est-ce que j’accepte la complétude? Je sais qu’au niveau de l’ego on recherche des relations particulières. Je sais aussi que nous lisons dans la préface que nous sommes déjà «complet, en sécurité, aimé et aimant» (préf.xiii). Comment arriver à distinguer la recherche de l’ego pour la complétude de la complétude visée dans la citation ci-dessus?

R: La clé pour répondre à votre question est d’y inclure la phrase précédente:

«Au Nom de Dieu, sois entièrement désireux d’abandonner toutes les illusions. Dans toute relation où tu es entièrement désireux d’accepter la complétude, et seulement cela, Dieu est là complété, et Son Fils avec Lui» (T-16.IV.9:5-6).

Dans la première phrase, il est question des «illusions» par contraste avec la «complétude» de la deuxième phrase. Bref, le moyen d’arriver à la complétude est de défaire toutes les illusions. Cela pourrait aider de revoir le fonctionnement fondamental de l’ego: nous croyons que nous nous sommes séparés de Dieu. Rongés par la culpabilité pour ce «péché» nous nous sentons terriblement seuls et vides. L’ego nous dit que nous pouvons combler le vide produit par la séparation en ayant toute sorte de relations – avec notre «soi», avec autrui, avec les événements, les choses et même avec nos pensées. Autrement dit, nous utilisons toutes les illusions dans le rêve et cherchons à trouver en elles un substitut à notre vérité. Cette vaste panoplie de substituts est la définition de la complétude de l’ego. Le problème est que les substituts ne fonctionnent pas. Mais cela ne freine pas l’ego. Il maintient que si seulement nous trouvions la bonne combinaison de substituts parfaits nous trouverions le bonheur et la complétude dans le rêve et réussirions ainsi à faire un remplacement parfait pour Dieu et le Ciel. Quand le plan ne fonctionne toujours pas, l’ego nous dit de continuer à chercher, d’essayer une fois de plus, sans jamais mentionner que le marché qu’il passe est en fait: «cherche mais ne trouve pas» (T-16.V.6:5).

Dès lors la recherche n’en finit plus, ce qui sert le but de l’ego de nous garder complètement enfermés dans les illusions du monde. Voilà ce qui motive toute relation particulière. Nous utilisons les autres pour répondre à nos besoins et combler le vide produit par la séparation apparente. Autrement dit, nous cherchons la complétude dans les substituts illusoires – que le Cours appelle des idoles:

«Toutes les idoles de ce monde ont été faites pour empêcher que la vérité au-dedans te soit connue, et pour maintenir l’allégeance au rêve voulant que tu dois trouver ce qui est à l’extérieur de toi pour être complet et heureux» (T-29.VII.6:1).

L’ego cherche la complétude à l’extérieur, tandis que la complétude vers laquelle le Saint-Esprit nous conduit est intérieure. Quand nous serons enfin suffisamment déçus par les offres du monde et les prétentions de l’ego, nous soupçonnerons qu’il doit y avoir une autre voie. Nous pourrons alors chercher dans la bonne direction (l’esprit) pour trouver notre vraie complétude, puis commencer à lâcher prise de notre investissement dans les illusions. Si nous sommes dévoués au processus de lâcher prise de tous les substituts inutiles, nous finirons par croire de moins en moins aux mensonges de l’ego. Cela s’accomplit grâce au programme d’entraînement qu’offre le Cours, à savoir de nous rappeler que nous ressentons soit la paix soit le conflit et que la cause de notre expérience n’est rien d’extérieur. C’est un choix qui se fait dans l’esprit.

