111-120

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page :
111 – Est-ce que le monde entier est une illusion?
112 – Comment le Cours peut-il aider pendant le deuil?
113 – Pourquoi est-ce que je ne gagne pas assez d’argent?
114 – Comment puis-je «ne rien faire» si quelqu’un est souffrant?
115 – Comment voir la ménopause?
116 – Dieu intervient-Il dans le monde?
117 – Pourquoi un bébé ou un animal tomberaient-ils malades?
118 – L’ego, la riposte, l’attaque de soi et la peur
119 – Douceur, paix, confiance et distractions de ce monde
120 – Devrions-nous ne plus manger de la viande?



111 — Est-ce que le monde entier est une illusion?

Q: Est-ce que vous pourriez S.V.P. élucider la question si le monde est une illusion? Est-ce que le monde physique que nous voyons avec nos yeux est une illusion, ou est-ce la façon dont nous interprétons le monde que nous voyons qui est une illusion, ou les deux?

R: L’univers physique tout entier est une illusion, et non seulement notre interprétation. Voilà le non-dualisme absolu de la métaphysique du Cours. Il ressort très clairement du Cours que ce qui est réel est inchangeable, illimité, sans forme, parfait et éternel. Par conséquent, tout ce qui change, qui est limité, a une forme, n’est pas parfait et est temporel ne peut pas être réel. Certains passages à voir sont les suivants, bien qu’il y en ait beaucoup d’autres qui parlent du non-dualisme:

1) «Il n’y a pas de monde! Voilà la pensée centrale que le cours tente d’enseigner» (L-I.132.6:2-3), ainsi que d’autres parties de la leçon.

2) «Perception vraie – Connaissance» (C-4): dans cette section de la clarification des termes, Jésus utilise l’expression «le monde que tu vois» (C-4.1:3), mais ce qui suit rend tout à fait évident qu’il ne fait pas référence à nos interprétations, mais au monde physique tout entier que voient nos yeux: «Le monde que tu vois est l’illusion d’un monde. Dieu ne l’a pas créé, car ce qu’Il crée doit être éternel comme Lui-même. Or il n’y a rien dans le monde que tu vois qui durera à jamais. Certaines choses dureront un peu plus longtemps que d’autres dans le temps. Mais le temps viendra où toutes choses visibles auront une fin» (C-4.1).

3) «Le pardon et la fin des temps» (T-29.VI). Toute cette section décrit comme irréel tout ce qui est du temps et des changements, et puis

4) «le temps et l’espace sont une seule illusion» (T-26.VIII.1:3).

Nous espérons que ces quelques références vous aideront à voir plus clair et rendront un peu plus facile la lecture d’Un cours en miracles.



112 — Comment le Cours peut-il aider pendant le deuil?

Q: Récemment, j’ai perdu le deuxième de mes deux animaux domestiques bien-aimés. J’ai remarqué que j’essayais d’utiliser Un cours en miracles pour le «sauver» avant son décès. Je n’ai pas voulu en lâcher prise et j’étais furieuse parce que rien de ce que j’avais essayé n’avait marché. J’avais surtout lu la leçon 320 dans le livre d’exercices: «Mon Père me donne tout pouvoir». Je comprends que je suis peut-être en train de confondre les niveaux, mais je me demande si quelqu’un peut m’expliquer cela de façon à ce que je comprenne mieux où je fais erreur. Comment puis-je utiliser le Cours pour faire face au processus de deuil? La douleur est si intense; je ne sais pas comment demander de l’aide.

R: Il est tout à fait compréhensible d’essayer d’utiliser tous les moyens disponibles pour sauver votre animal adoré dans votre désir qu’il reste avec vous. Et, à moins de lire la leçon 320 dans le cadre du Cours dans son ensemble, il est très facile de la comprendre comme si elle voulait dire que vous devriez avoir, entre autres, le pouvoir de sauver la vie de votre animal domestique. Mais ce n’est pas ce que signifie cette leçon. Comme beaucoup d’autres mots dans Un cours en miracles, le terme pouvoir a un sens bien précis qui diffère de la façon dont nous voyons le pouvoir dans notre perspective basée sur l’ego. Pour l’ego le pouvoir se rapporte à la capacité de changer et de contrôler les choses dans le monde. Mais puisque le monde selon le point de vue de Jésus – bien que pas encore du nôtre – est illusoire, ce n’est pas du tout un pouvoir réel.

Selon le Cours il n’y a que deux sortes de pouvoir: le pouvoir de créer et le pouvoir de choisir ou de décider. Le pouvoir de créer qui implique simplement l’extension de l’amour qui est notre seule réalité nous a été donné par Dieu lors de notre création, et ce pouvoir demeure dans notre esprit, bien que nous l’ayons camouflé et oublié. Mais ce pouvoir fonctionne uniquement dans le domaine de l’esprit et n’a rien à voir avec le monde des corps et des formes de l’ego qui, selon nous, est notre réalité.

