101-110

Traduction autorisé de questions posées à la Foundation for A Course In Miracles (www.facim.org, Fondation pour Un cours en miracles) à Temecula, USA, entre 2002 et 2008 avec leurs réponses.

Liste des questions sur cette page :
101 – Est-ce qu’il y a des étudiants du Cours qui ont été illuminés?
102 – Les livres de croissance personnelle sont-ils utiles?
103 – Que veut dire «nos créations»?
104 – Est-ce que «pardonner» est-ce la même chose que «remettre à»?
105 – Quelle est la meilleure méthode pour étudier le Cours?
106 – Quelles sont les différences entre Gandhi, Martin Luther King, César Chavez et le Cours?
107 – Colère et conflits au travail
108 – La différence entre l’amour particulier et l’amour réel
109 – Clarification du terme «esprit»
110 – Pourquoi croyons-nous que la voix du Cours est celle de Jésus?



101 — Est-ce qu’il y a des étudiants du Cours qui ont été illuminés?

Q: Je voudrais savoir si quelqu’un qui a suivi Un cours en miracles a été illuminé. Avez-vous entendu parler de quelqu’un qui sent et sait qu’il est absolument uni à Dieu et de ce fait est toujours en paix?

R: Nous n’avons rien entendu de ce genre, mais cela ne veut rien dire. Quelqu’un qui est véritablement illuminé n’a aucun besoin d’informer autrui qu’il ou elle a complètement transcendé l’ego. En fait, cela peut aider à évaluer les dires de quelqu’un s’il annonce avoir atteint l’illumination: s’il le fait, c’est un signe presque certain qu’il reste encore de l’ego à défaire. Comme le Cours présente cet état il n’y a en principe qu’une caractéristique qui serait visible, celle que la personne concernée sourit plus fréquemment: «Il y a une façon de vivre dans le monde qui n’est pas ici, bien que ça semble l’être. Tu ne changes pas d’apparence mais tu souris plus fréquemment. Ton front est serein; ton regard est tranquille. Et ceux qui parcourent le monde comme tu le fais reconnaissent les leurs» (L-I.155.1:1-4).

Cependant il existe de nombreux témoignages d’étudiants qui ont connu des changements importants dans leur manière de penser et dans leurs réactions, par exemple de sorte que ce qui auparavant les énervait ne provoque plus la même réaction. Autrement dit, le pardon fonctionne, et c’est donc cela qui devrait être le pivot de chaque journée.

Enfin, en ce qui concerne quelqu’un qui est «absolument uni à Dieu», nous vous dirigeons vers la section du manuel pour enseignants: «Dieu peut-Il être atteint directement?» (M.26) Là, Jésus nous dit: «Parfois un enseignant de Dieu peut avoir une brève expérience d’union directe avec Dieu. En ce monde, il est presque impossible qu’elle dure. Peut-être peut-elle être gagnée après beaucoup de dévotion et de dévouement, puis être maintenue pour une grande partie du temps sur terre. Mais cela est si rare que ce ne peut pas être considéré comme un but réaliste. Si cela arrive, c’est bien. Si cela n’arrive pas, c’est bien aussi. Tous les états mondains doivent être illusoires. S’il était possible d’avoir conscience de Dieu directement et d’une manière prolongée, le corps ne serait pas maintenu longtemps» (M.26.3:1-8).

L’union directe avec Dieu n’est donc pas le but du curriculum du Cours. Son but est d’atteindre un état de paix où nous nous élevons au-dessus du champ de bataille avec Jésus, où nous regardons d’en haut tout le monde avec compassion: «Ce cours conduira à la connaissance, mais la connaissance elle-même est encore au-delà de la sphère de notre curriculum. Il n’est pas besoin non plus que nous essayions de parler de ce qui doit à jamais rester au-delà des mots… Ce n’est pas à nous de nous attarder sur ce qui ne peut pas être atteint. Il y a trop à apprendre. Il reste encore à atteindre l’état dans lequel tu es prêt pour la connaissance» (T-18.IX.11:1-2,5-7).



102— Les livres de croissance personnelle sont-ils utiles?

Q: Les livres de croissance personnelle me passionnent. J’ai lu que la psychothérapie et un soutien psychologique peuvent aider les étudiants d’Un cours en miracles à déceler les blocages de l’ego qui empêchent de prendre conscience de la présence de l’amour. Est-ce aussi le cas pour les livres de croissance personnelle? Ou est-ce plus probable que les livres de croissance personnelle emmêlent les lecteurs encore davantage dans leurs problèmes que les aides officielles?

