121-130

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page :
121 – Dieu a-t-il créé la terre ou est-ce que c’est nous l’avons créée?
122 – Que signifiait l’étoile à cinq branches?
123 – La maladie dans des parties distinctes du corps est-elle un indice utile?
124 – Que signifie magie?
125 – Se préoccuper des progrès faits avec le Cours, et «attendre» quelque chose
126 – Jésus a-t-il guéri en voyant le Christ en autrui?
127 – S’il n’y qu’un Esprit, pourquoi est-ce que je me perçois comme étant unique?
128 – Comment guérir une dépression de façon spirituelle plutôt qu’avec des médicaments?
129 – Que me conseilleriez-vous pour quand je me suis «éloigné» du Cours?
130 – Qu’est-ce que la «véritable empathie» versus la «fausse empathie»?



121 — Dieu a-t-il créé la terre ou est-ce que c’est nous qui l’avons créée?

Q: On nous a dit que nous avons créé le corps après la séparation. Etant donné toute la beauté de cette terre que nous voyons, en plus de l’incroyable variété de vies qui s’est développée ici, est-ce que Dieu a créé cette terre physique, ou est-ce que c’est nous qui l’avons créée?

R: Avant de répondre à votre question, nous devons préciser que dans Un cours en miracles, le terme «créer» est utilisé uniquement pour parler de la faculté de création de Dieu. Sa création est Son Fils qui demeure avec Lui au Ciel. Quand il est question du monde physique dans le rêve illusoire, y compris le corps, le Cours utilise les termes «faire» ou «malcréer». Ses enseignements sur l’origine du monde physique sont indiscutables:

«Le monde que tu vois est l’illusion d’un monde. Dieu ne l’a pas créé, car ce qu’Il crée doit être éternel comme Lui-même» (C.4.1:1-2).

Ainsi ni le monde ni le corps n’existent en réalité. Étant donné que notre expérience d’être des corps physiques qui vivent dans un monde physique nous paraît si réelle, il est important de garder à l’esprit, lorsque nous parlons du monde, que rien de tout cela ne pouvait jamais se produire.

Dans ce rêve de séparation, le monde est l’endroit où le Fils endormi, rongé de culpabilité de s’être apparemment séparé de Dieu, vient se cacher de la colère imaginée d’un Dieu punisseur. Un Cours en miracles enseigne que l’ego, rendu fou par la culpabilité, a fait le monde et aussi le corps, non seulement pour se cacher de Dieu, mais pour garder Dieu hors de sa conscience:

«Le monde a été fait comme attaque contre Dieu. Il symbolise la peur. Et qu’est-ce que la peur, sinon l’absence de l’amour? Ainsi le monde était censé être un lieu où Dieu ne pouvait pas entrer et où Son Fils pouvait être à part de Lui» (L-II.3.2:1-4).

Donc il est clair que, selon le système de pensée du Cours, Dieu n’a pas fait le monde. Il est l’effet de la pensée de séparation et il est maintenu par la culpabilité continuelle de cette pensée:

«Le monde que tu vois, c’est ce que tu lui as donné et rien de plus […] C’est le témoin de ton état d’esprit, l’image extérieure d’une condition intérieure» (T-21.in.1:2,5).

Cela ne veut pas dire que nous ne devrions pas chercher à voir le beau et le bon dans le monde, par opposition au laid et au mal. C’est un renvoi au choix que nous avons de voir l’interprétation de l’ego du monde ou celle du Saint-Esprit.

L’ego voit la beauté et variété dans le monde comme preuve que le monde est réel, que Dieu l’a «créé», et que Dieu bénit notre quête de plaisir dans le monde. Conformément à cette pensée, Dieu aurait également fait les catastrophes naturelles dévastatrices qui accablent le monde et sont mentionnées dans nos polices d’assurance. Alors Dieu doit en effet être cruel. La pensée de l’ego rend Dieu responsable non seulement de la beauté du monde, mais de toutes les diverses formes de souffrance physique, psychologique et émotionnelle que nous trouvons en ce monde. Ce qui paraît être la beauté du monde capte notre attention; c’est un stratagème de l’ego pour que nous restions enfoncés dans son mensonge, à savoir que le bonheur est possible en dehors du Ciel.

Pour d’autres éclaircissements de notre expérience de la beauté du monde, veuillez consulter notre réponse à la question 70.



122 — Que signifiait l’étoile à cinq branches?

Q: Dans le livre Absence from Felicity (Kenneth Wapnick, Foundation for A Course in Miracles, Temecula, CA, www.facim.org) Jésus a dit à Helen d’acheter un pendentif, une étoile en or, comme cadeau de sa part. Est-ce que Jésus lui a expliqué ce que signifiait l’étoile, et était-ce une étoile à cinq ou à six branches ? Jésus a mentionné l’étoile à quelques reprises dans Un cours en miracles, mais il n’est jamais entré dans le détail. Est-ce que vous pourriez S.V.P. me donner votre interprétation de la signification de l’étoile.