Lorsqu’il semblait que nous tournions le dos à notre pouvoir de créer, suite à notre désir d’être séparés, le pouvoir que nous avons fait à la place pour nous-mêmes était le pouvoir de décider (T-14.VI.5:6) – le pouvoir de nous détourner de l’amour de Dieu et de choisir l’ego avec toutes ses nombreuses facettes comme notre enseignant et guide. Mais depuis que nous avons rendu ce pouvoir de décider réel pour nous-mêmes, Jésus nous dit que nous pouvons lui donner un autre but (T-14.VI.5:6-7): nous pouvons apprendre à choisir le Saint-Esprit au lieu de l’ego comme notre Enseignant et Guide pour nous aider à nous éveiller du cauchemar de mort, de perte et de chagrin dont nous avons fait notre réalité. Car lorsque nous croyons être pris au piège du monde, le pouvoir de choisir comment regarder ce que nous avons fait est le seul pouvoir réel dont nous disposons (T-12.VII.9:1-2). Tous les soi-disant pouvoirs du monde ne font que nous garder enracinés dans l’illusion et renforcent continuellement notre croyance aux limites et à la perte, ce qui reflète notre choix de l’ego et de toutes ses ramifications.

Donc, quand nous lisons dans la leçon 320: «Ta Volonté [celle de Dieu] peut faire toutes choses en moi, puis s’étendre aussi au monde entier par moi» (L-II.320.2:1), cela veut dire que lorsque nous choisissons le Saint-Esprit comme Enseignant toute la culpabilité que nous ressentons comme résultat de notre choix de la séparation peut être défaite par le pardon. Ce pardon peut ensuite s’étendre à travers nous vers d’autres esprits qui croient aussi être piégés dans un corps dans le monde. Dans le contexte de vos animaux domestiques bien-aimés, cela voudrait dire de reconnaître d’abord votre propre choix de rendre réelles la souffrance et la mort, et ensuite d’apporter ces pensées et la culpabilité qui les accompagne au Saint-Esprit pour en être délivré. Au moment où vous laissez votre esprit être guéri, la paix en vous s’étend à ceux qui vous entourent, y compris à vos petits amis qui ressentent peut-être encore de la douleur et de la peur dans leur propre esprit. Et vous saurez à ce moment-là que la séparation n’est pas réelle et que rien ni personne, pas même la mort, ne peut vous priver d’amour.

Pour examiner plus à fond la vue du Cours sur la mort et le deuil, vous pouvez également relire la question 15. L’important, c’est de vous permettre d’être doux avec vous-même dans votre deuil.



113 — Pourquoi est-ce que je ne gagne pas assez d’argent?

Q: Il me semble que j’ai constamment le problème de ne pas gagner assez d’argent ou de ne pas avoir assez de travail pour faire tourner mon affaire, en particulier en ces périodes de récession, bien que je sois un professionnel très bien formé. Après toutes ces années à pratiquer le pardon à ce sujet, je suis désormais de plus en plus en paix lorsque ce problème refait surface, mais il m’arrive encore d’être irrité et j’aimerais me débarrasser complètement de ce problème pour qu’il ne se produise plus. Dans la perspective d’Un cours en miracles, y a-t-il autre chose que je peux faire pour « guérir » ce problème? Est-ce que regarder la culpabilité ou les origines de la culpabilité pourrait m’aider d’une façon ou d’une autre? Que suggérez-vous?

R: Nous ne pouvons répondre que de façon générale au genre de situation que vous décrivez, mais cela pourrait néanmoins vous aider. Premièrement, le but du monde est d’être un lieu où nous avons un nombre infini de problèmes à résoudre. C’est un écran de fumée conçu pour masquer le vrai problème, c.-à-d. la décision que nous prenons à chaque instant dans notre esprit de vivre séparé en tant qu’individu à part de Dieu et de voir les autres comme étant responsables de notre état, peu importe que nous soyons tourmentés par un seul problème récurrent ou par une multitude de problèmes. Les problèmes se posent dans notre vie parce que nous avons besoin, évidemment à un niveau inconscient, qu’ils y soient. Par conséquent, si nous ne nous rendons pas compte de la source réelle de nos problèmes (c.-à-d. la décision dans notre esprit), espérer vivre sans problèmes serait vain: nous ne ferions que lutter contre nous-mêmes. De plus, une partie de la stratégie de l’ego est de veiller à ce que nous gardions l’espoir que nos problèmes peuvent être résolus et qu’un jour viendra où nous pourrons vivre sans problèmes dans le monde. Le but de cette stratégie est de faire en sorte à ce que nous portions toute notre attention sur notre vie dans le monde, car cela garantit que nous ne nous souviendrons jamais que nous sommes en fait des esprits, résolus à rester à part de l’unité dans laquelle nous avons été créés comme étant le Christ, et que cela n’est qu’une ridicule pensée erronée que nous pouvons choisir de rejeter à tout moment.