R: L’avantage que la psychothérapie et l’aide psychologique ont sur les livres de croissance personnelle est qu’il y a quelqu’un qui observe votre ego, il faut l’espérer sans vous juger, et qui vous indique sa dynamique dans des domaines où vous pourriez vous les cacher d’une manière très efficace. En général, il est plus facile de reconnaître les défenses chez quelqu’un d’autre que chez soi. Mais les livres de croissance personnelle peuvent quand même être utiles pour vous aider à détecter vos propres modes de comportement inadaptés et les pensées qui sont à leur base, si vous êtes désireux d’être honnête avec vous-même.

Pour tout outil de progrès personnel que vous voudriez utiliser, y compris la thérapie, il serait bon de vous poser les questions suivantes pour en déterminer l’utilité:

Est-ce que cela m’aide à être plus responsable de mes pensées, émotions et actions, ou est-ce que cela renforce la dynamique de l’ego qui est de voir et de tenir les autres pour responsables de mon dysfonctionnement et de mes malheurs? (Découvrir cette dynamique de blâme envers autrui peut toutefois être un premier pas important dans le processus de guérison, si nous ne n’avons pas voulu en prendre conscience auparavant.)

Est-ce qu’il y a des chances que cela va m’aider à découvrir mes motivations cachées ou est-ce que cela va plutôt les garder sous clé en mettant l’accent sur le changement de forme tels le comportement et l’apparence plutôt que le contenu sous-jacent, soit la pensée et le but? (Bien que c’est parfois un premier pas important de modifier le comportement dysfonctionnel et destructeur, par exemple une dépendance, et peut indiquer un désir de changer à un niveau plus profond.)

L’une des limitations de presque toutes les approches thérapeutiques au monde, qu’elles se fassent avec un thérapeute ou par un travail sur soi-même, est qu’ils se proposent d’améliorer le rêve plutôt que de vous conduire le long du chemin de l’éveil, ce qui est le but du Cours. Un travail sur soi-même vise en fait à produire un meilleur soi égotique. Il n’y a rien de mauvais à cela, seulement cela ne vous mènera pas là où le Cours vous amène et pourrait même vous conduire dans la direction opposée. La seule véritable pratique pour guérir est le pardon, mais nous réussirons à trouver des moyens astucieux pour l’éviter tant que nous supportons la souffrance. À la fin, toutefois, nous finirons par comprendre que de céder nos jugements à l’Aide du seul vrai Thérapeute est la seule façon de trouver le Soi que nous recherchons réellement.



103— Que veut dire «nos créations»?

Q: Jésus que veut-il dire quand il parle de nos «créations»?

R: Nos créations n’existent qu’au niveau de l’esprit. Ce ne sont ni des choses ni des êtres, et elles ne font pas partie du monde illusoire de la forme. Le terme est utilisé dans le Cours pour faire référence à l’amour qui se trouve dans l’esprit de la Filialité. Nos créations sont les pensées aimantes dans l’Esprit du Christ. Le terme est utilisé comme symbole pour nous aider à comprendre qu’en vérité, nous sommes la création du Père et «créons» comme Lui par les Pensées d’amour qui s’étendent dans toute la Filialité et retournent au Père. Ce sont «les extensions de notre pur-esprit… comme extensions du Christ, nos créations font partie de la deuxième Personne de la Trinité; la création est continue au Ciel, au-delà du temps et de l’espace, et indépendante de ce que le Fils n’en est pas conscient en ce monde». (Kenneth Wapnick: Glossary-Index for A Course in Miracles, http://www.facim.orgGlossaire pour Un cours en miracles, pas encore publié). Lorsque nous lâcherons prise entièrement de notre identité égotique et accepterons qui nous sommes vraiment tels que Dieu nous a créés, nous connaîtrons et accepterons nos créations. Cela se produit en dehors du rêve, où nous sommes chez nous en Dieu. Voilà où se trouvent nos créations. Dans le Cours cette belle image est utilisée pour nous encourager à aller à la recherche de notre vérité: «Le Ciel attend en silence, et tes créations te tendent la main pour t’aider à traverser et à les accueillir. Car c’est elles que tu cherches. Tu ne cherches que ta propre complétude et c’est elles qui te rendent complet… Accepter tes créations, c’est accepter l’Unité de la création, sans laquelle tu ne pourrais jamais être complet» (T-16.IV.8:1-3,6).



104— Est-ce que «pardonner» est-ce la même chose que «remettre à»?

Q: J’ai une question au sujet de «pardonner» ou «remettre à; donner; abandonner». J’étudie la version allemande d’Un cours en miracles, ma langue maternelle, tout en utilisant aussi la version anglaise à titre de comparaison. Un problème sémantique identique se pose et en allemand et en anglais. Dans le texte, j’ai trouvé trois endroits où Jésus utilise «remettre à; donner; abandonner» au lieu de «pardonner», à savoir T-3.VI.9:1, T-13.VII.6:6 et T-15.IV.4:2).