R: Puisque pour Helen l’étoile à cinq branches était un symbole de Jésus, il n’était pas nécessaire qu’il lui explique sa signification. Comme il décrit dans Absence from Felicity (pages 96 et 433 dans la deuxième édition, et 107 et 453 dans la première), la proposition de Jésus d’acheter cette étoile en or à cinq branches était pour Helen comme un cadeau personnel qu’il lui faisait. L’étoile comptait beaucoup pour elle et elle la portait souvent comme symbole de leur amour mutuel.

Dans la tradition chrétienne, soit dit en passant, Jésus est aussi symbolisé par une étoile, par exemple l’étoile du matin, mentionnée dans Le Livre de la révélation (l’Apocalypse) et citée à la fin de l’épilogue de la clarification des termes (C-ép.5:4).



123 — La maladie dans des parties distinctes du corps est-elle un indice utile?

Q: Je souhaiterais que vous commentiez le passage P-2.VI.5:1-3. Ma question concrète: est-ce que la partie du corps sur laquelle je projette actuellement mon manque de pardon peut me donner une idée du problème précis que je dois défaire en ce moment? Comment est-ce qu’analyser la forme de ma maladie pourrait me permettre de mieux saisir quel est le problème dans «la partie visible de l’iceberg»?

R: Voyons d’abord le passage entier dont vous mentionnez les trois premières phrases:

«La maladie prend maintes formes, tout comme le manque de pardon. Les formes de l’un ne font que reproduire les formes de l’autre, car ils sont une même illusion. Ils se traduisent si étroitement l’un dans l’autre que l’étude attentive de la forme que prend une maladie indiquera très clairement la forme de manque de pardon qu’elle représente. Or voir cela ne fera pas guérir. Cela ne s’accomplit que par cette seule reconnaissance: que seul le pardon guérit un manque de pardon, et que seul le manque de pardon peut donner lieu à quelque maladie que ce soit» (P-2.VI.5:1-5).

Comme expliqué ici, il devrait y avoir une nette correspondance entre la pensée particulière de culpabilité dans l’esprit et son ombre – le symptôme – dans le monde. Freud postulait quelque chose de semblable dans son analyse des symptômes hystériques. Toutefois, votre conclusion peut seulement être aussi bonne que l’honnêteté de votre introspection, et aussi précise que votre désir de découvrir quelle colère, quelle peur et quels jugements sont peut-être enfouis dans votre inconscient. Et il n’y a pas de règles fixes qui mènent inexorablement d’une pensée précise à un symptôme précis.

Par exemple, pour l’un une cheville tordue pourrait vraiment refléter une ambivalence quant à faire un prochain pas dans une certaine carrière ou dans une relation qui fait peur. Mais pour quelqu’un d’autre ou pour la même personne à un autre moment, l’entorse pourrait être une preuve de culpabilité à cause de l’envie de donner un coup de pied à quelqu’un qui se trouve à terre. Et pour une troisième personne, la peur d’aller de l’avant pourrait se manifester par une laryngite – perte de voix – plutôt que par une entorse de la cheville. Il pourrait même y avoir une sorte de relation entre une soi-disant vie antérieure et les symptômes actuels qui est même plus difficile à découvrir. Pourtant dans certains cas la correspondance est manifeste.

Voir de tels liens entre une pensée qui ne pardonne pas et un symptôme précis peut être particulièrement utile lorsque vous commencez votre travail avec Un cours en miracles, car cela fait mieux reconnaître ce que le Cours cherche à développer dans notre conscience, soit la relation de cause à effet entre l’esprit et le corps. Nous voyons à tort une relation entre des facteurs ou événements extérieurs comme causes de changements dans le corps qui sont vus comme effets (par exemple un virus et des symptômes de grippe) plutôt que de voir la véritable relation entre les pensées de l’esprit comme cause et les changements dans le corps comme les effets (par exemple la culpabilité et les symptômes de grippe).

Mais comme le souligne le passage ci-dessus du supplément au Cours, Psychothérapie[1], voir de tels rapports n’est pas suffisant en soi pour amener une véritable guérison. Seul le pardon peut le faire. Et lorsque vous continuez à étudier le Cours, la bonne chose est que vous n’avez pas besoin de découvrir le lien entre une forme particulière de culpabilité et un symptôme particulier. Tout symptôme de malaise ou de mal-aise dans le corps est une projection de la culpabilité dans l’esprit, soit la haine de soi qui est en nous tous à cause de notre croyance que nous avons attaqué et détruit l’amour quand nous choisissions la pensée de séparation. Et tout symptôme, indépendamment de sa forme, ne représente rien d’autre que la tentative de l’ego pour nous persuader que nos problèmes se trouvent dans le monde et dans notre corps et non dans notre esprit. Mais une fois que la ruse de l’ego et le vrai rapport entre la culpabilité dans l’esprit et ses effets sur le corps sont reconnus, la plus grande partie du travail est faite. Le prochain pas est simplement de nous tourner vers notre Enseignant intérieur pour qu’Il nous aide à défaire notre croyance en cette culpabilité. Notre part dans le processus de pardon est alors terminée. Les symptômes extérieurs peuvent changer ou non, mais ils ne vous concerneront plus quand vous aurez reconnu la source réelle de votre inconfort et douleur. Comme Jésus l’observe dans le manuel, dans la section sur la guérison: «Qu’est-ce que la culpabilité et la maladie, la douleur, le désastre et toute la souffrance signifient maintenant? N’ayant pas de but, ils ont disparu. Et avec eux disparaissent aussi tous les effets qu’ils semblaient causer. Cause et effet ne font que reproduire la création. Vus dans leur juste perspective, sans distorsion ni peur, ils rétablissement le Ciel» (M-5.II.4:7-11).