Deuxièmement, la manière très douce – et pratique – du Cours d’aborder une situation comme celle que vous décrivez est que nous apprenions que la paix de Dieu qui est en nous ne peut jamais être touchée par n’importe quelle chose qui se déroule dans notre vie. Être en paix est toujours une affaire de choix. Peu importe les circonstances dans notre vie, nous pouvons toujours choisir d’être en paix. En cela, Jésus nous demande de le prendre pour modèle. Dans des circonstances apparemment beaucoup plus traumatisantes, il a dit qu’il ne se voyait pas comme étant persécuté, et il nous dit que nous pouvons apprendre à fonctionner également de cette manière (T-6.I.5,6). En un sens, vous dites que vous êtes victime de cette situation récurrente dans votre vie, et nous vivons tous des situations comme la vôtre sous une forme ou une autre. La première chose qu’il serait bon d’apprendre serait donc comment, pour ainsi dire, «déconnecter» notre état intérieur des situations extérieures. Ce n’est pas facile, mais cela forme une partie tout à fait essentielle de l’aspect d’entraînement de l’esprit du Cours. C’est une étape d’une importance majeure dans le processus pour retrouver le pouvoir de notre esprit, ce que l’ego ne voudrait jamais que nous fassions.

Troisièmement, lorsqu’il semble que des situations apparemment négatives se produisent constamment, c’est souvent parce qu’on projette sa culpabilité inconsciente sur sa vie personnelle – souvent elle est projetée sur le corps et provoque une maladie – en cherchant à se punir soi-même afin d’éviter la punition de Dieu qu’on croit être méritée et inévitable. Les échecs ou les malheurs consécutifs reflètent souvent la croyance inconsciente que si j’échoue ou suis malheureux, Dieu prendra pitié de moi et sera indulgent envers moi quand ce sera à mon tour de me présenter devant Lui pour rendre compte de ma vie. S’il y a une telle croyance dans notre esprit, nous avons en effet besoin qu’il y ait des situations dans notre vie qui garantissent que nous n’ayons pas de succès et serons malheureux. Combattre cela irait à l’encontre du but recherché. La solution est évidente. Comme les leçons du livre d’exercices nous le rappellent constamment, nous avons besoin d’aller au-dedans pour découvrir les pensées égotiques de péché, de culpabilité et de peur qui dirigent tout ce que nous faisons et pensons en tant qu’individus, et d’apporter ces ténèbres à la lumière.

Toutefois, le but de ce processus n’est pas de ne pas avoir des problèmes dans notre vie, mais d’apprendre que nous ne voulons pas la culpabilité, parce que la souffrance et les tourments liés à nos problèmes extérieurs ne sont rien, comparés à la souffrance intérieure et l’asservissement dus à la culpabilité. Nous n’avons pas besoin d’essayer de changer quoi que ce soit. Nous avons seulement besoin de regarder avec l’amour de Jésus à côté de nous combien nous attribuons nos malheurs et nos échecs à toute autre chose qu’à notre propre décision, et puis de ne pas nous juger pour l’avoir fait. C’est un pas de géant pour finalement arriver un jour à restituer la paix de Dieu à notre esprit, la paix qui est notre véritable héritage. Lorsque nous sommes immergés dans cette paix et connaissons qu’elle est l’identité à laquelle nous prenons tous part, cela ne change absolument rien si nos affaires marchent ou non, tout comme cela ne changeait absolument rien pour Jésus qu’il y ait ou non des clous dans ses mains et ses pieds. Il se peut que la situation extérieure change lorsque nous changeons d’esprit, mais cela ne nous importera plus, parce que notre perception de nous-mêmes et du monde aura complètement changé.



114 — Comment puis-je « ne rien faire » si quelqu’un est souffrant?

Q: J’ai deux questions concernant la véritable et à la fausse empathie. Je crois comprendre comment Un cours en miracles définit la différence entre les deux, mais ce que je ne comprends pas, c’est comment on peut être aimant, compatissant et plein de bonté envers un frère sans tomber dans le piège de l’ego ? Voici la deuxième question: quand un frère est malade ou a perdu son travail ou un être cher, Jésus nous dit, si j’ai bien compris, de « ne rien faire »? Je trouve cela difficile. Si je dis ou fais quoi que ce soit, je me joins à l’ego. Comment voir cela autrement?

R: La véritable empathie vient de votre esprit juste, ce qui signifie que vous vous êtes joint à Jésus ou au Saint-Esprit. À cet instant, vous êtes au-delà de votre ego et par conséquent tout ce que vous faites est aimant. Vous ne pouvez pas tomber dans le piège de l’ego lorsque vous ne faites qu’un avec l’amour de Jésus dans un instant saint, parce que cette jonction est une décision contre l’ego, et les deux états s’excluent mutuellement. Bien entendu, la plupart du temps nous retournons d’un bond dans notre esprit faux et dans le piège de l’ego de rendre l’erreur réelle.