Lorsque la paix devient plus attrayante que le conflit, nous la choisirons plus souvent, jusqu’à ce qu’à la fin nous ne choisissions plus rien d’autre et nous identifiions pleinement avec la partie de notre esprit qui se souvient de notre vérité. Lorsque cela se produit, nous «acceptons la complétude». À ce moment-là, toutes nos relations seront «bénies» par cette prise de conscience, et nous aurons parfaitement rejoint notre vérité qui est la vérité pour tout le monde. Dieu n’est pas littéralement «complété» par cela, puisqu’évidemment Il ne peut pas être incomplet. C’est la façon du Cours de dire que nous nous souviendrons de Lui, et en ce sens Il sera rappelé à notre complétude. Ce qui est important, c’est que cela demande de véritablement ne vouloir rien d’autre et d’abandonner toutes les illusions. Tant qu’il y aura une seule illusion qui s’interposera entre nous et notre vérité nous ne connaîtrons pas notre complétude, car en nous accrochant à l’illusion, nous nierons activement la vérité à notre égard. Vu qu’en fait nous déployons beaucoup d’énergie à la poursuite de nos idoles, nous ferions bien de ne pas nous juger pour cette erreur, mais aussi de garder à l’esprit

qu’il «est vain d’adorer des idoles dans l’espoir de la paix. Dieu demeure au-dedans, et ta complétude réside en Lui» (T-29.VII.6:2-3).


138 – Est-ce que ce quoi que nous fassions peut changer l’issue?

Q: S’il est inévitable que nous allons nous éveiller ou au moins nous rappeler notre véritable Identité, ne serait-il pas logique de faire ce qui semble être le plus pacifique dans le monde au niveau du comportement? Et donc, il importerait peu à bien des égards ce que font ou disent les autres. En fait, même Un cours en miracles n’a pas d’importance si le processus d’éveil est inévitable. Je veux dire, ne s’agit-il pas simplement de meubler son temps en faisant ce qu’on préfère et de ne pas s’étonner que l’ego continue à débiter des bêtises quelles que soient nos activités apparentes dans le monde?

R: Tandis que «l’issue est aussi certaine que Dieu» (T-2.III.3:10) et «L’acceptation de l’Expiation par chacun n’est qu’une affaire de temps» (T-2.III.3:1) – simplement parce que nous ne pourrions jamais réellement nous séparer de Dieu – nous faisons tout de même un choix délibéré chaque instant de rester endormis dans notre rêve du temps. Et pour nous tous la douleur de la pensée de séparation au fond du rêve deviendra finalement si intolérable que nous finirons à un moment donné par vouloir faire un choix différent, le choix de nous éveiller (T-2.III.3). Donc la seule question que chacun d’entre nous a besoin de se poser maintenant est: combien de temps est-ce que je veux rester dans la souffrance, endormi dans le temps? Si nous ne voulons pas prendre conscience de la responsabilité du choix de nous voir séparés et l’accepter, Jésus nous dit que nous pouvons continuer à temporiser et tergiverser pour une période de temps au moins aussi longue que la durée sur laquelle la séparation s’est déjà étendue, c’est-à-dire «des millions d’années» (T-2.VIII.2:5)!

Bon, tout ceci est illusoire, et du point de vue de Jésus d’en dehors du temps ce n’est guère important:

«Rien n’est jamais perdu, que du temps, qui à la fin est in-signifiant. Car ce n’est qu’une petite entrave à l’éternité, tout à fait in-signifiante pour le réel Enseignant du monde» (T-26.V.2:1-2).

Mais Jésus reconnaît aussi que ce n’est pas notre expérience dans le temps ici:

«Or puisque tu crois en lui [le temps], pourquoi le gaspillerais-tu à n’aller nulle part, quand il peut être utilisé pour atteindre le but le plus élevé que l’apprentissage puisse accomplir?… Mais il est certes difficile de s’égarer, seul et misérable, sur une route qui mène à rien et n’a pas de but» (T-26.V.2:3,6).

Nous avons donc le choix de la façon dont nous voulons utiliser le temps et de combien de temps nous voulons rester dans l’expérience temporelle. Oui, en fin de compte cela n’importe pas, car nous allons devoir nous souvenir de qui nous sommes réellement – ça, ça n’a jamais changé. Mais pendant que nous croyons encore que tout ceci est réel, Jésus nous dit dans son Cours que la durée de temps peut

«être grandement réduite par les miracles, qui sont un mécanisme pour réduire le temps mais non pour l’abolir» (T-2.VIII.2:6).