[1] Les Suppléments d’Un cours en miracles, Editions Octave, Montréal 2009. Aussi contenus dans la nouvelle édition d’Un cours en miracles (N.d.T.).



124 — Que signifie magie?

Q: Que signifie le mot magie tel qu’il est utilisé dans Un cours en miracles?

R: La magie est

«une tentative pour résoudre un problème là où il n’est pas […] la culpabilité est projetée hors de notre esprit sur autrui (attaque) ou sur notre corps (maladie) que nous cherchons à corriger là au lieu que de la laisser être défaite dans notre esprit en l’apportant au Saint-Esprit» (traduit du Glossary-Index for A Course in Miracles de Kenneth Wapnick, http://www.facim.org).

L’ego utilise la magie pour interpréter tout problème ou conflit. Il voit le problème comme étant situé hors de l’esprit et cherche à le résoudre par des moyens extérieurs. Lorsque nous choisissons de croire à cette version de l’ego et nous identifions au système de pensée de l’ego, nous utilisons la magie pour résoudre nos problèmes et cela semble marcher. Par exemple, quand nous prenons une aspirine pour un mal de tête et la douleur disparaît, nous croyons que l’aspirine a enlevé le mal de tête. Le Cours enseigne que ce qui se produit en fait est une décision dans l’esprit de faire l’expérience de la douleur sous forme d’un mal de tête, et puis une décision dans l’esprit contre la douleur, symbolisée par le fait de prendre une aspirine:

«Il semble que des agents particuliers [c’est-à-dire la médecine] lui procurent des soins, mais ils ne font que donner forme à son propre choix. Il les choisit afin d’apporter une forme tangible à ses désirs. Et c’est cela qu’ils font, et rien d’autre. En fait, il n’en est pas du tout besoin» (M-5.II.2:8-11).

Bien entendu, il n’y a rien de mal à utiliser des formes de «magie» – argent, vêtements, contacts sociaux, médicaments et ainsi de suite. En fait, nous ne pouvons pas fonctionner dans ce monde sans cela, et nous ne devrions pas nous sentir coupables ou «non spirituels» quand nous les utilisons. Mais nous pouvons le faire sans les doter du pouvoir de nous rendre véritablement heureux ou de répondre à notre vrai besoin qui est de nous joindre au Saint-Esprit, la mémoire de Dieu, dans l’esprit.

Le même principe de magie est à l’œuvre chaque fois que nous croyons pouvoir effectuer un changement dans le monde en résolvant des conflits par des changements de comportement, sans jamais nous rendre compte que le conflit a sa source dans notre esprit, et que c’est seulement là qu’il peut être véritablement résolu. Le Cours nous demande d’apprendre à reconnaître le problème là où il est, dans l’esprit, afin qu’il puisse être guéri:

«[…] les décisions sont de l’esprit, et non du corps. Si la maladie n’est qu’une approche erronée en résolution de problèmes, c’est une décision. Et si c’est une décision, c’est l’esprit et non le corps qui la prend» (M-5.II.1:4-6).

Dans Un cours en miracles nous lisons également qu’il n’y a qu’un seul problème – la pensée de séparation de Dieu. Croire cette pensée, voilà la cause d’une énorme culpabilité et de sentiments de vide, de désespoir et de manque. Cela nous pousse à chercher à combler ces besoins et à soulager notre douleur à l’extérieur par la magie, faisant du monde entier un «spectacle de magie»:

«En ce monde, tu crois que tu es soutenu par tout, sauf Dieu. Tu places ta foi dans les symboles les plus banals et les plus insanes: pilules, argent, vêtements ‘protecteurs’, influence, prestige, être aimé, connaître les “bonnes” personnes, et toute une liste interminable de ces formes de rien que tu dotes de pouvoirs magiques» (L-I.50.1:2-3).

Quelle que soit la forme de magie choisie, elle ne fonctionnera pas vraiment. Le Cours nous demande de défaire notre croyance à la magie en reconnaissant le problème:

«Si tu pouvais reconnaître que ton seul problème est la séparation, quelle qu’en soit la forme, tu pourrais accepter la réponse parce que tu en verrais la pertinence. En percevant la constance qui sous-tend tous les problèmes auxquels tu sembles être confronté, tu comprendrais que tu as les moyens de les résoudre tous. Et tu emploierais les moyens, parce que tu reconnais le problème» (L-I.79.6:2-4).

Le «moyen» que nous avons est le pouvoir de notre esprit de choisir, et notre choix se fait toujours entre la magie et le miracle, entre chercher en dehors de nous dans l’illusion et aller au-dedans, dans notre esprit, où nos décisions peuvent être modifiées.