J’étudie le Cours depuis près de 10 ans et j’ai toujours eu des difficultés avec le mot «pardonner» parce que la définition du dictionnaire pour ce mot est «oublier, absoudre», tandis que les termes «remettre à, donner et abandonner» semblent bien mieux convenir, particulièrement à l’endroit où Jésus nous demande de lui pardonner. C’est quelque chose que je n’arrive à comprendre que dans le sens où nous devrions lui remettre, donner ou abandonner nos pensées critiques à son égard. Pouvez-vous S.V.P. expliquer pourquoi les termes «remettre, donner et abandonner» ne sont presque jamais utilisés, tandis que le mot «pardonner» l’est si souvent?

R: Il est toujours bon de se rappeler que le Cours a été transmis en tant que correction, d’abord pour corriger notre ego, mais aussi pour corriger certaines expressions propres à l’ego, y compris la distorsion du message original d’amour et de pardon de Jésus dans le christianisme traditionnel, par exemple crucifixion et résurrection, Expiation, miracle et pardon, en leur donnant une signification différente. Cela renvoie à l’approche fondamentale du Cours de toutes nos relations particulières – garder leur forme, mais leur donner un contenu différent pour nous rappeler que le problème n’est pas la forme (dans ce cas-ci, le mot), mais le contenu de l’ego que nous lui avons donné. C’est notre ego qui se concentre toujours sur la forme afin que nous passions sur le contenu.

Il est donc très important de bien comprendre comment Jésus utilise ces concepts dans le Cours et de ne pas se fier ni à notre compréhension antérieure de leur signification ni aux définitions du dictionnaire, qui ne donnent que le sens que nos ego ont attribué à ces termes. Dans le cas du pardon, l’ego nous a dit que pardonner c’est renoncer au besoin de redresser les torts d’autrui en les punissant ou en exigeant une sorte de paiement, tout en s’accrochant tout le temps à la réalité de leurs transgressions ou péchés. Comparez cela avec l’utilisation du terme dans le Cours: «Le pardon reconnaît que ce que tu pensais que ton frère t’avait fait ne s’est pas produit. Il ne pardonne pas les péchés pour les rendre réels. Il voit qu’il n’y a pas eu de péché. Et dans cette façon de voir, tous tes péchés sont pardonnés. Qu’est-ce que le péché, sauf une idée fausse sur le Fils de Dieu? Le pardon voit simplement sa fausseté, et par conséquent en lâche prise» (L-II.1.1:1-6; italiques ajoutés).

De la façon dont le mot est employé dans le Cours, il n’est pas vraiment question de quelqu’un d’autre lorsque nous parlons du pardon. Nous parlons de nous délivrer nous-mêmes d’exactement ces jugements que nous avions projetés sur nos frères, y compris sur Jésus, croyant nous être débarrassés du fardeau de la culpabilité en le plaçant sur eux. Le Cours nous enseigne qu’on ne peut pas se débarrasser du blâme en le voyant ailleurs: «C’est pourquoi le blâme doit être défait, et non vu ailleurs» (T-11.IV.5:3). Il doit être défait à sa source, dans notre propre esprit. Et cela implique simplement un lâcher-prise, un céder, un abandonner ou un remettre à la lumière du pardon, dans laquelle l’irréalité du péché et de la culpabilité apparaissent clairement.



105— Quelle est la meilleure méthode pour étudier le Cours?

Q: Quelle est la meilleure méthode pour étudier Un cours en miracles? D’après mon expérience, les groupes d’études ressemblent en leur contenu peu à ce qu’enseigne la Fondation, et donc je travaille seul. Le texte devrait-il être lu d’abord, avant de commencer les leçons, ou en même temps? Si je commence avec le livre d’exercices et manque plusieurs jours ou semaines, est-ce que je dois recommencer au début ou est-ce que je reprends là où j’ai arrêté? Est-ce que c’est important? J’aimerais mieux travailler avec d’autres, mais la plupart de ceux avec qui j’ai parlé ne se rendent même pas compte de la nature non duelle du Cours. Lorsque j’essaie d’expliquer cet aspect, je trouve qu’en général les gens ne veulent pas l’entendre et essaient de me convaincre que j’ai tort. J’ai également entendu des gens dire qu’ils aiment le Cours parce qu’ils peuvent le combiner facilement avec leur autre travail spirituel. Je trouve qu’il est pratiquement impossible de faire cela et me suis distancé des enseignements spirituels qui me tenaient à cœur auparavant. Je commence à me demander si c’est moi qui suis confus. Pourriez-vous s’il vous plaît me conseiller?