Or, si le Cours est notre chemin, cela veut dire que nos relations avec nos frères sont d’une importance capitale, car c’est sur les autres que chacun d’entre nous a projeté toute la culpabilité et responsabilité de la douleur de la séparation que nous ne voulons pas voir en nous-mêmes. Et donc, en tant qu’étudiants du Cours, nous allons prêter attention à ce que disent ou font les autres, non pas parce que nous voulons les changer, mais parce que nos réactions à leur égard peuvent nous diriger vers les endroits qui ne sont pas encore guéris dans notre propre esprit. Éviter de regarder nos propres réactions aux autres et les rejeter comme si elles n’étaient pas pertinentes pour notre processus d’éveil voudrait dire s’engager dans le déni, ce qui est juste une autre façon de dire que nous refusons d’accepter la responsabilité de notre propre décision d’être séparé. À la fin, tous comprendront cela, mais le choix que nous avons maintenant est de savoir si nous voulons reconnaître l’une ou l’autre de ces projections maintenant.

Aussi difficile que cela puisse paraître de regarder notre frère afin de voir en lui nos propres «péchés secrets et les haines cachées» (T-31.VIII.9:2), Jésus veut nous faire comprendre que de ne pas regarder mène à une douleur encore plus grande, parce qu’il n’y a alors aucun espoir de guérison. Ainsi il nous encourage en nous rappelant que ceci est un chemin que nous faisons avec notre frère:

«Ne pense pas que la voie vers les portes du Ciel soit le moindrement difficile. Rien de ce que tu entreprends avec un but certain, une grande résolution et une confiance heureuse, en tenant la main de ton frère et en accordant ton pas avec le chant du Ciel, n’est difficile à faire» (T-26.V.2:4-5 – italiques ajoutés).



139 – Comment reconnaître mes croyances en ce qui concerne l’argent?

 Q: J’ai écouté l’enregistrement de votre atelier Form vs. content: Sex and Money. (CD/MP3 et livre en anglais seulement auprès de la FACIM, www.facim.org.)Vous dites que nous projetons à l’extérieur nos croyances sur l’argent. Comment trouver quelles sont ces croyances exactement afin de pouvoir les changer?

 R: Avant d’examiner comment vous pouvez reconnaître vos croyances sur l’argent, il peut être utile, dans un premier temps, de clarifier l’approche d’Un cours en miracles de toutes nos pensées et croyances égoïques. Nous devrions en prendre conscience afin de pouvoir prendre la responsabilité de les avoir choisies, mais non pour que nous puissions les changer. Alors nous serions responsables du processus de l’Expiation, une recette infaillible pour échouer. Le but du Cours est que nous rendions conscientes nos pensées inconscientes, que nous acceptions la responsabilité de les avoir choisies, que nous reconnaissions le but qu’elles servent dans le plan de l’ego et puis les relâchions avec la culpabilité qu’elles entraînent nécessairement et les portions à la lumière guérissante du Saint-Esprit ou de Jésus. Mais il ne s’agit pas d’essayer de les changer! Car cela les rendrait réelles et entraînerait la substitution d’une croyance de l’ego pour une autre.

L’argent est simplement une forme extérieure, un symbole sur lequel nous projetons nos croyances à propos de nous-mêmes. Alors quels sont vos attitudes et vos sentiments concernant l’argent? À propos, il n’y a pas de réponse juste ou fausse, bonne ou mauvaise aux questions qui suivent. Toutes les réponses refléteront des croyances fondamentales provenant de l’ego quant à vous et les autres, qu’elles soient de l’ordre de l’amour particulier ou de la haine particulière. En fin de compte, nous nous rendrons compte qu’elles sont ni justes ni fausses, ni bonnes ni mauvaises, mais simplement pas vraies. Mais nous devons d’abord les examiner puisque nous y croyons, et les regarder avec Jésus ou le Saint-Esprit à nos côtés afin de pouvoir regarder ouvertement et honnêtement.