125 — Se préoccuper des progrès faits avec le Cours, et «attendre» quelque chose

Q: J’étudie Un cours en miracles depuis environ trois ans. J’ai deux questions. D’abord, où en est-on en ce qui concerne le Cours, autrement dit, y a-t-il un moment où tout se met en place? Deuxièmement, je me sens comme si j’étais et avais toujours été en mode d’«attente». Je veux dire par là dans un état d’anticipation, mais quand même pas vraiment. J’en ai assez de passer ma vie à «attendre». Pouvez-vous me conseiller à ce sujet?

R: Nous ne sommes pas tout à fait certains de ce que vous entendez par «un moment où tout se met en place». Le Cours fonctionne, si c’est ce que vous voulez dire. C’est un programme individualisé (M-9.1:5), et les détails du processus varient donc d’un étudiant à l’autre. Notre apprentissage se fait toujours dans le contexte de nos relations et des circonstances de notre vie, et le but des leçons du livre d’exercices est de généraliser, de sorte qu’à mesure que nous avançons nous apprenons petit à petit à appliquer ses principes chaque minute de chaque jour, sans nous perdre dans les détails. C’est ainsi que «tout se met en place». Notre réaction habituelle à tout ce qui se passe dans notre vie quotidienne devrait donc être d’apporter nos pensées égoïques à l’amour de Jésus dans notre esprit, et ensuite, ayant porté notre résistance à la lumière et y ayant renoncé, de faire un choix contre l’ego et de laisser notre esprit être guéri; cela lui rendrait la conscience de la présence de l’amour que nous avions bannie. Notre vie serait alors dirigée à partir de ce centre calme de paix:

«Et tu seras plus conscient de ce calme centre de la tempête que de toute son activité déchaînée. Ce calme centre, où tu ne fais rien, te restera, t’apportant le repos au milieu de chaque affaire pressante où tu es envoyé. Car de ce centre il te sera indiqué comment te servir du corps sans péché. C’est ce centre, d’où le corps est absent, qui le gardera ainsi dans la conscience que tu en as» (T-18.VII.8:2-5).

Il est difficile de répondre à votre deuxième question sans en savoir un peu plus sur vous. Nous allons donc parler de façon générale de l’état que vous décrivez et qui n’est pas si rare. Le Cours mentionne très souvent la peur – et même la terreur – qui est la conséquence d’avoir écouté l’ego plutôt que le Saint-Esprit. Nous n’avons pas conscience de la peur à ce niveau de notre esprit, et la peur dont nous sommes conscients est toujours attribuée à quelque chose dans le monde ou dans notre expérience physique ou psychologique, les deux se trouvant hors de l’esprit. Or la peur dont parle Jésus explique en partie les différentes directions que prennent nos vies.

La peur est liée à notre attente d’une punition de la part de Dieu pour nous être séparés de Lui et est également liée à la parole que nous avons donnée à l’ego de lui être fidèle à tout prix. Notre existence même en tant qu’individu est par conséquent associée, dans notre esprit, à une peur et à une terreur à une échelle qui ne ressemble, même de loin, à rien au monde.

Au lieu d’apporter la peur à Jésus qui nous aiderait à comprendre que la peur est tout à fait injustifiée, nous écoutons l’ego qui nous avertit que nous ferions mieux de nous en occuper. Alors nous organisons notre vie essentiellement en sorte qu’elle soit une défense contre cette peur. Cela se manifeste de diverses façons dont l’une pourrait être de ne jamais vraiment démarrer dans sa vie – ce serait comme attendre à un feu rouge qui ne passe jamais au vert. Inconsciemment, la peur est là que, peu importe ce que vous faites, vous allez être condamné. La solution mal adaptée à cette peur est de rester au point mort afin de ne jamais avoir à assumer la responsabilité de n’importe quoi parce qu’au plus profond de votre esprit il y a cette pensée: «Je me suis mis seul en route une fois déjà, et voyez ce que j’ai fait. J’ai tué l’amour pour pouvoir exister. Je suis une personne tout à fait horrible, donc je vais veiller à ne jamais rien faire de ma vie, afin de ne pas être attrapé et tenu pour responsable pour cette chose terrible que j’ai faite».

Rien ne peut changer dans une telle situation jusqu’à ce que l’état intérieur de terreur soit admis et regardé. Parfois cela nécessite l’assistance d’un thérapeute compatissant, mais pas toujours. Jésus nous encourage à franchir ce pas avec lui à nos côtés:

«Nous sommes prêts à regarder de plus près le système de pensée de l’ego parce qu’ensemble nous avons la lampe qui le dissipera; et puisque tu te rends compte que tu ne le veux pas, tu dois être prêt. Soyons très calmes en faisant cela, car nous ne faisons que chercher honnêtement la vérité» (T-11.V.1:3-4).

Nous avons besoin de l’aide de quelqu’un qui se trouve en dehors de ce système de pensée de péché, culpabilité et peur, quelqu’un qui voit son irréalité, mais qui voit aussi l’effet dévastateur qu’il a dans les esprits de ceux qui ont oublié que tout cela n’est qu’une fable inventée.



126 —Jésus a-t-il guéri en voyant le Christ en autrui?

Q: Jésus a-t-il guéri en simplement voyant le Christ en autrui?