Lorsque Jésus nous dit que nous n’avons pas besoin de faire quoi que ce soit, il veut dire que nous ne devrions rien faire seuls. Il ne prône pas la passivité. Il nous enseigne que si nous ne demandons pas son aide ou l’aide du Saint-Esprit, il y a de fortes chances que nous tombions dans le piège de l’ego. Alors, dans notre esprit faux, nous percevrons l’autre comme étant vraiment une malheureuse victime et qu’il est bon et affectueux de tendre une main secourable pour résoudre le problème et pour faire en sorte à ce qu’il se sente mieux. Dans cette perception, nous avons totalement perdu de vue la vérité à propos de notre frère et aussi de nous-mêmes. Nous sommes tombés dans le piège de l’ego de rendre notre frère sans esprit, ce qui veut dire que nous ne le verrons plus, ni nous-mêmes, comme des esprits qui ont choisi de rejeter leur véritable Identité en tant que Christ, et ensuite projettent la responsabilité de ce choix. La perception de l’esprit faux voit toujours des victimes et des agresseurs et non des esprits qui ont le pouvoir de choisir de revenir sur des décisions erronées et de reprendre conscience de l’amour qui a été repoussé. Si je vous perçois de cette façon-là, je ne peux pas aider véritablement, même si je résous la situation extérieure et fais tout pour que vous vous sentiez mieux. En fait je vous ai attaqué et me suis attaqué moi-même, parce que le message que je fais passer est que j’ai quelque chose que vous n’avez pas et que vous êtes impuissant. Je nous ai vus séparés et ai insisté sur votre faiblesse, confirmant ainsi la vision que l’ego a de vous, mais pas Jésus.

La correction de cette perception erronée nous vient si nous demandons de l’aide pour voir avec les yeux de Jésus ou pour partager la perception du Saint-Esprit. Nous apportons notre perception de la victimisation à Jésus ou au Saint-Esprit, car si je vous vois comme victime, c’est moi qui ai besoin de guérison. Ma perception doit être corrigée avant que je puisse aider. Mais nous ne parlons pas ici de ce que voient mes yeux physiques. Objectivement, cela se peut que vous ayez perdu votre emploi ou un être cher, mais de conclure que vous êtes une victime est une interprétation. C’est là où je fais erreur. Dès que je vous perçois comme victime, j’en déduis qu’il y a un agresseur et que vous n’êtes pas responsable de votre situation. Voilà le piège de l’ego dans lequel je suis tombé. Lorsque j’ai enfin compris que je vous voyais comme victime, j’aurais tout de suite dû m’arrêter et demander de l’aide pour regarder la situation d’une autre façon, et demander de l’aide pour m’identifier à la force du Christ en vous plutôt qu’à la faiblesse de l’ego en vous. Si je passe de l’esprit faux à l’esprit juste, je suis automatiquement guidé à faire ce qui est le plus aimant dans les circonstances. Cela pourrait être de faire quelque chose ou de ne rien faire, de dire quelque chose ou de ne rien dire. La meilleure aide sera donnée automatiquement, sans réflexion et sans investissement dans le résultat.


115 — Comment voir la ménopause?

Q: J’ai 50 ans et je suis en ménopause. Il y a des changements physiques qui se passent, surtout dans ma chimie cérébrale. Mes émotions sont plus intenses que jamais. J’étudie Un cours en miracles depuis plusieurs années et il me semblait avoir atteint un certain niveau de paix et de compréhension. Mais maintenant j’ai l’impression d’être victime de mon corps et plus insane que jamais. Est-ce qu’il s’agit simplement d’un autre niveau du «développement de la confiance», et est-ce que même la ménopause a affaire à la culpabilité?

R: La réponse à votre question réside dans la compréhension du corps et du rôle qu’il joue dans le système de pensée de l’ego. Bien qu’il nous soit dit à plusieurs reprises dans le livre d’exercices: «Je ne suis pas un corps» (L-I.84.1:4), c’est un fait que nous croyons être des corps, et nous avons des états comme la ménopause pour le prouver. Évidemment l’ego est l’auteur de cette croyance. Il nous dit que d’une certaine manière nous nous sommes retrouvés dans des corps sans que ce soit notre faute, et que maintenant c’est notre sort de devenir victimes de tous ses maux jusqu’à ce qu’à la fin nous dépérissions, mourions et nous décomposions. Ce message de l’ego a un but. Son plan est de nous convaincre que le corps est réel et que l’esprit est l’illusion: «L’ego utilise le corps pour conspirer contre ton esprit […] L’ego, qui n’est pas réel, tente de persuader l’esprit, qui est réel, que l’esprit est le mécanisme d’apprentissage de l’ego; en outre, que le corps est plus réel que l’esprit» (T-6.IV.5:1,3).

L’ego a d’abord utilisé le corps pour y loger la culpabilité puisque nous nous sommes séparés de Dieu. La culpabilité est donc intégrée dans tous les aspects du fonctionnement du corps, y compris la ménopause. Le corps est ensuite programmé pour procurer d’interminables besoins et des états aussi bien physiques qu’émotionnels et psychologiques pour servir efficacement de distractions et de preuves convaincantes de sa réalité. Le résultat inévitable est que nous croyons être victimes du corps et même être attaqués par lui. Cette insanité caractérise notre relation avec le corps, mais seulement si nous avons choisi de nous identifier à lui et cherchons à rester séparés, croyant tous les mensonges de l’ego à propos de qui nous sommes. Après avoir fait quelques progrès dans l’expérience de la paix, il est tout à fait compréhensible que l’ego trouve que la ménopause est une bonne occasion de nous tomber dessus à nouveau. Il n’y a pas lieu de vous faire des soucis et pas non plus de vous en sentir coupable. Toutefois, il est important de se rappeler que cela ne nous aide pas de nier les symptômes bouleversants de la ménopause, et il est certainement adéquat de chercher l’aide d’un médecin et du soutien de toutes les manières possibles. Dans le processus d’apprentissage pour chercher la guérison dans notre esprit, il y a la pensée réconfortante que la ménopause a une fin, et il y a un beau passage dans Le chant de la prière qui s’applique particulièrement aux femmes en ménopause: «L’univers attend ta délivrance parce que c’est la sienne. Sois bon envers lui et envers toi-même, puis sois bon envers Moi. Je ne demande que ceci: que tu sois consolé et ne vives plus dans la terreur et la douleur. N’abandonne pas l’Amour. Souviens-toi de ceci: quoi que tu puisses penser de toi-même, quoi que tu puisses penser du monde, ton Père a besoin de toi et Il t’appellera jusqu’à ce que tu viennes à Lui enfin en paix» (Ch-3.IV.10:3-7).