Avez-vous l’impression que vous n’avez jamais assez? Avez-vous peur de perdre l’argent que vous avez? Est-ce que vous vous sentez mieux ou plus sûr de vous-même quand vous avez de l’argent? L’épargnez-vous comme un symbole de sécurité et d’assurance contre des dangers et des obstacles imprévisibles? Ou bien avez-vous tendance à le dépenser dès que vous le recevez et êtes toujours endetté? Considérez-vous le fait d’avoir de l’argent comme un symbole de statut et de succès, comme jalon de votre valeur? Si vous n’avez pas beaucoup d’argent, essayez-vous de prétendre que vous en avez davantage? Ou étalez-vous votre pauvreté comme un emblème de votre particularité? Si vous avez beaucoup d’argent, aimez-vous en faire étalage? Ou essayez-vous d’adopter une attitude discrète? Quels sont vos sentiments quant à partager votre argent avec d’autres ou de faire des dons? Êtes-vous jaloux de ceux qui ont plus d’argent que vous ou leur en voulez-vous? Comment croyez-vous que vos parents vous en traité, monétairement parlant? Si vous êtes dans une relation avec quelqu’un qui entraîne la gestion commune de l’argent et des ressources, y a-t-il des conflits quant à son utilisation? Quel est le genre des désaccords que vous avez et quels jugements portez-vous sur la manière dont l’autre gère l’argent?

À mesure que vous réfléchissez à vos réponses aux questions ci-dessus et à d’autres questions connexes au sujet de l’argent qui peuvent vous venir à l’esprit, vous devriez dénicher les pensées, émotions et croyances sous-jacentes qu’elles représentent. Ce sont peut-être des pensées et des sentiments d’insuffisance, de manque, de privation, de limitation, d’insécurité, de peur, de victimisation, d’irresponsabilité, de honte et de culpabilité, de fierté, de triomphe, de supériorité, de générosité, de pouvoir, de contrôle et ainsi de suite. La pensée importante à reconnaître et à entretenir est que ce sont des sentiments fondamentaux quant à vous-même qui n’ont rien à voir avec l’argent, avec les autres ou avec quoi que ce soit du monde. Ce sont des répercussions provenant du fait de sérieusement entretenir la pensée de séparation dans votre esprit et de vouloir qu’elle soit vraie. Car la pensée de séparation n’est rien de moins que le désir d’être séparé de l’amour, y compris le désir d’attaquer et de détruire l’amour afin d’établir un soi individuel. Et dans ce processus nous croyons avoir détruit notre propre valeur. Par conséquent, tous les sentiments de manque de valeur qui l’accompagnent et qui deviennent trop douloureux à maintenir dans notre esprit et à admettre sont projetés au-dehors sur un monde que nous avons fait avec de nombreuses cibles adéquates et des entrepôts pour ces sentiments, dont l’argent. Alors ces symboles extérieurs semblent être le problème au lieu de la pensée de séparation dans notre esprit par laquelle nous avons dévalorisé notre vrai Soi. À ce stade, le système de pensée de l’ego est bien protégé du principe d’Expiation du Saint-Esprit selon lequel la séparation est impossible sauf dans les rêves illusoires, et que rien n’est jamais vraiment arrivé pour nous priver de l’amour que nous sommes. Mais une fois que nous avons compris le but qu’a l’ego pour le monde, y compris l’argent, nous pouvons regarder tout cela différemment et savoir que c’est une fenêtre pour accéder à notre propre esprit inconscient. Et alors nous pouvons faire un autre choix et nous souvenir de notre véritable Valeur en tant que saint Fils de Dieu.