R: Puisque vous dites «a guéri» au passé, il faut d’abord préciser que les enseignements d’Un cours en miracles sur la guérison ne se basent ni sur les comptes rendus de guérisons du Jésus historique dans les évangiles, ni ne font référence à eux. C’est une clarification importante puisque le Cours interprète la «guérison», le «Christ» et «Jésus» autrement que le christianisme traditionnel. Tenant compte de cela, nous rappelons d’abord que le Cours explique que la guérison concerne toujours l’esprit:

«Puisque seul l’esprit peut être malade, seul l’esprit peut être guéri. Seul l’esprit a besoin de guérison» (P-in.12:2-3).

Par conséquent, personne, Jésus y compris, ne guérit vraiment quelqu’un d’autre:

«La guérison ne vient de personne d’autre. Tu dois accepter d’être guidé de l’intérieur» (T-8.IV.4:5-6).

De même, toute personne dont l’esprit est guéri, y compris Jésus, sert de rappel pour celui qui se perçoit comme étant non guéri qu’il peut, lui aussi, choisir la guérison en acceptant la vérité en ce qui le concerne. Un «guérisseur guéri», dont Jésus est un, reflète donc la vérité pour quiconque désire véritablement être guéri. C’est peut-être cela que vous appelez «voir le Christ en autrui». Cela veut dire regarder sans jugement, sans voir des différences et voir quelqu’un sans péché. Voilà ce qui guérit l’esprit.

Accepter la vérité à notre égard – c’est cela la guérison – signifie par sa nature nous accepter nous-mêmes comme étant joints à toute la Filialité. Ainsi, quand nous acceptons la guérison pour nous-mêmes, nous l’acceptons pour toute la Filialité. C’est cela que le Cours veut dire quand nous lisons que nous ne sommes pas guéris seuls – la vérité à propos de qui nous sommes est la même vérité pour tous et comporte tout le monde:

«C’est pourquoi peu importe à quelle partie ou par quelle partie de la Filialité la guérison est offerte. Chaque partie en bénéficie et en bénéficie également» (T-5.in.2:6-7).

Nous ne sommes pas des individus séparés cherchant une guérison individuelle. Il n’y a pas d’«individu» à guérir. Par conséquent, lorsque Jésus a accepté l’Expiation pour lui-même, nous étions tous avec lui et avons été guéris avec lui. Seule notre acceptation est requise afin de prendre conscience de cette guérison. Puisque toute maladie est séparation, toute guérison est jonction:

«La guérison est l’effet d’esprits qui se joignent, comme la maladie vient d’esprits qui se séparent» (T-28.III.2:6).

Nous sommes guéris lorsque nous choisissons de nous joindre à Jésus en acceptant notre guérison. Voilà comment le Cours nous dit que la guérison s’accomplit.



127 — S’il n’y a qu’un Esprit, pourquoi est-ce que je me perçois comme unique?

Q: Pouvez-vous m’aider à concilier le fait qu’il y ait seulement Un Soi ou Un Esprit avec le fait que je me perçois comme une conscience unique? Est-ce que ma perception d’avoir une conscience unique est une illusion?

R: Aussi réelle qu’elle puisse nous paraître, notre conscience individuelle unique fait effectivement partie de l’éventail des illusions de l’ego. En fait, la conscience est le premier tour de magie que l’ego a sorti de ce paquet illusoire. Un cours en miracles nous apprend bien au début du Texte que la

«conscience, le niveau de la perception»,

est en fait du domaine de l’ego illusoire et qu’elle

«fut la première division introduite dans l’esprit après la séparation» (T-3.IV.2:1).

Si vous tenez compte du fait que la perception présuppose nécessairement un soi qui perçoit et un autre qui est perçu, vous comprendrez peut-être pourquoi le Cours explique que la conscience implique nécessairement un esprit séparé et qu’elle ne peut donc pas être réelle. D’autre part au Ciel, le domaine de la connaissance ou de l’Unité d’esprit, il n’y a pas de séparation et il ne peut donc pas y avoir de perception, c’est-à-dire il n’y a pas de soi qui peut en percevoir un autre (T-3.IV.1-3).

Vers la fin du Cours Jésus fait référence à la nature illusoire de la conscience individuelle en observant:

«En ce monde, parce que l’esprit est divisé, les Fils de Dieu paraissent être séparés. Leurs esprits ne semblent pas non plus être joints. Dans cet état illusoire, le concept d’un “esprit individuel” semble être signifiant» (C-1.2:1-3).

Et au cas où nous n’aurions toujours pas compris, il ajoute:

«La conscience a des niveaux et elle peut en changer d’une manière assez dramatique, mais elle ne peut pas transcender le champ de la perception. Au plus haut niveau, elle devient consciente du monde réel [perception totalement guérie] et elle peut être entraînée à l’être de plus en plus. Or le fait même qu’elle a des niveaux et qu’elle peut être entraînée démontre qu’elle ne peut atteindre à la connaissance» (C-1.7:4-6).