Le Cours offre une alternative à l’utilisation du corps par l’ego ainsi qu’une alternative à notre définition de nous-mêmes. C’est ici qu’entre en jeu le «développement de la confiance» (M-4.I.A). Vous pouvez voir clairement les astuces que l’ego mijote et prendre la décision de voir la ménopause différemment: en croyant que ce que le Cours enseigne est en fait vrai et digne de confiance. Tous les symptômes liés à la ménopause peuvent être utilisés comme des occasions pour mettre en question l’interprétation de l’ego de cela ainsi que de tout autre état corporel. Nous nous tournons vers l’esprit pour la vraie guérison dans le processus de nous occuper de la ménopause en examinant toutes les pensées que vous mentionnez et d’autres qui surgissent, afin qu’elles puissent être remises au Saint-Esprit pour être réinterprétées: «Le Saint-Esprit, comme toujours, prend ce que tu as fait et le traduit en mécanisme d’apprentissage. Et comme toujours, Il réinterprète ce que l’ego utilise comme un argument à l’appui de la séparation pour faire la démonstration du contraire. Si l’esprit peut guérir le corps, mais que le corps ne peut guérir l’esprit, alors l’esprit doit être plus fort que le corps. Chaque miracle démontre cela» (T-6.V-A.2:4-7).



116 — Dieu intervient-il dans le monde?

Q: Je ne suis pas tout à fait d’accord avec l’idée de l’intervention de Dieu dans le monde de formes. Je sais que le point de vue de la Fondation est celui qu’il est inconcevable qu’Il puisse participer à des changements et modifications dans un monde de formes, puisque le monde est une illusion. Je sais aussi qu’il s’agit toujours de changer nos pensées au sujet du monde afin de nous rapprocher de notre éveil. Mais dans la leçon 71 «Seul le plan de Dieu pour le salut marchera», l’esprit séparé demande en fait à Dieu: «Que voudrais-Tu que je fasse? Où voudrais-Tu que j’aille? Que voudrais-Tu que je dise, et à qui?» (L-I.71.9:3-5). N’est-ce pas demander à Dieu quelle direction nous devrions prendre dans le monde de formes? Je sais aussi que lorsque je renonce à ma pensée égotique et demande à Dieu de diriger mes pensées, le monde de formes change effectivement. Et puis, comment Un cours en miracles concilie-t-il cela avec la conception immaculée de Jésus? Ne serait-elle pas considérée comme une intervention dans l’illusion?

R: Comme il est mentionné ailleurs dans ces Questions, il est important de reconnaître qu’une grande partie du Cours est écrite dans un langage métaphorique qui nous atteint là où nous croyons être (cf. la question 72). Dieu est donc décrit dans le Cours de maintes façons qui suggèrent qu’Il Se soucie de nous ici dans le monde, simplement pour corriger notre croyance égotique que Dieu est un Père en colère Qui ne pense qu’à nous détruire. Le Cours cherche donc à nous aider à voir Dieu comme notre Ami Qui nous aide à faire ce que nous avons à faire, au lieu d’être notre ennemi. En outre, dans les leçons du livre d’exercices le terme Dieu est couramment utilisé, alors que le vrai sens en est la Voix de Dieu ou le Saint-Esprit.

Comme toujours, le contexte plus large du Cours et, dans ce cas-ci, de la leçon elle-même éclaircit mieux l’objectif plus profond des passages comme ceux que vous citez. Cette leçon décrit d’abord le plan de l’ego pour le salut – avoir des rancœurs contre autrui, afin que la culpabilité dans notre esprit semble reposer sur eux plutôt que sur nous, ce qui est le «jeu du blâme» (L-I.71.2). De toute évidence, cette «solution» est le problème, car en fait elle préserve la culpabilité dans nos esprits au lieu de la défaire. Et donc le plan de Dieu (c’est à dire du Saint-Esprit), bien qu’il ne soit pas décrit concrètement dans cette leçon, comporte nécessairement le désir de lâcher prise de ces rancœurs. Étant donné que notre colère et nos jugements sont déclenchés par nos interactions avec autrui, la direction à laquelle vous faites référence et pour laquelle nous demandons une aide concrète à Dieu veut en fait dire de ne pas continuer à agir – faire, aller, parler, etc. – seuls, c’est-à-dire sous la direction de l’ego. Si nous pouvons emporter la mémoire de l’Amour de Dieu avec nous tout au long de la journée, nous pouvons être sûrs que nous serons exactement là où nous devons être pour apprendre les leçons de pardon qui nous apporteront la paix que nous cherchons.