R: 1) Si l’on s’en tient à la théorie du Cours lui-même, il n’y a en fait pas de meilleure méthode pour l’étudier. C’est essentiellement un curriculum entrepris par l’étudiant sous la direction du Saint-Esprit ou de Jésus. L’«entraînement est toujours très individualisé» (M-9.1:5). Jésus nous conseille d’étudier le texte très soigneusement et de ne pas aller trop vite pour ne pas nous retrouver inutilement plongés dans une peur écrasante (T-I.VII.4,5), et il explique également qu’un «fondement théorique comme celui que le texte procure est un cadre nécessaire pour rendre les leçons de ce livre d’exercices signifiantes» (L-in.1:1). Il invite donc clairement ses élèves à passer du temps sur le texte à un moment donné du processus, mais il ne dit pas ce qui devrait être lu en premier. Si cela vous va bien d’étudier le texte pendant que vous faites les leçons, c’est que vous devriez le faire.

Il nous dit aussi de ne pas faire plus d’une leçon par jour (L-in.2:6). Le milieu de la leçon 95 pourrait aider à répondre à votre question concernant ce que vous devriez faire si vous n’avez pas fait vos leçons pendant plusieurs jours ou semaines. Là, l’instruction porte sur le fait de reconnaître les façons dont l’ego s’insère dans le processus, et d’«être désireux de nous le pardonner quand notre diligence nous fait défaut et quand nous manquons de suivre les instructions pour les exercices de l’idée du jour» (L-I.95.8:3). Voilà la clé. Jésus ne contrôle pas la ponctualité avec laquelle nous suivons les instructions du jour: il ne s’intéresse qu’à nous aider à entraîner notre esprit à penser de plus en plus en fonction du pardon. Cependant, il semble plus logique de continuer là où vous avez arrêté plutôt que de recommencer au début.

2) Il n’y a rien dans le Cours concernant les groupes. Certains trouvent que c’est une aide d’étudier en groupe, d’autres pas. Cela dépend entièrement des préférences de chacun. Selon notre expérience, il arrive plus souvent que les gens trouvent la nature sans compromis de non-dualité du Cours intolérable et qu’elle provoque la peur, ce qui ensuite les amène à diluer son message et à lui faire dire quelque chose qu’il ne dit pas, ou de le mélanger à d’autres systèmes, ce qui ne rend justice ni à l’un ni à l’autre. L’un des points forts du Cours est la manière dont il intègre la métaphysique de la non-dualité à notre vie dans le monde. C’est un énorme défi, mais le Cours nous donne tout le soutien nécessaire lors du voyage de retour chez nous au Ciel, l’état de parfaite Unité.



106— Quelles sont les différences entre Gandhi, Martin Luther King, César Chavez et le Cours?

Q: Au Cours des cinq dernières années, j’ai étudié Un Cours en miracles en parallèle avec l’éthique de la non-violence selon les enseignements du Mahatma Gandhi, de Martin Luther King et de César Chavez. J’avais à un moment donné pensé que les deux philosophies – Un cours en miracles et la non-violence – étaient presque identiques quant à leur objectif (mon avis était soutenu par le fait que même certains auteurs ont mentionné des ressemblances entre les deux philosophies). Les deux chemins enseignent que tout le monde est connecté, que nous ne sommes pas des victimes et que nous devrions être doux les uns avec les autres. Mais ces derniers temps j’en suis venu à estimer que les deux voies sont probablement très différentes, car elles ne mettent pas l’accent sur les mêmes points.

R: Si nous examinons le fondement religieux ou spirituel des idées sur la non-violence du Mahatma Gandhi qui est basé sur certains enseignements du plus haut niveau de l’hindouisme, il y a de nombreux parallèles frappants avec les enseignements d’Un cours en miracles. Les idées qu’ils ont en commun comprennent par exemple la vision du monde comme étant une illusion ou un rêve, et la nature de la réalité comme étant une, de sorte que la séparation et les intérêts séparés ne sont pas réels; le point de mire des deux est en plus le preneur de décision intérieur en ce qui concerne les intentions de quelqu’un plutôt que sur les résultats extérieurs.

Mais la plupart des études sur les contributions de Gandhi dans ce domaine ne se penchent en général pas sur les bases religieuses des idées non violentes.

Martin Luther King et César Chavez ont fondé leur philosophie et la pratique de la non-violence sur une perspective chrétienne plus traditionnelle qui voit le monde et les êtres humains comme étant créés par Dieu, ce qui est une hypothèse très différente de la prémisse fondamentale du Cours voulant que le «monde a été fait comme attaque contre Dieu» (L-II.3.2:1). Dans cette prémisse, nous voyons que le Cours s’écarte aussi considérablement des enseignements hindous dont Gandhi s’est inspiré.