La conscience sera laissée derrière ou transcendée lorsque notre esprit sera complètement guéri de la pensée erronée de séparation et retournera au domaine de la connaissance, ou de l’Unité d’esprit. C’est cette perte apparente d’une conscience individuelle et unique qui est à l’origine de toute la peur que nous associons en fin de compte à la pratique du pardon. Or il ne nous sera jamais demandé de renoncer à ce faux soi et nous en lâcherons prise que lorsqu’il n’aura plus aucune valeur ni signification pour nous. La peur de l’ego d’être anéanti n’est donc qu’une astuce de plus qu’il tire de son éventail des illusions pour que nous restions enracinés dans son système de pensée.

Pour de plus amples explications sur l’esprit et la conscience, vous pourriez relire les questions 27, 32 et 65.



128 — Comment guérir une dépression de façon spirituelle plutôt qu’avec des médicaments?

Q: Je suis aux prises avec une dépression clinique depuis cinq ans environ. Lorsque je ne prends pas mes médicaments, je suis très fatigué et incapable de me concentrer. Je trouve cet état difficile à vivre. Mais quand je prends mes médicaments, je peux me concentrer et ne ressens pas de fatigue. Voici ma question: Un cours en miracles explique que nous ne sommes pas des corps. Nos corps sont des projections faites par l’ego. S’il y a quelque chose qui ne va pas avec le corps, l’ego en est la cause. Que dois-je donc faire pour guérir cette dépression sur un plan spirituel afin de ne plus avoir à prendre ces médicaments?

R: Pardonner. C’est tout ce que vous avez à faire.

Au cas où cette réponse vous paraîtrait trop désinvolte, quelques mots supplémentaires pourraient vous aider. Tout ce que nous faisons ici dans le monde pour nous occuper de nos limites corporelles et nos besoins est ce que le Cours appelle la magie. (Pour de plus amples explications de la magie dans le contexte des dépendances et du programme en 12 étapes, voir la question 57). Tout cela est de la magie, car nous ne traitons pas le vrai problème ni la source de tous nos symptômes, y compris le fait de nous sentir comme des corps. Le vrai problème est toujours et uniquement la culpabilité dans notre esprit égoïque. Et la seule façon d’aborder ce problème est de pratiquer le pardon, ce qui signifie d’apprendre, avec l’aide de Jésus ou du Saint-Esprit, à ne pas juger les projections de notre ego afin qu’elles puissent être retirées et guéries dans l’esprit où elles ont leur origine.

Mais il se pourrait qu’il y ait un stigmate dans votre esprit associé au fait de prendre des médicaments pour la dépression, et c’est là où vous pourriez en fait entamer votre processus de pardon. Le fait est que manger et dormir sont également des formes de magie que nous utilisons pour faire face à ce qui, autrement, seraient des états désagréables ou dysfonctionnels. Mais la plupart d’entre nous ne vont pas se demander quoi faire spirituellement pour soulager la faim ou la fatigue de sorte à ne plus jamais avoir besoin de manger ou de dormir. Et le Cours nous apprend que toutes les illusions sont les mêmes – en réalité il n’y a pas de hiérarchie (T-26.VII.6). Vous devriez donc d’abord apprendre à vous pardonner vos limitations, c’est-à-dire apprendre à ne pas vous juger pour vous percevoir comme un corps avec tous les besoins associés au fait de vous voir dans un état physique, y compris la prise de médicaments contre la dépression. Jésus nous rappelle avec douceur:

«Ne désespère pas, donc, à cause des limitations. C’est ta fonction d’en échapper, mais non d’en être dépourvu» (M-26.4:1-2).

Alors plutôt que d’essayer de trouver un moyen spirituel pour vous sevrer de vos antidépresseurs il pourrait être bien plus bénéfique de demander de l’aide pour entrer en contact avec la culpabilité sous-jacente qui déclenche les symptômes de dépression, afin qu’ils puissent être guéris. Tous les symptômes ne sont que des signaux qui nous indiquent que nous voulons encore que la séparation et toutes ses ramifications soient réelles. Or ce désir a un prix, et c’est avec ce prix que nous devrions commencer à nous mettre davantage en contact. Nous voir comme éternellement séparés de l’amour sans avoir le moyen de retourner chez nous est sans doute l’état le plus déprimant que nous puissions éprouver.

Mais ce qui est bien, c’est que la séparation n’est pas vraiment vraie. À mesure que nous voyons tout ce que ça nous coûte que de croire à la séparation – y compris la dépression due au désespoir perçu dans la présente «réalité» – le désir d’une autre façon de voir augmentera peu à peu en nous jusqu’à devenir la seule chose que nous voulions. Car nous aurons appris que le seul lieu d’espoir véritable se trouve dans notre esprit où la présence de l’amour est toujours disponible pour nous reconduire à notre demeure.



129 — Que me conseilleriez-vous pour quand je me suis «éloigné» du Cours?

Q: J’étudie Un cours en miracles depuis plus de vingt ans, et durant cette période j’ai remarqué que mon engagement diligent oscille entre des hauts et des bas considérables. Je constate que mon ego prend encore une fois le dessus, et à part quelques prises de conscience très utiles, je me retrouve plus ou moins à la case de départ. Je me demande parfois si mon petit désir n’est pas un peu trop petit. Je comprends que notre investissement dans l’ego est beaucoup plus grand que nous ne l’imaginons, mais je suis parfois frustré de constater qu’après toutes ces années mon esprit vagabonde encore si facilement après tant d’efforts pour l’entraîner. En fin de compte je suis toujours à la recherche de ne serait-ce qu’un soupçon de la paix de Dieu. Avez-vous des commentaires, des conseils ou quelque encouragement qui pourraient m’aider (et peut-être aussi d’autres étudiants comme moi) à voir ceci d’un point de vue plus profond, et peut-être me remettre sur la voie?