Maintenant, lorsque nous nous délivrons des dictats de l’ego et nous ouvrons à la direction de la Voix de Dieu, il se peut que nous constations des changements dans notre monde extérieur comme vous le mentionnez, bien que ce ne soit peut-être pas toujours le cas. Ces changements se produisent non pas parce que Dieu ou le Saint-Esprit est littéralement intervenu, mais parce que nous étions désireux de faire des choix intérieurs (souvent inconscients) qui étaient alignés sur l’amour plutôt que sur la haine. Les projections extérieures de notre culpabilité peuvent alors bien sûr changer, quoique, selon la perspective du Cours, ce ne soit jamais le but pour changer d’enseignant. C’est un piège de chercher des changements extérieurs pour prouver un changement intérieur, ce qui fixe notre attention de nouveau sur le monde.

Des naissances de vierges et des conceptions immaculées suggèrent en effet une intervention divine dans le monde de formes, mais le Jésus du Cours ne revendique jamais ce genre de choses. La bible et le christianisme traditionnel représentent un chemin spirituel bien différent de celui du Cours, et il est préférable de ne pas confondre les deux ou de chercher à les amalgamer d’une façon ou d’une autre.



117 — Pourquoi un bébé ou un animal tomberaient-ils malades?

Q: Selon Un cours en miracles, la maladie est une colère qui s’en prend au corps. D’où proviendrait la maladie d’un bébé? Dans le même ordre d’idée, les animaux ont-ils un ego, puisqu’ils tombent malades eux aussi? Ou est-ce que tout cela fait partie du rêve et l’ego cherche à nous faire perdre du temps à essayer de le comprendre?

R: Un bébé ou un animal peut tomber malade pour la même raison qu’un adulte devient malade. Nous croyons qu’il devrait y avoir une différence parce que nous confondons cerveau et esprit. Évidemment, il y a des différences entre le cerveau d’un bébé et le cerveau d’un adulte, ou le cerveau d’un animal et celui d’un humain. Or malgré nos croyances au sujet de la nature du cerveau et son pouvoir de contrôler le corps et le comportement, Jésus nous dit que nous faisons erreur: «Tu crois aussi que le cerveau du corps peut penser. Si tu comprenais seulement la nature de la pensée, tu ne pourrais que rire de cette idée insane. C’est comme si tu pensais tenir l’allumette qui allume le soleil et lui donne toute sa chaleur; ou que tu tenais le monde dans ta main, solidement attaché jusqu’à ce que tu en lâches prise. Or cela n’est pas plus sot que de croire que les yeux du corps peuvent voir, que le cerveau peut penser» (L-I.92.2).

Ce n’est pas le cerveau, mais l’esprit en dehors du temps et de l’espace qui prend toutes les décisions qui semblent avoir un effet sur le corps. Et vu que les esprits apparemment séparés qui rêvent toutes les figures dans le rêve ne sont en fait rien de plus que des fragments du seul esprit séparé qui est la source de toute pensée erronée (T-18.I.3-5), leur structure et leur contenu (péché, culpabilité et peur) sont les mêmes. C’est donc l’esprit, et non le cerveau qui ressent de la culpabilité, colère et peur et qui cherche des défenses contre ces pensées et ces sentiments. Et la maladie de l’esprit – la pensée de séparation – est projetée à l’extérieur sur le corps, que ce soit sur le corps d’un enfant, d’un adulte ou d’un animal, de sorte qu’il semble arriver quelque chose au corps dont cet individu n’est pas responsable.

Or tout comme la décision d’être malade est prise dans l’esprit, il en va de même pour la décision de guérir qui peut ensuite se refléter dans la disparition des symptômes et le rétablissement de la santé dans le corps de l’enfant, de l’adulte ou de l’animal. Car chaque fragment de l’esprit divisé contient non seulement l’ego, mais aussi la correction de l’ego que le Cours appelle le Saint-Esprit.



118 — L’ego, la riposte, l’attaque de soi et la peur

Q: Mes questions sont soulevées par ce qui me paraît être des expériences de «riposte» de la part de mon ego qui surviennent inévitablement quand j’ai essayé de le regarder sincèrement et ai demandé sa correction. Les formes précises qu’elles prennent peuvent être suffisamment graves pour me bloquer aussi bien physiquement que mentalement. Devrions-nous nous attendre à ce que cela se produise?

Je sais qu’il est question dans le Cours que l’ego «oscille entre la suspicion et la méchanceté» allant vers «la méchanceté» si j’essaie de m’en soulager et qu’alors il m’«offre l’illusion de l’attaque comme “solution”» (T-9.VIII.2:7,9-10). Donc si mon ego m’offre «l’illusion de l’attaque», alors je me suis tiré d’affaire. Je n’ai pas vraiment choisi l’attaque et je n’en suis pas responsable – c’est mon ego qui m’a eu. Mais cela, je ne le crois pas vraiment. Je crois que la partie de mon esprit qui décide choisit l’attaque pour protéger mon identification à l’ego – mon identité particulière et séparée – et que les choses vont beaucoup s’aggraver si je continue à aller à l’encontre de mon ego. Dans ces moments-là, c’est exclu que je regarde mon ego avec un sourire. Je ne peux que reculer. Je serai reconnaissant pour votre réponse et commentaire.