L’étude et la pratique de la non-violence comme philosophie de l’action en vue de changements politiques et économiques sont souvent axées sur les résultats dans le monde. Par contraste le Cours nous encourage à choisir de changer d’esprit au sujet du monde plutôt que de chercher à changer le monde: «Par conséquent, ne cherche pas à changer le monde, mais choisis de changer ton esprit au sujet du monde» (T-21.in.1:7). Si nous examinons la douceur et la non-défense, deux des caractéristiques des enseignants avancés de Dieu, comme Jésus les appelle dans le manuel pour enseignants, elles ont certainement quelque chose en commun avec ce que l’on entend par non-violence. Mais une lecture attentive des commentaires sur ces deux caractéristiques dans les sections M-4.IV et VI démontre que l’accent porte sur la pensée ou l’état d’esprit et non sur le comportement, et que le seul résultat dont le Cours se soucie est l’esprit – il n’y a pas d’investissement dans des résultats dans le monde. Des changements peuvent s’ensuivre ou non dans le monde, mais ils ne sont pas pertinents quant au but de la paix intérieure qui peut être atteinte indépendamment des circonstances extérieures.

Par conséquent, comme vous le faites remarquer dans votre question, c’est juste que l’accent est différent dans le Cours et la non-violence. Cela ne veut pas dire que l’un est mieux que l’autre puisqu’en fait la spiritualité d’où émergent les deux enseignements est assez semblable, mais le Cours ne se soucie pas de la façon dont nous agissons dans le monde. Néanmoins, lorsque nous agissons dans le monde guidés par les principes d’Un cours en miracles, nos actes peuvent bien ressembler aux actes de ceux qui sont guidés par les principes de la non-violence. C’est l’accent qui est différent.



107— Colère et conflits au travail

Q: J’ai une question par rapport à l’idée: «Il est impossible que quoi que ce soit soit perdu, si ce que tu as est ce que tu es» (T-26.VII.11:4). Cet énoncé se trouve dans le contexte décrivant notre véritable Identité. Est-ce que cela vaut aussi pour nos expériences en tant qu’ego? Mon milieu de travail fait ressortir beaucoup de culpabilité en moi que soit je projette sur les autres soit j’intériorise. Je me rappelle bon nombre de fois où l’une de mes idées a été contestée, ce qui m’a offensé, blessé, mis en colère, etc. C’est comme si j’étais devenu cette idée, comme si elle me représentait. Donc, est-ce la même idée voulant que ce que j’ai suive ma décision de choisir l’ego, et c’est donc ce que je suis? Je deviens ou je reflète ce que j’ai choisi? Par conséquent, si je pouvais faire un pas en arrière et regarder ces situations au travail avec Jésus et choisir la vision, alors je deviendrais cette vision? Est-ce exact?

R: Oui, vous êtes sur la bonne voie. Chaque pas dans notre descente de l’état d’unité a entraîné un choix, après quoi nous sommes devenus ce que nous avions choisi, mais en niant d’avoir fait ce choix. Dès le départ, le but était d’acquérir et de maintenir notre individualité, mais de ne pas en assumer la responsabilité. Par conséquent, l’expérience la plus courante de l’existence humaine est d’être une victime, ce qui renforce la croyance interne que «je ne suis pas responsable». Si nous tenons compte seulement de notre identification à l’ego et pas de notre esprit juste, notre vie ici ne peut pas être autre chose que des expériences sans fin de se sentir offensé, d’être en colère, rancunier, plein de peur et de honte et ainsi de suite, puisque le monde n’est rien de plus que nos pensées de péché, de culpabilité et de peur projetées au-dehors, «l’image extérieure d’une condition intérieure» (T-21.in.1:5). Nous avons besoin de prendre les choses personnellement, sinon nous ne pourrions pas tenir les autres responsables de notre état. Autrement dit, nous sommes devenus le système de pensée de l’ego; ainsi, apprendre le pardon est perçu au début comme une terrible menace. C’est pourquoi ce que le Cours appelle le pardon-pour-détruire est l’interprétation communément acceptée du pardon dans le monde. Le péché a été rendu réel, il y a encore une séparation entre celui qui pardonne et celui qui est pardonné, ce qui est directement opposé à ce qu’enseigne le Cours.