R: Plusieurs idées pourraient vous aider à vous «remettre sur la voie» et placer votre expérience dans une perspective positive. Tout d’abord, vous n’êtes pas seul à vivre cette expérience; elle est tout à fait «normale» et le processus de pardon est difficile. Cela n’est peut-être pas particulièrement réconfortant, mais Jésus nous dit clairement que nous avons des déficiences d’apprentissage et ne devrions donc pas être surpris quand nous avons des difficultés à pratiquer le Cours:

«Tu as des handicaps d’apprentissage, très littéralement. Dans certains domaines tes capacités d’apprentissage sont tellement détériorées que tu ne peux plus progresser que sous une direction constante, nette et précise, fournie par un Enseignant Qui peut transcender tes ressources limitées. Il devient ta Ressource parce que de toi-même tu ne peux pas apprendre. La situation d’apprentissage dans laquelle tu t’es placé est impossible, et dans cette situation il est clair qu’il te faut un Enseignant particulier et un curriculum particulier» (T-12.V.5:1-4).

N’oubliez pas que ce message s’applique à tous les étudiants du Cours, et cela veut dire clairement que le programme d’entraînement qu’enseigne le Cours est difficile pour nous. Le Cours est simple et clair, mais il n’est pas facile. L’enseignement du Cours conduit à la fin au défaire de tout ce que nous croyons à propos de tout, y compris et surtout de nous-mêmes. Il est tout à fait compréhensible que nous soyons inconstants et même très résistants quand il s’agit d’appliquer ses principes à notre vie. Comme il a été dit à maintes reprises, si le Cours était facile nous n’en aurions pas besoin. Il a été conçu par un Enseignant d’une grande sagesse en tant qu’étude à vie, et pour de bonnes raisons. Dans ce processus, il est très important de ne pas vous juger pour de soi-disant «échecs», car il en résulterait sans doute encore davantage de culpabilité, ce qui ne ferait qu’accomplir le plan de défense de l’ego contre l’apprentissage du Cours.

Peut-être cela vous aiderait de voir toutes les pensées que vous avez concernant le degré de votre désir, et  votre frustration, comme des stratagèmes typiques de l’ego pour que vous ne suiviez pas la bonne voie (ou le bon cours, si vous voulez bien me pardonner le jeu de mots). Si vous pensez que cela pourrait vous aider, vous pourriez introduire une certaine structure dans votre étude, soit en utilisant les indications pour les leçons du livre d’exercices, soit en réservant un moment précis pendant la journée pour lire un passage du Cours. Il est parfois utile de s’habituer à passer la journée en revue avant d’aller au lit afin de repérer les pensées qui ont causé des malaises ou des émotions souvent plus fortes. Ces pensées et sentiments représentent les jugements qui rendent la paix impossible. Ce genre d’examen semble aussi nous aider à rester à l’écoute de nous-mêmes et à promouvoir une plus grande vigilance le lendemain. Toute tentative en vaut la peine, car elle ravivera le minuscule étincelle du désir.

Une autre chose qui est importante à retenir est que notre compréhension habituelle du temps ne s’applique pas à notre pratique du Cours. Puisque tout ce qui existe est l’instant présent où je choisis soit d’écouter le Saint-Esprit soit l’ego, en un sens nous sommes toujours au point de départ. En outre, chaque fois que nous appliquons un principe quelconque de l’enseignement du Cours à notre vie ou à nos relations, si «peu» que cela puisse paraître, le temps n’a plus d’importance. Il peut être encourageant de se rendre compte que le décalage n’a aucun effet sur l’efficacité de notre apprentissage, que 20 ans ou 20 minutes se soient passés depuis notre dernière application pratique. Vous savez sans doute que tout le système de pensée de l’ego peut être défait en un seul instant, et lorsque vous faites l’erreur de vous tourner à nouveau vers l’ego, vous pouvez recommencer sans jugement et être sûr que Celui qui vous accompagne à travers les hauts et les bas ne se soucie pas de vos détours ou méandres.

Lorsque l’ego interprète et évalue notre progrès, c’est une aide de se rappeler que le Cours ne qualifie pas «le petit désir». Aucun désir n’est trop petit, et nous ne sommes de toute façon pas équipés pour juger notre progrès. Nous ferions bien de nous rappeler que:

«Ton petit effort et ta petite détermination appellent le pouvoir de l’univers à ton aide, et Dieu Lui-même t’élèvera des ténèbres dans la lumière. Tu es en accord avec Sa Volonté. Tu ne peux pas échouer parce que ta volonté est la Sienne» (L-I.69.7:2-4).



130 — Qu’est-ce que la «véritable empathie» versus la «fausse empathie»?

Q: Qu’est-ce que la «véritable empathie» par opposition à «la fausse empathie» et comment la pratiquer?