140 – Parler avec Jésus et lui demander quelque chose

Q: J’étudie Un cours en miracles depuis quelques années et je me rends compte de l’importance de la pratique de demander de l’aide. Je me rends également compte que je veux cette aide et en ai besoin. Toutefois, quand je tente de demander de l’aide, j’ai conscience d’une composante de particularité importante dans mes demandes. Par exemple, j’enseigne de nouveau après plusieurs années passées à faire quelque chose de tout à fait différent. Je suis nerveux puisque je veux faire du bon travail et j’essaie de demander de l’aide afin d’être en mesure de bien le faire, mais je me rends compte que la raison principale de cette demande est que je veux être particulier autant aux yeux de mes élèves qu’à ceux de mes supérieurs. J’essaie de parler de ce problème avec Jésus, mais cela m’est très difficile et je me demande jusqu’à quel point il est important d’avoir d’entières conversations avec lui. Elles semblent en général s’évaporer – peut-être je n’ai pas vraiment confiance qu’il est là. J’apprécierais toute suggestion pour gérer ce blocage que j’ai à utiliser cet outil essentiel du Cours.

R: Vous devriez avant tout être content que vous ayez pu voir les pensées de particularité sous vos demandes d’aide. C’est un très grand pas. Ensuite, n’essayez pas de les changer. Permettez-vous simplement à voir d’où elles viennent – du concept d’un soi inadéquat qui ressent le besoin de rehausser son statut en projetant une bonne image. Il est assez clair quelle voix parle à ce moment-là. Mais si vous pouvez vous observer à le faire sans vous juger, alors vous regardez votre ego avec Jésus, et c’est cela le type d’aide qu’il veut que nous lui demandions.

Au début de notre pratique du Cours nous voulons en général demander de l’aide à Jésus pour des problèmes concrets et certains soucis dans notre vie, et c’est tout à fait normal. Ce genre de demande peut aider à développer une relation positive avec Jésus dans notre esprit en ne le voyant plus comme un juge en colère qui va nous demander des comptes le jour du jugement, tel qu’il est dépeint par le christianisme traditionnel. Mais vous commencez déjà à voir les limites de ce genre de demande qui est alimenté par un désir de particularité. C’est une découverte importante qui peut vous aider à entrer davantage en contact avec l’aide véritable que nous offre Jésus – une aide qui nous permet de regarder les limitations que nous croyons avoir sans nous juger ou nous sentir coupables d’avoir ces pensées, afin de pouvoir regarder au-delà vers la vérité nous concernant. La première section dans Le chant de la prière traite justement des étapes à franchir pour monter «l’échelle de la prière» lors de notre progrès dans notre pratique de demander de l’aide (Ch.1).

Vos conversations avec Jésus vont donc changer au fil du temps, et ce que vous allez lui apporter changera aussi à mesure que vous assimilerez les enseignements du Cours. Vos difficultés actuelles à rester concentré sur lui reflètent simplement votre peur de lui et de ce qu’il représente, car une partie en vous sait qu’il vous conduit au-delà de votre ego et du soi particulier auquel vous vous êtes tellement identifié. Cela pourrait vous aider de dialoguer avec Jésus en mettant vos pensées par écrit comme si vous aviez une conversation avec lui et vous adressiez à lui tout à fait concrètement au sujet de ce que vous avez dans la tête. Demandez-lui lors de ce processus de vous aider à reconnaître le but derrière vos pensées, et comment les découvrir sans renforcer la culpabilité dans votre esprit. Le fait d’écrire peut aider à maintenir votre attention et découvrir vos pensées égoïques et vous aidera de plus en plus à mesure que vous vous habituerez au processus et écrirez plus aisément. Vous pourriez même garder ces notes comme journal pour pouvoir relire des conversations qui vous ont aidé lorsque le niveau de peur est trop élevé et vous ne vous souvenez plus de ce que vous savez déjà – ce qui est une expérience courante lorsque notre ego se sent menacé. Le plus important, c’est de ne pas trop se préoccuper de sa résistance – il faut s’y attendre. Avec le temps la reconnaître sans la combattre fera qu’elle se dissoudra dans votre esprit.

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