Les leçons du livre d’exercices soulignent à maintes reprises l’importance de céder le pas et de regarder avec Jésus ce que nous faisons et pensons. Nous avons besoin de l’aide d’un enseignant qui est à l’extérieur du système de pensée auquel nous nous sommes tout à fait identifiés, sinon nous n’aurions aucune possibilité d’aller au-delà de ce système. Vous avez donc tout à fait raison de conclure que regarder avec Jésus et choisir contre l’ego vous donnerait automatiquement la même vision que celle qu’a Jésus. La clé est de se rappeler que nous avons toujours un choix; l’ego vise toujours à ce que nous restions sans esprit. Qui nous sommes véritablement, le seul Fils de Dieu, n’a jamais changé et n’a jamais été touché par le rêve de séparation. Nous avons seulement besoin de nier notre déni de la vérité: «La tâche du faiseur de miracles devient donc de nier le déni de la vérité» (T-12.II.1:5). Alors ce que nous avons rendu invisible sera de nouveau, du fait que nous nous sommes joints à Jésus ou au Saint-Esprit, la seule chose que nous verrons (T-12.VIII.3). Selon les termes de cette belle prière: «Je n’ai rien, je ne veux rien, je ne suis rien d’autre que l’amour de Jésus».



108— La différence entre l’amour particulier et l’amour réel

Q: À mesure que j’avance dans l’étude d’Un cours en miracles, je comprends petit à petit que l’émotion communément appelée «amour» en ce monde n’est pas du tout la même chose que l’«amour» dont il est question dans le Cours. En fait, j’ai découvert que dans bien des cas mon ego utilise l’idée d’«amour» pour masquer un grand nombre de pensées et de comportements tout à fait dysfonctionnels. Quel est le rapport de l’amour tel qu’on le comprend dans le monde à l’amour tel qu’il est exprimé dans le Cours, et comment pouvons-nous utiliser cela pour nous guider dans notre vie?

R: La distinction que vous faites entre l’« amour » dont parle le Cours et ce qu’on appelle l’«amour» dans le monde est correcte. Ils ne sont pas la même chose. L’amour de ce monde est toujours ce que le Cours appelle «amour particulier» et il est à la base de toute «relation particulière». Cet amour n’a pas seulement des attributs entièrement opposés à l’amour auquel le Cours fait référence, mais en fait il masque la haine: «C’est dans la relation particulière, née du souhait caché d’être aimé de Dieu particulièrement, que triomphe la haine de l’ego. Car la relation particulière est le renoncement à l’Amour de Dieu, ainsi que la tentative pour assurer au soi la particularité qu’Il a refusée » (T-16.V.4:1-2). Nous disons en secret à toute personne ou à toute chose avec laquelle nous avons une relation d’amour particulier: «Dieu ne m’a pas aimé avec la particularité que je veux, alors je vais t’utiliser, toi, pour avoir cet amour particulier sans lequel je crois ne pas pouvoir vivre».

Ce que nous appelons «amour» est donc un substitut pour l’amour de Dieu. En outre, le Cours nous dit que c’est de la haine: «N’oublie pas ceci: faire un marché, c’est fixer une limite; et le frère avec qui tu as une relation limitée, tu le hais» (T-21.III.1:3). Cette «haine» repose sur la malperception que nous sommes différents, incomplets et toujours dans le besoin. Dans la relation d’amour particulier, un accord est passé pour mutuellement subvenir aux besoins de l’autre, et ainsi nous cherchons à combler le vide dû à notre soi-disant séparation de Dieu. Fidèle au mandat de l’ego: «Cherche mais ne trouve pas» (T-16.V.6:5), ce substitut à l’amour de Dieu ne va jamais satisfaire notre besoin, peu importe à quel point nous allons essayer de le faire fonctionner. Même la relation d’«amour» la plus épanouissante se terminera à la fin par la mort.

Ce que le Cours nous invite à faire, aussi choquant que cela puisse nous paraître, c’est de regarder nos relations particulières d’amour dans cette nouvelle perspective, afin de devenir désireux d’accueillir un nouveau but et une nouvelle interprétation: «Une relation sainte part d’une prémisse différente. Chacun a regardé au-dedans et n’a vu aucun manque. Acceptant sa complétude, il voudrait l’étendre en se joignant à un autre, entier comme lui. Il ne voit pas de différence entre les soi, car les différences ne sont que du corps. Par conséquent, il ne voit rien qu’il voudrait prendre. Il ne nie pas sa propre réalité parce qu’elle est la vérité» (T-22.in.3:1-6).

Ce qui est important à retenir, c’est qu’il est normal et pas un péché d’avoir des relations particulières, et elles ne nous seront pas prises. En fait, elles peuvent être utiles dans notre vie si nous les donnons au Saint-Esprit pour qu’elles soient transformées en des relations saintes: «J’ai dit maintes fois que le Saint-Esprit ne te priverait pas de tes relations particulières, mais qu’Il les transformerait» (T-17.IV.2:3). De cette façon, l’amour que nous vivons avec quelqu’un devient un reflet de l’amour de Dieu dans le rêve, et non son substitut.