R: La «véritable empathie» décrite dans Un Cours en miracles consiste à percevoir le vrai besoin qu’ont toutes les parties de la Filialité séparée, soit le besoin de guérir la pensée de séparation dans l’esprit, peu importe la forme qu’elle prend. Elle voit le problème là où il est: dans l’esprit. C’est l’application de l’un des principes fondamentaux du Cours:

«Les idées ne quittent pas leur source, et leurs effets n’en sont séparés qu’en apparence. Les idées sont de l’esprit. Ce qui est projeté au-dehors, et semble être extérieur à l’esprit, n’est pas du tout à l’extérieur, mais un effet de ce qui est au-dedans et n’a pas quitté sa source» (T-26.VII.4:7-9).

Cela veut dire regarder au-delà des détails de la situation qui semble être le problème – maladie, manque de toute sorte, troubles émotionnels ou psychologiques, catastrophes naturelles, etc. – et reconnaître que rien de tout cela n’a le moindre effet sur le Soi véritable. Ils n’ont pas le pouvoir de nous prendre la paix, et leur résolution réside dans la capacité de la personne concernée de reconnaître cela et de choisir la paix au lieu de la détresse. La véritable empathie vient d’un choix fait dans l’esprit de regarder avec la perception véritable du Saint-Esprit Qui ne voit qu’une expression d’amour ou un appel à l’amour (T-14.X.7). La réponse est donc de laisser l’amour du Saint-Esprit couler vers la personne «dans le besoin» sous toute forme qui sera le plus utile et aimant. Très probablement cela ne signifie pas de dire verbalement à quelqu’un qu’il a fait un mauvais choix et qu’il peut choisir à nouveau, ce qui pourrait être une attaque et augmenterait la peur et l’anxiété. Une fois que le choix est fait de voir avec le Saint-Esprit et de ne pas croire l’interprétation de l’ego d’une situation, la réaction appropriée coulera de source. L’intention sera de se joindre à l’autre au niveau de l’esprit, là où se trouve la réponse au problème. Ceci n’exclut pas d’aider quelqu’un à trouver des solutions concrètes ou de l’aider extérieurement avec son problème, mais le contenu de l’esprit, la perception véritable du Saint-Esprit, sera clair. La vraie cause et la vraie solution résident dans le pouvoir de l’esprit de choisir.

La «fausse empathie» est la perception de victimisation de l’ego. L’ego voit une victime attaquée par quelque force extérieure, que ce soit une maladie, quelqu’un d’autre ou un événement catastrophique, et croit que la personne concernée a besoin d’une solution extérieure pour régler son problème. La fausse empathie peut servir de motif à certains pour se voir comme des «sauveurs» qui peuvent aider une victime à résoudre sa situation fâcheuse, sans avoir conscience du choix de l’esprit. De ce point de vue, les deux conviennent qu’il y a une victime et un agresseur et qu’une solution en dehors de l’esprit peut être trouvée. C’est un accord conclu à partir de la folie. Le Cours dit très clairement que cette fausse empathie, du fait qu’elle nie le pouvoir de l’esprit, constitue en réalité une attaque. Non seulement elle ne résout pas le problème, mais en fait elle opère de sorte à aggraver le problème parce qu’elle renforce la séparation:

«La preuve la plus claire que l’empathie telle que l’ego l’utilise est destructrice réside dans le fait qu’elle ne s’applique qu’à certains types de problèmes et que chez certaines personnes. À ceux-là, qu’il sélectionne, il se joint. Et il ne se joint jamais que pour se renforcer lui-même» (T-16.I.2:1-3).

Lorsqu’une distinction est faite entre ceux qui méritent d’être soutenus ou aidés alors que d’autres sont exclus, c’est une indication claire qu’il s’agit de la fausse empathie. Cela s’applique particulièrement lorsque ceux qui sont exclus sont appelés «agresseurs» et non seulement ne méritent pas la compassion, mais une punition de quelque sorte. Quand nous remarquons que nous voyons des victimes et des agresseurs, par exemple lors de désastres, nous avons une occasion de nous distancier de la première interprétation de l’ego et de penser à ce que nous dit le Cours:

«Tu ne sais pas ce que cela signifie d’avoir de l’empathie. Or de ceci tu peux être sûr: si tu ne fais que rester tranquille en laissant le Saint-Esprit entrer en relation par toi, tu auras de l’empathie pour la force et tu gagneras en force et non en faiblesse» (T-16.I.2:6-7).

La pratique de la véritable empathie commence par reconnaître notre fausse empathie, et que nous confondons comme d’habitude cause et effet. C’est à cause de cela que nous ne savons pas ce que signifie l’empathie. Du moment où nous sommes honnêtes à propos de nos malperceptions, il ressort petit à petit  combien nous croyons au système de pensée de l’ego. Reconnaître cela et remettre en question la validité de l’interprétation de l’ego va permettre que notre perception change tout doucement et que notre réaction soit transformée par le Saint-Esprit. Sa véritable empathie répondra ensuite à notre vrai besoin et au vrai besoin de tous, qui est que l’esprit soit guéri. Voilà la vraie réponse au vrai problème.

 

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