R: Oui, vous avez raison – l’ego n’a aucun pouvoir de vous attaquer sinon le pouvoir que vous lui donnez. Jésus clarifie cela tôt dans le texte: «Seule ton allégeance donne à l’ego quelque pouvoir sur toi. J’ai parlé de l’ego comme s’il s’agissait d’une chose séparée, agissant d’elle-même. Cela était nécessaire pour te persuader que tu ne peux pas l’écarter légèrement, et que tu dois te rendre compte à quel point ta pensée est dirigée par l’ego. Toutefois, nous ne pouvons pas sans risque en rester là, sinon tu pourrais te considérer comme étant nécessairement en conflit aussi longtemps que tu es ici, ou aussi longtemps que tu crois être ici. L’ego n’est rien de plus qu’une partie de ce que tu crois à propos de toi» (T-4.VI.1:2-6).

Comme l’indique le passage que vous citez, s’attaquer soi-même est assez courant lorsque nous cherchons à nous libérer de l’ego. Cela reflète notre peur d’accepter l’amour illimité dans lequel le soi que nous croyons être n’a aucune signification, comme vous le dites.

Donc, votre question est en fait: que faire maintenant, sachant que votre peur est encore si grande? La partie en nous qui demeure identifiée à l’ego ne veut pas que nous fassions le moindre pas en direction du pardon et de la guérison, si elle peut nous en empêcher. Et tout ce qui augmente notre peur plutôt que de la réduire sert le but de l’ego. Alors Jésus nous conseille, «si tu trouves que la résistance est forte et le dévouement faible, tu n’es pas prêt. Ne lutte pas contre toi-même» (T-30.I.1:6-7). Le plus gentil et plus aimant à faire alors, c’est d’être patient avec et doux envers nous-mêmes – il n’y a pas d’urgence dans le processus du pardon. Il se peut que nous ne soyons pas encore prêts à apporter les ténèbres de notre ego à Jésus, mais nous pouvons au moins lui apporter notre peur et admettre que nous avons besoin de son aide. Et si Jésus fait partie du problème, nous pouvons utiliser le symbole moins menaçant du Saint-Esprit ou tout autre symbole de l’amour avec lequel nous avons une relation et qui nous apporte du réconfort.

L’important, c’est de prendre de plus en plus conscience de la présence aimante et sans jugement dans votre esprit; avec elle vous pouvez, ensemble, regarder les ténèbres de votre ego. Si vous regardez seul, vous vous effrayerez presque certainement. Mais si vous regardez avec l’amour à vos côtés, ce que vous découvrez et qui vous paraît être grave se dissipe progressivement. Et alors vous pourrez sourire.



119 — Douceur, paix, confiance et distractions de ce monde

Q: Avant tout, je vous remercie des réponses à mes deux questions précédentes: l’une sur les dépendances [30] et l’autre sur comment voir des appels à l’amour [58]. Je suis bien content de ces réponses et les relis de temps en temps. Mes amis me disent toujours que je ne devrais pas changer mon comportement, mais juste regarder ce que fait mon ego. À un certain niveau j’ai confiance que je vais apprendre mes leçons. Depuis que j’ai commencé à étudier Un cours en miracles, j’ai l’impression que je ne cherche plus vraiment ailleurs. J’ai trouvé, et maintenant il me faut pratiquer. Ma plus grande barrière ou pierre d’achoppement sont encore les distractions de ce monde par opposition à Dieu, les offres de l’ego par opposition à Dieu. Je sais que la paix de Dieu est la seule chose que je veux. Et en même temps, apparemment, je ne veux pas cette paix de Dieu. Parfois, lorsque j’ai un avant-goût de la paix de Dieu, j’ai une sorte de douce tristesse, parce qu’alors je sais que c’est déjà un si grand cadeau, tellement mieux et plus beau que toutes les distractions du monde.

R: La confiance et la douceur sont essentielles dans la pratique et l’application du Cours et vous semblez les apprendre. Cela veut dire être de plus en plus à l’aise avec votre enseignant intérieur et développer de plus en plus une relation personnelle avec Jésus ou le Saint-Esprit, de sorte que dans ces instants où vous êtes au-delà de l’ego vous savez clairement quelle est la chose la plus aimante que vous puissiez faire – changer votre comportement ou simplement continuer à regarder votre ego en action, pleinement conscient de ce que vous faites et combien cela vous coûte, et ne pas vous juger pour avoir une telle résistance.