109— Clarification du terme «esprit»

Q: Ma question concerne l’esprit. Comme je le comprends, nous sommes pur-esprit, esprit, et corps; et le corps n’est pas réel: il est un produit de l’esprit. L’esprit, si j’ai bien compris, a la fonction de créer et de faire en sorte à ce que notre pur-esprit (ou âme) finisse par se connaître par l’expérience, ce qui est le but ultime de tout développement spirituel. L’esprit sert d’intermédiaire pour transférer l’expérience du corps à l’âme, mais il s’est embrouillé à cause de nos expériences en vivant dans le monde, et donc il doit apprendre à se rappeler qui il est – ce qu’est l’Expiation – en étant rééduqué. De cette façon, l’âme s’étant ressentie dans le domaine physique peut se réunir par l’intermédiaire de l’esprit à Dieu et réintégrer les connaissances acquises par l’expérience de ce que cela signifie être parfait. Mais si c’est le cas, pourquoi l’esprit est-il nécessaire du tout? Pourquoi l’âme ne peut-elle pas contrôler le corps afin qu’il puisse accumuler toute l’expérience dont elle a besoin, sans avoir besoin de passer par de l’esprit?

R: Votre question donne l’impression que vous essayez de mélanger certains enseignements du Cours et des enseignements d’autres chemins spirituels avec lesquels le Cours n’est pas vraiment compatible. Pour clarifier, nous allons donc nous pencher sur ce que Jésus nous dit dans le Cours à la lumière de votre question, aussi regarder comme il utilise ces termes autrement que les autres voies, et ce qu’il dit sur le but de l’esprit et du corps.

Le Cours ne voit que le pur-esprit, ou l’âme, comme réel (Jésus préfère utiliser le terme «pur-esprit» au mot «âme» – C-1.3). L’«esprit» a plusieurs niveaux de signification différents dans le Cours (pour un examen plus approfondi du terme esprit, voir question 65). L’Esprit, avec une majuscule, fait référence soit à Dieu soit au Christ, Son Seul Fils (C-1.1:2); et en ce sens, il est en fait l’équivalent du pur-esprit. Écrit avec une minuscule, l’esprit indique l’esprit divisé du Fils (C-1.2:1-3) après s’être apparemment endormi et faisant un rêve de séparation, croyant s’être coupé ou séparé de Dieu, et donc L’avoir attaqué. Cet esprit est illusoire et n’a aucune réalité en dehors de notre croyance erronée à lui, et il est le berceau du péché, de la culpabilité et de la peur.

Pour se défendre contre la culpabilité et la peur inventées dans l’esprit à cause de l’attaqué contre Dieu, l’esprit divisé invente alors sous la direction de l’ego un corps pour s’y cacher et un monde extérieur à lui sur lequel toutes les attaques et toute la culpabilité dans l’esprit peuvent être déplacées. Encore une fois, selon le Cours rien de tout cela n’est réel. Mais nous le croyons parce que nous voulons que la séparation soit réelle, mais nous ne voulons pas en être responsables.

Le Cours ne voit pas de but positif ou divin dans la pensée de séparation qui a mené à l’esprit divisé et à ses défenses: le corps et le monde. Ainsi toute expérience qui vient d’eux n’a aucune valeur en soi. Le Cours fait des distinctions supplémentaires dans l’esprit divisé, et c’est en comprenant celles-ci que nous pouvons voir comment le corps et ses expériences dans le monde peuvent finir par servir un but utile. Leur but, pour le répéter, n’est pas de faire quelque chose de positif, mais plutôt de défaire le négatif en permettant que toutes nos erreurs, ou croyances erronées à notre sujet, soient corrigées. Le Cours appelle ce processus le pardon.

L’esprit divisé est la demeure non seulement de l’ego, l’aspect de l’esprit faux du soi d’après la séparation, mais aussi celle du Saint-Esprit Qui se souvient de notre réalité en tant que Seul véritable Fils de Dieu, et Qui peut donc corriger toutes les croyances erronées à propos de Qui nous sommes et ce qu’est le monde (C-1.5,6). Au fond Il nous rappelle que la séparation ne s’est jamais produite et que nous n’avons jamais attaqué Dieu – c’est ce que le Cours appelle le principe de l’Expiation (M-2.2:2-3). Par conséquent, comme Fils apparemment séparé, nous avons le choix soit d’écouter les mensonges durs et acharnés de l’ego qui ne peuvent que nous enfoncer encore plus profondément dans le bourbier du péché et de la culpabilité, soit d’écouter les douces corrections du Saint-Esprit. Ses corrections nous permettent de défaire nos croyances erronées à propos de Qui nous sommes et de retourner à la Demeure que nous n’avons jamais quittée.

Pour que se produise ce processus du défaire, nous devons prêter attention à nos expériences en tant que corps dans le monde, prendre conscience des interprétations que nous donnons à ces expériences – en général des variations du fait de nous voir comme victimes et de voir les autres comme agresseurs afin que la culpabilité soit logée à l’extérieur de nous. C’est donc en ce sens-là que le Cours dirait que nos expériences ont une valeur. Car nous pouvons alors apporter ces pensées erronées au Saint-Esprit pour qu’elles soient corrigées. Le seul but réel du monde et du corps est donc de nous enseigner qu’ils ne sont pas ce que nous croyions. Lorsque nous lâchons prise de ces fausses croyances, nous nous souvenons Qui nous sommes vraiment en tant que Christ dont la réalité comme pur-esprit n’a jamais changé, car il est aussi inchangeablement parfait que notre Source. Alors le corps, le monde et l’esprit divisé disparaissent simplement, tout comme les ténèbres disparaissent lorsque la lumière les éclaire, car elles n’ont aucune réalité.



110— Pourquoi croyons-nous que la voix du Cours est celle de Jésus?

Q: C’est sur votre site que j’ai lu pour la première fois que «Jésus» dit ou enseigne telle ou telle chose dans Un cours en miracles. Son nom est-il mentionné quelque part dans le Cours, et si ce n’est pas le cas, comment avez-vous commencé à utiliser son nom qui autrement serait «la Voix christique», «le Christ», ou quelque chose comme ça?

R: Jésus est mentionné dans le Cours dans le manuel pour enseignants (M-23) et dans la clarification des termes (C-5). Ces passages relativement longs répondront probablement complètement à votre question. Dans le texte il y a également plusieurs passages qui sont écrits à la première personne (notamment T-1.II.3,4) et qui se rapportent à Jésus, bien que son nom ne soit pas mentionné. Helen Schucman savait que la voix intérieure qu’elle entendait était celle de Jésus, tout comme nous savons reconnaître la voix d’un membre de la famille au téléphone sans demander qui c’est: «Helen, incidemment, se rendait bien compte… que la Voix appartenait à Jésus…» (Absence from Felicity, Kenneth Wapnick, Foundation for A Course in Miracles, 2e édition p. 179, www.facim.orgAbsence de félicité, pas paru en français).

Toutefois, il est important de se rappeler que dans le rêve Jésus est un symbole qui représente celui qui s’est pleinement identifié au Christ, et que cette identité n’appartient pas exclusivement à Jésus. D’autre part, le terme Christ comme il est utilisé dans le Cours indique la «totalité de la Filialité»; c’est ainsi qu’il est défini dans le Glossary-Index for A Course in Miracles de Kenneth Wapnick, http://www.facim.org (Glossaire-Index pour Un cours en miracles, pas paru en français): Le Christ, la Seconde Personne de la Trinité, reste éternellement uni au Père au Ciel et n’est pas présent dans le rêve. Il ne serait donc pas approprié de faire référence au Christ comme étant le messager ou la «voix» du Cours.

Croire que Jésus est la voix qui parle dans Un cours en miracles n’est pas nécessaire pour notre travail. Il n’est pas nécessaire non plus de développer une relation avec lui, mais cela est une aide. En tant que symbole dans notre rêve, Jésus reste avec nous pour nous enseigner à faire ce qu’il a fait lui-même en acceptant l’Expiation: «Jésus a montré la voie… Ce cours est venu de lui parce que ses paroles t’ont rejoint dans une langue que tu peux aimer et comprendre. Est-il possible qu’il y ait d’autres enseignants, pour guider dans la voie ceux qui parlent des langues différentes et font appel à des symboles différents? Certainement qu’il y en a. Est-ce que Dieu laisserait quiconque sans une aide très présente dans les moments de trouble, un sauveur qui puisse Le symboliser?… Jésus est venu pour répondre au tien. En lui tu trouves la Réponse de Dieu. Enseigne donc avec lui, car il est avec toi; il est toujours là» (M-23.5:1,7:1-4,6-8).

Le Cours est un message très aimant qui nous parvient de la mémoire de l’amour de Dieu reflétée dans l’esprit et symbolisée par la «personne» de Jésus. La forme que prend cet amour n’est pas importante; la seule chose qui importe est que nous entendions le message et acceptions l’amour. Entendre Jésus vous parler avec les mots du Cours lorsque vous l’étudiez est un moyen qui aide beaucoup, non seulement à avoir un rapport avec Jésus, mais à accepter l’amour que reflète le Cours.

 

 

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