Nous avons tous un esprit divisé, et nous faisons tous des allers-retours entre les offres de l’ego et celles de Jésus. C’est normal, et cela ne devrait pas nous surprendre. C’est la façon d’apprendre que nous faisons erreur, mais ne sommes pas pécheurs: «Fils de Dieu, tu n’as pas péché mais tu t’es fort trompé. Or cela peut être corrigé et Dieu t’aidera, connaissant que tu ne saurais pécher contre Lui» (T-10.V.6:1-2). Nous apprenons que le monde est une projection de nos propres pensées, «l’image extérieure d’une condition intérieure» (T-21.in.1:5). Il s’agit donc de se réjouir de cet enseignement et de chaque occasion d’apprendre que vous ne faites que vous imaginer que le monde a le pouvoir de vous prendre la paix de Dieu. Craindre les «distractions du monde» ne fait que leur donner du pouvoir, et alors vous n’apprendrez jamais que c’est inventé. Le but est d’atteindre un état de paix intérieure que rien ne peut perturber, quoi qu’il arrive. Si vous restez isolé et renfermé, vous supposez que quelque chose en dehors de vous a le pouvoir de vous enlever la paix de Dieu. C’est une sottise. Cela vous aiderait plus d’aller vers Jésus après une période où vous avez donné libre cours à votre ego et de lui dire tout ce que vous avez pensé et fait, et que vous vous rendez compte que vous avez choisi contre lui, mais que vous vous rendez également compte que son amour pour vous n’a pas été touché et qu’un jour vous n’aurez plus tant peur d’accepter que son amour pour vous, et le vôtre pour lui, soient au centre de votre vie. La douleur d’exclure cet amour de votre vie finira par être trop lourde à porter, et donc tout le temps passé à vous faire plaisir avec votre ego diminuera de plus en plus. Encore une fois, cela ne veut cependant pas dire que vous ne pourriez pas être guidé à changer certains comportements pour diminuer la douleur que vous vous infligez à vous-même. Le changement de comportement ne sera pas alors perçu comme un sacrifice, mais comme une preuve de douceur envers vous-même.



120 — Devrions-nous arrêter de manger de la viande?

Q: Au cours de ses entretiens avec Helen, Jésus ne lui a-t-il jamais dit d’arrêter de manger de la viande? Dans les évangiles esséniens, il parle assez souvent de ne pas le faire. Qu’en pensez-vous?

R: Pendant l’écriture d’Un cours en miracles Helen Schucman n’a pas reçu d’instructions concernant la consommation de la viande – le sujet n’a pas été abordé. L’enseignement du Cours n’est pas le même que celui des évangiles esséniens. Il s’agit d’un Cours sur le contenu et pas sur la forme. Par conséquent, il ne contient pas de directives sur le comportement comme les évangiles esséniens.

Il y a deux principes très importants dans le Cours qu’il pourrait être utile d’examiner en réponse à votre question; ils se trouvent tous deux dans le même passage: «Il n’y a pas de vie en dehors du Ciel. Où Dieu a créé la vie, là doit être la vie. En tout état à part du Ciel, la vie est illusion» (T-23.II.19:1-3). S’il n’y a pas de vie en dehors du Ciel, et si tout autre état est une illusion, cela ne correspondrait pas du tout à l’enseignement du Cours que d’accorder une signification à n’importe quel type de comportement dans le rêve. Le Cours nous enseigne à prendre conscience de l’interprétation que nous donnons à toute chose et donc à prendre conscience des pensées, des croyances et des jugements qui constituent le système de pensée de l’ego. De cette façon nous serons en mesure d’apprendre à voir le véritable rapport entre cause et effet et comprendre que la source de toute notre souffrance se trouve dans l’esprit. Par conséquent, la seule chose que nous demande le Cours est de prêter attention à nos pensées, de les voir comme cause de tout état dans lequel nous nous trouvons et de les apporter au Saint-Esprit pour qu’elles puissent être transformées. Au-delà de cela le Cours ne donne aucune directive comportementale concrète pour les choix faits dans une hallucination: «Et si tu reconnaissais que ce monde est une hallucination?» (T-20.VIII.7:3). Compte tenu de ces principes importants du Cours, ce ne serait pas conforme à son système de pensée de s’abstenir de viande puisque cela voudrait dire tuer une créature «vivante» ou parce que c’est une chose «spirituellement supérieure» à faire. En cela comme en toute situation particulière ou pour tout problème concret que nous puissions avoir, le Cours nous demande de ne poser qu’une seule question: «[…] la seule question […] est la suivante:  “Pour quoi?” C’est la question que tu dois apprendre à poser à propos de tout. Quel est le but? Quel qu’il soit, il dirigera automatiquement tes efforts» (T-4.V.6:7-10). Tout sert le but de l’ego ou celui du Saint-Esprit. Que nous mangions de la viande ou que nous nous abstenions d’en manger, ce qu’il faut retenir est que nous ne prenons pas de décisions par nous-mêmes: «Tu ne prendras pas de décisions par toi-même quoi que tu décides. Car elles sont prises avec des idoles ou avec Dieu» (T-30.I.14:7-8). Notre choix renforcera le système de pensée de l’ego voulant que le monde soit réel et que ce que nous mangeons fasse une différence, ou le système de pensée du Saint-Esprit voulant que le monde soit une illusion et que la seule chose qui importe dans le rêve soit de guérir notre esprit de la pensée d’être séparés de Dieu. En ce qui concerne le comportement particulier, Krishnamurti donna à l’un de ses disciples un conseil très utile à propos des rapports sexuels que nous pouvons paraphraser et appliquer à votre question ainsi: «Mangez de la viande ou n’en mangez pas, mais allez et faites!»

 

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